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	<title>Martin Hoegger</title>
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	<description>Blog de Martin Hoegger</description>
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	<title>Martin Hoegger</title>
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		<title>La prière, un entretien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2026 15:44:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Pater Noster de James Tissot, Brooklyn Museum, 1896 J’ai donné cet enseignement lors du « colloque des Compagnons » de la Communauté de Pomeyrol, en août 2026. Pendant plusieurs jours, j’ai proposé un parcours autour de la prière comprise comme une rencontre, un entretien vivant avec Dieu. « Seigneur, apprends-nous à prier » (Lc [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Le Pater Noster de James Tissot, Brooklyn Museum, 1896</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai donné cet enseignement lors du « colloque des Compagnons » de la Communauté de Pomeyrol, en août 2026. Pendant plusieurs jours, j’ai proposé un parcours autour de la prière comprise comme une rencontre, un entretien vivant avec Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Seigneur, apprends-nous à prier » (Lc 11,1). Cette demande des disciples demeure la nôtre. Nous savons l’importance de la prière, mais nous faisons aussi l’expérience de notre pauvreté, des distractions et de la difficulté à persévérer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parcours se développe en trois enseignements complémentaires. Le premier contemple Jésus en prière et découvre en lui le modèle et la source de toute prière chrétienne. Le deuxième approfondit la prière comme entretien avec le Père, en particulier à travers le Notre Père. Le troisième s’interroge sur l’appel de Jésus et de l’apôtre Paul à « prier sans cesse » et cherche comment toute l’existence peut devenir un entretien continuel avec Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ci-dessous, vous trouvez un synthèse de mon enseignement, mais vous pouvez aussi consulter les trois PDF pour un enseignement intégral.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>→&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/09/La-priere-de-Jesus-modele-de-notre-priere.-.pdf" data-type="link" data-id="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/09/La-priere-de-Jesus-modele-de-notre-priere.-.pdf">PDF « La prière de Jésus, modèle de notre prière »</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>→<a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/09/Dire-Pere-a-Dieu.pdf" data-type="link" data-id="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/09/Dire-Pere-a-Dieu.pdf">&nbsp;PDF « La prière, un entretien avec le Père »</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>→&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/09/La-priere-continuelle.pdf" data-type="link" data-id="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/09/La-priere-continuelle.pdf">PDF « La prière, un entretien continuel »</a></em></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>I. La prière de Jésus, modèle de notre prière</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Évangiles présentent Jésus comme un homme dont toute la vie est tournée vers le Père. Dans Matthieu 11,25-26, il le loue comme « Seigneur du ciel et de la terre », qui se révèle aux tout-petits. Jésus est humble devant le Père. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La véritable prière naît donc de l’humilité. Le Catéchisme de Heidelberg souligne trois dispositions : invoquer avec foi le Dieu révélé dans sa Parole, reconnaître notre pauvreté et nous humilier devant lui, enfin nous confier dans la promesse qu’il nous exauce à cause de Jésus-Christ.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entrer dans la prière de Jésus</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le secret de la prière de Jésus réside dans la relation qui l’unit au Père : le Père connaît et aime le Fils, et le Fils connaît et aime le Père. La prière est cet entretien permanent, cette circulation d’amour dans laquelle Jésus veut nous introduire. (Mat 11.27)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par l’Esprit Saint, nous pouvons dire avec lui : « Abba, Père » (Rom 8.15). Le Christ vit en nous et prie en nous. Lorsque nous sommes rassemblés en son nom, il est aussi au milieu de nous. (Mat 18.20-21).  La prière chrétienne possède ainsi une dimension personnelle et communautaire : l’entretien avec Dieu appelle aussi un entretien sincère entre frères et sœurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus prie particulièrement aux moments décisifs : au baptême, avant le choix des Douze, lors de la Transfiguration, à Gethsémané et sur la croix. Mais il se retire aussi régulièrement dans la solitude. Son exemple nous invite à prier dans les grandes décisions comme dans le quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa prière est louange, gratitude et action de grâce. Dans Jean 17, son intercession rassemble plusieurs grandes demandes : que ses disciples soient protégés du mal, qu’ils reçoivent sa joie, vivent dans la vérité, soient unis, demeurent dans l’amour et partagent sa gloire. Ressuscité, Jésus continue d’intercéder pour nous comme le Grand-Prêtre qui demeure éternellement vivant (Heb 7.25).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Gethsémané et la croix</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Gethsémané, Jésus vit lui-même ce qu’il a enseigné dans le Notre Père. « Que ta volonté soit faite » devient son choix au milieu de l’épreuve (Mat 26.42). Accomplir la volonté du Père signifie laisser advenir son règne, même lorsque le chemin passe par la souffrance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la croix, trois de ses sept paroles sont des prières. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » nous apprend à ne rien cacher à Dieu de nos souffrances et de nos questions. « Père, pardonne-leur » ouvre le chemin du pardon et de l’intercession pour ceux qui nous blessent. « Père, entre tes mains je remets mon esprit » exprime l’abandon confiant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces trois prières dessinent ainsi un itinéraire : présenter à Dieu notre souffrance, entrer dans le pardon et remettre notre vie entre ses mains. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un entretien de cœur à cœur</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus nous invite à prier « dans le secret » (Mat 6.6). Ce lieu secret est aussi celui du cœur. La vraie prière ne demeure pas extérieure : elle engage le centre de notre personne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur est notre trésor. L’Esprit Saint y répand l’amour de Dieu. Il faut donc apprendre à descendre en soi, écouter ce qui nous habite et présenter à Dieu nos désirs. Le silence permet d’entendre cette « petite voix » qui parle au cœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une société marquée par la distraction et la fragmentation, le danger est précisément de perdre son cœur. D’où l’appel biblique : « Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie » (Pr 4,23). Prière, jeûne et don sont ainsi appelés à être vécus devant le Père, dans le secret et avec le cœur (Mat 6.1-18).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La prière apparaît finalement comme un cœur à cœur avec le Père. Jésus ne nous donne pas seulement un exemple : par l’Esprit, il nous introduit dans sa propre relation filiale.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>II. La prière, un entretien avec le Père</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La paternité de Dieu est déjà présente dans le Premier Testament. Elle s’enracine particulièrement dans la relation entre Dieu et Israël: « N’est-il pas ton père, celui qui t’a créé, qui t’a fait et t’a affermi ? » (Dt 32.6).  Dieu a créé, choisi, conduit et façonné son peuple. Il est Père et Rédempteur, plein de compassion pour ses enfants. Le mot « Père » exprime à la fois tendresse et autorité, proximité et transcendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Père de Jésus devient notre Père</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Jésus, le Père est la source même de sa vie. Toute son existence jaillit de cette relation éternelle. Il reçoit tout du Père et accomplit sa volonté dans une confiance absolue. Ses paroles, ses guérisons, sa miséricorde et son attention aux petits rendent visible le visage du Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En enseignant « Notre Père », Jésus ouvre à ses disciples son propre espace intérieur. Cette relation filiale atteint son sommet sur la croix lorsqu’il remet son esprit entre les mains du Père (Lc 23.46). Après la résurrection, il dit à Marie de Magdala : « Je monte vers mon Père et votre Père ». Sa relation unique avec Dieu nous est désormais communiquée par l’Esprit. (Jn 20.17) </p>



<p class="wp-block-paragraph">Une expérience vécue à Jérusalem, lors du chant du Notre Père en hébreu chez les Clarisses, a rendu sensible cette réalité pour moi. J&rsquo;avais perçu clairement que Jésus lui-même priait au milieu de nous et tournait nos cœurs vers le Père. Une intuition semblable apparaît chez Chiara Lubich : le Christ présent en nous nous associe à son mouvement intérieur et nous place avec lui, notre Frère, face au Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tradition juive connaît elle aussi l’invocation de Dieu comme « notre Père », particulièrement dans l’<em>Amidah</em> et <em>Avinou Malkeinu</em>. Dans l’islam, en revanche, Dieu n’est jamais appelé Père : les musulmans invoquent Allah à travers ses 99 attributs. L’invocation « Notre Père » manifeste ainsi une caractéristique essentielle de la prière chrétienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Notre Père chez Matthieu</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans Matthieu 6, la prière se situe entre l’aumône et le jeûne. Ces trois pratiques constituent comme trois piliers de la vie spirituelle et correspondent aux trois relations fondamentales : avec Dieu, avec le prochain et avec soi-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus demande que ces pratiques soient vécues sous le regard du Père plutôt que pour être vues des hommes. La prière doit donc être discrète et intérieure. Elle doit aussi être sobre : le Père sait ce dont nous avons besoin avant même que nous le lui demandions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, le pardon est central. Au cœur du Notre Père se trouve la demande : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons ». Exigence que Jésus répète après avoir donné cette prière (Mat. 6.15). Sans pardon, ni la relation avec Dieu ni les relations fraternelles ne peuvent devenir un véritable entretien de confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Notre Père chez Luc</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Chez Luc, les disciples demandent à Jésus : « Seigneur, apprends-nous à prier » après l’avoir vu lui-même en prière. Ils désirent apprendre non seulement une formule, mais une manière de vivre 11.1-4)</p>



<p class="wp-block-paragraph">La parabole de l’ami importun souligne ensuite la persévérance. « Demandez, cherchez, frappez » : le disciple continue de prier parce qu’il fait confiance au Père. Et le don suprême à demander est l’Esprit Saint (11.15-8, 13)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le contexte est également significatif. Avant le Notre Père viennent le Bon Samaritain et la rencontre de Jésus avec Marthe et Marie. (10.25-42) La vie chrétienne associe donc service du prochain et écoute de la Parole. Sans écoute, l’action risque de devenir agitation ; sans service, la prière risque de se replier sur elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La&nbsp;<em>Lectio divina</em>&nbsp;devient ainsi une véritable école de prière : nous écoutons le Père dans sa Parole, notre volonté s’accorde à la sienne et notre vie se laisse transformer. Jésus demeure notre maître : son existence entière est un entretien avec le Père.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>III. La prière, un entretien continuel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus appelle à « toujours prier sans se lasser » et à rester éveillés dans une prière de tous les instants (Lc 18,1; 21.36)) Paul résume cet enseignement : « Priez sans cesse » (1 Th 5.17) La prière continuelle ne signifie pas prononcer constamment des paroles, mais laisser notre relation avec Dieu devenir le climat intérieur de toute notre existence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Actes des Apôtres montrent les premiers chrétiens persévérant dans la prière (Ac 2.42-46). Paul prie continuellement pour les communautés et les invite à prier en toute circonstance. Cette tradition inspirera les Pères du désert et toute la spiritualité chrétienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’orthodoxie, la « prière de Jésus » — « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur » — cherche à unir le cœur, l’esprit et les lèvres dans une invocation continuelle. Les&nbsp;<em>Récits du pèlerin russe</em>&nbsp;décrivent comment cette prière peut peu à peu devenir aussi naturelle que la respiration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Occident, la tradition monastique organise la journée autour de l’Eucharistie, des offices, de la méditation, du travail et du silence. Dans les Églises réformées le renouveau liturgique a également remis en valeur les offices quotidiens, notamment à Crêt-Bérard, Taizé, Pomeyrol et Grandchamp.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Réforme n’ignore pas cette dimension. Calvin estime que, puisque nous devons toujours garder le cœur élevé vers Dieu, il est nécessaire de réserver certaines heures à la prière afin de soutenir notre faiblesse. La prière continuelle permet de conserver la joie et l’action de grâce au milieu des événements qui pourraient les troubler. Le Catéchisme de Heidelberg insiste également sur des prières « ardentes et continuelles » (Question 116).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment prier continuellement aujourd’hui ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La prière continuelle n’est pas réservée aux moines. Elle est la vocation de tout chrétien. Plusieurs chemins peuvent nous y aider.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord,&nbsp;<strong>celui qui aime prie continuellement</strong>. Lorsque nous aimons quelqu’un, notre cœur demeure tourné vers lui, même en son absence. De même, l’amour de Jésus peut maintenir notre cœur en éveil. Aimer Jésus signifie aussi le reconnaître et le servir dans chaque prochain placé sur notre route.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, <strong>vivre la Parole maintient dans la prière</strong>. Jésus dit : « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez et cela vous arrivera » (Jn 15.7).  La Parole méditée doit devenir une semence vécue. Lorsque nous la mettons en pratique, le Christ demeure en nous ; et puisque lui-même est constamment tourné vers le Père, sa présence nous introduit dans sa prière. Garder une Parole biblique durant la journée permet ainsi de demeurer intérieurement relié à Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Se souvenir de son baptême</strong>&nbsp;est un autre chemin. Par le baptême, nous avons revêtu le Christ et sommes greffés sur lui. Si le Christ vit en nous, il prie en nous. La vie entière peut alors devenir prière lorsque nous marchons dans son Esprit et accomplissons sa volonté. Il ne s’agit plus seulement de faire des prières : nous sommes appelés à devenir prière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La perspective de&nbsp;<strong>notre dernière heure</strong>&nbsp;nourrit également la vigilance. Toute notre existence prépare la rencontre avec le Christ. Un jour, plus rien ne fera obstacle à la communion avec Dieu : nous ne connaîtrons plus seulement des moments de prière, mais tout notre être sera prière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les <strong><a href="https://www.hoegger.org/article/jeuner-et-prier-avec-le-coeur-et-des-perles/" data-type="link" data-id="https://www.hoegger.org/article/jeuner-et-prier-avec-le-coeur-et-des-perles/">« perles du cœur </a>»</strong> que j&rsquo;ai créées, peuvent aider à garder cette vigilance dans une société qui disperse notre attention. Elles rappellent cette demande : « Donne-moi un cœur qui écoute. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, les&nbsp;<strong>prières très courtes</strong>&nbsp;permettent de demeurer intérieurement avec Dieu au milieu des activités : « Tu es mon Dieu et mon Tout », « Pour toi, Jésus », « Que cela soit toi qui pries en moi ». Ces brèves invocations sont comme des déclarations d’amour lancées vers Dieu. Elles permettent de transformer progressivement chaque activité en offrande et chaque instant en rencontre.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Conclusion : vers Pomeyrol 2032-2033, le pari de la confiance</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces méditations sur la prière prennent une signification particulière devant l’avenir de Pomeyrol. La perspective de 2032 et du départ du lieu actuel suscite des questions, mais elle peut devenir un appel renouvelé à la confiance. Sœur Marthe Élisabeth invite à entrevoir « un autre Pomeyrol » : l’avenir de la communauté ne se confond pas avec celui d’un lieu. Pomeyrol est avant tout une vocation appelée à vivre l’Évangile et à porter l’Église et le monde dans la prière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chemin vers 2032 comporte un dépouillement. Mais le dépouillement chrétien s’inscrit dans le mystère pascal : une mort peut devenir passage vers une vie nouvelle. Or, juste après 2032 vient 2033, année des deux mille ans de la résurrection du Christ. Cette proximité ouvre une espérance : après le dépouillement, une forme nouvelle de Pomeyrol peut-elle surgir ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette attente, la priorité est de persévérer dans l’entretien avec Dieu. « Priez sans cesse » prend ici une résonance particulière. Il ne faut pas vouloir trop rapidement déterminer l’avenir. La prière continuelle n’évite pas les décisions : elle crée l’espace intérieur nécessaire au discernement. Elle nous rend disponibles à ce que Dieu veut accomplir plutôt qu’à ce que nous avions nous-mêmes imaginé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le temps jusqu’en 2032 peut ainsi devenir non un simple compte à rebours, mais un temps d’écoute, de communion et de maturation. Sœurs et compagnons sont appelés à porter ensemble cette étape dans la prière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chemin vers 2032, puis vers 2033, peut alors devenir un véritable chemin pascal : consentir au dépouillement, demeurer dans un entretien continuel avec Dieu et attendre avec confiance la nouveauté que le Ressuscité peut faire surgir. Celui qui a relevé Jésus d’entre les morts peut aussi ouvrir pour Pomeyrol un avenir que nous ne pouvons encore ni prévoir ni dessiner.</p>
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		<title>Vers le Jubilé de 2033 : accélérer sans se précipiter.</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/accelerer-sans-se-precipiter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Sep 2026 23:52:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette méditation a été donnée le 3 septembre 2026 dans l’église de Montpreveyres, à l’occasion d’un temps de prière organisé par le Gîte El Jire, qui accueille des pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Dans ce lieu traversé par tant de marcheurs, le récit de la course de Marie de Magdala, de Pierre et du [&#8230;]</p>
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]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph">Cette méditation a été donnée le 3 septembre 2026 dans l’église de Montpreveyres, à l’occasion d’un temps de prière organisé par le Gîte El Jire, qui accueille des pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Dans ce lieu traversé par tant de marcheurs, le récit de la course de Marie de Magdala, de Pierre et du disciple que Jésus aimait vers le tombeau prend une résonance particulière. Il nous parle à la fois de mouvement et d’arrêt, d’accélération et d’attente. Ces images éclairent aussi le chemin des chrétiens vers 2033, année du deux-millième anniversaire de la résurrection du Christ.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La course vers le tombeau</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est frappant dans le récit de la résurrection de Jésus, au chapitre 20 de l’Évangile selon Jean, c’est la course, si bien peinte par le peintre Eugène Burnand.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque Marie de Magdala découvre le tombeau vide, elle court avertir Pierre et le disciple que Jésus aimait. Celui-ci n’est pas nommé dans l’Évangile. On peut y voir une invitation adressée à chacun de nous à nous identifier à lui. Cet autre disciple que Jésus aimait, c’est toi, c’est moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pierre et l’autre disciple sortent alors et se mettent eux aussi à courir. Le même verbe est utilisé. Mais le disciple que Jésus aimait court plus vite et arrive le premier au tombeau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux détails de ce récit m’ont particulièrement frappé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier est que le disciple que Jésus aimait, bien qu’il soit arrivé le premier, n’entre pas immédiatement dans le tombeau. Il s’arrête devant l’entrée et laisse Pierre entrer avant lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le second détail concerne les linges funéraires. Les bandelettes qui entouraient le corps de Jésus sont là, tandis que le linge qui recouvrait son visage a été plié et déposé à part.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Deux ralentissements</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce récit marqué par la course et l’accélération, nous rencontrons donc deux ralentissements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le disciple que Jésus aimait s’arrête. Il ne se précipite pas dans le tombeau. Ce n’est qu’ensuite qu’il entre. Alors, « il vit et il crut ». Il est le premier à croire. Peut-être cet arrêt, ce calme, lui ont-ils permis de voir et de croire. Pierre, lui, est entré immédiatement, mais le texte ne dit pas à ce moment-là qu’il a cru.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a aussi ce linge soigneusement plié. C’est un détail étonnant. On pourrait presque dire que Dieu fait le ménage après la résurrection ! Pourquoi ce linge est-il ainsi plié ? Je n’ai pas vraiment de réponse, mais j’aime cette image de Jésus qui, après sa résurrection, prend le temps de mettre de l’ordre dans le tombeau. Il donne ainsi une dignité sans pareille aux tâches ménagères&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un récit où tout semble aller très vite, Jésus a pris le temps de plier ce linge. Cela nous invite peut-être simplement à prendre, nous aussi, le temps nécessaire.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une accélération vers 2033</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis dix ans, je collabore à une initiative œcuménique appelée <a href="https://www.jc2033.world/fr/" data-type="link" data-id="https://www.jc2033.world/fr/">JC2033, </a>qui invite les chrétiens à se préparer aux deux mille ans de la résurrection du Christ, en 2033.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant ces années, nous avons visité de nombreux pays et rencontré beaucoup de responsables d’Églises, mais aussi des paroisses et des chrétiens engagés localement. Samedi dernier, nous avons vécu la Journée des amis de JC2033, précisément autour du thème de « l’accélération ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, à mesure que nous avançons vers 2033, les choses semblent s’accélérer. Il s’agit d’une sorte de pèlerinage vers une date symbolique importante pour tous les chrétiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a dix ans, nous étions parmi les premiers à attirer l’attention sur la signification de cet anniversaire et sur la nécessité de nous préparer à le célébrer, mais surtout à le célébrer ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En novembre dernier, le pape Léon a invité tous les chrétiens à entreprendre un «<a href="https://www.jc2033.world/fr/blog/leglise-catholique-jc2033-et-lappel-a-marcher-ensemble-vers-2033-1338.html" data-type="link" data-id="https://www.jc2033.world/fr/blog/leglise-catholique-jc2033-et-lappel-a-marcher-ensemble-vers-2033-1338.html">&nbsp;chemin spirituel vers 2033.&nbsp;</a>» Lors d’une célébration à Istanbul, il a également invité les responsables des Églises à se retrouver en 2033 à Jérusalem, «&nbsp;aux racines de notre foi.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, l’Alliance évangélique mondiale a inscrit <a href="https://www.jc2033.world/fr/blog/2033-un-jubile-mondial-de-la-resurrection-1326.html" data-type="link" data-id="https://www.jc2033.world/fr/blog/2033-un-jubile-mondial-de-la-resurrection-1326.html">2033 dans son programme, </a>en mettant l’accent sur le témoignage : témoigner ensemble de notre espérance née de la résurrection du Christ.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Accélérer sans se précipiter</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a donc une accélération. Mais il ne faudrait pas que l’accélération devienne précipitation et que chacun se mette à courir dans sa propre direction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pèlerinage vers 2033 ne doit pas devenir une course où chacun cherche à arriver le premier. Le récit du matin de Pâques nous apprend autre chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, chaque Église et chaque fédération d’Églises est libre de préparer son propre programme. Mais il est également important de vivre ce chemin ensemble. C’est le sens de notre initiative : appeler à l’unité, afin que les chrétiens sachent s’attendre les uns les autres et prennent le temps de bien faire les choses ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons, nous aussi, à « plier nos linges », à nous attendre à l’entrée du tombeau, afin d’y entrer ensemble et de témoigner ensemble du Christ ressuscité.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Marcher au rythme les uns des autres</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il me semble particulièrement significatif de partager cela dans cette petite église située sur un chemin de pèlerinage, dans le cadre de la prière organisée par le Gîte El Jire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pèlerinage nous apprend à avancer à un certain rythme. Le vrai pèlerin est aussi celui qui sait marcher au rythme des autres, et notamment au rythme de celui qui avance le plus lentement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’en ai fait plusieurs fois l’expérience sur des chemins de pèlerinage. Lorsque j’étais fatigué, j’étais heureux qu’un autre pèlerin reste auprès de moi et marche tranquillement à mes côtés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puissions-nous avancer ainsi les uns avec les autres : sans transformer l’accélération en précipitation, en sachant nous attendre et en marchant ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>La prière de Jésus et notre prière. </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Aug 2026 14:06:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prédications]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voir la vidéo à partir de 40 min, 30 sec. La prière est au cœur de la relation de Jésus avec son Père. Pour comprendre ce qu’est la prière chrétienne, trois dimensions peuvent être distinguées : l’attitude dans laquelle Jésus prie, la manière dont il nous fait entrer dans sa propre relation avec le Père, [&#8230;]</p>
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<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><a href="https://www.youtube.com/live/FYoqrKqOUmU" data-type="link" data-id="https://www.youtube.com/live/FYoqrKqOUmU"><strong><em>Voir la vidéo à partir de 40 min, 30 sec. </em></strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La prière est au cœur de la relation de Jésus avec son Père. Pour comprendre ce qu’est la prière chrétienne, trois dimensions peuvent être distinguées : l’attitude dans laquelle Jésus prie, la manière dont il nous fait entrer dans sa propre relation avec le Père, et enfin sa présence dans notre prière, puisqu’il prie pour nous, avec nous et au milieu de nous.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Jésus prie dans l’humilité et la confiance</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’Évangile, Jésus prie ainsi : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché ces choses aux sages et aux intelligents, mais de les avoir révélées aux tout-petits. » (Mat 11.25). Jésus se tient devant son Père dans une attitude d’humilité. La vraie prière commence par cette disposition : se faire tout petit devant Dieu et prier avec le cœur, qu’il s’agisse d’une prière spontanée, d’un chant, d’une prière apprise ou du Notre Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus sait également qu’il est aimé. Au moment de son baptême, le Père lui a déclaré : « Tu es mon Fils bien-aimé. » Il prie donc dans la confiance en un Père bienveillant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce Père est aussi « Seigneur du ciel et de la terre ». Chez Jésus, l’amour et la toute-puissance de Dieu ne s’opposent pas. Le Credo confesse : « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. » Parce qu’il est tout-puissant, Dieu peut créer, mais aussi recréer, transformer et ressusciter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ordre du Credo est significatif : Dieu est d’abord Père, puis Créateur. En créant l’univers, l’infiniment grand comme l’infiniment petit, et chacun d’entre nous, il introduit dans sa création son amour de Père, comme un fil rouge qui la traverse.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Entrer dans la prière de Jésus</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">A la suite du même texte de l&rsquo;évangile de Matthieu, Jésus affirme que « nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » Nous avons donc besoin que Jésus nous révèle qui est véritablement le Père, par une illumination intérieure du Saint-Esprit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette révélation peut être particulièrement importante pour ceux qui ont vécu une relation difficile avec leur père terrestre et éprouvent de la peine à appeler Dieu « Père ». Jésus nous révèle ce Père plein d’amour, déjà manifesté au peuple d’Israël. Dans l’Ancien Testament, Dieu est appelé Père dans sa relation avec Israël, le peuple qu’il s’est choisi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après sa résurrection, Jésus dit à Marie de Magdala : « Va dire à mes frères que je monte vers mon Père et votre Père. » Par la foi en Jésus ressuscité, son Père devient ainsi notre Père et nous devenons frères et sœurs les uns des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les êtres humains sont certes créés à l’image de Dieu et peuvent, dans ce sens, être reconnus comme frères et sœurs par la création. Mais Jésus nous conduit plus loin : par la foi en lui, nous avons accès au même Père et entrons dans sa propre prière. Avec Jésus, nous nous tournons vers le Père. Son élan vers le Père devient le nôtre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un dialogue avec des amis musulmans, dans un groupe auquel je participe, m’a permis de mieux mesurer la particularité de notre foi. Parmi les 99 noms de Dieu dans l’islam, le nom de Père ne figure pas. Il y a là une différence importante entre la foi chrétienne et celle de nos amis musulmans.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Dire « Père » avec Jésus</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis une trentaine d’années, je participe au mouvement des Focolari. Ce qui m’y a attiré est la place donnée à la Parole de Dieu : accueillir une parole de l’Évangile, la garder en soi, chercher à la vivre durant tout un mois et partager ensuite les expériences qu’elle suscite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette spiritualité est née durant la Deuxième Guerre mondiale. Alors que tout s’écroulait autour d’elles, Chiara Lubich et ses compagnes ont découvert dans l’Évangile une force, une puissance et une lumière. Elles ont cherché à vivre radicalement la Parole de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fruit de cette vie de la Parole est que Jésus vient vivre en nous. Comme l’écrit Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après six ans de cette vie, alors que C. Lubich voulait prier Jésus dans une église des Dolomites, elle ne parvint pas à prononcer son nom. Un seul mot sortit de sa bouche : « Père ». Puis elle a fait une profonde expérience de communion avec Dieu. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle comprit que Jésus vivant en elle la faisait entrer dans sa propre relation avec le Père. Jésus est notre frère à nos côtés : il prie avec nous, intercède pour nous et nous conduit vers le Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette expérience a également marqué ma vie spirituelle : vivre avec Jésus ressuscité à nos côtés et au milieu de nous, et dire avec lui : « Abba, Père. »</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Jésus prie avec nous</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La lettre aux Hébreux présente Jésus comme le grand prêtre qui prie continuellement pour nous et qui peut ainsi nous sauver. Jésus prie pour chacun d’entre nous, avec nous et au milieu de nous. (7.25)</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’en ai fait une expérience particulière à Jérusalem, pendant un Notre Père chanté en hébreu. Au milieu des différentes voix, j’ai perçu comme une voix qui les englobait toutes : celle de Jésus priant avec nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, ma manière de prier le Notre Père a changé. Lorsque je le prie seul, je sais que Jésus est présent en moi et le prie avec moi. Lorsque nous le prions ensemble, je prends conscience qu’il est au milieu de nous et qu’il prie avec nous. (cf. Mat 18.20-21)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, chaque fois que nous disons le Notre Père, nous pouvons le faire avec cette conscience : Jésus est avec nous et nous conduit dans sa propre prière vers le Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>L’Accélération sur le chemin vers 2033. Quelques figures bibliques. </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Aug 2026 18:51:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[JC 2033]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Disciples Pierre et Jean courant au sépulcre le matin de la Résurrection (1898), Musée d&#8217;Orsay, Paris, À mesure que nous avançons vers 2033, année où nous célébrerons les deux mille ans de la résurrection du Christ, un mot revient avec insistance dans la vision de JC2033 : « accélération ». Nous voyons déjà se [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Les Disciples Pierre et Jean courant au sépulcre le matin de la Résurrection (1898), Musée d&rsquo;Orsay, Paris,</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À mesure que nous avançons vers 2033, année où nous célébrerons les deux mille ans de la résurrection du Christ, un mot revient avec insistance dans la vision de JC2033 : « accélération ». Nous voyons déjà se multiplier les rencontres, les initiatives, les réseaux et les appels à la prière.<em><a href="applewebdata://5A9A0BE5-457C-4372-B797-8F44D691E9C4#_ftn1"><sup><strong>[1]</strong></sup></a></em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Mais de quelle accélération parlons-nous ? L’Évangile nous aide à discerner. Après la résurrection, tout semble en effet s’accélérer : on court, on revient à Jérusalem, on part annoncer la Bonne Nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. Pourtant, cette accélération n’est jamais agitation ni précipitation. Elle naît d’une rencontre avec le Ressuscité et conduit à la foi, à l’unité et au témoignage.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Pierre et le disciple que Jésus aimait : courir en s’attendant</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le thème de l’accélération m’a tout de suite rappelé le récit de la course vers le tombeau vide, admirablement représentée par Eugène Burnand.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir découvert que la pierre a été enlevée du tombeau, Marie de Magdala court avertir Pierre et le disciple que Jésus aimait. Aussitôt, les deux hommes se mettent eux aussi à courir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le disciple que Jésus aimait arrive le premier. L’Évangile ne le nomme pas, comme si chacun de nous pouvait se reconnaître en lui. Pourtant, arrivé avant Pierre, il n’entre pas. Il se penche, voit les bandelettes, puis il attend. Accélération ne signifie par précipitation, ni agitation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pierre arrive à son tour et entre dans le tombeau. Il voit les bandelettes et le linge qui avait recouvert la tête de Jésus, non pas abandonné en désordre, mais roulé à part.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce détail est étonnant. Il semble que Dieu «&nbsp;fait le ménage&nbsp;» et apporte son ordre.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis le disciple que Jésus aimait entre à son tour : « Il vit et il crut » (Jean 20,8). Il est le premier à croire sans avoir encore rencontré le Ressuscité. La précipitation peut nous rendre aveugles. Mais lui a attendu et il voit avec le cœur et croit.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce disciple est ainsi une figure du disciple de Jésus : il s’est tenu au pied de la croix et, maintenant, il croit devant le tombeau vide. Suivre Jésus, c’est demeurer fidèle dans l’épreuve et faire confiance à la puissance de sa résurrection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À mesure que 2033 approchera, les initiatives vont certainement se multiplier. Une question se posera alors : allons-nous entrer dans une course où chacun voudra arriver le premier, imposer son projet ou tirer la couverture à soi ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le disciple que Jésus aimait est arrivé le premier, mais il a attendu Pierre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà une image pour notre chemin vers 2033 : nous avons à nous attendre les uns les autres. Certains courent plus vite, d’autres avancent plus lentement. Certains disposent de davantage de moyens, de réseaux ou de visibilité, mais nous ne pouvons avancer véritablement ensemble qu’en respectant le rythme des autres, particulièrement celui des plus petits.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Les disciples d’Emmaüs : du cœur brûlant aux pas pressés</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit d’Emmaüs nous montre une autre forme d’accélération.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="799" src="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Emmaus._S._Petrone-1024x799.jpeg" alt="" class="wp-image-9507" srcset="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Emmaus._S._Petrone-1024x799.jpeg 1024w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Emmaus._S._Petrone-300x234.jpeg 300w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Emmaus._S._Petrone-768x599.jpeg 768w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Emmaus._S._Petrone-1536x1198.jpeg 1536w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Emmaus._S._Petrone-2048x1598.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Stig Petrone&nbsp;: les deux disciples d’Emmaüs sur leur chemin de retour vers Jérusalem… accompagnés par la présence spirituelle du Ressuscité. (Collection privée).</em><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux disciples quittent Jérusalem, accablés par la mort de Jésus. Ils marchent lentement, prisonniers de leur déception : « Nous espérions… » (Luc 24,21). Un inconnu les rejoint et marche avec eux. Il écoute leur désarroi, puis leur ouvre les Écritures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu à peu, quelque chose change en eux. Après avoir reconnu Jésus à la fraction du pain, ils se disent : « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait en chemin ? »</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’accélération commence donc à l’intérieur. Avant que leurs pas ne s’accélèrent, leurs cœurs s’embrasent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis « leurs yeux s’ouvrirent ». Cette expression rappelle le récit d’Adam et Ève. Mais ici, le mouvement est inversé. Après l’ouverture de leurs yeux, Adam et Ève se cachent l’un devant l’autre et devant Dieu. Luc pourrait suggérer ici que le disciple qui n’est pas nommé est la femme de Cléopas. À Emmaüs, au contraire du jardin d’Eden, les yeux ouverts par le Ressuscité conduisent à la communion et au témoignage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ces deux disciples forment déjà une petite communauté. Paul dira : « Dans le Seigneur, la femme n’est pas sans l’homme, ni l’homme sans la femme » (1 Corinthiens 11,11). Ensemble, ils reconnaissent le Ressuscité ; ensemble, ils repartent et exercent le ministère.&nbsp;&nbsp;<em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils se lèvent « à l’instant même » et retournent à Jérusalem. La nuit ne les arrête plus. La rencontre avec le Christ ressuscité provoque une double accélération : intérieure, parce que le cœur brûle ; extérieure, parce que les pieds se remettent en mouvement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà ce que nous pouvons demander sur le chemin vers 2033 : non pas d’abord davantage d’activités, mais des cœurs brûlants qui mettent nos pas en mouvement.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Thomas : du doute à la mission</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Thomas nous fait découvrir une troisième dimension de l’accélération.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="565" src="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/stthomas-2-1024x565.jpeg" alt="" class="wp-image-9508" srcset="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/stthomas-2-1024x565.jpeg 1024w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/stthomas-2-300x166.jpeg 300w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/stthomas-2-768x424.jpeg 768w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/stthomas-2.jpeg 1212w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Le Caravage, « L&rsquo;incrédulité de Thomas » (1603), Palais Sans-Souci, Potsdam</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le doute devant la résurrection est une réalité de tous les temps. Il traverse particulièrement nos sociétés postchrétiennes et a également marqué certains courants de la théologie moderne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Thomas nous enseigne quelque chose d’essentiel : il ne suffit pas de répéter le « kérygme » (le cœur de l’Évangile : la mort et la résurrection de Jésus), aussi indispensable soit-il. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autres disciples lui annoncent : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais leur témoignage ne lui suffit pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut que Jésus lui-même vienne à sa rencontre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est finalement le Ressuscité qui transforme Thomas. Jésus vient au milieu des disciples et l’invite personnellement à passer du doute à la foi. Thomas répond alors par une des plus fortes confessions de foi de tout le Nouveau Testament : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après cette rencontre, selon une ancienne tradition chrétienne, la vie de Thomas connaît une extraordinaire accélération missionnaire. Son témoignage est associé à l’Orient. Des traditions anciennes relient en effet son voyage à l’Inde, d’autres à la Chine.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tradition a pris pour moi une dimension très concrète. L’année dernière, Olivier Fleury et moi avons visité Taxila, dans le nord du Pakistan, où l’apôtre Thomas se serait arrêté et aurait témoigné du Christ auprès du roi&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gondophar%C3%A8s_Ier">Gondopharès.</a>&nbsp;J’ai été particulièrement touché de passer deux jours dans cette ville qui avait entendu l’Évangile bien avant la Suisse !&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela élargit notre regard : dès les premiers siècles, l’Évangile s’est mis en route vers l’Orient comme vers l’Occident. Sur le chemin vers 2033, nous sommes appelés à retrouver cette ampleur universelle de la résurrection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque nous avons commencé la prière mondiale de JC2033, il y a une dizaine d’années, nous n’étions que quelques personnes réunies dans nos locaux. Aujourd’hui, chaque dernier vendredi du mois, des personnes d’une vingtaine de pays prient ensemble. Quelle accélération !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela nous encourage à envisager 2033 avec foi. Pouvons-nous espérer que, le matin de Pâques 2033, de grands pays comme l’Inde et la Chine, qui rassemblent une part considérable de l’humanité, entendent cette proclamation dans leurs langues maternelles — plus de mille au total&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! »</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’accélération missionnaire ne vient cependant pas de nos seules stratégies. Comme pour Thomas, elle commence par une rencontre : le Ressuscité vient au milieu de nous.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le véritable accélérateur : Jésus ressuscité au milieu de nous</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Mat-18.21-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-9509" srcset="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Mat-18.21-1024x683.jpeg 1024w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Mat-18.21-300x200.jpeg 300w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Mat-18.21-768x512.jpeg 768w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Mat-18.21.jpeg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Nous arrivons ainsi au cœur de l’accélération vers 2033.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le véritable accélérateur n’est ni une organisation, ni une stratégie de communication, ni la multiplication des événements. C’est Jésus ressuscité présent au milieu de nous&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18,20).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette promesse nous appelle à une manière particulière de vivre ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord, nous avons à nous accorder. Juste avant cette parole, Jésus déclare : « Si deux d’entre vous, sur la terre, se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit… » (Matthieu 18,19). Le mot grec évoque une symphonie. L’accélération vers 2033 sera donc une accélération de la communion : apprendre à nous écouter, à discerner ensemble, à harmoniser nos différences et à nous réjouir des dons que Dieu a confiés aux autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, nous avons à nous réunir « en son nom ». Cela signifie davantage que prononcer le nom de Jésus au commencement d’une rencontre. Se réunir en son nom, c’est chercher à vivre entre nous comme lui-même vit avec nous. C’est mettre son commandement de l’amour réciproque au centre de nos relations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paul l’exprime admirablement : « Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu » (Romains 15,7).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà peut-être le discernement essentiel pour les années qui nous conduisent vers 2033 : ne pas seulement nous demander comment faire davantage, mais comment permettre davantage au Ressuscité d’être présent au milieu de nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous découvrirons que le chemin vers 2033 n’est pas d’abord notre projet. C’est le Ressuscité qui nous rejoint, nous rassemble et nous envoie. Plus nous lui donnerons sa place au milieu de nous, plus il pourra accélérer lui-même ce mouvement d’unité et de témoignage, afin que retentisse, jusqu’aux extrémités de la terre, la joie qui a tout commencé au matin de Pâques :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://5A9A0BE5-457C-4372-B797-8F44D691E9C4#_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>&nbsp;<em>Rencontre des amis de JC2033. Lonay 29 août 2026</em></p>
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		<title>Sur le chemin d’Emmaüs, devenir compagnons du Christ</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/emmaus-compagnons/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Aug 2026 13:43:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prédications]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la chapelle de Pomeyrol J’ai donné ce message, le 23 août 2026, à l’occasion de l’engagement de deux «&#160;Compagnons&#160;» dans la communauté de Pomeyrol, une communauté protestante en Provence, au pied de la chaîne des Alpilles (Saint-Etienne-du-Grès). Le récit des disciples d’Emmaüs est un grand texte sur le compagnonnage (cf. Lc 24.18-35). En ce [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Dans la chapelle de Pomeyrol</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>J’ai donné ce message, le 23 août 2026, à l’occasion de l’engagement de deux «&nbsp;Compagnons&nbsp;» dans la communauté de Pomeyrol, une communauté protestante en Provence, au pied de la chaîne des Alpilles (Saint-Etienne-du-Grès).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit des disciples d’Emmaüs est un grand texte sur le compagnonnage (cf. Lc 24.18-35). En ce jour où Johanne et Marion prennent leur engagement comme compagnons de Pomeyrol, il nous offre une lumière particulière. Car, avant de nous dire ce que signifie être compagnon les uns des autres, il nous révèle Jésus lui-même comme le compagnon par excellence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Ressuscité rejoint deux disciples sur leur chemin. Il marche avec eux, les écoute, ouvre pour eux les Écritures, partage leur pain et les remet en route comme témoins. À travers ces différentes étapes, nous pouvons reconnaître cinq dimensions du compagnonnage. Elles concernent particulièrement les compagnons de Pomeyrol, mais elles dessinent aussi un chemin pour toute communauté chrétienne.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Faire route ensemble</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux. » Tout commence par cette présence sur le chemin. Être compagnon, c’est d’abord faire route avec d’autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est aussi une belle image de l’Église. L’Église est une communion d’hommes et de femmes qui ont accepté de marcher ensemble. Le mot « synode » exprime précisément cette réalité : faire chemin ensemble. Mais sur ce chemin, une personne supplémentaire nous accompagne toujours : le Christ lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marcher ensemble ne signifie pas être toujours d’accord. Les deux disciples d’Emmaüs en font l’expérience. Le texte dit qu’ils s’entretenaient de ce qui venait de se passer à Jérusalem, mais le terme grec laisse entendre une discussion animée, voire un désaccord. Ils cherchent ensemble à comprendre des événements qui les dépassent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il en va de même dans toute communauté. Faire route ensemble demande du temps, de l’écoute et un accueil réciproque. L’exhortation de Paul prend alors tout son sens : « Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu » (Rm 15.7).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Accueillir l’autre, c’est reconnaître qu’il n’est pas là par hasard. Je peux apprendre à le recevoir comme un don placé sur mon chemin : tu as été créé comme un don pour moi, et j’ai été créé comme un don pour toi. Cet accueil n’est pas toujours immédiat. Il se construit jusque dans les tensions et les désaccords. Être compagnon, c’est donc continuer à faire route ensemble, y compris lorsque le chemin devient difficile.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Rencontrer et écouter</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième dimension du compagnonnage est la rencontre. Jésus ressuscité aurait pu se manifester immédiatement dans sa gloire et leur révéler son identité. Il choisit une tout autre manière de faire : il s’approche, s’intéresse à eux et les interroge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus commence par écouter. Sa question permet aux disciples de raconter ce qu’ils viennent de vivre. En fait ils sont sur un chemin de deuil. Grâce à l’écoute de Jésus, ils peuvent exprimer leur déception, leur tristesse, leurs interrogations et leur espérance brisée : « Nous espérions, nous, que c’était lui qui allait délivrer Israël. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils racontent même à Jésus l’Évangile sans savoir qu’ils parlent à celui qui en est le cœur : Jésus de Nazareth a été crucifié ; des femmes sont allées au tombeau ; elles ne l’ont pas trouvé et ont annoncé qu’il était vivant. Ils connaissent les faits, mais ne parviennent pas encore à en découvrir le sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus leur laisse le temps de parler. Il ne se décourage pas lorsqu’ils lui répondent assez vivement : « Tu es bien le seul à séjourner à Jérusalem qui n’ait pas appris ce qui s’y est passé ces jours-ci ! » Il continue à les écouter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà une dimension essentielle du compagnonnage. Un compagnon est quelqu’un qui s’intéresse à l’autre, lui pose des questions et lui donne le temps de raconter son chemin. Avant de parler, il écoute. Avant de conseiller, il accueille. Jésus est lui-même ce compagnon qui nous écoute avec patience.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Ouvrir ensemble les Écritures</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir longuement écouté, Jésus prend la parole. Il ouvre les Écritures et aide les disciples à relire les événements à leur lumière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il leur reproche d’être « sans intelligence » et d’avoir le « cœur lent à croire ». Ces deux mots, l’intelligence et le cœur, me semblent importants. Les Écritures demandent à être reçues avec les deux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les lire avec le cœur, c’est accepter qu’une parole puisse nous rejoindre personnellement et transformer notre existence. J’ai moi-même fait l’expérience d’une parole biblique qui a transpercé mon cœur et m’a conduit de l’athéisme à la foi. Depuis ce jour, j’ai gardé une grande confiance dans la puissance de la Parole de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais nous sommes aussi appelés à lire avec l’intelligence. Intelligence signifie littéralement «&nbsp;lire entre&nbsp;» (<em>inter-legere,</em>&nbsp;en latin). C’est établir des liens, rapprocher les textes, les éclairer les uns par les autres. C’est précisément ce que fait Jésus sur le chemin d’Emmaüs : « Commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Écritures ce qui le concernait. » Il relie les Écritures à sa personne, à sa mort et à sa résurrection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le compagnon ne se réfère donc pas seulement à ses propres idées ou à son expérience. Il se met avec l’autre à l’écoute d’une Parole qui vient d’ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus nous enseigne aussi quelque chose d’essentiel pour notre témoignage : il n’ouvre les Écritures qu’après avoir créé une relation. Il a d’abord marché avec les disciples et écouté leur histoire. C’est dans cette relation de confiance que la Parole peut être entendue. Le témoignage chrétien ne consiste pas à déposer une parole sur quelqu’un de l’extérieur, mais à partager l’Évangile dans une relation d’amitié.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors peut naître l’expérience des disciples : « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait en chemin et nous ouvrait les Écritures ? »</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Partager le pain</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le quatrième geste du compagnon est contenu dans le mot lui-même. Le compagnon est celui avec lequel on partage le pain. Les disciples disent à Jésus : « Reste avec nous, car le soir approche. » Jésus accepte leur hospitalité et se met à table avec eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le compagnonnage passe aussi par cette convivialité. À Pomeyrol, il se vit entre les sœurs et les compagnons, dans la prière quotidienne avec ses quatre moments, mais également autour d’une table, dans les rencontres ordinaires et la joie d’être ensemble. Et cette hospitalité peut se prolonger dans nos propres lieux de vie. Nos tables peuvent devenir des lieux ouverts où d’autres sont accueillis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est au moment où Jésus prend le pain, prononce la bénédiction, le rompt et le leur donne que « leurs yeux s’ouvrirent ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette expression fait penser au récit de la Genèse. Après avoir mangé le fruit défendu, les yeux d’Adam et Ève s’ouvrent ; mais cette ouverture conduit à la honte, à la peur et à la dissimulation. Ils se cachent l’un de l’autre et se cachent devant Dieu (cf. Gn 3.7).</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Emmaüs, un chemin inverse s’ouvre. Les yeux des disciples s’ouvrent dans la communion. Ils reconnaissent le Christ et peuvent désormais se regarder eux-mêmes à la lumière de sa présence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des deux disciples n’est pas nommé. Cette absence de nom permet à chacun de prendre place dans le récit, à côté de Cléopas. Certains ont aussi pensé que ce disciple pouvait être son épouse. Quelle que soit l’hypothèse retenue, les deux deviennent ensemble témoins du Ressuscité. Comme l’écrit Paul : « Dans le Seigneur, la femme n’est pas sans l’homme ni l’homme sans la femme » (1 Co 11.11). Dans le Christ, la communion devient témoignage.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Repartir comme témoins</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, être compagnon, c’est devenir témoin. Dès que les disciples reconnaissent Jésus, celui-ci disparaît à leurs regards. Ils auraient pu rester à Emmaüs pour prolonger l’émotion de cette rencontre. Au contraire, « à l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem » pour témoigner aux autres disciples de leur rencontre avec le Ressuscité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le compagnon n’est pas appelé à demeurer seulement dans la chaleur d’une communauté. Ce qu’il reçoit devient une mission. L’expérience vécue ensemble est appelée à rayonner ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chers compagnons de Pomeyrol, c’est aussi votre vocation. Dans vos lieux de vie, vos familles, vos Églises, vos engagements et vos rencontres, vous êtes appelés à témoigner de ce que vous recevez ici : une vie fraternelle nourrie par la prière, l’écoute de la Parole et la présence du Christ au milieu de nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Votre engagement ne vous attache donc pas seulement à un lieu. Il vous envoie. Il fait de vous des témoins de cette grâce reçue à Pomeyrol et des artisans de communion là où vous vivez.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Des compagnons pour l’avenir de la communauté de Pomeyrol</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chemin d’Emmaüs nous donne ainsi cinq traits du compagnon : marcher ensemble, écouter, ouvrir les Écritures, partager le pain et devenir témoin. Mais, avant d’être nos engagements, ces cinq attitudes sont celles de Jésus envers nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est lui qui marche à nos côtés lorsque nous ne comprenons plus. Il écoute nos questions, éclaire notre chemin par les Écritures, rompt le pain avec nous et rallume l’espérance lorsque notre cœur s’est refroidi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Johanne et Marion, votre engagement aujourd’hui s’inscrit dans ce chemin. Vous devenez compagnons de Pomeyrol parce que le Christ s’est d’abord fait votre compagnon. Et c’est en demeurant avec lui que vous pourrez, à votre tour, marcher avec d’autres et témoigner de ce que vous recevez ici.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et notre espérance est aussi que ce témoignage porte du fruit. Que d’autres entendent l’appel à rejoindre cette aventure de foi et de communion ! Que de nouveaux compagnons s’engagent, que de nouvelles sœurs répondent à l’appel du Christ et viennent enrichir la communauté de leurs dons, de leur prière et de leur présence. Car une communauté reçoit son avenir de celles et ceux que Dieu appelle à la rejoindre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous pouvons donc faire de cet engagement une prière pour l’avenir de Pomeyrol. Que le Seigneur suscite de nouvelles vocations de sœurs et de compagnons ; qu’il renouvelle cette communauté que nous aimons et que nous portons dans notre prière ; qu’il lui donne, à travers de nouveaux visages et de nouveaux engagements, un avenir et une beauté toujours renouvelée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que la parole des disciples d’Emmaüs devienne alors une parole pour nous tous : « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait en chemin ? » Et que ce feu reçu du Ressuscité se communique de personne en personne, afin que beaucoup d’autres découvrent à leur tour la joie de marcher avec lui et de devenir compagnons sur son chemin.</p>
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		<title>Fidélité et innovation au service de l&#8217;Évangile</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/meb-70-ans/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jul 2026 13:11:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les 70 ans de la Mission évangélique Braille et les 50 ans de son camp d&#8217;été Salle del Castillo, Vevey. Le choeur « One Step » a chanté des Gospels lors de la deuxième partie de la soirée La Mission évangélique Braille (MEB) a célébré cette année un double anniversaire particulièrement significatif : les 70 ans de [&#8230;]</p>
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<h4 class="wp-block-heading">Les 70 ans de la Mission évangélique Braille et les 50 ans de son camp d&rsquo;été</h4>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Salle del Castillo, Vevey. Le choeur « One Step » a chanté des Gospels lors de la deuxième partie de la soirée</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://mebraille.ch">Mission évangélique Braille (MEB) </a>a célébré cette année un double anniversaire particulièrement significatif : les 70 ans de sa fondation officielle et les 50 ans de son camp d&rsquo;été. Le 20 juillet 2026 une fête dans la grande et belle salle del Castillo, à Vevey, a permis de relire une histoire marquée par la fidélité de Dieu, l&rsquo;engagement de nombreux bénévoles et collaborateurs, ainsi que par une volonté constante de rendre la Parole de Dieu accessible aux personnes aveugles et malvoyantes. Les témoignages de plusieurs acteurs de cette aventure ont montré comment cette œuvre a su évoluer tout en restant fidèle à sa vocation première.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une œuvre bâtie sur la fidélité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En ouvrant la rencontre, le président Thierry Wolfrath a rappelé que les chiffres de 70 ans et de 50 camps racontent avant tout une histoire de fidélité. Derrière chaque livre braille, chaque enregistrement audio ou chaque camp se cachent des milliers d&rsquo;heures de travail discret : transcription, relecture, impression, envoi des ouvrages, accueil des participants. Cette œuvre n&rsquo;a jamais recherché la visibilité, mais a permis à des milliers de personnes de recevoir la Bible et une littérature chrétienne dans des formats accessibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président a également souligné l&rsquo;importance des camps d&rsquo;été, véritables lieux de rencontre où naissent des amitiés durables. Si les livres transmettent la Parole, les camps permettent de vivre la communion fraternelle. Il a exprimé sa reconnaissance envers les bénévoles, les bénéficiaires, les donateurs et les collaborateurs qui, chacun à leur manière, rendent cette mission possible. Il a enfin mis en valeur le caractère interconfessionnel de la MEB et son ouverture croissante à l&rsquo;Afrique, où elle soutient aujourd&rsquo;hui des projets éducatifs et de développement.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;intuition visionnaire d&rsquo;Edith Huber</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Premier invité de la table ronde, Alain Décoppet, auteur&nbsp;<a href="https://www.unixtus.ch/librairie/la-lumi%C3%A8re-brille-dans-les-t%C3%A9n%C3%A8bres/">d’un livre sur l’histoire de la MEB</a>, a retracé les origines de la Mission évangélique Braille en évoquant sa fondatrice, Edith Huber. Devenue aveugle à vingt ans, celle-ci traversa une longue période de révolte avant de vivre une rencontre décisive avec le Christ. Cette expérience transforma son regard sur sa propre existence et fit naître en elle le désir de partager l&rsquo;Évangile avec d&rsquo;autres personnes aveugles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Très rapidement, elle entreprit de transcrire des textes bibliques en braille et chercha tous les moyens disponibles pour rendre les Écritures accessibles. Son intuition ne s&rsquo;arrêta pas au braille. Elle comprit également l&rsquo;importance des séjours communautaires et pressentit le potentiel des futurs supports audio. Alain Décoppet a montré combien cette femme avait su anticiper les évolutions techniques tout en gardant comme priorité la rencontre avec le Christ. Il a également rappelé les différentes étapes de développement de l&rsquo;œuvre.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;ouverture œcuménique et le développement international</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ancien président de la MEB, Gérald Cavin est revenu sur deux tournants majeurs de son histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier fut la décision de réaliser une édition braille de la Traduction œcuménique de la Bible (TOB). À une époque où l&rsquo;œuvre était encore fortement marquée par ses origines évangéliques, ce choix suscita des discussions importantes. Finalement, la volonté de proposer une Bible pouvant être reçue par l&rsquo;ensemble de la francophonie chrétienne l&#8217;emporta. Cette décision ouvrit durablement la Mission évangélique Braille à une véritable dimension œcuménique. Elle fut rendue possible grâce à une étroite collaboration avec l&rsquo;Asile des aveugles de Lausanne pour l&rsquo;impression et avec la Société biblique suisse pour l&rsquo;édition du texte. Les innovations techniques dans l&#8217;embossage du braille permirent ensuite de mener à bien ce vaste projet éditorial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le second tournant concerna la coopération avec l&rsquo;Afrique. Initialement centrée sur la diffusion de littérature chrétienne, la mission prit progressivement conscience que l&rsquo;annonce de l&rsquo;Évangile devait aussi répondre aux besoins fondamentaux des personnes. Une réflexion née de situations concrètes conduisit l&rsquo;association à soutenir des projets d&rsquo;alphabétisation, de scolarisation, de formation professionnelle et d&rsquo;autonomie économique. Gérald Cavin a montré comment cette évolution élargissait la mission sans en modifier l&rsquo;inspiration évangélique.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une famille qui continue de grandir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Corinne Vergne, présidente de la MEB France, a témoigné de son expérience personnelle en tant qu’aveugle. Entrée dans les camps en 1994, elle a découvert une véritable famille spirituelle. Les soirées de partage, les chants, les enseignements bibliques et la qualité des relations humaines ont marqué durablement son parcours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon elle, malgré les changements de lieux, de responsables et d&rsquo;organisation, l&rsquo;essentiel demeure inchangé : la mission reste une communauté chrétienne où la solidarité, l&rsquo;amitié et l&rsquo;écoute mutuelle occupent une place centrale. Les camps permettent à chacun de vivre pleinement sa foi tout en bénéficiant d&rsquo;un climat d&rsquo;accueil et de confiance.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Préparer l&rsquo;avenir sans perdre son âme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant qu&rsquo;actuel secrétaire général, Thoma Vuilleumier a porté le regard vers l&rsquo;avenir. Il a rappelé que, malgré les progrès technologiques, les besoins restent immenses. De nombreuses personnes aveugles n&rsquo;ont toujours pas accès à la lecture, à l&rsquo;éducation, à la culture ou à une pleine participation à la vie des Églises, particulièrement dans plusieurs pays africains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour lui, les prochaines années devront conjuguer innovation et fidélité. Les nouvelles technologies, l&rsquo;intelligence artificielle et les supports numériques ouvriront des perspectives inédites, mais elles ne remplaceront jamais les relations humaines. Il a identifié trois priorités qui devront continuer à façonner l&rsquo;identité de la MEB : demeurer une œuvre explicitement chrétienne, poursuivre une innovation adaptée à des moyens souvent modestes et préserver une culture de proximité où bénéficiaires, bénévoles, donateurs et collaborateurs forment une véritable communauté. C&rsquo;est cette alliance entre foi, créativité et relations humaines qui permettra à la Mission évangélique Braille de poursuivre son service dans les décennies à venir.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une reconnaissance personnelle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette célébration a fait remonter de nombreux souvenirs. J&rsquo;ai eu la joie de collaborer avec la Mission évangélique Braille dès 1989, alors que j&rsquo;étais directeur de la Société biblique suisse. Nous avons travaillé ensemble à la réalisation et à la diffusion de la Bible en français fondamental en braille, présentée notamment à l&rsquo;UNESCO et au pape Jean-Paul II.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je garde surtout un souvenir très vivant d&rsquo;un voyage en Côte d&rsquo;Ivoire et au Bénin avec Alain Décoppet et Robert Schmidt, alors secrétaire général de la MEB. Cette visite a contribué à ouvrir de nouvelles perspectives de coopération en Afrique, notamment dans le domaine de l&rsquo;alphabétisation des personnes aveugles. <br>Elle illustre bien ce que cette fête a mis en lumière : une œuvre qui, depuis 70 ans, ne cesse d&rsquo;élargir son horizon tout en restant fidèle à sa vocation première, celle de rendre la Parole de Dieu accessible à tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger</em></p>
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		<title>La liturgie, source d&#8217;espérance, sept chemins ouverts par la rencontre de Synaxe</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 09:33:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spiritualité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le groupe Synaxe, lors de sa visite au Parlement européen, Strasbourg. La 40e rencontre internationale de Synaxe, réunie à Sainte-Marie-aux-Mines, en Alsace, en juillet 2026, m’a permis de vivre une semaine particulièrement riche autour du thème « La liturgie, source d’espérance ». Avec une quarantaine de moines, de moniales et d&#8217;amis issus des traditions orthodoxe, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Le groupe Synaxe, lors de sa visite au Parlement européen, Strasbourg.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La 40e rencontre internationale de Synaxe, réunie à Sainte-Marie-aux-Mines, en Alsace, en juillet 2026, m’a permis de vivre une semaine particulièrement riche autour du thème « La liturgie, source d’espérance ». Avec une quarantaine de moines, de moniales et d&rsquo;amis issus des traditions orthodoxe, catholique et protestante, j’ai découvert différentes manières de célébrer, de prier et de comprendre la liturgie. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les six premières parties, je présente les principales étapes et contributions de cette rencontre. Chaque sous-titre renvoie à un article. Dans la septième, je propose une réflexion plus personnelle : à la lumière de la lettre aux Hébreux, la liturgie m’apparaît comme une « ancre de l’âme » qui nous fixe dans le Christ et nous engage sur la « voie infiniment supérieure » de l’amour. </p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.hoegger.org/article/synaxe-introduction/">Une rencontre placée sous le signe de l’espérance</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le père Philadelphos, nouveau président (orthodoxe) de Synaxe, a ouvert la rencontre en rappelant que la liturgie transforme le regard sur Dieu, le prochain et la création. Le métropolite du Bénélux Athénagoras a transmis le message du patriarche Bartholomée, présentant la divine liturgie comme une anticipation du Royaume de Dieu. Anne Burghardt, secrétaire générale de la Fédération luthérienne mondiale, a souligné que le culte façonne le peuple chrétien et l’envoie pour pratiquer la justice. Accueillis au Centre évangélique du Refuge par François Dardenne, les participants ont ainsi commencé une semaine de prière, d’écoute et de découverte mutuelle.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.hoegger.org/article/la-liturgie-orthodoxe-une-source-desperance-et-de-communion/">La liturgie orthodoxe, entrée dans le Royaume</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le père Amphilochios, moine de l’Église orthodoxe grecque, a présenté l’Eucharistie comme le lieu où se manifeste la nature de l’Église, communion rassemblée autour du Christ ressuscité. La théologienne française Sandrine Caneri a rappelé l’enracinement de la liturgie orthodoxe dans la prière d’Israël, tandis que le professeur Christos Filiotis en a développé les dimensions communautaire, trinitaire et cosmique. La divine liturgie présidée par le métropolite Athénagoras a donné à vivre ces enseignements. Par la prière, l’assemblée entre symboliquement dans le Royaume, avant d’être renvoyée dans le monde pour y servir la réconciliation et la création.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.hoegger.org/article/leucharistie-au-coeur/">L’Eucharistie au cœur du chemin vers l’unité</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dialogue sur l’Eucharistie a révélé la souffrance provoquée par les divisions chrétiennes. Irina Brandt, orthodoxe roumaine mariée à un pasteur protestant suisse, a exprimé la contradiction vécue par les foyers mixtes, unis dans le mariage mais séparés à la table eucharistique. Christos Filiotis a reconnu que ces expériences poussent les Églises à avancer, sans dissocier communion eucharistique et communion ecclésiale. Co-président du dialogue entre l’Église orthodoxe et la communion anglicane, Athénagoras a appelé à poursuivre patiemment le dialogue. Sœur Bénédicte, diaconesse de Reuilly, a proposé le chemin d’Emmaüs comme pédagogie de l’unité : marcher ensemble, écouter les Écritures et laisser le Christ ouvrir les cœurs avant la fraction du pain.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.hoegger.org/article/sources-juives-de-lesperance/">Aux sources juives de la liturgie</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Strasbourg, la pasteure Florence Taubmann, présidente d’honneur des Amitiés judéo-chrétiennes de France, a retracé l’histoire du judaïsme alsacien, marquée par les persécutions, la Shoah et la renaissance des communautés. À la synagogue de la Paix, Janine Elkouby, présidente des Amitiés judéo-chrétiennes de Strasbourg, a présenté la Torah et le Shabbat comme des lieux de transmission, de liberté et de sanctification du temps. La visite de la statue médiévale de la Synagogue aux yeux bandés, à la cathédrale, a invité les chrétiens à reconnaître les aveuglements de leur propre histoire, en particulier envers les juifs. À la chapelle des diaconesses, la&nbsp;<em>menorah&nbsp;</em>allumée chaque Shabbat a offert une autre image : celle d’une fraternité qui ouvre les yeux et choisit la rencontre.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.hoegger.org/article/liturgie-catholique/">La liturgie catholique, mémoire et attente</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au monastère bénédictin de Rosheim, la messe dominicale et la rencontre avec les sœurs ont montré comment la liturgie façonne une vie d’écoute et d’hospitalité. Le père Maurizio Bevilacqua, directeur de l’Institut de la vie consacrée de Rome, a invité à accueillir le joug du Christ doux et humble. Jacqueline Cuche a ensuite présenté la liturgie catholique comme enracinée dans la prière d’Israël et tendue vers l’accomplissement du Royaume. L’écoute de la Parole de Dieu, l’Eucharistie et l’intercession unissent mémoire, présence et attente.&nbsp;</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.hoegger.org/article/culte-protestant/">Le culte protestant, un espace de rencontre</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La pasteure Isabelle Gerber a&nbsp;montré que la liturgie protestante ne se réduit ni à une succession de paroles ni à une simple organisation du culte. Elle constitue un héritage vivant, un espace de rencontre avec Dieu, une école de prière et un lieu où se construit l’espérance chrétienne.&nbsp;L’expérience de la clinique Rhéna, présentée par Sœur Claudine, diaconesse de Strasbourg et la pasteure Régine Kakouridis, a illustré une coopération avec les communautés catholique et juive attentive à l’accompagnement des personnes et offrant un lieu de culte interreligieux. L’histoire de Sainte-Marie-aux-Mines relatée par le pasteur&nbsp;Jean-Philippe Lepelletier a rappelé sa diversité confessionnelle unique en Europe. Enfin, lors du culte protestant, Florence Taubmann a présenté la liturgie comme un service : prier aussi pour ceux qui ne peuvent plus prier.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.hoegger.org/article/liturgie-ancre/">La liturgie, ancre de l’âme</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au terme de cette rencontre, une image de la lettre aux Hébreux s’est formée en moi : comme l&rsquo;espérance, la liturgie est « une ancre de l’âme »,  qui fixe notre existence dans le Christ ressuscité. La liturgie ne supprime ni les tempêtes ni les divisions, mais elle rattache continuellement notre existence, et celle de l’Église, au Christ ressuscité. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Orthodoxes, catholiques et protestants célèbrent différemment, mais tous sont tournés vers le même Royaume. La troisième <em>Lectio divina </em>animée par Irina Brandt sur 1 Corinthiens 13 m’a rappelé le critère essentiel : sans l’amour, la liturgie est vide de sens. Célébrer nous engage à aimer, servir, pardonner et rechercher l’unité sur cette « voie infiniment supérieure ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>L&#8217;Eucharistie au cœur du chemin vers l&#8217;unité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 08:40:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Célébration de la divine liturgie orthodoxe dans la chapelle protestante de Fertrup (Sainte-Marie-aux-Mines) La première journée de la rencontre de «&#160;Synaxe&#160;», le 3 juillet 2026 à Sainte-Marie-aux-Mines, a été marquée par une conférence du père archimandrite Amphilochios (Église orthodoxe grecque) consacrée à la divine liturgie. Les échanges qui ont suivi ont mis en lumière la [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Célébration de la divine liturgie orthodoxe dans la chapelle protestante de Fertrup (Sainte-Marie-aux-Mines) </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La première journée de la <a href="https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/">rencontre de «&nbsp;Synaxe</a>&nbsp;», le 3 juillet 2026 à Sainte-Marie-aux-Mines, a été marquée par une <a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/2.-Synaxe-Conference-Amphilochios.pdf">conférence du père archimandrite Amphilochios </a>(Église orthodoxe grecque) consacrée à la divine liturgie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Les échanges qui ont suivi ont mis en lumière la richesse du dialogue entre les différentes traditions chrétiennes, mais aussi la souffrance toujours ressentie devant l&rsquo;impossibilité d&rsquo;une pleine communion eucharistique. Les témoignages personnels, les réflexions théologiques et les expériences pastorales se sont complétés pour faire apparaître l&rsquo;Eucharistie comme un lieu où se croisent l&rsquo;espérance de l&rsquo;unité et la réalité des divisions. La journée s&rsquo;est poursuivie par des échanges en petits groupes sur les expériences liturgiques de chacun, avant de s&rsquo;achever par une lectio divina sur l&rsquo;appel à l&rsquo;unité dans la première lettre aux Corinthiens.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;expérience concrète des foyers mixtes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mgr Phülop, évêque grec-catholique de Hongrie, a rappelé que l&rsquo;Eucharistie est avant tout une invitation adressée par Dieu à son peuple. Il a évoqué la douleur éprouvée lorsqu&rsquo;un prêtre orthodoxe décrivait ce sacrement comme le plus beau, mais aussi le plus douloureux, parce que les chrétiens ne peuvent encore le partager ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les interventions suivantes ont montré combien les situations familiales rendent cette question particulièrement sensible.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le témoignage d&rsquo;Irina Brandt, théologienne orthodoxe mariée à un pasteur protestant, a constitué l&rsquo;un des moments forts du dialogue Elle a confié la souffrance ressentie lorsqu&rsquo;un couple est proclamé « un » lors du mariage, tout en demeurant séparé au moment de la communion eucharistique. Cette contradiction a marqué son chemin spirituel. À ses yeux, les explications historiques ou doctrinales ne suffisent pas à répondre à la blessure vécue par les familles concernées. Elle a lancé un appel aux responsables des Églises afin qu&rsquo;ils reconnaissent cette souffrance et recherchent ensemble des voies nouvelles de réconciliation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, une participante protestante mariée à un catholique a ensuite témoigné de son parcours œcuménique où elle et son conjoint peuvent aujourd’hui communier dans l&rsquo;Église de leur conjoint, manifestant ainsi au monde la joie de l&rsquo;Évangile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les interventions du père Christos Filiotis, professeur de théologie orthodoxe, montrent combien les mariages mixtes sont devenus un moteur du dialogue œcuménique. Revenant sur le témoignage d&rsquo;Irina Brandt, il souligne que la souffrance vécue par ces couples a conduit les Églises à repenser leurs pratiques. L&rsquo;évolution des relations entre catholiques et protestants en Occident, où ces unions sont désormais largement reconnues, témoigne de l&rsquo;action de l&rsquo;Esprit à travers l&rsquo;expérience des fidèles. Les responsables ecclésiaux sont ainsi appelés à discerner ces signes des temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le père Christos rappelle toutefois que l&rsquo;unité ne peut être obtenue au prix du relativisme ni par des initiatives individuelles. L&rsquo;Église est un mystère dont le Christ est la tête, et la communion eucharistique suppose une véritable communion ecclésiale.&nbsp;</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Entre fidélité et ouverture</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le métropolite orthodoxe du Bénélux Athénagoras a rappelé les progrès accomplis depuis le début du dialogue entre l&rsquo;Église catholique et les Églises orthodoxes. Co-président du dialogue entre les Églises orthodoxe et anglicane, il a souligné qu’interrompre le dialogue reviendrait à laisser place au monologue et à l&rsquo;incompréhension. La recherche d&rsquo;une communion visible exige de poursuivre les échanges avec patience, tout en évitant aussi bien le fanatisme que le relativisme. Il a insisté sur l&rsquo;importance de redécouvrir ensemble l&rsquo;héritage commun de l&rsquo;Église du premier millénaire, qui demeure un fondement solide.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Quelle unité pour l&rsquo;Église ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat s&rsquo;est ensuite élargi à une réflexion sur les premiers siècles du christianisme. Le théologien orthodoxe russe Athanase (vivant dans le monastère de Chevetogne en Belgique) a dit que l&rsquo;Église ancienne connaissait déjà une réelle diversité de traditions et de sensibilités, sans que cette pluralité n&#8217;empêche la communion. Le père Amphilochios a toutefois distingué cette diversité du morcellement confessionnel actuel. Il a reconnu que l&rsquo;avenir pourrait s&rsquo;inspirer du modèle d&rsquo;une diversité réconciliée, où la fidélité à la foi commune s&rsquo;allie au respect de certaines différences légitimes. Cette perspective ouvre un chemin exigeant mais porteur d&rsquo;espérance pour le dialogue entre les Églises.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Les dons reçus des autres traditions</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le père José María Hernandez, missionnaire claretain, a invité les participants à considérer l&rsquo;œcuménisme comme un échange de dons. Chaque tradition est appelée à recevoir des autres ce que l&rsquo;Esprit Saint a fait mûrir en elles. L&rsquo;Église catholique a ainsi beaucoup appris de l&rsquo;ecclésiologie eucharistique développée par les orthodoxes, tandis que les Églises protestantes rappellent l&rsquo;importance du baptême comme fondement de la communion chrétienne. La pratique de la «&nbsp;synodalité&nbsp;» et le discernement pastoral permettent d&rsquo;articuler ces différentes dimensions. Évoquant plusieurs expériences douloureuses, il a souligné que les blessures de la séparation peuvent devenir une source d&rsquo;espérance et stimuler la recherche d&rsquo;une communion retrouvée.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le chemin d&rsquo;Emmaüs comme pédagogie de l&rsquo;unité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sœur Bénédicte, diaconesse protestante de Reuilly, a proposé une lecture spirituelle du récit des disciples d&rsquo;Emmaüs. Avant de reconnaître le Christ dans la fraction du pain, les disciples marchent ensemble, écoutent les Écritures et laissent leur cœur s&rsquo;ouvrir progressivement. Cette démarche constitue, selon elle, une véritable pédagogie pour les Églises. Elle a également invité sa propre tradition à redécouvrir toute la richesse spirituelle de l&rsquo;Eucharistie, tout en rappelant que les célébrations répétées peuvent perdre leur intensité lorsqu&rsquo;elles ne sont plus portées par une attente intérieure. Le lien entre le jeûne, le service et le partage du pain mérite aussi d&rsquo;être retrouvé.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La mémoire des expériences liturgiques</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pierre-Yves Brandt, pasteur suisse et professeur de théologie, a souligné l&rsquo;importance de partir de l&rsquo;expérience vécue. Chaque participant était invité à se remémorer un moment marquant de la liturgie dans sa propre tradition ecclésiale, puis une célébration vécue avec des chrétiens d&rsquo;autres confessions. L&rsquo;objectif n&rsquo;était pas d&rsquo;engager un débat théologique, mais d&rsquo;écouter ce que ces expériences avaient suscité dans les cœurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le partage en petits groupes s&rsquo;est révélé fécond. Les témoignages ont rapidement montré que la liturgie touche les personnes, façonne la foi, nourrit la communion, mais révèle aussi les blessures encore ouvertes entre les Églises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les souffrances exprimées, sœur Sophie, diaconesse de Reuilly, a constaté que le mot revenant le plus souvent dans les groupes était celui de « joie », signe d&rsquo;une espérance déjà partagée.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une communion déjà vécue autour de la Parole</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;évêque orthodoxe géorgien Dosithée a témoigné de la fraternité qu&rsquo;il a progressivement découverte au fil de ses rencontres avec des chrétiens d&rsquo;autres confessions. Cette expérience a trouvé un écho dans le témoignage de sœur Joseph, religieuse catholique d&rsquo;origine roumaine et baptisée dans l&rsquo;Église orthodoxe. Elle a raconté combien la&nbsp;<em>Lectio divina</em>&nbsp;vécue lors d&rsquo;une précédente rencontre de Synaxe lui avait fait découvrir une véritable communion autour de la Parole de Dieu. Si les Églises ne peuvent pas encore partager pleinement la même table eucharistique, elles peuvent déjà se nourrir ensemble de l&rsquo;Écriture, qui prépare les cœurs à une communion plus visible.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La lectio divina, école de l&rsquo;unité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La première journée s&rsquo;est achevée par une<a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/lectio-divina-sur-1-Cor-1.pdf"> lectio divina animée par le pasteur Martin Hoegger, autour de 1 Corinthiens 1, 4-17. </a>Après avoir présenté le nouveau parcours de l&rsquo;École de la Parole en Suisse romande, inspiré de la première lettre aux Corinthiens et du centenaire de la Conférence de Foi et Constitution de Lausanne, dont il a lu l’impressionnant « appel à l’unité », il a rappelé que l’apôtre Paul commence par rendre grâce avant d&rsquo;exhorter les Corinthiens à dépasser leurs divisions. Les participants ont alterné lectures, silence, méditation, prière et partage. Cette démarche a permis d&rsquo;accueillir la Parole comme une force de transformation personnelle et communautaire, capable de renouveler le désir de l&rsquo;unité voulue par le Christ.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Autres articles sur la rencontre de Synaxe. Lire ici&nbsp;:&nbsp;</em><a href="https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/"><em>https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/</em></a></p>
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		<title>La liturgie, ancre de l’âme</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 06:31:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spiritualité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À la suite de la riche rencontre de Synaxe, qui s’est tenue à Sainte-Marie-aux-Mines du 1er au 7 juillet 2026 sur le thème « La liturgie, source d’espérance », je voudrais apporter une réflexion personnelle sur le sens de la liturgie à partir d’un passage de la lettre aux Hébreux. Après avoir écouté des représentants [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">À la suite de la riche <a href="https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/">rencontre de Synaxe, </a>qui s’est tenue à Sainte-Marie-aux-Mines du 1er au 7 juillet 2026 sur le thème « La liturgie, source d’espérance », je voudrais apporter une réflexion personnelle sur le sens de la liturgie à partir d’un passage de la lettre aux Hébreux. Après avoir écouté des représentants de diverses traditions chrétiennes, participé à leurs célébrations et partagé leurs expériences, une image biblique s’est formée moi : celle de l’espérance comme « ancre de l’âme ». Elle peut aussi être appliquée à la liturgie.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Porter l’espérance à son accomplissement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La lettre aux Hébreux présente l’espérance non comme un simple sentiment d’optimisme, mais comme une réalité fondée sur l’œuvre de Dieu : « Notre désir est que chacun de vous montre la même ardeur à porter l’espérance à son épanouissement jusqu’à la fin » (He 6,11). L’espérance est appelée à croître, à mûrir et à orienter toute l’existence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La liturgie participe à cette croissance. À chaque célébration, elle replace les croyants dans l’histoire du salut et les invite à regarder au-delà des préoccupations immédiates. Les Écritures proclamées, les psaumes, les prières, les gestes et l’eucharistie orientent l’Église vers le Royaume qui vient. La liturgie apprend ainsi à vivre dans l’attente confiante de l’accomplissement des promesses de Dieu.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>« Saisir l’espérance proposée »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’auteur de la lettre aux Hébreux invite les croyants à « saisir l’espérance proposée » (He 6,18). Cette espérance est un don offert qu’il faut accueillir. La liturgie est précisément l’un des lieux où ce don est continuellement proposé au peuple de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque eucharistie unit mémoire, présence et avenir. Nous faisons mémoire de la mort et de la résurrection du Christ, nous accueillons sa présence au milieu de nous et nous attendons son retour dans la gloire. Durant la rencontre de Synaxe, le père José Maria Hernandez rappelait avec justesse que l’eucharistie ne peut être comprise uniquement comme la célébration de la présence du Christ : elle demeure aussi une attente de son accomplissement eschatologique. Toute liturgie est tendue vers la venue définitive du Seigneur.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>L’ancre qui pénètre au-delà du voile</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’image la plus forte de ce passage est celle de l’ancre : « Elle est pour nous comme une ancre de l’âme, bien fermement fixée, qui pénètre au-delà du voile » (He 6,19).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette image est paradoxale. Une ancre descend normalement vers le fond de la mer ; ici, elle s’élève vers le sanctuaire céleste. Elle est fixée là où le Christ est entré comme « précurseur » (He 6,20). Notre espérance ne repose donc pas sur nos propres forces, mais sur le Christ glorifié qui nous précède auprès du Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La liturgie rend cette réalité présente. Elle nous unit à la liturgie céleste où le Christ exerce éternellement son sacerdoce. Lorsque l’Église chante le Sanctus avec les anges, elle manifeste que son véritable point d’ancrage est déjà dans le Royaume. Le père Christos Filiotis l’a souligné en présentant la divine liturgie comme une montée vers le Royaume. Les croyants ne viennent pas seulement écouter un enseignement : ils sont introduits dans la communion trinitaire et associés à la louange du ciel.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une stabilité au cœur des tempêtes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ancre ne supprime pas les vagues, mais elle empêche le navire de dériver. De même, la liturgie ne fait pas disparaître les épreuves, les divisions ou les inquiétudes, mais elle rattache continuellement notre vie au Christ ressuscité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette intuition rejoignait les interventions entendues durant la rencontre. Sandrine Caneri présentait l’espérance comme un choix enraciné dans l’humilité de Dieu. Florence Taubmann rappelait, quant à elle, que la liturgie engage toute la personne. Par les gestes, le chant, le silence, les symboles et la beauté, elle fait expérimenter l’espérance avant même que celle-ci ne soit formulée en concepts.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une ancre dans la communion trinitaire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La liturgie est enfin une ancre parce qu’elle nous introduit dans la vie même de Dieu. Toute célébration est adressée au Père, par le Fils, dans l’Esprit Saint. En s’unissant à la prière du Christ, l’Église participe déjà à la communion de la Trinité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est aussi, me semble-t-il, l’un des fondements de la vocation œcuménique de Synaxe. Malgré la diversité de leurs traditions liturgiques, tous les chrétiens sont tournés vers le même sanctuaire céleste, où le Christ est entré pour nous. Avant même que l’unité visible soit pleinement réalisée, ils partagent déjà la même espérance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La liturgie apparaît ainsi comme une véritable « ancre de l’âme ». Elle fixe notre existence dans le Christ ressuscité, nous fait participer dès maintenant à la liturgie du ciel et nous permet de vivre, au cœur des incertitudes de ce monde, de cette espérance déjà solidement établie « au-delà du voile », là où Jésus est entré comme notre précurseur.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>L’amour, une voie infiniment supérieure… aussi pour la liturgie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au dernier jour de Synaxe, le 6 juillet, la <em>l<a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Lamour-une-voie-infiniment-superieure.pdf">ectio divina animée par Irina Brandt</a> </em>sur 1 Corinthiens 12,31–13,13 a apporté un éclairage important. Paul annonce « une voie infiniment supérieure » : celle de l’amour. Cette voie vaut aussi pour la liturgie. Sans la charité, les plus belles célébrations risquent de rester vaines. Mais lorsqu’elle conduit à aimer, à servir, à pardonner et à rechercher l’unité, la liturgie porte son fruit. L’amour devient alors le critère de son authenticité. Ancrés dans le Christ par la célébration, nous sommes envoyés sur cette voie supérieure : vivre la « vive charité » au cœur de nos relations et de notre monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Autres articles sur la rencontre de Synaxe. Lire ici&nbsp;:&nbsp;</em><a href="https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/"><em>https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/</em></a><em></em></p>
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		<title>Le culte protestant, un espace de rencontre</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/culte-protestant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 05:53:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spiritualité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La pasteure Florence Taubmann célébrant la Sainte Cène dans la chapelle de Fertrup (Sainte-Marie-aux-Mines) La dernière journée de la rencontre de Synaxe, le 6 juillet 2026, a été consacrée à la contribution protestante au thème « La liturgie, source d’espérance ». À Sainte-Marie-aux-Mines, les participants ont découvert plusieurs dimensions de cette tradition : sa compréhension [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>La pasteure Florence Taubmann célébrant la Sainte Cène dans la chapelle de Fertrup (Sainte-Marie-aux-Mines) </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La dernière journée de la <a href="https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/">rencontre de Synaxe,</a> le 6 juillet 2026, a été consacrée à la contribution protestante au thème « La liturgie, source d’espérance ». À Sainte-Marie-aux-Mines, les participants ont découvert plusieurs dimensions de cette tradition : sa compréhension théologique de la liturgie, le dialogue avec les autres Églises, une expérience interreligieuse à Strasbourg, l’histoire singulière du protestantisme dans le Val d’Argent et, pour conclure, la célébration d’un culte.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La liturgie protestante, une source d’espérance et un chemin de communion</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/28.-La-liturgie-protestante-une-source-desperance-et-un-chemin-de-communion.pdf">Dans sa conférence, </a></em>la pasteure Isabelle Gerber, présidente de l’Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine, a rappelé que le protestantisme possède une véritable tradition liturgique. La Réforme n’a pas supprimé l’héritage ancien de l’Église : elle l’a réorienté autour de l’Évangile. La liturgie est ainsi un exercice d’humilité, car elle rappelle que l’Église ne commence pas avec ceux qui célèbrent aujourd’hui. Chaque génération reçoit une prière qui la précède et qu’elle transmet à son tour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la tradition protestante, la vie de l’Église s’organise autour de deux foyers : la Parole et les sacrements. Isabelle Gerber constate toutefois qu’un déséquilibre s’est installé au profit de la prédication, tandis que les gestes, les symboles et la Sainte-Cène ont perdu de leur place. Or la foi ne s’adresse pas seulement à l’intelligence : elle engage aussi le corps, les émotions, le chant et la participation de l’assemblée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La liturgie doit donc être expliquée et vécue comme un chemin : accueil, confession du péché, annonce de la grâce, écoute de la Parole, sacrement, intercession et envoi. Elle fait passer du « je » au « nous » et crée des liens avec Dieu, entre les croyants et entre les Églises. Elle devient une école de prière et, dans les moments où les mots manquent, une « ancre » qui porte la foi. Isabelle Gerber conclut par une formule suggestive : « espérance » est l’anagramme de « repères ». La liturgie offre précisément ces repères qui permettent d’avancer vers le Christ. </p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Transmettre le sens de la liturgie : un défi partagé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs interventions ont souligné que la liturgie s’apprend d’abord par l’expérience. Une diaconesse de Strasbourg a raconté combien la préparation d’un culte lui avait permis d’en découvrir la logique intérieure. Florence Taubmann a rapproché cette expérience de la parole d’Israël au Sinaï : « Nous ferons et nous entendrons. » La pratique peut précéder la compréhension.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sandrine Caneri a relevé des convergences avec la tradition orthodoxe : la liturgie est un héritage reçu, plus grand que ceux qui la célèbrent. Elle conduit aussi au service du prochain, dans la ligne de saint Jean Chrysostome et du « sacrement du frère ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Interrogée par Irina Brandt sur la manière de redonner aux protestants le sens de la liturgie, Isabelle Gerber a reconnu que certains éléments avaient été abandonnés par réaction contre le catholicisme. Gestes, symboles et vêtements liturgiques peuvent pourtant servir l’annonce de l’Évangile. La rencontre entre les traditions aide ainsi chaque Église à redécouvrir des dimensions de son propre héritage.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>À la clinique Rhéna, un lieu de recueillement ouvert à tous</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Clinique-Rhena.pdf"><em>La présentation de la clinique Rhéna de Strasbourg</em> </a>par Sœur Claudine et la pasteure Régine Kakouridis a offert un exemple concret de coopération entre traditions protestante, catholique et juive. Au cœur de l’établissement, un lieu de recueillement a été conçu non comme un espace de culte commun, mais comme un lieu de silence et de prière ouvert à tous. Aucun symbole confessionnel n’y domine. Le livre des Psaumes, une Bible et le récit d’Élie à l’Horeb, gravé sur une plaque d’onyx, évoquent une présence divine qui se manifeste dans « le murmure d’un souffle léger ». Patients, proches et soignants peuvent ainsi s’y arrêter, prier ou simplement trouver un moment de paix.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Sainte-Marie-aux-Mines, un laboratoire de coexistence protestante</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Guidés par le pasteur Jean-Philippe Lepelletier, les participants ont ensuite découvert l’histoire religieuse exceptionnelle de Sainte-Marie-aux-Mines. La ville fut pendant plusieurs siècles un lieu de coexistence entre luthériens, réformés, catholiques, mennonites, amish et, plus tard, juifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’église Saint-Pierre-sur-l’Hâte, le groupe a découvert l’histoire du «&nbsp;<em>simultaneum</em>&nbsp;», imposé sous Louis XIV : le chœur était réservé aux catholiques et la nef aux protestants. Ce partage, longtemps marqué par les tensions, témoigne aujourd’hui d’une histoire progressivement réconciliée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vallée a également accueilli des luthériens germanophones et des réformés francophones, puis germanophones. Le temple réformé construit en 1634, où le culte a été célébré sans interruption, garde la mémoire de cette diversité linguistique et ecclésiale. Le Val d’Argent fut aussi une terre d’accueil pour les mennonites suisses. C’est dans cette région que Jacob Amman provoqua, à la fin du XVIIe siècle, la séparation qui donna naissance au mouvement amish.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil du temps, les relations entre luthériens et réformés se sont transformées. Les collaborations se sont multipliées, une liturgie commune s’est développée et, en 2012, une unique paroisse protestante de Sainte-Marie-aux-Mines a été créée. Cette histoire mouvementée illustre le passage possible de la coexistence à la communion. Une vallée autrefois traversée par les divisions confessionnelles est ainsi devenue un signe de réconciliation et un témoignage de la fécondité du dialogue. <a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Sainte-Marie-aux-Mines-un-laboratoire-de-la-coexistence-protestante.pdf">(<em>Pour en savoir plus, lire ici</em>) </a></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La liturgie, service de l’espérance et don de l’Esprit</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre s’est achevée par un culte présidé par la pasteure Florence Taubmann. Sa prédication a pris pour point de départ la prière du psaume 51 : « Seigneur, ouvre mes lèvres, et ma bouche publiera ta louange. » <em><a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/32.b.-Meditation-de-la-pasteure-Florence-Taubmann.pdf">(Lire ici sa méditation). </a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette demande, elle discerne un mouvement d’espérance. La prière peut d’abord être intérieure, silencieuse ou balbutiante. Dieu ouvre les lèvres afin qu’elle devienne parole partagée. La liturgie est ainsi la publication de la prière : elle devient un service rendu à ceux qui ne savent plus ou ne peuvent plus prier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le liturge ne cherche pas à imposer sa marque personnelle. Il entre dans une « nuée de témoins » et reçoit une prière qui le précède. Son modèle est le Christ, venu non pour être servi, mais pour servir. Dans les situations de guerre et de violence, la persévérance des communautés qui continuent à célébrer manifeste la résistance de l’espérance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de 1 Corinthiens 12, Florence Taubmann a enfin proposé de regarder la diversité des traditions liturgiques comme une diversité de charismes donnés par l’unique Esprit. La liturgie orthodoxe souligne l’entrée dans l’éternité de Dieu, la liturgie catholique l’universalité de l’Église, tandis que les liturgies protestantes insistent davantage sur l’écoute actuelle de la Parole. Ces accents ne s’opposent pas : ils peuvent s’enrichir mutuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre de Synaxe s’est ainsi achevée sur un appel à l’amitié entre les Églises. Selon une parole de la Règle de Reuilly citée par Florence Taubmann, « la force contagieuse d’un nouvel amour au cœur des Églises peut seule laver le mal du monde ». La liturgie devient alors non seulement une source d’espérance pour ceux qui la célèbrent, mais un service commun rendu au monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger&nbsp;</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Autres articles sur la rencontre de Synaxe. Lire ici&nbsp;:&nbsp;</em><a href="https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/"><em>https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/</em></a><em></em></p>
<p>L’article <a href="https://www.hoegger.org/article/culte-protestant/">Le culte protestant, un espace de rencontre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.hoegger.org">Martin Hoegger</a>.</p>
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