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	<title>Martin Hoegger</title>
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	<description>Blog de Martin Hoegger</description>
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	<title>Martin Hoegger</title>
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		<title>Vers un concile de Jérusalem II : retrouver la communion avec le peuple juif</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/jerusalem-ii/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Oct 2026 12:06:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Centre Notre Dame à Jérusalem, où a eu lieu le Congrès Du 20 au 22 octobre 2026, le mouvement « Vers un concile de Jérusalem II » (TJCII) a tenu son premier «&#160;Sommet&#160;» à Jérusalem, au Centre Notre Dame. Des disciples juifs de Jésus et des chrétiens de diverses Églises et nations s’y sont [&#8230;]</p>
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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Le Centre Notre Dame à Jérusalem, où a eu lieu le Congrès</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Du 20 au 22 octobre 2026, le mouvement « Vers un concile de Jérusalem II » (TJCII) a tenu son premier «&nbsp;Sommet&nbsp;» à Jérusalem, au Centre Notre Dame. Des disciples juifs de Jésus et des chrétiens de diverses Églises et nations s’y sont réunis pour approfondir la réconciliation entre Juifs et non-Juifs dans le Christ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je participe à ce mouvement depuis trois ans, à la suite d’une&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/article/vers-un-deuxieme-concile-de-jerusalem/">rencontre à Wengen</a>, en Suisse, qui m’avait particulièrement touché. Cet engagement prolonge les&nbsp;<a href="https://www.communion-unite.org/montees-de-jerusalem-qui-sont-elles/">« Montées de Jérusalem »</a>&nbsp;auxquelles j’ai participé durant plusieurs années. L’année dernière, j’avais déjà participé à une&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/article/jerusalem-0ct-2025/">rencontre préparatoire à Jérusalem</a>. Après&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/article/jerusalem-une-journee/">une journée de retraite et de prière dans les lieux saints</a>, j’ai abordé cette rencontre avec une attente particulière.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Écouter Dieu après le 7 octobre</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les événements du 7 octobre 2023, la guerre et la recrudescence de l’antisémitisme ont marqué la rencontre. Marty Waldman, directeur de TJCII, a rappelé que l’essentiel n’est pas d’élaborer des stratégies, mais d’écouter le Seigneur et de discerner sa volonté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des représentations symboliques («&nbsp;<em>prophetic enactments</em>&nbsp;») inspirées des livres d’Esther et de Joël ont invité les participants à reconnaître les menaces contre le peuple juif et à rejeter toute justification religieuse de la violence. Des prières de repentance ont rappelé les persécutions antijuives et la responsabilité historique des Églises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la réconciliation exige également de dépasser la polarisation du conflit israélo-palestinien. Reconnaître Israël ne signifie pas rejeter les Palestiniens, ni inversement. Les participants ont été appelés à reconnaître la souffrance de chaque peuple et à rechercher ensemble la justice et la paix.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;L’Humanité Nouvelle&nbsp;» : une communion dans la diversité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur de TJCII se trouve la vision de « l’Homme Nouveau » de la lettre de Paul aux Éphésiens (chapitre 2). Il affirme que par le don de sa vie, Jésus a abattu le mur séparant Juifs et non-Juifs pour les réunir en un seul corps, sans abolir leurs identités.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette communion prend une dimension concrète dans les relations entre croyants juifs en Jésus et chrétiens arabes. Plusieurs témoignages ont évoqué les blessures de la Shoah, de l’exil palestinien, des guerres et des territoires palestiniens. Le pasteur palestinien Bassem Adranly a insisté sur la nécessité d’écouter la souffrance de l’autre avant la sienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres témoignages ont montré comment la rencontre personnelle avec Jésus peut transformer la haine en amour. Une réconciliation est possible quand elle passe par l’écoute des histoires personnelles, la consolation mutuelle, le pardon et l’hospitalité.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Retrouver les racines juives de l’Église</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une session importante a porté sur la place des croyants d’origine juive au sein des Églises chrétiennes. Johannes Fichtenbauer, diacre catholique, a distingué trois dimensions de cette restauration : le renouveau d’un judaïsme reconnaissant Yeshua de Nazareth comme Messie d’Israël, la redécouverte de l’identité juive des chrétiens d’origine juive et le retour des Églises à leur héritage biblique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des témoignages ont montré qu’il est possible de conserver son identité juive tout en appartenant pleinement à une Église chrétienne. La mission Mar Gamliel, récemment fondée à Jérusalem dans l’Église syriaque catholique par l’évêque Ephraïm – qui nous a rendu visite &#8211; en constitue une expression originale. Des gestes de bénédiction réciproque et le don de&nbsp;<em>mezouzot&nbsp;</em>ont exprimé cette reconnaissance nouvelle.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>De Nicée à Jérusalem : dépasser la théologie du remplacement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec David Rudolph, professeur juif à la Kings University (USA), j’ai présenté une réflexion sur le concile de Nicée et ses conséquences pour les relations judéo-chrétiennes. Tout en reconnaissant l’importance fondamentale du Credo, nous avons souligné la nécessité de mieux expliciter ses racines juives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D. Rudolph a évoqué la séparation entre la Pâque chrétienne et la Pâque juive, accompagnée d’un discours antijuif de Constantin. Le professeur catholique André Villeneuve a ensuite retracé les différentes formes de la théologie du remplacement, selon laquelle l’Église aurait pris la place d’Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une célébration symbolique des « funérailles » de cette théologie a constitué un moment marquant. Deux responsables, l’un juif (Dan Juster) et l’autre palestinien (Bassem Adranly), ont été libérés de bandelettes évoquant la résurrection de Lazare, avant de s’embrasser. Ce geste exprimait l’espérance d’une communion renouvelée.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Ruth, Noémi et le mystère de l’olivier</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire de Ruth et Noémi a offert une autre image de cette communion. Ruth, la Moabite, accompagne fidèlement Noémi dans sa souffrance. Les participants venus des nations ont proclamé dans leurs langues : « Ton peuple sera mon peuple et ton Dieu sera mon Dieu. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dernière session, consacrée au «&nbsp;Mystère de l’Olivier&nbsp;» de Romains 11, a rappelé que les croyants des nations sont greffés sur l’olivier d’Israël. « Ce n’est pas toi qui portes la racine, mais la racine qui te porte. » Cette communion demande humilité et renoncement à toute supériorité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vision s’est également élargie aux croyants d’arrière-plan musulman, considérés comme des signes d’espérance pour la réconciliation au Moyen-Orient.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Réflexion personnelle : une espérance à partager</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je repars de Jérusalem reconnaissant pour ces journées de prière, de témoignages et de rencontres. Elles ont renouvelé ma conviction que la communion avec le peuple juif touche au cœur du dessein de Dieu et de la vocation de l’Église.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je garde particulièrement en mémoire&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/article/jerusalem-une-journee/">ma prière au Golgotha</a>&nbsp;le jour avant ce congrès, où la tête posée sur le trou où la tradition situe la croix du Christ, j’ai médité ce verset&nbsp;: « C’est lui qui est notre paix, de ce qui était divisé, il a fait une unité » (Eph 2,14). Tout part de l’adhésion à Yeshua, «&nbsp;doux et humble de cœur&nbsp;» qui ouvre un chemin là où les divisions semblent insurmontables.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="600" height="800" src="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2025/03/S.-Watanabe-Eph.2.jpg" alt="" class="wp-image-7285" srcset="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2025/03/S.-Watanabe-Eph.2.jpg 600w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2025/03/S.-Watanabe-Eph.2-225x300.jpg 225w" sizes="(max-width: 600px) 100vw, 600px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le tableau du peintre japonais Soichi Watanabe, en forme de carte postale, que j’ai distribué à tous les participants, l’exprime merveilleusement. Il est une méditation d’Éphésiens 2, texte qui était lu durant ces trois jours dans la liturgie catholique. Plus qu’une coïncidence : un appel d’en Haut !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la perspective du Jubilé de 2033, j’espère qu’une rencontre fraternelle entre responsables juifs et chrétiens pourra se tenir à Jérusalem, comme un échange de dons et un signe de réconciliation.&nbsp;<a href="https://www.jc2033.world/fr/">L’initiative JC2033,</a>&nbsp;à laquelle je collabore, y travaille modestement en organisant chaque année un&nbsp;<a href="https://www.jc2033.world/fr/blog/marcher-sur-le-chemin-demmaus-du-11-au-18-avril-2027-1354.html">pèlerinage sur le chemin d’Emmaüs</a>, durant lequel Églises et communautés sont visitées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette espérance rejoint mon engagement œcuménique. L’unité est d’abord un don de Dieu à accueillir et une vocation à vivre. Que l’Esprit nous donne le courage de poursuivre ce chemin, dans la fidélité à la prière de Jésus : « Que tous soient un, Père, comme toi et moi sommes un&nbsp;! Qu’ils soient un en nous, afin que le monde croie&nbsp;!&nbsp;»</p>
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		<item>
		<title>Jérusalem : une journée de pèlerinage et de prière</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/jerusalem-une-journee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Oct 2026 06:49:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spiritualité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Jésus et ses disciples descendant les « escalier de l&#8217;unité ». S. Pierre en Gallicante Lire ici le texte intégral de cette journée Jérusalem, le 20 octobre 2026.&#160;À la veille du congrès de « Vers un concile de Jérusalem II » (TJCII), je consacre une journée à la prière dans les lieux saints de Jérusalem. Je désire [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Jésus et ses disciples descendant les « escalier de l&rsquo;unité ». S. Pierre en Gallicante</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong><em><a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/Jerusalem-sur-les-chemins-de-lunite-une-journee-de-pelerinage-et-de-priere.pdf" data-type="link" data-id="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/Jerusalem-sur-les-chemins-de-lunite-une-journee-de-pelerinage-et-de-priere.pdf">Lire ici le texte intégral de cette journée</a></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Jérusalem, le 20 octobre 2026</strong></em><strong>.</strong>&nbsp;À la veille du congrès de « Vers un concile de Jérusalem II » (TJCII), je consacre une journée à la prière dans les lieux saints de Jérusalem. Je désire me préparer intérieurement à cette rencontre entre croyants juifs et croyants venus des nations, appelés à redécouvrir leur communion en Jésus le Messie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant ce congrès, je ressens le besoin d’écouter le Seigneur. L’unité est d’abord un don de Dieu à accueillir. Dans chaque lieu, je médite une parole biblique et prie avec intensité pour que l’Esprit nous conduise sur un chemin de réconciliation.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Au cimetière protestant du mont Sion</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En me rendant au Mont Sion depuis de monastère des Clarisse, où réside, je passe devant le «&nbsp;Jerusalem University College&nbsp;», institut d’études bibliques installé dans les anciens bâtiments de l’école fondée en 1853 par Samuel Gobat, évêque anglican d’origine suisse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Invité par quatre dames américaines qui m’avaient demandé de les photographier, je visite ensuite le cimetière protestant voisin, utilisé depuis le XIXe siècle par les anglicans et les protestants allemands. Sur son portail, deux inscriptions, anglaise et allemande, proclament : « Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur » (Apocalypse 14,13).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je m’arrête devant la tombe de Samuel Gobat (1799-1879), évêque d’origine suisse de l’Église anglicane. Son visage sculpté a été mutilé lors de la profanation de plus de trente tombes, en janvier 2023. Cet acte antichrétien, condamné également par des responsables juifs, m’attriste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je découvre aussi la tombe de Michael Solomon Alexander (1799-1845), premier évêque anglican de Jérusalem, d’origine juive. Ces deux hommes, l’un juif devenu disciple de Jésus, l’autre chrétien issu des nations, reposent dans le même cimetière. Leur voisinage évoque les deux composantes de l’Église que TJCII cherche à rapprocher.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>À la Dormition et au Cénacle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À la basilique de la Dormition, je participe à l’office de midi des bénédictins allemands. La lecture de 1 Jean 2,2 m’interpelle : le Christ s’est offert pour nos péchés, mais aussi pour ceux du monde entier. J’y vois une évocation de la communion entre l’Église issue d’Israël et celle des nations. Dans la crypte, une mosaïque de la Pentecôte rappelle que l’Esprit rassemble les disciples.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Cénacle, une sculpture d’olivier attire mon regard. Elle évoque Romains 11 : les croyants des nations sont greffés sur l’olivier d’Israël. Paul les avertit : « Ce n’est pas toi qui portes la racine, c’est la racine qui te porte » (11,18).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les épis de blé et les raisins au pied de l’oliver, ainsi que la vigne et le pélican évoquent le don eucharistique du Christ. Des inscriptions islamiques rappellent également l’histoire musulmane du lieu. Elles me font méditer sur le sang de l’Alliance, « versé pour la multitude » (Marc 14,24). Je prie pour tous les habitants de cette terre, juifs, chrétiens et musulmans.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Au tombeau de David et au Mur occidental</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au tombeau de David situé à côté du Cénacle, je médite en hébreu le Psaume 23 : « Il restaure mon âme ». Je prie pour que Dieu restaure tous ceux qui viennent ici, particulièrement les personnes blessées et fatiguées. Cette promesse me rappelle l’invitation de Jésus : « Venez à moi […] et vous trouverez du repos pour vos âmes » (Matthieu 11,28-29).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Mur occidental, parmi les hommes juifs en prière, j’ouvre un psautier et lit « Le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent » (Psaume 25,14). Ce secret m’évoque le mystère révélé par Paul : la communion entre Juifs et non-Juifs dans le Messie.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Aux «&nbsp;escaliers de l’unité&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Près de Saint-Pierre en Gallicante, je retrouve mon lieu préféré de Jérusalem : les anciens escaliers où, selon une tradition, Jésus aurait prié pour l’unité avant sa Passion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je médite Jean 17,20 : Jésus prie pour ses disciples juifs, mais aussi pour ceux qui croiront grâce à leur témoignage, parmi toutes les nations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une aquarelle de ces escaliers, réalisée à ma demande par Beni Gassenbauer il y a une dizaine d’années, occupe une place de choix dans mon salon. Elle me rappelle quotidiennement cet appel : « Que tous soient un »&nbsp;!</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Au Golgotha et au Saint-Sépulcre</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">A travers les souks, je me rends ensuite à la Basilique de la Résurrection. Je monte au Golgotha, presque désert, et m’agenouille et médite Éphésiens 2,13-18 : « C’est lui qui est notre paix ». Par sa croix, le Christ réconcilie Juifs et non-Juifs sans effacer leurs différences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au tombeau du Christ, je pose ma tête sur la pierre et médite le récit d’Emmaüs. Le Ressuscité ouvre les Écritures et embrase le cœur des disciples. Après deux minutes, un moine nous fait sortir ! Mais cette parole demeure : « N’y avait-il pas comme un feu qui brûlait au-dedans de nous ? » (Luc 24,32).</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>« Il est notre paix » : une prophétie gravée dans la pierre</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je termine cette journée de pèlerinage devant le&nbsp;<em>Monument pour la paix</em>, réalisé en 1966 par l’artiste israélien Igael Tumarkin, face au mont Sion. Sur une colonne de pierre est gravée, en hébreu et en arabe, la prophétie d’Ésaïe : « De leurs épées, ils forgeront des socs de charrue […] Une nation ne lèvera plus l’épée contre une autre » (Ésaïe 2,4).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir prié au Cénacle, sur les escaliers de l’unité et au Golgotha, cette parole vient éclairer tout mon pèlerinage. Dans ces lieux, j’ai médité sur le don de la vie de Jésus, lui qui « est notre paix » (Éphésiens 2,14). Par sa croix, il a ouvert un chemin de réconciliation entre Juifs et non-Juifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la veille du sommet de TJCII, je confie au Seigneur cette promesse de paix, priant pour que la communion inaugurée par le Christ devienne visible à Jérusalem et parmi tous les peuples.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Franchir les frontières : une journée avec deux jeunes Israélien et Palestinien.</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/franchir-les-frontieres/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 Oct 2026 18:29:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Aux côtés de Khaled et de Koren Koren, jeune Juif étudiant à Tel-Aviv, et Khaled*, jeune Palestinien musulman étudiant à Ramallah, ont séjourné en Suisse dans le cadre de l’association&#160;Coexistences. Ils ont passé une semaine à la montagne avec quatorze autres jeunes, pour moitié Israéliens et pour moitié Palestiniens. Puis ils ont été mes hôtes [&#8230;]</p>
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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Aux côtés de Khaled et de Koren</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Koren, jeune Juif étudiant à Tel-Aviv, et Khaled*, jeune Palestinien musulman étudiant à Ramallah, ont séjourné en Suisse dans le cadre de l’association&nbsp;<a href="https://coexistences.org/">Coexistences</a>. Ils ont passé une semaine à la montagne avec quatorze autres jeunes, pour moitié Israéliens et pour moitié Palestiniens. Puis ils ont été mes hôtes durant trois jours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le samedi 3 octobre, je leur ai demandé ce qu’ils souhaitaient découvrir. Koren, qui étudie les mathématiques, désirait visiter le CERN, tandis que Khaled voulait aller en France. Notre journée nous a ainsi conduits de Bossey à Divonne, puis au CERN. Trois étapes très différentes qui, rétrospectivement, m’apparaissent reliées par une même question : comment franchir les frontières qui séparent les êtres humains ?</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>À Bossey, la rencontre des différences</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons commencé par&nbsp;<a href="https://www.oikoumene.org/fr/what-we-do/the-ecumenical-institute-bossey">l’Institut œcuménique de Bossey</a>, qui célèbre cette année ses 80 ans. Fondé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, dans un monde meurtri et divisé, l’Institut voulait contribuer à la réconciliation en formant de jeunes chrétiens venus de différents pays et de différentes Églises à se rencontrer, à étudier et à vivre ensemble. J’y ai moi-même étudié et enseigné.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai expliqué à mes deux hôtes que cette vocation pouvait faire écho à leur propre engagement au sein des «&nbsp;Combattants pour la Paix&nbsp;»&nbsp;&nbsp;(«&nbsp;<a href="https://www.cfpeace.org/">Combatants for Peace&nbsp;</a>»), mouvement israélo-palestinien qui promeut la non-violence et le dialogue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le hall, nous avons rencontré fortuitement trois étudiants venant des États-Unis, du Danemark et de Tanzanie. Ils nous ont raconté comment des chrétiens de traditions et de continents différents étudient, vivent et prient ensemble, en cherchant ce qui les réunit, mais sans effacer leurs différences : une unité qui n’est pas uniformité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Koren et Khaled ont à leur tour présenté leur expérience de la «&nbsp;Freedom School&nbsp;» en Israël et en Palestine, liée à Combatants for Peace. La rencontre avec des personnes de l’autre peuple les a conduits à dépasser certains préjugés et à découvrir des visages derrière les représentations collectives. Deux expériences de dialogue se rencontraient ainsi à Bossey : celle de chrétiens séparés et celle de jeunes Israéliens et Palestiniens.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>À Divonne, « l’émotion de la liberté »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons ensuite pris la route de Divonne, en France, où nous voulions prendre notre repas. Pour moi, franchir la frontière franco-suisse est un geste banal. Nous sommes passés sans contrôle, presque sans nous en apercevoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Khaled, il en allait tout autrement. Au moment de franchir la frontière, il a été saisi par l’émotion et s’est mis à pleurer. Surpris, je lui ai demandé pourquoi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« L’émotion de la liberté, m’a-t-il répondu. C’est la première fois que je franchis une frontière sans contrôle, alors que chez moi il y a des check-points à tous les tournants ! »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa réaction m’a touché. Ce qui était pour moi un déplacement ordinaire devenait, à travers ses yeux, une expérience extraordinaire. Passer d’un pays à l’autre sans présenter de papiers, sans être arrêté ni interrogé lui faisait éprouver concrètement ce que signifie la liberté de mouvement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre excursion à Divonne prenait ainsi une tout autre dimension. Une frontière presque invisible pour nous faisait surgir chez Khaled le souvenir de celles qui marquent sa vie quotidienne.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Au CERN, travailler ensemble</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après le repas, nous nous sommes rendus au&nbsp;<a href="https://sciencegateway.cern/fr">musée du CERN</a>. Koren, étudiant en mathématiques, était naturellement très intéressé par ce haut lieu de la recherche scientifique. Nous avons tous les trois pris plaisir à découvrir les nombreuses installations pédagogiques interactives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai été frappé par la dimension internationale du CERN, qui met en relation environ 12’000 scientifiques de nombreux pays autour d’une même recherche. C’est aussi dans ce contexte qu’est né l’Internet, afin de faciliter l’échange d’informations entre chercheurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après ce que nous venions de vivre à la frontière, cette visite m’a fait réfléchir. La science ne supprime évidemment ni les conflits ni les divisions entre les peuples. Mais le CERN montre que des personnes de cultures et de nationalités différentes peuvent collaborer lorsqu’elles se consacrent ensemble à une recherche qui les dépasse. Avoir un but commun ne résout pas toutes les oppositions, mais peut contribuer à créer des relations nouvelles. Cette expérience ne peut-elle pas aussi nous interroger face au conflit israélo-palestinien ?</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le prix du dialogue</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un dernier échange avec Khaled m’a cependant rappelé combien le chemin de la rencontre peut être difficile. À la fin de son séjour, je lui ai demandé si je pouvais publier sa photo pour illustrer cet article. Il m’a demandé de ne pas le faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il m’a expliqué qu’en Palestine son engagement pouvait être mal compris et provoquer des réactions hostiles. Il avait déjà reçu des menaces, y compris de personnes de son entourage, et redoutait que la publication d’une photo montrant ses rencontres avec des Israéliens puisse l’exposer davantage. À la veille de son retour, il m’a même confié sa peur d’être agressé physiquement. C’est pourquoi son prénom a été changé dans cet article et son visage apparaît masqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette confidence m’a fait mesurer davantage le courage nécessaire pour s’engager dans un tel dialogue. Ce qui peut apparaître de loin comme une belle expérience de coexistence comporte, pour certains, des risques très concrets.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Franchir les frontières</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La confidence finale de Khaled rappelle que le chemin du dialogue n’est ni simple ni sans risque. Franchir les frontières qui séparent les êtres humains peut demander du courage et avoir un prix. La rencontre ne suffit pas à résoudre les conflits, mais elle peut transformer le regard porté sur l’autre et ouvrir un espace où quelque chose de nouveau devient possible. C’est ce que Koren et Khaled ont choisi de vivre, malgré les obstacles et, pour Khaled, malgré les risques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">*Nom changé pour protéger la personne concernée.</p>
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		<title>Le cœur de Jésus et notre coeur.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 12 Oct 2026 05:52:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Spiritualité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La spiritualité du Sacré-Coeur vue par un protestant Image : Le Sacré-coeur selon Rouault (Musée du Hiéron, Paray-le-Monial) Du 9 au 12 octobre 2026, le mouvement «&#160;Artisans de paix&#160;» a organisé à Paray-le-Monial une rencontre interreligieuse consacrée à la spiritualité du cœur. Dans ce lieu où s’est développée, au XVIIe siècle, la spiritualité du Sacré-Cœur, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong><em>La spiritualité du Sacré-Coeur vue par un protestant</em></strong></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Image : <em>Le Sacré-coeur selon Rouault (Musée du Hiéron, Paray-le-Monial)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Du 9 au 12 octobre 2026, le mouvement «&nbsp;<a href="https://www.artisans-de-paix.org/fr/">Artisans de paix</a>&nbsp;» a organisé à Paray-le-Monial une rencontre interreligieuse consacrée à la spiritualité du cœur. Dans ce lieu où s’est développée, au XVIIe siècle, la spiritualité du Sacré-Cœur, chacun était invité à partager ce que représente le cœur dans sa propre tradition religieuse : catholique, protestante, musulmane ou bouddhiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai été invité à présenter la compréhension du cœur dans la tradition protestante, en puisant à ses sources bibliques et dans la pensée des Réformateurs, Martin Luther et Jean Calvin. J’ai également souhaité partager une expérience personnelle qui a marqué mon chemin spirituel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rencontre m’a donné l’occasion de poursuivre une réflexion commencée l’année précédente, lors d’une session œcuménique à Paray-le-Monial, où j’avais découvert la spiritualité du Sacré-Cœur. Elle m’a aussi permis de m’interroger sur la manière dont cette spiritualité peut nourrir notre vocation commune à devenir des artisans de paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>A la découverte d’un «&nbsp;puits spirituel&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’année dernière, j’ai été invité à donner une conférence sur le chemin œcuménique vers 2033, année du jubilé des 2000 ans de la résurrection du Christ. Je suis engagé depuis dix ans sur ce chemin avec le&nbsp;<a href="https://www.jc2033.world/fr/">mouvement JC2033</a>. Cette conférence avait lieu à Paray-le Monial, lors d’une rencontre œcuménique organisée dans le cadre du réseau «&nbsp;<a href="https://fraternitepentecote.fr/">Fraternité Pentecôte</a>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à cette occasion que j’ai découvert la spiritualité du Sacré-Cœur, que je connaissais encore très peu. J’étais accompagné d’autres frères et sœurs protestants qui, comme moi, entraient dans cet univers spirituel. Durant cette rencontre, le souvenir de l’évangéliste Carlos Payan, récemment décédé, a souvent été évoqué. Lui-même avait été touché par cette spiritualité et a initié des rencontres œcuméniques en ce lieu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons, en effet, découvert ce que j’appellerais un « puits » auquel il vaut la peine de venir puiser, également pour des protestants, bien que l’expression « Sacré-Cœur » soit étrangère à notre tradition. Il est bon, en effet, de se laisser rejoindre, interpeller et renouveler par d’autres formes de spiritualité chrétienne. D’autant plus que cette spiritualité est centrée sur le Christ, ce qui rejoint la piété protestante</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rappelons brièvement&nbsp;<a href="https://sacrecoeur-paray.org/decouvrir/le-coeur-de-jesus/">l’origine de cette spiritualité</a>. Au XVIIe siècle, Marguerite-Marie Alacoque, religieuse de la Visitation, reçut plusieurs apparitions du Christ. Jésus lui montra son cœur, un cœur flamboyant, en lui disant : « Voici le cœur qui a tant aimé les hommes. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette parole m’a immédiatement rappelé ce verset de l’Évangile de Jean : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle » (Jn 3,16).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marguerite-Marie fut appelée à répondre à cet amour en se donnant elle-même au Christ. Il me semble que tous les chrétiens peuvent recevoir quelque chose de cette expérience : la vie chrétienne est fondamentalement un dialogue de cœur à cœur avec le Christ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette découverte m’a donné le désir d’approfondir cette spiritualité, d’abord en retournant à ses racines bibliques, puis en l&rsquo;examinant à la lumière de ma tradition protestante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je commencerai donc par un parcours biblique, avant d&rsquo;évoquer la place du cœur chez Martin Luther et Jean Calvin. Je partagerai ensuite un témoignage personnel sur un événement décisif de mon chemin spirituel, lorsque mon cœur s’est embrasé de l’amour de Dieu. Enfin, je reviendrai sur le lien entre la spiritualité du cœur et notre vocation à devenir artisans de paix.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>1. Les racines bibliques de la spiritualité du cœur</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne vais pas faire ici un cours de théologie biblique, mais j’ai tout de même ouvert ma concordance de la TOB et regardé le mot « cœur ». C’est impressionnant : dans la Traduction œcuménique de la Bible, le mot « cœur » apparaît 819 fois. Le cœur est donc un thème majeur de l’Écriture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En français le cœur désigne la vie affective, mais en hébreu son sens est beaucoup plus large. Il est, selon le&nbsp;<em>Vocabulaire de théologie biblique</em>&nbsp;«&nbsp;le centre de l’être, là où l’homme dialogue avec lui-même (Gn 17.17&nbsp;; Dt 7.17), assume ses responsabilités, s’ouvre ou se ferme à Dieu…Le cœur est la source même de sa personnalité consciente, intelligente et libre, le lieu de ses choix décisifs<a href="applewebdata://8BD8DFAF-4134-4D3B-8C42-D3F8C1CDE6EF#_ftn1"><sup>[1]</sup></a>.&nbsp;»</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le cœur de Dieu</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis demandé combien de fois la Bible parle du cœur de Dieu lui-même. Étonnamment, les passages sont peu nombreux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Dans l’Ancien Testament, nous trouvons d’abord cette parole du Psaume 33 : « Les pensées de son cœur subsistent de génération en génération » (Ps 33,11). Les pensées du cœur de Dieu demeurent pour toujours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis vient cette parole bouleversante du prophète Osée : « Mon cœur en moi est bouleversé » (Os 11,8). Dieu exprime ici son émotion devant l’infidélité de son peuple. Son amour est plus fort que sa colère. Il ne peut se résoudre à abandonner ceux qu’il aime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous pourrions également évoquer le Cantique des cantiques, si nous le lisons non seulement comme un poème célébrant l’amour humain, mais aussi comme une image de l’amour entre Dieu et son peuple : « Place-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras ; car l’amour est fort comme la mort » (Ct 8,6).</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le cœur humain et la promesse d’un cœur nouveau</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sinon, la Bible parle surtout du cœur humain : du cœur qui cherche Dieu, du cœur partagé, du cœur qui s’égare, du cœur qui s’endurcit. Pensons au cœur endurci du Pharaon.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais la Bible parle aussi du cœur pur : « Crée en moi un cœur pur. » Elle parle du cœur qui écoute. La prière de Salomon est une des plus belles de toute l’Écriture : « Donne-moi un cœur qui écoute. » (1 R3.9) Lorsque Dieu lui dit : « Demande ce que tu veux et je te le donnerai », Salomon ne demande ni richesse ni puissance, mais un cœur attentif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis il y a cette immense promesse biblique : celle du cœur nouveau. Déjà Moïse annonçait qu’un jour Dieu circoncira le cœur de son peuple afin qu’il puisse marcher selon sa volonté, de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force. (Dt 30.6) Les prophètes reprendront cette promesse : « J’ôterai de votre chair le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair. » (Ez 36.26) Le cœur nouveau est l’œuvre de Dieu qui transforme notre être intérieur afin de nous rendre capables de l’aimer et d’aimer notre prochain.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>2. « Je suis doux et humble de cœur »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Venons-en maintenant à cette parole de Jésus dans l’Évangile de Matthieu : « Venez à moi, vous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez sur vous mon joug… car je suis doux et humble de cœur. » (11.28)</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le seul passage du Nouveau Testament où Jésus parle explicitement de son propre cœur. Il est Dieu venu parmi nous avec un cœur humain. Voilà une réalité d’une grande profondeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la tradition biblique, le joug désigne notamment la Loi de Dieu, la Torah, cette Parole donnée au peuple pour qu’il vive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque Jésus dit : « Prenez sur vous mon joug », il ne propose pas une autre loi. Il n’est pas venu abolir la Torah, mais l’accomplir. Il la vit pleinement, de l’intérieur, dans l’amour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus réalise parfaitement ce qu’exprime le psalmiste : « Combien j’aime ta Loi ! » (Ps 119,97). Toute sa vie est orientée vers la volonté du Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus promet également le repos : « Je vous donnerai du repos. » Pourquoi peut-il donner ce repos ? Parce qu’il vit pleinement dans l’obéissance à Dieu. Lorsque nous vivons la Parole de Dieu, nous recevons la paix : la paix du cœur, mais aussi la paix entre nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque Jésus dit : « Je suis doux et humble de cœur », il révèle en réalité la Nouvelle Alliance. Le cœur doux et humble, c’est le cœur circoncis annoncé par Moïse. C’est le cœur nouveau annoncé par les prophètes. C’est le cœur capable d’écouter, le cœur devenu réceptif à Dieu. La Loi n’est plus extérieure à nous : elle est écrite sur le cœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus vit cette réalité parfaitement et il nous communique son Esprit afin que nous puissions, nous aussi, entrer dans cette obéissance intérieure. Pensons aux disciples d’Emmaüs : « Notre cœur ne brûlait-il pas au dedans de nous ? » (Luc 24.32)&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur du disciple est appelé à devenir un cœur embrasé par la Parole de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, cette expression « doux et humble de cœur » nous conduit au centre de l’Évangile : la Nouvelle Alliance et la transformation intérieure opérée par l’Esprit Saint.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais nous avançons toujours humblement, à genoux en quelque sorte, car nous avons constamment besoin du pardon de Dieu et de la force de son Esprit pour marcher à la suite du Christ.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>3. Le cœur nouveau chez Luther et Calvin&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aimerais maintenant me tourner vers deux grandes figures de la Réforme : Martin Luther et Jean Calvin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelle place accordent-ils au cœur dans leur compréhension de la foi chrétienne ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un élément m’a particulièrement frappé : tous deux ont choisi un cœur comme symbole de leur foi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2017, à l’occasion des 500 ans de la Réforme, un groupe œcuménique allemand avait retenu cette parole du prophète Ézéchiel : « Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai en vous un esprit nouveau » (Ez 36,26).</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai beaucoup aimé ce choix, car il rappelle que la véritable réforme de l’Église commence par le renouvellement de nos cœurs.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La rose de Martin Luther</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/luther-rose-1-1024x1024.jpg" alt="" class="wp-image-9580" srcset="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/luther-rose-1-1024x1024.jpg 1024w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/luther-rose-1-300x300.jpg 300w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/luther-rose-1-150x150.jpg 150w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/luther-rose-1-768x768.jpg 768w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/luther-rose-1.jpg 1300w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le symbole choisi par Martin Luther pour résumer sa foi représente un cœur au milieu d’une rose. Au centre de ce cœur se trouve une croix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette image, devenue l’emblème des Églises luthériennes, exprime de manière très parlante la nouveauté de l’Évangile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Luther écrit : « Le cœur est placé au milieu d’une rose blanche qui indique que la foi donne la consolation, la joie et la paix<a href="applewebdata://8BD8DFAF-4134-4D3B-8C42-D3F8C1CDE6EF#_ftn2"><sup>[2]</sup></a>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque notre cœur croit au Christ, l’Esprit Saint fait fleurir notre vie comme une rose!</p>



<p class="wp-block-paragraph">La foi nous fait vivre cette « transplantation cardiaque spirituelle » annoncée par Ézéchiel : « Je vous donnerai un cœur neuf et je mettrai en vous un esprit neuf ; j’enlèverai de votre corps le cœur de pierre et je vous donnerai un cœur de chair » (Ez 36,26).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Luther, le salut signifie la venue de l’Esprit saint dans notre cœur qui nous assure que nous sommes aimés et accueillis par Dieu, pardonnés et libérés, renouvelés pour vivre et aimer comme Jésus a aimé.&nbsp;</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Jean Calvin et le cœur du Christ doux et humble&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son commentaire de Matthieu 11,29, Jean Calvin ne développe pas une symbolique particulière du cœur. Pas de mystique du «&nbsp;Sacré-cœur&nbsp;» chez lui&nbsp;! Ce qui lui importe avant tout, c’est que le croyant apprenne à se revêtir de la douceur et de l’humilité du Christ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le joug de Jésus devient « aisé » lorsque le disciple, à son exemple, apprend à vivre dans ces dispositions intérieures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Calvin écrit :</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Puisque Jésus-Christ, ayant exhorté ses disciples à porter son joug afin que la difficulté ne leur fasse pas peur, ajoute aussitôt après :&nbsp;« Apprenez de moi », signifiant que ce joug ne nous sera pas pénible lorsque, à son exemple, nous serons accoutumés et conduits à la douceur et à l’humilité<a href="applewebdata://8BD8DFAF-4134-4D3B-8C42-D3F8C1CDE6EF#_ftn3"><sup>[3]</sup></a>.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Calvin souligne également que, durant toute sa vie terrestre, Jésus s’est offert de tout cœur à Dieu. Selon la lettre aux Hébreux, il est venu pour accomplir sa volonté (He 10,5-10).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Loi de Dieu est inscrite dans son cœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, cette fidélité n’a pas épargné au Christ de grands combats. Dans son humanité, il a assumé notre faiblesse et traversé l’angoisse et la souffrance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est particulièrement sur la croix que son amour s’est manifesté dans toute sa profondeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Calvin écrit dans l’Institution de la Religion chrétienne :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Le témoignage de l’amour incomparable qu’il nous portait a été encore plus grand lorsqu’il a soutenu les assauts horribles des tourments de la mort. Pourtant, dans son angoisse, il n’a pas pensé à lui afin d’assurer notre bien » (II,16,5).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cet amour ne s’arrête pas à la croix. Dans sa gloire, le Christ ressuscité intercède continuellement pour nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Calvin affirme que Jésus tourne le regard du Père vers son cœur saint et juste plutôt que vers notre misère&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Jésus fixe les yeux du Père sur sa justice et les détourne de nos péchés, nous réconciliant si fortement avec son cœur qu’il nous donne accès, par son intercession, à son trône » (II,16,16).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette orientation du regard divin vers le Christ libère le croyant de l’angoisse du jugement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme l’écrit le théologien réformé Paul Wells : « Pour Calvin, l’union avec Christ est le cœur de l’Évangile…&nbsp;En Christ, nous trouvons la fontaine de vie, le médiateur à qui nous sommes unis dans sa mort et sa résurrection, d’où jaillit la vie nouvelle. L’Esprit scelle la parole de vérité dans nos cœurs, rend témoignage de Christ et est le principe permanent de la communion avec Christ<a href="applewebdata://8BD8DFAF-4134-4D3B-8C42-D3F8C1CDE6EF#_ftn4"><sup>[4]</sup></a>.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment vient à nous l’Esprit saint&nbsp;? Avec tout le mouvement de la Réforme, Calvin répond que c’est par la Parole de Dieu et par les sacrements reçus par la foi. La Parole doit être non seulement écoutée et mais aussi vécue dans un amour qui se met au service et rencontre le Christ dans les frères et sœurs (Mat 25.40) et dans la vie fraternelle (Mat 18.21).&nbsp;</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La transformation du cœur par la grâce</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans&nbsp;<em>l’Institution de la religion chrétienne</em>, Calvin cite souvent les prophéties de Jérémie et d’Ezéchiel annonçant que Dieu donnera «&nbsp;un cœur nouveau&nbsp;», «&nbsp;un cœur de chair&nbsp;» (Ez 36.36&nbsp;; 11.19&nbsp;; Jér 32.40).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il souligne aussi la nécessité de la «&nbsp;circoncision du cœur&nbsp;»&nbsp;: «&nbsp;Moïse, à plusieurs reprises, a enseigné au peuple que la vraie conversion doit être faite de tout son cœur, de toute son âme et, en parlant de la circoncision du cœur, il évoque les profondeurs de l’être.&nbsp;» (III,3,6)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Calvin insiste fortement sur l’incapacité de l’être humain à se renouveler par ses seules forces. Tant que notre cœur n’est pas transformé par l’Esprit de Dieu, nous ne pouvons véritablement accomplir le bien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il écrit :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Il est impossible de rien tirer de bien de notre cœur à moins qu’il ne soit transformé. [&#8230;] Le Seigneur commence en nous son œuvre en suscitant en nos cœurs l’amour, le désir et la recherche du bien et de la justice, ou plus exactement, en inclinant, formant et conduisant nos cœurs à la justice » (II,3,6).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En s’appuyant sur Ézéchiel, Calvin affirme que Dieu seul peut renouveler notre cœur. Dans sa polémique contre le libre-arbitre, il refuse de surestimer les capacités humaines et de minimiser la grâce divine. (II,5,8)&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Tout ce qui est en nous doit être changé complètement pour que nous soyons incités au bien et que tout ce qui est mis à la place procède de la grâce de Dieu&nbsp;» (II,3,8)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la ligne de saint Augustin, Calvin rappelle que «&nbsp;la grâce de Dieu est nécessaire pour accomplir ce que Dieu commande et qu’elle nous est promise pour cela&nbsp;» (II,4,9) «&nbsp;Comme le dit Augustin, ce que Dieu promet, nous ne le faisons pas naturellement, ni par notre libre arbitre,&nbsp;; c’est lui qui le fait par sa grâce.&nbsp;» (II.4.8)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le renouvellement du cœur est donc, pour Calvin comme pour Luther, une œuvre de l’Esprit Saint.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>« Je t’offre mon cœur, Seigneur »</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/Coeur-Calvin-2-1024x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-9582" srcset="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/Coeur-Calvin-2-1024x1024.jpeg 1024w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/Coeur-Calvin-2-300x300.jpeg 300w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/Coeur-Calvin-2-150x150.jpeg 150w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/Coeur-Calvin-2-768x768.jpeg 768w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/Coeur-Calvin-2-1536x1536.jpeg 1536w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/Coeur-Calvin-2.jpeg 1920w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Comme Luther, Jean Calvin a choisi le cœur comme emblème personnel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son symbole représente une main offrant un cœur à Dieu, accompagné de cette devise : « Je t’offre mon cœur, Seigneur, promptement et sincèrement.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette image exprime la réponse du croyant à l’amour de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Calvin offre son cœur à la suite de Jésus, qui s’est lui-même offert entièrement à son Père. À son exemple, la vocation du chrétien est de consacrer sa vie à Dieu (III,6,5).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dieu veut en effet la consécration de notre cœur&nbsp;: «&nbsp;Notre Seigneur nous commande d’avoir une étonnante consécration du cœur, qui ne doit être perturbé par la moindre convoitise. Il réclame un cœur remarquablement bien disposé qu’il ne veut pas voir, le moins du monde, enclin à contrevenir à la Loi de l’amour du prochain.&nbsp;» (II,7,49).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon Calvin, l’essentiel de la vie chrétienne est d’acquérir la simplicité du cœur, un coeur exempt de toute tromperie. La vraie simplicité ne s’acquiert pas d’un coup, mais dans un long voyage, où nous trébuchons et où nous devons persévérer&nbsp;jour après jour. (III,6,5)</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Offrir son cœur&nbsp;» à quelqu’un est une déclaration d’amour. Pour Calvin, la foi est un amour exclusif pour Dieu.&nbsp;Les mots « promptement et sincèrement » expriment cette disponibilité intérieure : répondre à Dieu sans remettre à plus tard, avec un cœur entier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette disposition apparaît de manière particulièrement frappante dans une lettre adressée à Guillaume Farel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir été chassé de Genève, Calvin exerçait son ministère à Strasbourg. Lorsque Farel le pressa de revenir à Genève, il éprouva une grande résistance intérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il écrivit alors :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Si j’avais le choix, je préférerais faire n’importe quoi plutôt que de t’obéir, mais comme je me rappelais que je ne m’appartiens pas, j’offre mon cœur en sacrifice, offert au Seigneur. [&#8230;] Je soumets donc mon cœur, lié et enchaîné, en obéissance à Dieu ; et en quittant mon propre jugement, je me mets à disposition de ceux dont j’espère que c’est Dieu même qui parle à travers eux<a href="applewebdata://8BD8DFAF-4134-4D3B-8C42-D3F8C1CDE6EF#_ftn5"><sup>[5]</sup></a>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce témoignage révèle combien l’offrande du cœur engage concrètement notre liberté et notre volonté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne suffit pas de parler de l’amour de Dieu. Encore faut-il lui permettre de transformer nos décisions et notre manière de vivre.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>4. Un cœur brûlant : témoignage personnel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Arrivé à ce point de ma conférence, permettez-moi d’évoquer un événement qui a été déterminant dans mon propre chemin spirituel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je le fais avec d’autant plus de confiance que la démarche des Artisans de paix souhaite offrir un espace au partage des expériences de l’Esprit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En octobre 1975, j’ai participé à la rentrée de la Faculté de théologie Jean Calvin, à Aix-en-Provence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’y suis arrivé athée et j’en suis reparti croyant, transformé par la puissance de la Parole de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que j’écoutais une conférence de l’historien Pierre Chaunu, une parole de l’Évangile a transpercé mon cœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je dis bien « transpercé », car j’en ai éprouvé une vive douleur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce soir-là, pour la première fois de ma vie, je me suis mis à genoux et j’ai prié du fond du cœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un seul mot est sorti de ma bouche : « Pardon ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cette époque, j’étais en conflit avec plusieurs personnes. La Parole de Dieu m’avait fait comprendre qu’en blessant ces personnes, c’était aussi Dieu que j’avais blessé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le lendemain, alors que je rentrais en train à Lausanne, un feu s’est allumé dans mon cœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En une fraction de seconde, j’ai su que Dieu est amour et qu’il demeurait en moi. Ce feu, qui s’est allumé ce jour-là, ne s’est jamais éteint.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai ouvert ma Bible et suis tombé sur cette parole de la première lettre de Jean :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Dieu est amour. Qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui » (1 Jn 4,16).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette parole disait exactement ce que j’éprouvais dans mon cœur brûlant. Pour moi, ce feu ne pouvait venir que de Dieu !</p>



<p class="wp-block-paragraph">De retour chez moi, j’ai été conduit à redire ce petit mot, « pardon », aux personnes que j’avais blessées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que j’étais jusque-là très peu fraternel, j’ai compris que la fraternité commence par un premier pas vers l’autre, accompagné de ce mot parfois si difficile à prononcer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce fut pour moi une sorte de « chemin de Damas », ou une&nbsp;<em>conversio subita</em>, selon l’expression de Jean Calvin, dans les deux sens possibles du terme latin : une conversion à la fois « subite » et « subie » !</p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de ce moment, j’ai consacré ma vie à la Parole de Dieu, avec le désir de l’étudier, de la comprendre et de la servir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai commencé par passer une année académique à Aix-en-Provence, puis j’ai poursuivi mes études à Lausanne, où j’ai finalement été consacré au ministère pastoral.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En repensant aujourd’hui à cette expérience, je vois combien elle rejoint ce que nous avons découvert dans les Écritures et chez les Réformateurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dieu touche notre cœur par sa Parole, nous révèle son amour et nous appelle à répondre en lui offrant notre vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette expérience intérieure ne peut rester enfermée en nous-mêmes. Elle nous conduit vers les autres, en particulier vers ceux avec lesquels nous avons besoin de nous réconcilier.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>5. Les perles du cœur : apprendre à écouter</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/image.jpeg" alt="" class="wp-image-9571" style="width:542px;height:auto" srcset="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/image.jpeg 1024w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/image-300x300.jpeg 300w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/image-150x150.jpeg 150w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/10/image-768x768.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La spiritualité du Sacré-Cœur rejoint également une démarche de prière que j’ai développée à travers un petit bracelet composé de douze perles, que j’ai appelé «&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/article/jeuner-et-prier-avec-le-coeur-et-des-perles/">les Perles du cœur</a>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’idée m’en est venue sur une île grecque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces perles ont différentes couleurs : les blanches évoquent la confiance, les rouges les blessures, les jaunes la lumière, les bleues le chemin et les perles de l’écoute, en forme de grains de riz. En touchant ces perles, je dis ma confiance à Dieu, je lui présente mes blessures, j’invoque sa lumière et lui demande de me conduire sur un juste chemin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au centre se trouve la « perle du cœur », entourée de « perles de l’écoute ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elles me rappellent cette prière de Salomon : « Donne-moi un cœur qui écoute. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus nous invite à prier dans le secret, dans notre chambre intérieure, c’est-à-dire dans notre cœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La perle du cœur me rappelle constamment cette invitation. Je la touche souvent au cours de la journée et m’endors en la caressant et en demandant intérieurement à Dieu de garder mon cœur et de me donner sa paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce geste très simple m’aide à revenir à l’essentiel : demeurer en présence de Dieu et rester attentif à sa Parole.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En la touchant je fais mémoire aussi de mon expérience d’embrasement du cœur quand j’avais 20 ans.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà pourquoi il me semble précieux, en tant que protestant, de puiser dans ce «&nbsp;puits spirituel&nbsp;» qu’est la spiritualité du Sacré-Cœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’essentiel n’est peut-être pas tant le terme lui-même que la réalité qu’il désigne : le cœur du Christ, qui a tant aimé les hommes, et ce dialogue de cœur à cœur avec Dieu et avec nos prochains auquel il nous appelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>6. Du cœur pacifié à l’artisan de paix</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette béatitude nous ramène à la vocation qui rassemble les Artisans de paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La spiritualité du Sacré-Cœur nous rappelle que la paix que nous désirons pour le monde doit aussi prendre naissance au plus profond de nous-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme nous y invitent les Écritures, nous avons à «&nbsp;garder notre cœur plus que tout, car c’est de lui que jaillissent les sources de la vie&nbsp;» (Pr 4.23).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Garder notre cœur ne va pas de soi, mais nécessite une vigilance de chaque instant. Notre cœur est cette vigne à émonder, comme le dit Jésus (Jean 15).&nbsp;&nbsp;Chaque émondage produit une nouvelle vie dans la plante, de même chaque renoncement fait par amour, provoque un jaillissement de vie.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La paix ne se limite pas aux décisions politiques : elle se construit aussi dans la conscience et peut rompre le cycle de la violence. Elle grandit lorsque nous nous tournons vers Dieu et accueillons sa réconciliation, en faisant ce nettoyage de tout ce qui doit être enlevé de notre cœur.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela nécessite de donner une place centrale à la prière. Face à la violence, le chrétien est appelé non seulement à s’opposer au mal, mais aussi à prier pour la transformation de ceux qui le commettent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enseignement de Jésus — « Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent » (Mt 5,44) — devient ainsi le principe fondamental d’une révolution pacifique. La prière pour les auteurs de violence exprime la conviction qu’aucun cœur n’est inaccessible à l’action de Dieu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un cœur ainsi pacifié devient capable d’aimer et d’agir avec compassion. Être artisan de paix, c’est reconnaître la dignité singulière de chaque personne et contribuer, par nos actes, à l’unité et à la fraternité humaines.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une prière </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je voudrais terminer par cette prière que j’ai écrite après une lectio divina sur les Paroles de Jésus&nbsp;:&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Je suis doux et humble de cœur (Matthieu 11.28)</em></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Abba Père, nous venons à toi</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Et te demandons de verser en nous ton Esprit,</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Comme tu l’as fait en Jésus,</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Lui qui avait un cœur doux et humble,</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Habité par l’Esprit saint.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Répands en nous le même Esprit</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Pour que nous vivions comme lui</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Dans la confiance et la justice.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">A sa suite, nous accomplirons ta loi</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">En t’aimant de tout notre cœur</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Et notre prochain comme nous-mêmes.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Nous trouverons alors le repos de nos âmes</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Et vivrons dans la joie tous les jours.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://8BD8DFAF-4134-4D3B-8C42-D3F8C1CDE6EF#_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>&nbsp;Paris, Cerf, 1977, p. 176.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://8BD8DFAF-4134-4D3B-8C42-D3F8C1CDE6EF#_ftnref2"><sup>[2]</sup></a>&nbsp;Voici ce qu’il en dit, dans sa lettre envoyée à Lazare Spengler le 8 juillet 1530 :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« D’abord, il y a une croix noire avec un coeur au milieu. Cette croix doit me rappeler que la foi au Crucifié nous sauve ! Qui croit en lui de toute son âme est justifié. Cette croix est noire pour indiquer la mortification, la douleur par laquelle le chrétien doit passer. Le coeur néanmoins conserve sa couleur naturelle : car la croix n’altère pas la nature, elle ne tue pas, elle vivifie. Le juste vivra par la foi, c’est-à-dire par la foi au Crucifié.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le coeur est placé au milieu d’une rose blanche qui indique que la foi donne la consolation, la joie et la paix. La rose est blanche et non rouge, parce que ce n’est pas la joie et la paix du monde mais celle des esprits ; le blanc est la couleur des esprits et des anges.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rose est dans un champ d’azur, pour montrer que cette joie dans l’esprit et dans la foi est un commencement de la joie céleste qui nous attend ; celle-ci y est déjà comprise, elle existe déjà en espoir, mais le moment de la consommation n’est pas encore venu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce champ, vous y voyez aussi un cercle d’or. Il indique que la félicité dans le ciel durera éternellement et qu’elle est supérieure à toute autre joie, à tout autre bien, comme l’or est le plus précieux des métaux ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://8BD8DFAF-4134-4D3B-8C42-D3F8C1CDE6EF#_ftnref3"><sup>[3]</sup></a>&nbsp;<em>Commentaires de Jehan Calvin sur la concordance ou harmonie composée de trois évangélistes, ascavoir S. Matthieu, S. Marc, et S. Luc,</em>&nbsp;Genève, 1561, p. 231.</p>



<h1 class="wp-block-heading" style="font-size:clamp(0.875rem, 0.875rem + ((1vw - 0.2rem) * 0.773), 1.3rem);"><a href="applewebdata://8BD8DFAF-4134-4D3B-8C42-D3F8C1CDE6EF#_ftnref4"><sup>[4]</sup></a>&nbsp;Paul Wells, «&nbsp;L’union avec le Christ – Au cœur de la doctrine chrétienne selon Jean Calvin.&nbsp;»&nbsp;<em>Revue Réformée,</em>&nbsp;<a href="https://larevuereformee.net/articlerr/n257">&nbsp;2011/1 – Janvier 2011&nbsp;</a></h1>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://8BD8DFAF-4134-4D3B-8C42-D3F8C1CDE6EF#_ftnref5"><sup>[5]</sup></a>&nbsp;<em>CR</em>&nbsp;11,100</p>
<p>L’article <a href="https://www.hoegger.org/article/le-coeur-de-jesus/">Le cœur de Jésus et notre coeur.</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.hoegger.org">Martin Hoegger</a>.</p>
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		<title>La prière, un entretien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2026 15:44:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Pater Noster de James Tissot, Brooklyn Museum, 1896 J’ai donné cet enseignement lors du « colloque des Compagnons » de la Communauté de Pomeyrol, en août 2026. Pendant plusieurs jours, j’ai proposé un parcours autour de la prière comprise comme une rencontre, un entretien vivant avec Dieu. « Seigneur, apprends-nous à prier » (Lc [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Le Pater Noster de James Tissot, Brooklyn Museum, 1896</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai donné cet enseignement lors du « colloque des Compagnons » de la Communauté de Pomeyrol, en août 2026. Pendant plusieurs jours, j’ai proposé un parcours autour de la prière comprise comme une rencontre, un entretien vivant avec Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Seigneur, apprends-nous à prier » (Lc 11,1). Cette demande des disciples demeure la nôtre. Nous savons l’importance de la prière, mais nous faisons aussi l’expérience de notre pauvreté, des distractions et de la difficulté à persévérer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parcours se développe en trois enseignements complémentaires. Le premier contemple Jésus en prière et découvre en lui le modèle et la source de toute prière chrétienne. Le deuxième approfondit la prière comme entretien avec le Père, en particulier à travers le Notre Père. Le troisième s’interroge sur l’appel de Jésus et de l’apôtre Paul à « prier sans cesse » et cherche comment toute l’existence peut devenir un entretien continuel avec Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ci-dessous, vous trouvez un synthèse de mon enseignement, mais vous pouvez aussi consulter les trois PDF pour un enseignement intégral.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>→&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/09/La-priere-de-Jesus-modele-de-notre-priere.-.pdf" data-type="link" data-id="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/09/La-priere-de-Jesus-modele-de-notre-priere.-.pdf">PDF « La prière de Jésus, modèle de notre prière »</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>→<a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/09/Dire-Pere-a-Dieu.pdf" data-type="link" data-id="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/09/Dire-Pere-a-Dieu.pdf">&nbsp;PDF « La prière, un entretien avec le Père »</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>→&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/09/La-priere-continuelle.pdf" data-type="link" data-id="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/09/La-priere-continuelle.pdf">PDF « La prière, un entretien continuel »</a></em></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>I. La prière de Jésus, modèle de notre prière</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Évangiles présentent Jésus comme un homme dont toute la vie est tournée vers le Père. Dans Matthieu 11,25-26, il le loue comme « Seigneur du ciel et de la terre », qui se révèle aux tout-petits. Jésus est humble devant le Père. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La véritable prière naît donc de l’humilité. Le Catéchisme de Heidelberg souligne trois dispositions : invoquer avec foi le Dieu révélé dans sa Parole, reconnaître notre pauvreté et nous humilier devant lui, enfin nous confier dans la promesse qu’il nous exauce à cause de Jésus-Christ.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entrer dans la prière de Jésus</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le secret de la prière de Jésus réside dans la relation qui l’unit au Père : le Père connaît et aime le Fils, et le Fils connaît et aime le Père. La prière est cet entretien permanent, cette circulation d’amour dans laquelle Jésus veut nous introduire. (Mat 11.27)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par l’Esprit Saint, nous pouvons dire avec lui : « Abba, Père » (Rom 8.15). Le Christ vit en nous et prie en nous. Lorsque nous sommes rassemblés en son nom, il est aussi au milieu de nous. (Mat 18.20-21).  La prière chrétienne possède ainsi une dimension personnelle et communautaire : l’entretien avec Dieu appelle aussi un entretien sincère entre frères et sœurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus prie particulièrement aux moments décisifs : au baptême, avant le choix des Douze, lors de la Transfiguration, à Gethsémané et sur la croix. Mais il se retire aussi régulièrement dans la solitude. Son exemple nous invite à prier dans les grandes décisions comme dans le quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa prière est louange, gratitude et action de grâce. Dans Jean 17, son intercession rassemble plusieurs grandes demandes : que ses disciples soient protégés du mal, qu’ils reçoivent sa joie, vivent dans la vérité, soient unis, demeurent dans l’amour et partagent sa gloire. Ressuscité, Jésus continue d’intercéder pour nous comme le Grand-Prêtre qui demeure éternellement vivant (Heb 7.25).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Gethsémané et la croix</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Gethsémané, Jésus vit lui-même ce qu’il a enseigné dans le Notre Père. « Que ta volonté soit faite » devient son choix au milieu de l’épreuve (Mat 26.42). Accomplir la volonté du Père signifie laisser advenir son règne, même lorsque le chemin passe par la souffrance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la croix, trois de ses sept paroles sont des prières. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » nous apprend à ne rien cacher à Dieu de nos souffrances et de nos questions. « Père, pardonne-leur » ouvre le chemin du pardon et de l’intercession pour ceux qui nous blessent. « Père, entre tes mains je remets mon esprit » exprime l’abandon confiant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces trois prières dessinent ainsi un itinéraire : présenter à Dieu notre souffrance, entrer dans le pardon et remettre notre vie entre ses mains. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un entretien de cœur à cœur</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus nous invite à prier « dans le secret » (Mat 6.6). Ce lieu secret est aussi celui du cœur. La vraie prière ne demeure pas extérieure : elle engage le centre de notre personne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur est notre trésor. L’Esprit Saint y répand l’amour de Dieu. Il faut donc apprendre à descendre en soi, écouter ce qui nous habite et présenter à Dieu nos désirs. Le silence permet d’entendre cette « petite voix » qui parle au cœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une société marquée par la distraction et la fragmentation, le danger est précisément de perdre son cœur. D’où l’appel biblique : « Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie » (Pr 4,23). Prière, jeûne et don sont ainsi appelés à être vécus devant le Père, dans le secret et avec le cœur (Mat 6.1-18).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La prière apparaît finalement comme un cœur à cœur avec le Père. Jésus ne nous donne pas seulement un exemple : par l’Esprit, il nous introduit dans sa propre relation filiale.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>II. La prière, un entretien avec le Père</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La paternité de Dieu est déjà présente dans le Premier Testament. Elle s’enracine particulièrement dans la relation entre Dieu et Israël: « N’est-il pas ton père, celui qui t’a créé, qui t’a fait et t’a affermi ? » (Dt 32.6).  Dieu a créé, choisi, conduit et façonné son peuple. Il est Père et Rédempteur, plein de compassion pour ses enfants. Le mot « Père » exprime à la fois tendresse et autorité, proximité et transcendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Père de Jésus devient notre Père</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Jésus, le Père est la source même de sa vie. Toute son existence jaillit de cette relation éternelle. Il reçoit tout du Père et accomplit sa volonté dans une confiance absolue. Ses paroles, ses guérisons, sa miséricorde et son attention aux petits rendent visible le visage du Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En enseignant « Notre Père », Jésus ouvre à ses disciples son propre espace intérieur. Cette relation filiale atteint son sommet sur la croix lorsqu’il remet son esprit entre les mains du Père (Lc 23.46). Après la résurrection, il dit à Marie de Magdala : « Je monte vers mon Père et votre Père ». Sa relation unique avec Dieu nous est désormais communiquée par l’Esprit. (Jn 20.17) </p>



<p class="wp-block-paragraph">Une expérience vécue à Jérusalem, lors du chant du Notre Père en hébreu chez les Clarisses, a rendu sensible cette réalité pour moi. J&rsquo;avais perçu clairement que Jésus lui-même priait au milieu de nous et tournait nos cœurs vers le Père. Une intuition semblable apparaît chez Chiara Lubich : le Christ présent en nous nous associe à son mouvement intérieur et nous place avec lui, notre Frère, face au Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tradition juive connaît elle aussi l’invocation de Dieu comme « notre Père », particulièrement dans l’<em>Amidah</em> et <em>Avinou Malkeinu</em>. Dans l’islam, en revanche, Dieu n’est jamais appelé Père : les musulmans invoquent Allah à travers ses 99 attributs. L’invocation « Notre Père » manifeste ainsi une caractéristique essentielle de la prière chrétienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Notre Père chez Matthieu</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans Matthieu 6, la prière se situe entre l’aumône et le jeûne. Ces trois pratiques constituent comme trois piliers de la vie spirituelle et correspondent aux trois relations fondamentales : avec Dieu, avec le prochain et avec soi-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus demande que ces pratiques soient vécues sous le regard du Père plutôt que pour être vues des hommes. La prière doit donc être discrète et intérieure. Elle doit aussi être sobre : le Père sait ce dont nous avons besoin avant même que nous le lui demandions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, le pardon est central. Au cœur du Notre Père se trouve la demande : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons ». Exigence que Jésus répète après avoir donné cette prière (Mat. 6.15). Sans pardon, ni la relation avec Dieu ni les relations fraternelles ne peuvent devenir un véritable entretien de confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Notre Père chez Luc</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Chez Luc, les disciples demandent à Jésus : « Seigneur, apprends-nous à prier » après l’avoir vu lui-même en prière. Ils désirent apprendre non seulement une formule, mais une manière de vivre 11.1-4)</p>



<p class="wp-block-paragraph">La parabole de l’ami importun souligne ensuite la persévérance. « Demandez, cherchez, frappez » : le disciple continue de prier parce qu’il fait confiance au Père. Et le don suprême à demander est l’Esprit Saint (11.15-8, 13)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le contexte est également significatif. Avant le Notre Père viennent le Bon Samaritain et la rencontre de Jésus avec Marthe et Marie. (10.25-42) La vie chrétienne associe donc service du prochain et écoute de la Parole. Sans écoute, l’action risque de devenir agitation ; sans service, la prière risque de se replier sur elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La&nbsp;<em>Lectio divina</em>&nbsp;devient ainsi une véritable école de prière : nous écoutons le Père dans sa Parole, notre volonté s’accorde à la sienne et notre vie se laisse transformer. Jésus demeure notre maître : son existence entière est un entretien avec le Père.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>III. La prière, un entretien continuel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus appelle à « toujours prier sans se lasser » et à rester éveillés dans une prière de tous les instants (Lc 18,1; 21.36)) Paul résume cet enseignement : « Priez sans cesse » (1 Th 5.17) La prière continuelle ne signifie pas prononcer constamment des paroles, mais laisser notre relation avec Dieu devenir le climat intérieur de toute notre existence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Actes des Apôtres montrent les premiers chrétiens persévérant dans la prière (Ac 2.42-46). Paul prie continuellement pour les communautés et les invite à prier en toute circonstance. Cette tradition inspirera les Pères du désert et toute la spiritualité chrétienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’orthodoxie, la « prière de Jésus » — « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur » — cherche à unir le cœur, l’esprit et les lèvres dans une invocation continuelle. Les&nbsp;<em>Récits du pèlerin russe</em>&nbsp;décrivent comment cette prière peut peu à peu devenir aussi naturelle que la respiration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Occident, la tradition monastique organise la journée autour de l’Eucharistie, des offices, de la méditation, du travail et du silence. Dans les Églises réformées le renouveau liturgique a également remis en valeur les offices quotidiens, notamment à Crêt-Bérard, Taizé, Pomeyrol et Grandchamp.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Réforme n’ignore pas cette dimension. Calvin estime que, puisque nous devons toujours garder le cœur élevé vers Dieu, il est nécessaire de réserver certaines heures à la prière afin de soutenir notre faiblesse. La prière continuelle permet de conserver la joie et l’action de grâce au milieu des événements qui pourraient les troubler. Le Catéchisme de Heidelberg insiste également sur des prières « ardentes et continuelles » (Question 116).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment prier continuellement aujourd’hui ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La prière continuelle n’est pas réservée aux moines. Elle est la vocation de tout chrétien. Plusieurs chemins peuvent nous y aider.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord,&nbsp;<strong>celui qui aime prie continuellement</strong>. Lorsque nous aimons quelqu’un, notre cœur demeure tourné vers lui, même en son absence. De même, l’amour de Jésus peut maintenir notre cœur en éveil. Aimer Jésus signifie aussi le reconnaître et le servir dans chaque prochain placé sur notre route.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, <strong>vivre la Parole maintient dans la prière</strong>. Jésus dit : « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez et cela vous arrivera » (Jn 15.7).  La Parole méditée doit devenir une semence vécue. Lorsque nous la mettons en pratique, le Christ demeure en nous ; et puisque lui-même est constamment tourné vers le Père, sa présence nous introduit dans sa prière. Garder une Parole biblique durant la journée permet ainsi de demeurer intérieurement relié à Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Se souvenir de son baptême</strong>&nbsp;est un autre chemin. Par le baptême, nous avons revêtu le Christ et sommes greffés sur lui. Si le Christ vit en nous, il prie en nous. La vie entière peut alors devenir prière lorsque nous marchons dans son Esprit et accomplissons sa volonté. Il ne s’agit plus seulement de faire des prières : nous sommes appelés à devenir prière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La perspective de&nbsp;<strong>notre dernière heure</strong>&nbsp;nourrit également la vigilance. Toute notre existence prépare la rencontre avec le Christ. Un jour, plus rien ne fera obstacle à la communion avec Dieu : nous ne connaîtrons plus seulement des moments de prière, mais tout notre être sera prière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les <strong><a href="https://www.hoegger.org/article/jeuner-et-prier-avec-le-coeur-et-des-perles/" data-type="link" data-id="https://www.hoegger.org/article/jeuner-et-prier-avec-le-coeur-et-des-perles/">« perles du cœur </a>»</strong> que j&rsquo;ai créées, peuvent aider à garder cette vigilance dans une société qui disperse notre attention. Elles rappellent cette demande : « Donne-moi un cœur qui écoute. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, les&nbsp;<strong>prières très courtes</strong>&nbsp;permettent de demeurer intérieurement avec Dieu au milieu des activités : « Tu es mon Dieu et mon Tout », « Pour toi, Jésus », « Que cela soit toi qui pries en moi ». Ces brèves invocations sont comme des déclarations d’amour lancées vers Dieu. Elles permettent de transformer progressivement chaque activité en offrande et chaque instant en rencontre.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Conclusion : vers Pomeyrol 2032-2033, le pari de la confiance</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces méditations sur la prière prennent une signification particulière devant l’avenir de Pomeyrol. La perspective de 2032 et du départ du lieu actuel suscite des questions, mais elle peut devenir un appel renouvelé à la confiance. Sœur Marthe Élisabeth invite à entrevoir « un autre Pomeyrol » : l’avenir de la communauté ne se confond pas avec celui d’un lieu. Pomeyrol est avant tout une vocation appelée à vivre l’Évangile et à porter l’Église et le monde dans la prière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chemin vers 2032 comporte un dépouillement. Mais le dépouillement chrétien s’inscrit dans le mystère pascal : une mort peut devenir passage vers une vie nouvelle. Or, juste après 2032 vient 2033, année des deux mille ans de la résurrection du Christ. Cette proximité ouvre une espérance : après le dépouillement, une forme nouvelle de Pomeyrol peut-elle surgir ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette attente, la priorité est de persévérer dans l’entretien avec Dieu. « Priez sans cesse » prend ici une résonance particulière. Il ne faut pas vouloir trop rapidement déterminer l’avenir. La prière continuelle n’évite pas les décisions : elle crée l’espace intérieur nécessaire au discernement. Elle nous rend disponibles à ce que Dieu veut accomplir plutôt qu’à ce que nous avions nous-mêmes imaginé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le temps jusqu’en 2032 peut ainsi devenir non un simple compte à rebours, mais un temps d’écoute, de communion et de maturation. Sœurs et compagnons sont appelés à porter ensemble cette étape dans la prière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chemin vers 2032, puis vers 2033, peut alors devenir un véritable chemin pascal : consentir au dépouillement, demeurer dans un entretien continuel avec Dieu et attendre avec confiance la nouveauté que le Ressuscité peut faire surgir. Celui qui a relevé Jésus d’entre les morts peut aussi ouvrir pour Pomeyrol un avenir que nous ne pouvons encore ni prévoir ni dessiner.</p>
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		<title>Vers le Jubilé de 2033 : accélérer sans se précipiter.</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/accelerer-sans-se-precipiter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Sep 2026 23:52:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette méditation a été donnée le 3 septembre 2026 dans l’église de Montpreveyres, à l’occasion d’un temps de prière organisé par le Gîte El Jire, qui accueille des pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Dans ce lieu traversé par tant de marcheurs, le récit de la course de Marie de Magdala, de Pierre et du [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Cette méditation a été donnée le 3 septembre 2026 dans l’église de Montpreveyres, à l’occasion d’un temps de prière organisé par le Gîte El Jire, qui accueille des pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Dans ce lieu traversé par tant de marcheurs, le récit de la course de Marie de Magdala, de Pierre et du disciple que Jésus aimait vers le tombeau prend une résonance particulière. Il nous parle à la fois de mouvement et d’arrêt, d’accélération et d’attente. Ces images éclairent aussi le chemin des chrétiens vers 2033, année du deux-millième anniversaire de la résurrection du Christ.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La course vers le tombeau</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est frappant dans le récit de la résurrection de Jésus, au chapitre 20 de l’Évangile selon Jean, c’est la course, si bien peinte par le peintre Eugène Burnand.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque Marie de Magdala découvre le tombeau vide, elle court avertir Pierre et le disciple que Jésus aimait. Celui-ci n’est pas nommé dans l’Évangile. On peut y voir une invitation adressée à chacun de nous à nous identifier à lui. Cet autre disciple que Jésus aimait, c’est toi, c’est moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pierre et l’autre disciple sortent alors et se mettent eux aussi à courir. Le même verbe est utilisé. Mais le disciple que Jésus aimait court plus vite et arrive le premier au tombeau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux détails de ce récit m’ont particulièrement frappé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier est que le disciple que Jésus aimait, bien qu’il soit arrivé le premier, n’entre pas immédiatement dans le tombeau. Il s’arrête devant l’entrée et laisse Pierre entrer avant lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le second détail concerne les linges funéraires. Les bandelettes qui entouraient le corps de Jésus sont là, tandis que le linge qui recouvrait son visage a été plié et déposé à part.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Deux ralentissements</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce récit marqué par la course et l’accélération, nous rencontrons donc deux ralentissements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le disciple que Jésus aimait s’arrête. Il ne se précipite pas dans le tombeau. Ce n’est qu’ensuite qu’il entre. Alors, « il vit et il crut ». Il est le premier à croire. Peut-être cet arrêt, ce calme, lui ont-ils permis de voir et de croire. Pierre, lui, est entré immédiatement, mais le texte ne dit pas à ce moment-là qu’il a cru.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a aussi ce linge soigneusement plié. C’est un détail étonnant. On pourrait presque dire que Dieu fait le ménage après la résurrection ! Pourquoi ce linge est-il ainsi plié ? Je n’ai pas vraiment de réponse, mais j’aime cette image de Jésus qui, après sa résurrection, prend le temps de mettre de l’ordre dans le tombeau. Il donne ainsi une dignité sans pareille aux tâches ménagères&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un récit où tout semble aller très vite, Jésus a pris le temps de plier ce linge. Cela nous invite peut-être simplement à prendre, nous aussi, le temps nécessaire.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une accélération vers 2033</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis dix ans, je collabore à une initiative œcuménique appelée <a href="https://www.jc2033.world/fr/" data-type="link" data-id="https://www.jc2033.world/fr/">JC2033, </a>qui invite les chrétiens à se préparer aux deux mille ans de la résurrection du Christ, en 2033.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant ces années, nous avons visité de nombreux pays et rencontré beaucoup de responsables d’Églises, mais aussi des paroisses et des chrétiens engagés localement. Samedi dernier, nous avons vécu la Journée des amis de JC2033, précisément autour du thème de « l’accélération ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, à mesure que nous avançons vers 2033, les choses semblent s’accélérer. Il s’agit d’une sorte de pèlerinage vers une date symbolique importante pour tous les chrétiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a dix ans, nous étions parmi les premiers à attirer l’attention sur la signification de cet anniversaire et sur la nécessité de nous préparer à le célébrer, mais surtout à le célébrer ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En novembre dernier, le pape Léon a invité tous les chrétiens à entreprendre un «<a href="https://www.jc2033.world/fr/blog/leglise-catholique-jc2033-et-lappel-a-marcher-ensemble-vers-2033-1338.html" data-type="link" data-id="https://www.jc2033.world/fr/blog/leglise-catholique-jc2033-et-lappel-a-marcher-ensemble-vers-2033-1338.html">&nbsp;chemin spirituel vers 2033.&nbsp;</a>» Lors d’une célébration à Istanbul, il a également invité les responsables des Églises à se retrouver en 2033 à Jérusalem, «&nbsp;aux racines de notre foi.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, l’Alliance évangélique mondiale a inscrit <a href="https://www.jc2033.world/fr/blog/2033-un-jubile-mondial-de-la-resurrection-1326.html" data-type="link" data-id="https://www.jc2033.world/fr/blog/2033-un-jubile-mondial-de-la-resurrection-1326.html">2033 dans son programme, </a>en mettant l’accent sur le témoignage : témoigner ensemble de notre espérance née de la résurrection du Christ.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Accélérer sans se précipiter</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a donc une accélération. Mais il ne faudrait pas que l’accélération devienne précipitation et que chacun se mette à courir dans sa propre direction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pèlerinage vers 2033 ne doit pas devenir une course où chacun cherche à arriver le premier. Le récit du matin de Pâques nous apprend autre chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, chaque Église et chaque fédération d’Églises est libre de préparer son propre programme. Mais il est également important de vivre ce chemin ensemble. C’est le sens de notre initiative : appeler à l’unité, afin que les chrétiens sachent s’attendre les uns les autres et prennent le temps de bien faire les choses ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons, nous aussi, à « plier nos linges », à nous attendre à l’entrée du tombeau, afin d’y entrer ensemble et de témoigner ensemble du Christ ressuscité.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Marcher au rythme les uns des autres</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il me semble particulièrement significatif de partager cela dans cette petite église située sur un chemin de pèlerinage, dans le cadre de la prière organisée par le Gîte El Jire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pèlerinage nous apprend à avancer à un certain rythme. Le vrai pèlerin est aussi celui qui sait marcher au rythme des autres, et notamment au rythme de celui qui avance le plus lentement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’en ai fait plusieurs fois l’expérience sur des chemins de pèlerinage. Lorsque j’étais fatigué, j’étais heureux qu’un autre pèlerin reste auprès de moi et marche tranquillement à mes côtés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puissions-nous avancer ainsi les uns avec les autres : sans transformer l’accélération en précipitation, en sachant nous attendre et en marchant ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>La prière de Jésus et notre prière. </title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/la-priere-de-jesus/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Aug 2026 14:06:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prédications]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voir la vidéo à partir de 40 min, 30 sec. La prière est au cœur de la relation de Jésus avec son Père. Pour comprendre ce qu’est la prière chrétienne, trois dimensions peuvent être distinguées : l’attitude dans laquelle Jésus prie, la manière dont il nous fait entrer dans sa propre relation avec le Père, [&#8230;]</p>
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<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><a href="https://www.youtube.com/live/FYoqrKqOUmU" data-type="link" data-id="https://www.youtube.com/live/FYoqrKqOUmU"><strong><em>Voir la vidéo à partir de 40 min, 30 sec. </em></strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La prière est au cœur de la relation de Jésus avec son Père. Pour comprendre ce qu’est la prière chrétienne, trois dimensions peuvent être distinguées : l’attitude dans laquelle Jésus prie, la manière dont il nous fait entrer dans sa propre relation avec le Père, et enfin sa présence dans notre prière, puisqu’il prie pour nous, avec nous et au milieu de nous.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Jésus prie dans l’humilité et la confiance</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’Évangile, Jésus prie ainsi : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché ces choses aux sages et aux intelligents, mais de les avoir révélées aux tout-petits. » (Mat 11.25). Jésus se tient devant son Père dans une attitude d’humilité. La vraie prière commence par cette disposition : se faire tout petit devant Dieu et prier avec le cœur, qu’il s’agisse d’une prière spontanée, d’un chant, d’une prière apprise ou du Notre Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus sait également qu’il est aimé. Au moment de son baptême, le Père lui a déclaré : « Tu es mon Fils bien-aimé. » Il prie donc dans la confiance en un Père bienveillant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce Père est aussi « Seigneur du ciel et de la terre ». Chez Jésus, l’amour et la toute-puissance de Dieu ne s’opposent pas. Le Credo confesse : « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. » Parce qu’il est tout-puissant, Dieu peut créer, mais aussi recréer, transformer et ressusciter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ordre du Credo est significatif : Dieu est d’abord Père, puis Créateur. En créant l’univers, l’infiniment grand comme l’infiniment petit, et chacun d’entre nous, il introduit dans sa création son amour de Père, comme un fil rouge qui la traverse.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Entrer dans la prière de Jésus</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">A la suite du même texte de l&rsquo;évangile de Matthieu, Jésus affirme que « nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » Nous avons donc besoin que Jésus nous révèle qui est véritablement le Père, par une illumination intérieure du Saint-Esprit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette révélation peut être particulièrement importante pour ceux qui ont vécu une relation difficile avec leur père terrestre et éprouvent de la peine à appeler Dieu « Père ». Jésus nous révèle ce Père plein d’amour, déjà manifesté au peuple d’Israël. Dans l’Ancien Testament, Dieu est appelé Père dans sa relation avec Israël, le peuple qu’il s’est choisi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après sa résurrection, Jésus dit à Marie de Magdala : « Va dire à mes frères que je monte vers mon Père et votre Père. » Par la foi en Jésus ressuscité, son Père devient ainsi notre Père et nous devenons frères et sœurs les uns des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les êtres humains sont certes créés à l’image de Dieu et peuvent, dans ce sens, être reconnus comme frères et sœurs par la création. Mais Jésus nous conduit plus loin : par la foi en lui, nous avons accès au même Père et entrons dans sa propre prière. Avec Jésus, nous nous tournons vers le Père. Son élan vers le Père devient le nôtre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un dialogue avec des amis musulmans, dans un groupe auquel je participe, m’a permis de mieux mesurer la particularité de notre foi. Parmi les 99 noms de Dieu dans l’islam, le nom de Père ne figure pas. Il y a là une différence importante entre la foi chrétienne et celle de nos amis musulmans.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Dire « Père » avec Jésus</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis une trentaine d’années, je participe au mouvement des Focolari. Ce qui m’y a attiré est la place donnée à la Parole de Dieu : accueillir une parole de l’Évangile, la garder en soi, chercher à la vivre durant tout un mois et partager ensuite les expériences qu’elle suscite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette spiritualité est née durant la Deuxième Guerre mondiale. Alors que tout s’écroulait autour d’elles, Chiara Lubich et ses compagnes ont découvert dans l’Évangile une force, une puissance et une lumière. Elles ont cherché à vivre radicalement la Parole de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fruit de cette vie de la Parole est que Jésus vient vivre en nous. Comme l’écrit Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après six ans de cette vie, alors que C. Lubich voulait prier Jésus dans une église des Dolomites, elle ne parvint pas à prononcer son nom. Un seul mot sortit de sa bouche : « Père ». Puis elle a fait une profonde expérience de communion avec Dieu. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle comprit que Jésus vivant en elle la faisait entrer dans sa propre relation avec le Père. Jésus est notre frère à nos côtés : il prie avec nous, intercède pour nous et nous conduit vers le Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette expérience a également marqué ma vie spirituelle : vivre avec Jésus ressuscité à nos côtés et au milieu de nous, et dire avec lui : « Abba, Père. »</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Jésus prie avec nous</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La lettre aux Hébreux présente Jésus comme le grand prêtre qui prie continuellement pour nous et qui peut ainsi nous sauver. Jésus prie pour chacun d’entre nous, avec nous et au milieu de nous. (7.25)</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’en ai fait une expérience particulière à Jérusalem, pendant un Notre Père chanté en hébreu. Au milieu des différentes voix, j’ai perçu comme une voix qui les englobait toutes : celle de Jésus priant avec nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, ma manière de prier le Notre Père a changé. Lorsque je le prie seul, je sais que Jésus est présent en moi et le prie avec moi. Lorsque nous le prions ensemble, je prends conscience qu’il est au milieu de nous et qu’il prie avec nous. (cf. Mat 18.20-21)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, chaque fois que nous disons le Notre Père, nous pouvons le faire avec cette conscience : Jésus est avec nous et nous conduit dans sa propre prière vers le Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>L’Accélération sur le chemin vers 2033. Quelques figures bibliques. </title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/acceleration/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Aug 2026 18:51:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[JC 2033]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Disciples Pierre et Jean courant au sépulcre le matin de la Résurrection (1898), Musée d&#8217;Orsay, Paris, À mesure que nous avançons vers 2033, année où nous célébrerons les deux mille ans de la résurrection du Christ, un mot revient avec insistance dans la vision de JC2033 : « accélération ». Nous voyons déjà se [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Les Disciples Pierre et Jean courant au sépulcre le matin de la Résurrection (1898), Musée d&rsquo;Orsay, Paris,</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À mesure que nous avançons vers 2033, année où nous célébrerons les deux mille ans de la résurrection du Christ, un mot revient avec insistance dans la vision de JC2033 : « accélération ». Nous voyons déjà se multiplier les rencontres, les initiatives, les réseaux et les appels à la prière.<em><a href="applewebdata://5A9A0BE5-457C-4372-B797-8F44D691E9C4#_ftn1"><sup><strong>[1]</strong></sup></a></em></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Mais de quelle accélération parlons-nous ? L’Évangile nous aide à discerner. Après la résurrection, tout semble en effet s’accélérer : on court, on revient à Jérusalem, on part annoncer la Bonne Nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. Pourtant, cette accélération n’est jamais agitation ni précipitation. Elle naît d’une rencontre avec le Ressuscité et conduit à la foi, à l’unité et au témoignage.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Pierre et le disciple que Jésus aimait : courir en s’attendant</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le thème de l’accélération m’a tout de suite rappelé le récit de la course vers le tombeau vide, admirablement représentée par Eugène Burnand.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir découvert que la pierre a été enlevée du tombeau, Marie de Magdala court avertir Pierre et le disciple que Jésus aimait. Aussitôt, les deux hommes se mettent eux aussi à courir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le disciple que Jésus aimait arrive le premier. L’Évangile ne le nomme pas, comme si chacun de nous pouvait se reconnaître en lui. Pourtant, arrivé avant Pierre, il n’entre pas. Il se penche, voit les bandelettes, puis il attend. Accélération ne signifie par précipitation, ni agitation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pierre arrive à son tour et entre dans le tombeau. Il voit les bandelettes et le linge qui avait recouvert la tête de Jésus, non pas abandonné en désordre, mais roulé à part.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce détail est étonnant. Il semble que Dieu «&nbsp;fait le ménage&nbsp;» et apporte son ordre.&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis le disciple que Jésus aimait entre à son tour : « Il vit et il crut » (Jean 20,8). Il est le premier à croire sans avoir encore rencontré le Ressuscité. La précipitation peut nous rendre aveugles. Mais lui a attendu et il voit avec le cœur et croit.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce disciple est ainsi une figure du disciple de Jésus : il s’est tenu au pied de la croix et, maintenant, il croit devant le tombeau vide. Suivre Jésus, c’est demeurer fidèle dans l’épreuve et faire confiance à la puissance de sa résurrection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À mesure que 2033 approchera, les initiatives vont certainement se multiplier. Une question se posera alors : allons-nous entrer dans une course où chacun voudra arriver le premier, imposer son projet ou tirer la couverture à soi ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le disciple que Jésus aimait est arrivé le premier, mais il a attendu Pierre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà une image pour notre chemin vers 2033 : nous avons à nous attendre les uns les autres. Certains courent plus vite, d’autres avancent plus lentement. Certains disposent de davantage de moyens, de réseaux ou de visibilité, mais nous ne pouvons avancer véritablement ensemble qu’en respectant le rythme des autres, particulièrement celui des plus petits.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Les disciples d’Emmaüs : du cœur brûlant aux pas pressés</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit d’Emmaüs nous montre une autre forme d’accélération.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="799" src="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Emmaus._S._Petrone-1024x799.jpeg" alt="" class="wp-image-9507" srcset="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Emmaus._S._Petrone-1024x799.jpeg 1024w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Emmaus._S._Petrone-300x234.jpeg 300w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Emmaus._S._Petrone-768x599.jpeg 768w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Emmaus._S._Petrone-1536x1198.jpeg 1536w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Emmaus._S._Petrone-2048x1598.jpeg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Stig Petrone&nbsp;: les deux disciples d’Emmaüs sur leur chemin de retour vers Jérusalem… accompagnés par la présence spirituelle du Ressuscité. (Collection privée).</em><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux disciples quittent Jérusalem, accablés par la mort de Jésus. Ils marchent lentement, prisonniers de leur déception : « Nous espérions… » (Luc 24,21). Un inconnu les rejoint et marche avec eux. Il écoute leur désarroi, puis leur ouvre les Écritures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu à peu, quelque chose change en eux. Après avoir reconnu Jésus à la fraction du pain, ils se disent : « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait en chemin ? »</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’accélération commence donc à l’intérieur. Avant que leurs pas ne s’accélèrent, leurs cœurs s’embrasent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis « leurs yeux s’ouvrirent ». Cette expression rappelle le récit d’Adam et Ève. Mais ici, le mouvement est inversé. Après l’ouverture de leurs yeux, Adam et Ève se cachent l’un devant l’autre et devant Dieu. Luc pourrait suggérer ici que le disciple qui n’est pas nommé est la femme de Cléopas. À Emmaüs, au contraire du jardin d’Eden, les yeux ouverts par le Ressuscité conduisent à la communion et au témoignage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ces deux disciples forment déjà une petite communauté. Paul dira : « Dans le Seigneur, la femme n’est pas sans l’homme, ni l’homme sans la femme » (1 Corinthiens 11,11). Ensemble, ils reconnaissent le Ressuscité ; ensemble, ils repartent et exercent le ministère.&nbsp;&nbsp;<em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils se lèvent « à l’instant même » et retournent à Jérusalem. La nuit ne les arrête plus. La rencontre avec le Christ ressuscité provoque une double accélération : intérieure, parce que le cœur brûle ; extérieure, parce que les pieds se remettent en mouvement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà ce que nous pouvons demander sur le chemin vers 2033 : non pas d’abord davantage d’activités, mais des cœurs brûlants qui mettent nos pas en mouvement.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Thomas : du doute à la mission</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Thomas nous fait découvrir une troisième dimension de l’accélération.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="565" src="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/stthomas-2-1024x565.jpeg" alt="" class="wp-image-9508" srcset="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/stthomas-2-1024x565.jpeg 1024w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/stthomas-2-300x166.jpeg 300w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/stthomas-2-768x424.jpeg 768w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/stthomas-2.jpeg 1212w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Le Caravage, « L&rsquo;incrédulité de Thomas » (1603), Palais Sans-Souci, Potsdam</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le doute devant la résurrection est une réalité de tous les temps. Il traverse particulièrement nos sociétés postchrétiennes et a également marqué certains courants de la théologie moderne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Thomas nous enseigne quelque chose d’essentiel : il ne suffit pas de répéter le « kérygme » (le cœur de l’Évangile : la mort et la résurrection de Jésus), aussi indispensable soit-il. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autres disciples lui annoncent : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais leur témoignage ne lui suffit pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut que Jésus lui-même vienne à sa rencontre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est finalement le Ressuscité qui transforme Thomas. Jésus vient au milieu des disciples et l’invite personnellement à passer du doute à la foi. Thomas répond alors par une des plus fortes confessions de foi de tout le Nouveau Testament : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après cette rencontre, selon une ancienne tradition chrétienne, la vie de Thomas connaît une extraordinaire accélération missionnaire. Son témoignage est associé à l’Orient. Des traditions anciennes relient en effet son voyage à l’Inde, d’autres à la Chine.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette tradition a pris pour moi une dimension très concrète. L’année dernière, Olivier Fleury et moi avons visité Taxila, dans le nord du Pakistan, où l’apôtre Thomas se serait arrêté et aurait témoigné du Christ auprès du roi&nbsp;<a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gondophar%C3%A8s_Ier">Gondopharès.</a>&nbsp;J’ai été particulièrement touché de passer deux jours dans cette ville qui avait entendu l’Évangile bien avant la Suisse !&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela élargit notre regard : dès les premiers siècles, l’Évangile s’est mis en route vers l’Orient comme vers l’Occident. Sur le chemin vers 2033, nous sommes appelés à retrouver cette ampleur universelle de la résurrection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque nous avons commencé la prière mondiale de JC2033, il y a une dizaine d’années, nous n’étions que quelques personnes réunies dans nos locaux. Aujourd’hui, chaque dernier vendredi du mois, des personnes d’une vingtaine de pays prient ensemble. Quelle accélération !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela nous encourage à envisager 2033 avec foi. Pouvons-nous espérer que, le matin de Pâques 2033, de grands pays comme l’Inde et la Chine, qui rassemblent une part considérable de l’humanité, entendent cette proclamation dans leurs langues maternelles — plus de mille au total&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! »</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’accélération missionnaire ne vient cependant pas de nos seules stratégies. Comme pour Thomas, elle commence par une rencontre : le Ressuscité vient au milieu de nous.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le véritable accélérateur : Jésus ressuscité au milieu de nous</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Mat-18.21-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-9509" srcset="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Mat-18.21-1024x683.jpeg 1024w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Mat-18.21-300x200.jpeg 300w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Mat-18.21-768x512.jpeg 768w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/08/Mat-18.21.jpeg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Nous arrivons ainsi au cœur de l’accélération vers 2033.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le véritable accélérateur n’est ni une organisation, ni une stratégie de communication, ni la multiplication des événements. C’est Jésus ressuscité présent au milieu de nous&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18,20).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette promesse nous appelle à une manière particulière de vivre ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord, nous avons à nous accorder. Juste avant cette parole, Jésus déclare : « Si deux d’entre vous, sur la terre, se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit… » (Matthieu 18,19). Le mot grec évoque une symphonie. L’accélération vers 2033 sera donc une accélération de la communion : apprendre à nous écouter, à discerner ensemble, à harmoniser nos différences et à nous réjouir des dons que Dieu a confiés aux autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, nous avons à nous réunir « en son nom ». Cela signifie davantage que prononcer le nom de Jésus au commencement d’une rencontre. Se réunir en son nom, c’est chercher à vivre entre nous comme lui-même vit avec nous. C’est mettre son commandement de l’amour réciproque au centre de nos relations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paul l’exprime admirablement : « Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis, pour la gloire de Dieu » (Romains 15,7).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà peut-être le discernement essentiel pour les années qui nous conduisent vers 2033 : ne pas seulement nous demander comment faire davantage, mais comment permettre davantage au Ressuscité d’être présent au milieu de nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous découvrirons que le chemin vers 2033 n’est pas d’abord notre projet. C’est le Ressuscité qui nous rejoint, nous rassemble et nous envoie. Plus nous lui donnerons sa place au milieu de nous, plus il pourra accélérer lui-même ce mouvement d’unité et de témoignage, afin que retentisse, jusqu’aux extrémités de la terre, la joie qui a tout commencé au matin de Pâques :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://5A9A0BE5-457C-4372-B797-8F44D691E9C4#_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>&nbsp;<em>Rencontre des amis de JC2033. Lonay 29 août 2026</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.hoegger.org/article/acceleration/">L’Accélération sur le chemin vers 2033. Quelques figures bibliques. </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.hoegger.org">Martin Hoegger</a>.</p>
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		<title>Sur le chemin d’Emmaüs, devenir compagnons du Christ</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/emmaus-compagnons/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Aug 2026 13:43:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prédications]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la chapelle de Pomeyrol J’ai donné ce message, le 23 août 2026, à l’occasion de l’engagement de deux «&#160;Compagnons&#160;» dans la communauté de Pomeyrol, une communauté protestante en Provence, au pied de la chaîne des Alpilles (Saint-Etienne-du-Grès). Le récit des disciples d’Emmaüs est un grand texte sur le compagnonnage (cf. Lc 24.18-35). En ce [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Dans la chapelle de Pomeyrol</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>J’ai donné ce message, le 23 août 2026, à l’occasion de l’engagement de deux «&nbsp;Compagnons&nbsp;» dans la communauté de Pomeyrol, une communauté protestante en Provence, au pied de la chaîne des Alpilles (Saint-Etienne-du-Grès).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit des disciples d’Emmaüs est un grand texte sur le compagnonnage (cf. Lc 24.18-35). En ce jour où Johanne et Marion prennent leur engagement comme compagnons de Pomeyrol, il nous offre une lumière particulière. Car, avant de nous dire ce que signifie être compagnon les uns des autres, il nous révèle Jésus lui-même comme le compagnon par excellence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Ressuscité rejoint deux disciples sur leur chemin. Il marche avec eux, les écoute, ouvre pour eux les Écritures, partage leur pain et les remet en route comme témoins. À travers ces différentes étapes, nous pouvons reconnaître cinq dimensions du compagnonnage. Elles concernent particulièrement les compagnons de Pomeyrol, mais elles dessinent aussi un chemin pour toute communauté chrétienne.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Faire route ensemble</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux. » Tout commence par cette présence sur le chemin. Être compagnon, c’est d’abord faire route avec d’autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est aussi une belle image de l’Église. L’Église est une communion d’hommes et de femmes qui ont accepté de marcher ensemble. Le mot « synode » exprime précisément cette réalité : faire chemin ensemble. Mais sur ce chemin, une personne supplémentaire nous accompagne toujours : le Christ lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marcher ensemble ne signifie pas être toujours d’accord. Les deux disciples d’Emmaüs en font l’expérience. Le texte dit qu’ils s’entretenaient de ce qui venait de se passer à Jérusalem, mais le terme grec laisse entendre une discussion animée, voire un désaccord. Ils cherchent ensemble à comprendre des événements qui les dépassent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il en va de même dans toute communauté. Faire route ensemble demande du temps, de l’écoute et un accueil réciproque. L’exhortation de Paul prend alors tout son sens : « Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu » (Rm 15.7).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Accueillir l’autre, c’est reconnaître qu’il n’est pas là par hasard. Je peux apprendre à le recevoir comme un don placé sur mon chemin : tu as été créé comme un don pour moi, et j’ai été créé comme un don pour toi. Cet accueil n’est pas toujours immédiat. Il se construit jusque dans les tensions et les désaccords. Être compagnon, c’est donc continuer à faire route ensemble, y compris lorsque le chemin devient difficile.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Rencontrer et écouter</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième dimension du compagnonnage est la rencontre. Jésus ressuscité aurait pu se manifester immédiatement dans sa gloire et leur révéler son identité. Il choisit une tout autre manière de faire : il s’approche, s’intéresse à eux et les interroge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus commence par écouter. Sa question permet aux disciples de raconter ce qu’ils viennent de vivre. En fait ils sont sur un chemin de deuil. Grâce à l’écoute de Jésus, ils peuvent exprimer leur déception, leur tristesse, leurs interrogations et leur espérance brisée : « Nous espérions, nous, que c’était lui qui allait délivrer Israël. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils racontent même à Jésus l’Évangile sans savoir qu’ils parlent à celui qui en est le cœur : Jésus de Nazareth a été crucifié ; des femmes sont allées au tombeau ; elles ne l’ont pas trouvé et ont annoncé qu’il était vivant. Ils connaissent les faits, mais ne parviennent pas encore à en découvrir le sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus leur laisse le temps de parler. Il ne se décourage pas lorsqu’ils lui répondent assez vivement : « Tu es bien le seul à séjourner à Jérusalem qui n’ait pas appris ce qui s’y est passé ces jours-ci ! » Il continue à les écouter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà une dimension essentielle du compagnonnage. Un compagnon est quelqu’un qui s’intéresse à l’autre, lui pose des questions et lui donne le temps de raconter son chemin. Avant de parler, il écoute. Avant de conseiller, il accueille. Jésus est lui-même ce compagnon qui nous écoute avec patience.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Ouvrir ensemble les Écritures</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir longuement écouté, Jésus prend la parole. Il ouvre les Écritures et aide les disciples à relire les événements à leur lumière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il leur reproche d’être « sans intelligence » et d’avoir le « cœur lent à croire ». Ces deux mots, l’intelligence et le cœur, me semblent importants. Les Écritures demandent à être reçues avec les deux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les lire avec le cœur, c’est accepter qu’une parole puisse nous rejoindre personnellement et transformer notre existence. J’ai moi-même fait l’expérience d’une parole biblique qui a transpercé mon cœur et m’a conduit de l’athéisme à la foi. Depuis ce jour, j’ai gardé une grande confiance dans la puissance de la Parole de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais nous sommes aussi appelés à lire avec l’intelligence. Intelligence signifie littéralement «&nbsp;lire entre&nbsp;» (<em>inter-legere,</em>&nbsp;en latin). C’est établir des liens, rapprocher les textes, les éclairer les uns par les autres. C’est précisément ce que fait Jésus sur le chemin d’Emmaüs : « Commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Écritures ce qui le concernait. » Il relie les Écritures à sa personne, à sa mort et à sa résurrection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le compagnon ne se réfère donc pas seulement à ses propres idées ou à son expérience. Il se met avec l’autre à l’écoute d’une Parole qui vient d’ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus nous enseigne aussi quelque chose d’essentiel pour notre témoignage : il n’ouvre les Écritures qu’après avoir créé une relation. Il a d’abord marché avec les disciples et écouté leur histoire. C’est dans cette relation de confiance que la Parole peut être entendue. Le témoignage chrétien ne consiste pas à déposer une parole sur quelqu’un de l’extérieur, mais à partager l’Évangile dans une relation d’amitié.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors peut naître l’expérience des disciples : « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait en chemin et nous ouvrait les Écritures ? »</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Partager le pain</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le quatrième geste du compagnon est contenu dans le mot lui-même. Le compagnon est celui avec lequel on partage le pain. Les disciples disent à Jésus : « Reste avec nous, car le soir approche. » Jésus accepte leur hospitalité et se met à table avec eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le compagnonnage passe aussi par cette convivialité. À Pomeyrol, il se vit entre les sœurs et les compagnons, dans la prière quotidienne avec ses quatre moments, mais également autour d’une table, dans les rencontres ordinaires et la joie d’être ensemble. Et cette hospitalité peut se prolonger dans nos propres lieux de vie. Nos tables peuvent devenir des lieux ouverts où d’autres sont accueillis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est au moment où Jésus prend le pain, prononce la bénédiction, le rompt et le leur donne que « leurs yeux s’ouvrirent ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette expression fait penser au récit de la Genèse. Après avoir mangé le fruit défendu, les yeux d’Adam et Ève s’ouvrent ; mais cette ouverture conduit à la honte, à la peur et à la dissimulation. Ils se cachent l’un de l’autre et se cachent devant Dieu (cf. Gn 3.7).</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Emmaüs, un chemin inverse s’ouvre. Les yeux des disciples s’ouvrent dans la communion. Ils reconnaissent le Christ et peuvent désormais se regarder eux-mêmes à la lumière de sa présence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des deux disciples n’est pas nommé. Cette absence de nom permet à chacun de prendre place dans le récit, à côté de Cléopas. Certains ont aussi pensé que ce disciple pouvait être son épouse. Quelle que soit l’hypothèse retenue, les deux deviennent ensemble témoins du Ressuscité. Comme l’écrit Paul : « Dans le Seigneur, la femme n’est pas sans l’homme ni l’homme sans la femme » (1 Co 11.11). Dans le Christ, la communion devient témoignage.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Repartir comme témoins</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, être compagnon, c’est devenir témoin. Dès que les disciples reconnaissent Jésus, celui-ci disparaît à leurs regards. Ils auraient pu rester à Emmaüs pour prolonger l’émotion de cette rencontre. Au contraire, « à l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem » pour témoigner aux autres disciples de leur rencontre avec le Ressuscité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le compagnon n’est pas appelé à demeurer seulement dans la chaleur d’une communauté. Ce qu’il reçoit devient une mission. L’expérience vécue ensemble est appelée à rayonner ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chers compagnons de Pomeyrol, c’est aussi votre vocation. Dans vos lieux de vie, vos familles, vos Églises, vos engagements et vos rencontres, vous êtes appelés à témoigner de ce que vous recevez ici : une vie fraternelle nourrie par la prière, l’écoute de la Parole et la présence du Christ au milieu de nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Votre engagement ne vous attache donc pas seulement à un lieu. Il vous envoie. Il fait de vous des témoins de cette grâce reçue à Pomeyrol et des artisans de communion là où vous vivez.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Des compagnons pour l’avenir de la communauté de Pomeyrol</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chemin d’Emmaüs nous donne ainsi cinq traits du compagnon : marcher ensemble, écouter, ouvrir les Écritures, partager le pain et devenir témoin. Mais, avant d’être nos engagements, ces cinq attitudes sont celles de Jésus envers nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est lui qui marche à nos côtés lorsque nous ne comprenons plus. Il écoute nos questions, éclaire notre chemin par les Écritures, rompt le pain avec nous et rallume l’espérance lorsque notre cœur s’est refroidi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Johanne et Marion, votre engagement aujourd’hui s’inscrit dans ce chemin. Vous devenez compagnons de Pomeyrol parce que le Christ s’est d’abord fait votre compagnon. Et c’est en demeurant avec lui que vous pourrez, à votre tour, marcher avec d’autres et témoigner de ce que vous recevez ici.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et notre espérance est aussi que ce témoignage porte du fruit. Que d’autres entendent l’appel à rejoindre cette aventure de foi et de communion ! Que de nouveaux compagnons s’engagent, que de nouvelles sœurs répondent à l’appel du Christ et viennent enrichir la communauté de leurs dons, de leur prière et de leur présence. Car une communauté reçoit son avenir de celles et ceux que Dieu appelle à la rejoindre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous pouvons donc faire de cet engagement une prière pour l’avenir de Pomeyrol. Que le Seigneur suscite de nouvelles vocations de sœurs et de compagnons ; qu’il renouvelle cette communauté que nous aimons et que nous portons dans notre prière ; qu’il lui donne, à travers de nouveaux visages et de nouveaux engagements, un avenir et une beauté toujours renouvelée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que la parole des disciples d’Emmaüs devienne alors une parole pour nous tous : « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait en chemin ? » Et que ce feu reçu du Ressuscité se communique de personne en personne, afin que beaucoup d’autres découvrent à leur tour la joie de marcher avec lui et de devenir compagnons sur son chemin.</p>
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		<title>Fidélité et innovation au service de l&#8217;Évangile</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/meb-70-ans/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jul 2026 13:11:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les 70 ans de la Mission évangélique Braille et les 50 ans de son camp d&#8217;été Salle del Castillo, Vevey. Le choeur « One Step » a chanté des Gospels lors de la deuxième partie de la soirée La Mission évangélique Braille (MEB) a célébré cette année un double anniversaire particulièrement significatif : les 70 ans de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading">Les 70 ans de la Mission évangélique Braille et les 50 ans de son camp d&rsquo;été</h4>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Salle del Castillo, Vevey. Le choeur « One Step » a chanté des Gospels lors de la deuxième partie de la soirée</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://mebraille.ch">Mission évangélique Braille (MEB) </a>a célébré cette année un double anniversaire particulièrement significatif : les 70 ans de sa fondation officielle et les 50 ans de son camp d&rsquo;été. Le 20 juillet 2026 une fête dans la grande et belle salle del Castillo, à Vevey, a permis de relire une histoire marquée par la fidélité de Dieu, l&rsquo;engagement de nombreux bénévoles et collaborateurs, ainsi que par une volonté constante de rendre la Parole de Dieu accessible aux personnes aveugles et malvoyantes. Les témoignages de plusieurs acteurs de cette aventure ont montré comment cette œuvre a su évoluer tout en restant fidèle à sa vocation première.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une œuvre bâtie sur la fidélité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En ouvrant la rencontre, le président Thierry Wolfrath a rappelé que les chiffres de 70 ans et de 50 camps racontent avant tout une histoire de fidélité. Derrière chaque livre braille, chaque enregistrement audio ou chaque camp se cachent des milliers d&rsquo;heures de travail discret : transcription, relecture, impression, envoi des ouvrages, accueil des participants. Cette œuvre n&rsquo;a jamais recherché la visibilité, mais a permis à des milliers de personnes de recevoir la Bible et une littérature chrétienne dans des formats accessibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président a également souligné l&rsquo;importance des camps d&rsquo;été, véritables lieux de rencontre où naissent des amitiés durables. Si les livres transmettent la Parole, les camps permettent de vivre la communion fraternelle. Il a exprimé sa reconnaissance envers les bénévoles, les bénéficiaires, les donateurs et les collaborateurs qui, chacun à leur manière, rendent cette mission possible. Il a enfin mis en valeur le caractère interconfessionnel de la MEB et son ouverture croissante à l&rsquo;Afrique, où elle soutient aujourd&rsquo;hui des projets éducatifs et de développement.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;intuition visionnaire d&rsquo;Edith Huber</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Premier invité de la table ronde, Alain Décoppet, auteur&nbsp;<a href="https://www.unixtus.ch/librairie/la-lumi%C3%A8re-brille-dans-les-t%C3%A9n%C3%A8bres/">d’un livre sur l’histoire de la MEB</a>, a retracé les origines de la Mission évangélique Braille en évoquant sa fondatrice, Edith Huber. Devenue aveugle à vingt ans, celle-ci traversa une longue période de révolte avant de vivre une rencontre décisive avec le Christ. Cette expérience transforma son regard sur sa propre existence et fit naître en elle le désir de partager l&rsquo;Évangile avec d&rsquo;autres personnes aveugles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Très rapidement, elle entreprit de transcrire des textes bibliques en braille et chercha tous les moyens disponibles pour rendre les Écritures accessibles. Son intuition ne s&rsquo;arrêta pas au braille. Elle comprit également l&rsquo;importance des séjours communautaires et pressentit le potentiel des futurs supports audio. Alain Décoppet a montré combien cette femme avait su anticiper les évolutions techniques tout en gardant comme priorité la rencontre avec le Christ. Il a également rappelé les différentes étapes de développement de l&rsquo;œuvre.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;ouverture œcuménique et le développement international</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ancien président de la MEB, Gérald Cavin est revenu sur deux tournants majeurs de son histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier fut la décision de réaliser une édition braille de la Traduction œcuménique de la Bible (TOB). À une époque où l&rsquo;œuvre était encore fortement marquée par ses origines évangéliques, ce choix suscita des discussions importantes. Finalement, la volonté de proposer une Bible pouvant être reçue par l&rsquo;ensemble de la francophonie chrétienne l&#8217;emporta. Cette décision ouvrit durablement la Mission évangélique Braille à une véritable dimension œcuménique. Elle fut rendue possible grâce à une étroite collaboration avec l&rsquo;Asile des aveugles de Lausanne pour l&rsquo;impression et avec la Société biblique suisse pour l&rsquo;édition du texte. Les innovations techniques dans l&#8217;embossage du braille permirent ensuite de mener à bien ce vaste projet éditorial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le second tournant concerna la coopération avec l&rsquo;Afrique. Initialement centrée sur la diffusion de littérature chrétienne, la mission prit progressivement conscience que l&rsquo;annonce de l&rsquo;Évangile devait aussi répondre aux besoins fondamentaux des personnes. Une réflexion née de situations concrètes conduisit l&rsquo;association à soutenir des projets d&rsquo;alphabétisation, de scolarisation, de formation professionnelle et d&rsquo;autonomie économique. Gérald Cavin a montré comment cette évolution élargissait la mission sans en modifier l&rsquo;inspiration évangélique.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une famille qui continue de grandir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Corinne Vergne, présidente de la MEB France, a témoigné de son expérience personnelle en tant qu’aveugle. Entrée dans les camps en 1994, elle a découvert une véritable famille spirituelle. Les soirées de partage, les chants, les enseignements bibliques et la qualité des relations humaines ont marqué durablement son parcours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon elle, malgré les changements de lieux, de responsables et d&rsquo;organisation, l&rsquo;essentiel demeure inchangé : la mission reste une communauté chrétienne où la solidarité, l&rsquo;amitié et l&rsquo;écoute mutuelle occupent une place centrale. Les camps permettent à chacun de vivre pleinement sa foi tout en bénéficiant d&rsquo;un climat d&rsquo;accueil et de confiance.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Préparer l&rsquo;avenir sans perdre son âme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant qu&rsquo;actuel secrétaire général, Thoma Vuilleumier a porté le regard vers l&rsquo;avenir. Il a rappelé que, malgré les progrès technologiques, les besoins restent immenses. De nombreuses personnes aveugles n&rsquo;ont toujours pas accès à la lecture, à l&rsquo;éducation, à la culture ou à une pleine participation à la vie des Églises, particulièrement dans plusieurs pays africains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour lui, les prochaines années devront conjuguer innovation et fidélité. Les nouvelles technologies, l&rsquo;intelligence artificielle et les supports numériques ouvriront des perspectives inédites, mais elles ne remplaceront jamais les relations humaines. Il a identifié trois priorités qui devront continuer à façonner l&rsquo;identité de la MEB : demeurer une œuvre explicitement chrétienne, poursuivre une innovation adaptée à des moyens souvent modestes et préserver une culture de proximité où bénéficiaires, bénévoles, donateurs et collaborateurs forment une véritable communauté. C&rsquo;est cette alliance entre foi, créativité et relations humaines qui permettra à la Mission évangélique Braille de poursuivre son service dans les décennies à venir.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une reconnaissance personnelle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette célébration a fait remonter de nombreux souvenirs. J&rsquo;ai eu la joie de collaborer avec la Mission évangélique Braille dès 1989, alors que j&rsquo;étais directeur de la Société biblique suisse. Nous avons travaillé ensemble à la réalisation et à la diffusion de la Bible en français fondamental en braille, présentée notamment à l&rsquo;UNESCO et au pape Jean-Paul II.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je garde surtout un souvenir très vivant d&rsquo;un voyage en Côte d&rsquo;Ivoire et au Bénin avec Alain Décoppet et Robert Schmidt, alors secrétaire général de la MEB. Cette visite a contribué à ouvrir de nouvelles perspectives de coopération en Afrique, notamment dans le domaine de l&rsquo;alphabétisation des personnes aveugles. <br>Elle illustre bien ce que cette fête a mis en lumière : une œuvre qui, depuis 70 ans, ne cesse d&rsquo;élargir son horizon tout en restant fidèle à sa vocation première, celle de rendre la Parole de Dieu accessible à tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger</em></p>
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