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	<title>Archives des Uncategorized - Martin Hoegger</title>
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	<description>Blog de Martin Hoegger</description>
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	<title>Archives des Uncategorized - Martin Hoegger</title>
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	<item>
		<title>La prière, un entretien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Sep 2026 15:44:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Pater Noster de James Tissot, Brooklyn Museum, 1896 J’ai donné cet enseignement lors du « colloque des Compagnons » de la Communauté de Pomeyrol, en août 2026. Pendant plusieurs jours, j’ai proposé un parcours autour de la prière comprise comme une rencontre, un entretien vivant avec Dieu. « Seigneur, apprends-nous à prier » (Lc [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.hoegger.org/article/la-priere-un-entretien/">La prière, un entretien</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.hoegger.org">Martin Hoegger</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Le Pater Noster de James Tissot, Brooklyn Museum, 1896</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai donné cet enseignement lors du « colloque des Compagnons » de la Communauté de Pomeyrol, en août 2026. Pendant plusieurs jours, j’ai proposé un parcours autour de la prière comprise comme une rencontre, un entretien vivant avec Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Seigneur, apprends-nous à prier » (Lc 11,1). Cette demande des disciples demeure la nôtre. Nous savons l’importance de la prière, mais nous faisons aussi l’expérience de notre pauvreté, des distractions et de la difficulté à persévérer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le parcours se développe en trois enseignements complémentaires. Le premier contemple Jésus en prière et découvre en lui le modèle et la source de toute prière chrétienne. Le deuxième approfondit la prière comme entretien avec le Père, en particulier à travers le Notre Père. Le troisième s’interroge sur l’appel de Jésus et de l’apôtre Paul à « prier sans cesse » et cherche comment toute l’existence peut devenir un entretien continuel avec Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ci-dessous, vous trouvez un synthèse de mon enseignement, mais vous pouvez aussi consulter les trois PDF pour un enseignement intégral.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>→&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/09/La-priere-de-Jesus-modele-de-notre-priere.-.pdf" data-type="link" data-id="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/09/La-priere-de-Jesus-modele-de-notre-priere.-.pdf">PDF « La prière de Jésus, modèle de notre prière »</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>→<a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/09/Dire-Pere-a-Dieu.pdf" data-type="link" data-id="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/09/Dire-Pere-a-Dieu.pdf">&nbsp;PDF « La prière, un entretien avec le Père »</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>→&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/09/La-priere-continuelle.pdf" data-type="link" data-id="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/09/La-priere-continuelle.pdf">PDF « La prière, un entretien continuel »</a></em></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>I. La prière de Jésus, modèle de notre prière</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Évangiles présentent Jésus comme un homme dont toute la vie est tournée vers le Père. Dans Matthieu 11,25-26, il le loue comme « Seigneur du ciel et de la terre », qui se révèle aux tout-petits. Jésus est humble devant le Père. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La véritable prière naît donc de l’humilité. Le Catéchisme de Heidelberg souligne trois dispositions : invoquer avec foi le Dieu révélé dans sa Parole, reconnaître notre pauvreté et nous humilier devant lui, enfin nous confier dans la promesse qu’il nous exauce à cause de Jésus-Christ.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entrer dans la prière de Jésus</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le secret de la prière de Jésus réside dans la relation qui l’unit au Père : le Père connaît et aime le Fils, et le Fils connaît et aime le Père. La prière est cet entretien permanent, cette circulation d’amour dans laquelle Jésus veut nous introduire. (Mat 11.27)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par l’Esprit Saint, nous pouvons dire avec lui : « Abba, Père » (Rom 8.15). Le Christ vit en nous et prie en nous. Lorsque nous sommes rassemblés en son nom, il est aussi au milieu de nous. (Mat 18.20-21).  La prière chrétienne possède ainsi une dimension personnelle et communautaire : l’entretien avec Dieu appelle aussi un entretien sincère entre frères et sœurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus prie particulièrement aux moments décisifs : au baptême, avant le choix des Douze, lors de la Transfiguration, à Gethsémané et sur la croix. Mais il se retire aussi régulièrement dans la solitude. Son exemple nous invite à prier dans les grandes décisions comme dans le quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa prière est louange, gratitude et action de grâce. Dans Jean 17, son intercession rassemble plusieurs grandes demandes : que ses disciples soient protégés du mal, qu’ils reçoivent sa joie, vivent dans la vérité, soient unis, demeurent dans l’amour et partagent sa gloire. Ressuscité, Jésus continue d’intercéder pour nous comme le Grand-Prêtre qui demeure éternellement vivant (Heb 7.25).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Gethsémané et la croix</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Gethsémané, Jésus vit lui-même ce qu’il a enseigné dans le Notre Père. « Que ta volonté soit faite » devient son choix au milieu de l’épreuve (Mat 26.42). Accomplir la volonté du Père signifie laisser advenir son règne, même lorsque le chemin passe par la souffrance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur la croix, trois de ses sept paroles sont des prières. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » nous apprend à ne rien cacher à Dieu de nos souffrances et de nos questions. « Père, pardonne-leur » ouvre le chemin du pardon et de l’intercession pour ceux qui nous blessent. « Père, entre tes mains je remets mon esprit » exprime l’abandon confiant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces trois prières dessinent ainsi un itinéraire : présenter à Dieu notre souffrance, entrer dans le pardon et remettre notre vie entre ses mains. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un entretien de cœur à cœur</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus nous invite à prier « dans le secret » (Mat 6.6). Ce lieu secret est aussi celui du cœur. La vraie prière ne demeure pas extérieure : elle engage le centre de notre personne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cœur est notre trésor. L’Esprit Saint y répand l’amour de Dieu. Il faut donc apprendre à descendre en soi, écouter ce qui nous habite et présenter à Dieu nos désirs. Le silence permet d’entendre cette « petite voix » qui parle au cœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une société marquée par la distraction et la fragmentation, le danger est précisément de perdre son cœur. D’où l’appel biblique : « Garde ton cœur plus que toute autre chose, car de lui viennent les sources de la vie » (Pr 4,23). Prière, jeûne et don sont ainsi appelés à être vécus devant le Père, dans le secret et avec le cœur (Mat 6.1-18).</p>



<p class="wp-block-paragraph">La prière apparaît finalement comme un cœur à cœur avec le Père. Jésus ne nous donne pas seulement un exemple : par l’Esprit, il nous introduit dans sa propre relation filiale.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>II. La prière, un entretien avec le Père</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La paternité de Dieu est déjà présente dans le Premier Testament. Elle s’enracine particulièrement dans la relation entre Dieu et Israël: « N’est-il pas ton père, celui qui t’a créé, qui t’a fait et t’a affermi ? » (Dt 32.6).  Dieu a créé, choisi, conduit et façonné son peuple. Il est Père et Rédempteur, plein de compassion pour ses enfants. Le mot « Père » exprime à la fois tendresse et autorité, proximité et transcendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Père de Jésus devient notre Père</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Jésus, le Père est la source même de sa vie. Toute son existence jaillit de cette relation éternelle. Il reçoit tout du Père et accomplit sa volonté dans une confiance absolue. Ses paroles, ses guérisons, sa miséricorde et son attention aux petits rendent visible le visage du Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En enseignant « Notre Père », Jésus ouvre à ses disciples son propre espace intérieur. Cette relation filiale atteint son sommet sur la croix lorsqu’il remet son esprit entre les mains du Père (Lc 23.46). Après la résurrection, il dit à Marie de Magdala : « Je monte vers mon Père et votre Père ». Sa relation unique avec Dieu nous est désormais communiquée par l’Esprit. (Jn 20.17) </p>



<p class="wp-block-paragraph">Une expérience vécue à Jérusalem, lors du chant du Notre Père en hébreu chez les Clarisses, a rendu sensible cette réalité pour moi. J&rsquo;avais perçu clairement que Jésus lui-même priait au milieu de nous et tournait nos cœurs vers le Père. Une intuition semblable apparaît chez Chiara Lubich : le Christ présent en nous nous associe à son mouvement intérieur et nous place avec lui, notre Frère, face au Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tradition juive connaît elle aussi l’invocation de Dieu comme « notre Père », particulièrement dans l’<em>Amidah</em> et <em>Avinou Malkeinu</em>. Dans l’islam, en revanche, Dieu n’est jamais appelé Père : les musulmans invoquent Allah à travers ses 99 attributs. L’invocation « Notre Père » manifeste ainsi une caractéristique essentielle de la prière chrétienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Notre Père chez Matthieu</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans Matthieu 6, la prière se situe entre l’aumône et le jeûne. Ces trois pratiques constituent comme trois piliers de la vie spirituelle et correspondent aux trois relations fondamentales : avec Dieu, avec le prochain et avec soi-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus demande que ces pratiques soient vécues sous le regard du Père plutôt que pour être vues des hommes. La prière doit donc être discrète et intérieure. Elle doit aussi être sobre : le Père sait ce dont nous avons besoin avant même que nous le lui demandions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, le pardon est central. Au cœur du Notre Père se trouve la demande : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons ». Exigence que Jésus répète après avoir donné cette prière (Mat. 6.15). Sans pardon, ni la relation avec Dieu ni les relations fraternelles ne peuvent devenir un véritable entretien de confiance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Notre Père chez Luc</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Chez Luc, les disciples demandent à Jésus : « Seigneur, apprends-nous à prier » après l’avoir vu lui-même en prière. Ils désirent apprendre non seulement une formule, mais une manière de vivre 11.1-4)</p>



<p class="wp-block-paragraph">La parabole de l’ami importun souligne ensuite la persévérance. « Demandez, cherchez, frappez » : le disciple continue de prier parce qu’il fait confiance au Père. Et le don suprême à demander est l’Esprit Saint (11.15-8, 13)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le contexte est également significatif. Avant le Notre Père viennent le Bon Samaritain et la rencontre de Jésus avec Marthe et Marie. (10.25-42) La vie chrétienne associe donc service du prochain et écoute de la Parole. Sans écoute, l’action risque de devenir agitation ; sans service, la prière risque de se replier sur elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La&nbsp;<em>Lectio divina</em>&nbsp;devient ainsi une véritable école de prière : nous écoutons le Père dans sa Parole, notre volonté s’accorde à la sienne et notre vie se laisse transformer. Jésus demeure notre maître : son existence entière est un entretien avec le Père.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>III. La prière, un entretien continuel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus appelle à « toujours prier sans se lasser » et à rester éveillés dans une prière de tous les instants (Lc 18,1; 21.36)) Paul résume cet enseignement : « Priez sans cesse » (1 Th 5.17) La prière continuelle ne signifie pas prononcer constamment des paroles, mais laisser notre relation avec Dieu devenir le climat intérieur de toute notre existence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Actes des Apôtres montrent les premiers chrétiens persévérant dans la prière (Ac 2.42-46). Paul prie continuellement pour les communautés et les invite à prier en toute circonstance. Cette tradition inspirera les Pères du désert et toute la spiritualité chrétienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’orthodoxie, la « prière de Jésus » — « Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi pécheur » — cherche à unir le cœur, l’esprit et les lèvres dans une invocation continuelle. Les&nbsp;<em>Récits du pèlerin russe</em>&nbsp;décrivent comment cette prière peut peu à peu devenir aussi naturelle que la respiration.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Occident, la tradition monastique organise la journée autour de l’Eucharistie, des offices, de la méditation, du travail et du silence. Dans les Églises réformées le renouveau liturgique a également remis en valeur les offices quotidiens, notamment à Crêt-Bérard, Taizé, Pomeyrol et Grandchamp.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Réforme n’ignore pas cette dimension. Calvin estime que, puisque nous devons toujours garder le cœur élevé vers Dieu, il est nécessaire de réserver certaines heures à la prière afin de soutenir notre faiblesse. La prière continuelle permet de conserver la joie et l’action de grâce au milieu des événements qui pourraient les troubler. Le Catéchisme de Heidelberg insiste également sur des prières « ardentes et continuelles » (Question 116).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment prier continuellement aujourd’hui ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La prière continuelle n’est pas réservée aux moines. Elle est la vocation de tout chrétien. Plusieurs chemins peuvent nous y aider.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord,&nbsp;<strong>celui qui aime prie continuellement</strong>. Lorsque nous aimons quelqu’un, notre cœur demeure tourné vers lui, même en son absence. De même, l’amour de Jésus peut maintenir notre cœur en éveil. Aimer Jésus signifie aussi le reconnaître et le servir dans chaque prochain placé sur notre route.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, <strong>vivre la Parole maintient dans la prière</strong>. Jésus dit : « Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, vous demanderez ce que vous voudrez et cela vous arrivera » (Jn 15.7).  La Parole méditée doit devenir une semence vécue. Lorsque nous la mettons en pratique, le Christ demeure en nous ; et puisque lui-même est constamment tourné vers le Père, sa présence nous introduit dans sa prière. Garder une Parole biblique durant la journée permet ainsi de demeurer intérieurement relié à Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Se souvenir de son baptême</strong>&nbsp;est un autre chemin. Par le baptême, nous avons revêtu le Christ et sommes greffés sur lui. Si le Christ vit en nous, il prie en nous. La vie entière peut alors devenir prière lorsque nous marchons dans son Esprit et accomplissons sa volonté. Il ne s’agit plus seulement de faire des prières : nous sommes appelés à devenir prière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La perspective de&nbsp;<strong>notre dernière heure</strong>&nbsp;nourrit également la vigilance. Toute notre existence prépare la rencontre avec le Christ. Un jour, plus rien ne fera obstacle à la communion avec Dieu : nous ne connaîtrons plus seulement des moments de prière, mais tout notre être sera prière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les <strong><a href="https://www.hoegger.org/article/jeuner-et-prier-avec-le-coeur-et-des-perles/" data-type="link" data-id="https://www.hoegger.org/article/jeuner-et-prier-avec-le-coeur-et-des-perles/">« perles du cœur </a>»</strong> que j&rsquo;ai créées, peuvent aider à garder cette vigilance dans une société qui disperse notre attention. Elles rappellent cette demande : « Donne-moi un cœur qui écoute. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, les&nbsp;<strong>prières très courtes</strong>&nbsp;permettent de demeurer intérieurement avec Dieu au milieu des activités : « Tu es mon Dieu et mon Tout », « Pour toi, Jésus », « Que cela soit toi qui pries en moi ». Ces brèves invocations sont comme des déclarations d’amour lancées vers Dieu. Elles permettent de transformer progressivement chaque activité en offrande et chaque instant en rencontre.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Conclusion : vers Pomeyrol 2032-2033, le pari de la confiance</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces méditations sur la prière prennent une signification particulière devant l’avenir de Pomeyrol. La perspective de 2032 et du départ du lieu actuel suscite des questions, mais elle peut devenir un appel renouvelé à la confiance. Sœur Marthe Élisabeth invite à entrevoir « un autre Pomeyrol » : l’avenir de la communauté ne se confond pas avec celui d’un lieu. Pomeyrol est avant tout une vocation appelée à vivre l’Évangile et à porter l’Église et le monde dans la prière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chemin vers 2032 comporte un dépouillement. Mais le dépouillement chrétien s’inscrit dans le mystère pascal : une mort peut devenir passage vers une vie nouvelle. Or, juste après 2032 vient 2033, année des deux mille ans de la résurrection du Christ. Cette proximité ouvre une espérance : après le dépouillement, une forme nouvelle de Pomeyrol peut-elle surgir ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette attente, la priorité est de persévérer dans l’entretien avec Dieu. « Priez sans cesse » prend ici une résonance particulière. Il ne faut pas vouloir trop rapidement déterminer l’avenir. La prière continuelle n’évite pas les décisions : elle crée l’espace intérieur nécessaire au discernement. Elle nous rend disponibles à ce que Dieu veut accomplir plutôt qu’à ce que nous avions nous-mêmes imaginé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le temps jusqu’en 2032 peut ainsi devenir non un simple compte à rebours, mais un temps d’écoute, de communion et de maturation. Sœurs et compagnons sont appelés à porter ensemble cette étape dans la prière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chemin vers 2032, puis vers 2033, peut alors devenir un véritable chemin pascal : consentir au dépouillement, demeurer dans un entretien continuel avec Dieu et attendre avec confiance la nouveauté que le Ressuscité peut faire surgir. Celui qui a relevé Jésus d’entre les morts peut aussi ouvrir pour Pomeyrol un avenir que nous ne pouvons encore ni prévoir ni dessiner.</p>
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		<item>
		<title>Vers le Jubilé de 2033 : accélérer sans se précipiter.</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/accelerer-sans-se-precipiter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Sep 2026 23:52:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Cette méditation a été donnée le 3 septembre 2026 dans l’église de Montpreveyres, à l’occasion d’un temps de prière organisé par le Gîte El Jire, qui accueille des pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Dans ce lieu traversé par tant de marcheurs, le récit de la course de Marie de Magdala, de Pierre et du [&#8230;]</p>
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]]></description>
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<p class="wp-block-paragraph">Cette méditation a été donnée le 3 septembre 2026 dans l’église de Montpreveyres, à l’occasion d’un temps de prière organisé par le Gîte El Jire, qui accueille des pèlerins sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Dans ce lieu traversé par tant de marcheurs, le récit de la course de Marie de Magdala, de Pierre et du disciple que Jésus aimait vers le tombeau prend une résonance particulière. Il nous parle à la fois de mouvement et d’arrêt, d’accélération et d’attente. Ces images éclairent aussi le chemin des chrétiens vers 2033, année du deux-millième anniversaire de la résurrection du Christ.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La course vers le tombeau</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est frappant dans le récit de la résurrection de Jésus, au chapitre 20 de l’Évangile selon Jean, c’est la course, si bien peinte par le peintre Eugène Burnand.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque Marie de Magdala découvre le tombeau vide, elle court avertir Pierre et le disciple que Jésus aimait. Celui-ci n’est pas nommé dans l’Évangile. On peut y voir une invitation adressée à chacun de nous à nous identifier à lui. Cet autre disciple que Jésus aimait, c’est toi, c’est moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pierre et l’autre disciple sortent alors et se mettent eux aussi à courir. Le même verbe est utilisé. Mais le disciple que Jésus aimait court plus vite et arrive le premier au tombeau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Deux détails de ce récit m’ont particulièrement frappé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier est que le disciple que Jésus aimait, bien qu’il soit arrivé le premier, n’entre pas immédiatement dans le tombeau. Il s’arrête devant l’entrée et laisse Pierre entrer avant lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le second détail concerne les linges funéraires. Les bandelettes qui entouraient le corps de Jésus sont là, tandis que le linge qui recouvrait son visage a été plié et déposé à part.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Deux ralentissements</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce récit marqué par la course et l’accélération, nous rencontrons donc deux ralentissements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le disciple que Jésus aimait s’arrête. Il ne se précipite pas dans le tombeau. Ce n’est qu’ensuite qu’il entre. Alors, « il vit et il crut ». Il est le premier à croire. Peut-être cet arrêt, ce calme, lui ont-ils permis de voir et de croire. Pierre, lui, est entré immédiatement, mais le texte ne dit pas à ce moment-là qu’il a cru.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a aussi ce linge soigneusement plié. C’est un détail étonnant. On pourrait presque dire que Dieu fait le ménage après la résurrection ! Pourquoi ce linge est-il ainsi plié ? Je n’ai pas vraiment de réponse, mais j’aime cette image de Jésus qui, après sa résurrection, prend le temps de mettre de l’ordre dans le tombeau. Il donne ainsi une dignité sans pareille aux tâches ménagères&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un récit où tout semble aller très vite, Jésus a pris le temps de plier ce linge. Cela nous invite peut-être simplement à prendre, nous aussi, le temps nécessaire.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une accélération vers 2033</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis dix ans, je collabore à une initiative œcuménique appelée <a href="https://www.jc2033.world/fr/" data-type="link" data-id="https://www.jc2033.world/fr/">JC2033, </a>qui invite les chrétiens à se préparer aux deux mille ans de la résurrection du Christ, en 2033.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant ces années, nous avons visité de nombreux pays et rencontré beaucoup de responsables d’Églises, mais aussi des paroisses et des chrétiens engagés localement. Samedi dernier, nous avons vécu la Journée des amis de JC2033, précisément autour du thème de « l’accélération ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, à mesure que nous avançons vers 2033, les choses semblent s’accélérer. Il s’agit d’une sorte de pèlerinage vers une date symbolique importante pour tous les chrétiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a dix ans, nous étions parmi les premiers à attirer l’attention sur la signification de cet anniversaire et sur la nécessité de nous préparer à le célébrer, mais surtout à le célébrer ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En novembre dernier, le pape Léon a invité tous les chrétiens à entreprendre un «<a href="https://www.jc2033.world/fr/blog/leglise-catholique-jc2033-et-lappel-a-marcher-ensemble-vers-2033-1338.html" data-type="link" data-id="https://www.jc2033.world/fr/blog/leglise-catholique-jc2033-et-lappel-a-marcher-ensemble-vers-2033-1338.html">&nbsp;chemin spirituel vers 2033.&nbsp;</a>» Lors d’une célébration à Istanbul, il a également invité les responsables des Églises à se retrouver en 2033 à Jérusalem, «&nbsp;aux racines de notre foi.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">De même, l’Alliance évangélique mondiale a inscrit <a href="https://www.jc2033.world/fr/blog/2033-un-jubile-mondial-de-la-resurrection-1326.html" data-type="link" data-id="https://www.jc2033.world/fr/blog/2033-un-jubile-mondial-de-la-resurrection-1326.html">2033 dans son programme, </a>en mettant l’accent sur le témoignage : témoigner ensemble de notre espérance née de la résurrection du Christ.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Accélérer sans se précipiter</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a donc une accélération. Mais il ne faudrait pas que l’accélération devienne précipitation et que chacun se mette à courir dans sa propre direction.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pèlerinage vers 2033 ne doit pas devenir une course où chacun cherche à arriver le premier. Le récit du matin de Pâques nous apprend autre chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr, chaque Église et chaque fédération d’Églises est libre de préparer son propre programme. Mais il est également important de vivre ce chemin ensemble. C’est le sens de notre initiative : appeler à l’unité, afin que les chrétiens sachent s’attendre les uns les autres et prennent le temps de bien faire les choses ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons, nous aussi, à « plier nos linges », à nous attendre à l’entrée du tombeau, afin d’y entrer ensemble et de témoigner ensemble du Christ ressuscité.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Marcher au rythme les uns des autres</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il me semble particulièrement significatif de partager cela dans cette petite église située sur un chemin de pèlerinage, dans le cadre de la prière organisée par le Gîte El Jire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pèlerinage nous apprend à avancer à un certain rythme. Le vrai pèlerin est aussi celui qui sait marcher au rythme des autres, et notamment au rythme de celui qui avance le plus lentement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’en ai fait plusieurs fois l’expérience sur des chemins de pèlerinage. Lorsque j’étais fatigué, j’étais heureux qu’un autre pèlerin reste auprès de moi et marche tranquillement à mes côtés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puissions-nous avancer ainsi les uns avec les autres : sans transformer l’accélération en précipitation, en sachant nous attendre et en marchant ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>L&#8217;Eucharistie au cœur du chemin vers l&#8217;unité</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jul 2026 08:40:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Célébration de la divine liturgie orthodoxe dans la chapelle protestante de Fertrup (Sainte-Marie-aux-Mines) La première journée de la rencontre de «&#160;Synaxe&#160;», le 3 juillet 2026 à Sainte-Marie-aux-Mines, a été marquée par une conférence du père archimandrite Amphilochios (Église orthodoxe grecque) consacrée à la divine liturgie. Les échanges qui ont suivi ont mis en lumière la [&#8230;]</p>
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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Célébration de la divine liturgie orthodoxe dans la chapelle protestante de Fertrup (Sainte-Marie-aux-Mines) </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La première journée de la <a href="https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/">rencontre de «&nbsp;Synaxe</a>&nbsp;», le 3 juillet 2026 à Sainte-Marie-aux-Mines, a été marquée par une <a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/2.-Synaxe-Conference-Amphilochios.pdf">conférence du père archimandrite Amphilochios </a>(Église orthodoxe grecque) consacrée à la divine liturgie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Les échanges qui ont suivi ont mis en lumière la richesse du dialogue entre les différentes traditions chrétiennes, mais aussi la souffrance toujours ressentie devant l&rsquo;impossibilité d&rsquo;une pleine communion eucharistique. Les témoignages personnels, les réflexions théologiques et les expériences pastorales se sont complétés pour faire apparaître l&rsquo;Eucharistie comme un lieu où se croisent l&rsquo;espérance de l&rsquo;unité et la réalité des divisions. La journée s&rsquo;est poursuivie par des échanges en petits groupes sur les expériences liturgiques de chacun, avant de s&rsquo;achever par une lectio divina sur l&rsquo;appel à l&rsquo;unité dans la première lettre aux Corinthiens.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;expérience concrète des foyers mixtes</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mgr Phülop, évêque grec-catholique de Hongrie, a rappelé que l&rsquo;Eucharistie est avant tout une invitation adressée par Dieu à son peuple. Il a évoqué la douleur éprouvée lorsqu&rsquo;un prêtre orthodoxe décrivait ce sacrement comme le plus beau, mais aussi le plus douloureux, parce que les chrétiens ne peuvent encore le partager ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les interventions suivantes ont montré combien les situations familiales rendent cette question particulièrement sensible.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le témoignage d&rsquo;Irina Brandt, théologienne orthodoxe mariée à un pasteur protestant, a constitué l&rsquo;un des moments forts du dialogue Elle a confié la souffrance ressentie lorsqu&rsquo;un couple est proclamé « un » lors du mariage, tout en demeurant séparé au moment de la communion eucharistique. Cette contradiction a marqué son chemin spirituel. À ses yeux, les explications historiques ou doctrinales ne suffisent pas à répondre à la blessure vécue par les familles concernées. Elle a lancé un appel aux responsables des Églises afin qu&rsquo;ils reconnaissent cette souffrance et recherchent ensemble des voies nouvelles de réconciliation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, une participante protestante mariée à un catholique a ensuite témoigné de son parcours œcuménique où elle et son conjoint peuvent aujourd’hui communier dans l&rsquo;Église de leur conjoint, manifestant ainsi au monde la joie de l&rsquo;Évangile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les interventions du père Christos Filiotis, professeur de théologie orthodoxe, montrent combien les mariages mixtes sont devenus un moteur du dialogue œcuménique. Revenant sur le témoignage d&rsquo;Irina Brandt, il souligne que la souffrance vécue par ces couples a conduit les Églises à repenser leurs pratiques. L&rsquo;évolution des relations entre catholiques et protestants en Occident, où ces unions sont désormais largement reconnues, témoigne de l&rsquo;action de l&rsquo;Esprit à travers l&rsquo;expérience des fidèles. Les responsables ecclésiaux sont ainsi appelés à discerner ces signes des temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le père Christos rappelle toutefois que l&rsquo;unité ne peut être obtenue au prix du relativisme ni par des initiatives individuelles. L&rsquo;Église est un mystère dont le Christ est la tête, et la communion eucharistique suppose une véritable communion ecclésiale.&nbsp;</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Entre fidélité et ouverture</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le métropolite orthodoxe du Bénélux Athénagoras a rappelé les progrès accomplis depuis le début du dialogue entre l&rsquo;Église catholique et les Églises orthodoxes. Co-président du dialogue entre les Églises orthodoxe et anglicane, il a souligné qu’interrompre le dialogue reviendrait à laisser place au monologue et à l&rsquo;incompréhension. La recherche d&rsquo;une communion visible exige de poursuivre les échanges avec patience, tout en évitant aussi bien le fanatisme que le relativisme. Il a insisté sur l&rsquo;importance de redécouvrir ensemble l&rsquo;héritage commun de l&rsquo;Église du premier millénaire, qui demeure un fondement solide.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Quelle unité pour l&rsquo;Église ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le débat s&rsquo;est ensuite élargi à une réflexion sur les premiers siècles du christianisme. Le théologien orthodoxe russe Athanase (vivant dans le monastère de Chevetogne en Belgique) a dit que l&rsquo;Église ancienne connaissait déjà une réelle diversité de traditions et de sensibilités, sans que cette pluralité n&#8217;empêche la communion. Le père Amphilochios a toutefois distingué cette diversité du morcellement confessionnel actuel. Il a reconnu que l&rsquo;avenir pourrait s&rsquo;inspirer du modèle d&rsquo;une diversité réconciliée, où la fidélité à la foi commune s&rsquo;allie au respect de certaines différences légitimes. Cette perspective ouvre un chemin exigeant mais porteur d&rsquo;espérance pour le dialogue entre les Églises.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Les dons reçus des autres traditions</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le père José María Hernandez, missionnaire claretain, a invité les participants à considérer l&rsquo;œcuménisme comme un échange de dons. Chaque tradition est appelée à recevoir des autres ce que l&rsquo;Esprit Saint a fait mûrir en elles. L&rsquo;Église catholique a ainsi beaucoup appris de l&rsquo;ecclésiologie eucharistique développée par les orthodoxes, tandis que les Églises protestantes rappellent l&rsquo;importance du baptême comme fondement de la communion chrétienne. La pratique de la «&nbsp;synodalité&nbsp;» et le discernement pastoral permettent d&rsquo;articuler ces différentes dimensions. Évoquant plusieurs expériences douloureuses, il a souligné que les blessures de la séparation peuvent devenir une source d&rsquo;espérance et stimuler la recherche d&rsquo;une communion retrouvée.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le chemin d&rsquo;Emmaüs comme pédagogie de l&rsquo;unité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sœur Bénédicte, diaconesse protestante de Reuilly, a proposé une lecture spirituelle du récit des disciples d&rsquo;Emmaüs. Avant de reconnaître le Christ dans la fraction du pain, les disciples marchent ensemble, écoutent les Écritures et laissent leur cœur s&rsquo;ouvrir progressivement. Cette démarche constitue, selon elle, une véritable pédagogie pour les Églises. Elle a également invité sa propre tradition à redécouvrir toute la richesse spirituelle de l&rsquo;Eucharistie, tout en rappelant que les célébrations répétées peuvent perdre leur intensité lorsqu&rsquo;elles ne sont plus portées par une attente intérieure. Le lien entre le jeûne, le service et le partage du pain mérite aussi d&rsquo;être retrouvé.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La mémoire des expériences liturgiques</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pierre-Yves Brandt, pasteur suisse et professeur de théologie, a souligné l&rsquo;importance de partir de l&rsquo;expérience vécue. Chaque participant était invité à se remémorer un moment marquant de la liturgie dans sa propre tradition ecclésiale, puis une célébration vécue avec des chrétiens d&rsquo;autres confessions. L&rsquo;objectif n&rsquo;était pas d&rsquo;engager un débat théologique, mais d&rsquo;écouter ce que ces expériences avaient suscité dans les cœurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le partage en petits groupes s&rsquo;est révélé fécond. Les témoignages ont rapidement montré que la liturgie touche les personnes, façonne la foi, nourrit la communion, mais révèle aussi les blessures encore ouvertes entre les Églises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les souffrances exprimées, sœur Sophie, diaconesse de Reuilly, a constaté que le mot revenant le plus souvent dans les groupes était celui de « joie », signe d&rsquo;une espérance déjà partagée.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une communion déjà vécue autour de la Parole</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;évêque orthodoxe géorgien Dosithée a témoigné de la fraternité qu&rsquo;il a progressivement découverte au fil de ses rencontres avec des chrétiens d&rsquo;autres confessions. Cette expérience a trouvé un écho dans le témoignage de sœur Joseph, religieuse catholique d&rsquo;origine roumaine et baptisée dans l&rsquo;Église orthodoxe. Elle a raconté combien la&nbsp;<em>Lectio divina</em>&nbsp;vécue lors d&rsquo;une précédente rencontre de Synaxe lui avait fait découvrir une véritable communion autour de la Parole de Dieu. Si les Églises ne peuvent pas encore partager pleinement la même table eucharistique, elles peuvent déjà se nourrir ensemble de l&rsquo;Écriture, qui prépare les cœurs à une communion plus visible.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La lectio divina, école de l&rsquo;unité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La première journée s&rsquo;est achevée par une<a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/lectio-divina-sur-1-Cor-1.pdf"> lectio divina animée par le pasteur Martin Hoegger, autour de 1 Corinthiens 1, 4-17. </a>Après avoir présenté le nouveau parcours de l&rsquo;École de la Parole en Suisse romande, inspiré de la première lettre aux Corinthiens et du centenaire de la Conférence de Foi et Constitution de Lausanne, dont il a lu l’impressionnant « appel à l’unité », il a rappelé que l’apôtre Paul commence par rendre grâce avant d&rsquo;exhorter les Corinthiens à dépasser leurs divisions. Les participants ont alterné lectures, silence, méditation, prière et partage. Cette démarche a permis d&rsquo;accueillir la Parole comme une force de transformation personnelle et communautaire, capable de renouveler le désir de l&rsquo;unité voulue par le Christ.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Autres articles sur la rencontre de Synaxe. Lire ici&nbsp;:&nbsp;</em><a href="https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/"><em>https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/</em></a></p>
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		<title>De la synagogue aveugle aux yeux ouverts.</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/synagoga-strasbourg/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jul 2026 20:57:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Ecclesia » opposée à « Synagogue », portail de la cathédrale de Strasbourg Dans le cadre de la rencontre de « Synaxe », j’ai visité Strasbourg, le 5 juillet 2026. Sa cathédrale offre au visiteur un exceptionnel condensé de l&#8217;histoire religieuse de l&#8217;Occident. Ses pierres racontent la foi, l&#8217;art et la théologie de plusieurs siècles. Elles témoignent aussi des limites [&#8230;]</p>
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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>« Ecclesia » opposée à « Synagogue », portail de la cathédrale de Strasbourg </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre de l<em><a href="https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/">a rencontre de « Synaxe »</a></em>, j’ai visité Strasbourg, le 5 juillet 2026. Sa cathédrale offre au visiteur un exceptionnel condensé de l&rsquo;histoire religieuse de l&rsquo;Occident. Ses pierres racontent la foi, l&rsquo;art et la théologie de plusieurs siècles. Elles témoignent aussi des limites d&rsquo;une époque et des blessures qu&rsquo;ont laissées certaines représentations du judaïsme dans la conscience chrétienne. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les sculptures les plus célèbres figure le groupe de l&rsquo;Église et de la Synagogue, devenu aujourd&rsquo;hui un symbole des relations complexes entre chrétiens et juifs. Mais Strasbourg ne se réduit pas à cet héritage médiéval. À quelques centaines de mètres de la cathédrale, la communauté des diaconesses offre un autre témoignage, marqué par le dialogue, la solidarité et la prière. Entre ces deux lieux se dessine un véritable itinéraire de conversion du regard.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La Synagogue aux yeux bandés</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le portail sud de la cathédrale, construit au début du XIIIe siècle, deux statues se font face:&nbsp;<em>Ecclesia&nbsp;</em>et&nbsp;<em>Synagoga</em>. Elles encadrent la figure du roi Salomon, rappelant sa sagesse et le célèbre jugement rapporté au premier livre des Rois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La statue de l&rsquo;Église apparaît droite et assurée. Elle tient une croix et un calice, interprété tantôt comme le vase ayant recueilli le sang du Christ, tantôt comme une allusion au Graal. Son attitude exprime la victoire de la Nouvelle Alliance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En face d&rsquo;elle, la Synagogue est représentée les yeux bandés. Sa lance est brisée et les tables de la Loi semblent lui échapper. Cette iconographie traduit la théologie médiévale selon laquelle Israël demeurerait dans l&rsquo;aveuglement spirituel suite à son refus du Christ. Pendant des siècles, cette image a contribué à nourrir ce que l&rsquo;on appelle aujourd&rsquo;hui la « théologie de la substitution », selon laquelle l&rsquo;Église aurait remplacé Israël dans le dessein de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une interprétation plus nuancée, selon notre guide, consiste à voir dans cette scène non pas une condamnation définitive du peuple juif, mais une représentation du passage de l&rsquo;Ancienne à la Nouvelle Alliance. L&rsquo;Église attendrait alors que le peuple de la première Alliance reconnaisse le Christ. Cette lecture atténue la portée polémique de la sculpture, sans toutefois effacer le déséquilibre manifeste entre les deux figures.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Un témoignage plus ancien venu de Rome</strong>&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="806" height="790" src="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Ecclesia-ex-circumcisione.jpg" alt="" class="wp-image-9280" srcset="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Ecclesia-ex-circumcisione.jpg 806w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Ecclesia-ex-circumcisione-300x294.jpg 300w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Ecclesia-ex-circumcisione-768x753.jpg 768w" sizes="(max-width: 806px) 100vw, 806px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Ecclesia ex circumcisione et Ecclesia ex gentiles, Rome. Basilique S. Sabine</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de la visite, j’ai rappelé qu&rsquo;une représentation beaucoup plus ancienne existe dans l&rsquo;église de Basilique Sainte-Sabine à Rome, datant du Ve siècle. On y distingue deux figures féminines :&nbsp;<em>Ecclesia ex circumcisione</em>, l&rsquo;Église issue de la circoncision, c&rsquo;est-à-dire du peuple juif, et&nbsp;<em>Ecclesia ex gentibus</em>, l&rsquo;Église issue des nations païennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux matrones romaines sont représentées avec une égale dignité. Aucune n&rsquo;est humiliée ni aveuglée. Cette iconographie rappelle qu’à cette époque, les chrétiens avaient encore conscience que l&rsquo;Église était née au sein d&rsquo;Israël avant de s&rsquo;ouvrir aux peuples de la terre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré un antijudaïsme déjà présent, elle témoigne d&rsquo;une période où la rupture entre judaïsme et christianisme n&rsquo;avait pas encore produit les représentations dévalorisantes qui apparaîtront plusieurs siècles plus tard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La comparaison entre Rome et Strasbourg met ainsi en lumière une évolution de la pensée chrétienne. L&rsquo;image médiévale ne constitue pas l&rsquo;unique tradition de l&rsquo;Église ; elle représente une étape historique qui doit aujourd&rsquo;hui d&rsquo;être relue avec discernement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Quand les yeux bandés deviennent ceux des chrétiens</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La sculpture de la Synagogue aux yeux bandés invite paradoxalement les chrétiens à un examen de conscience. Car l&rsquo;histoire montre que l&rsquo;aveuglement a aussi marqué les Églises elles-mêmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant des siècles, «&nbsp;l&rsquo;enseignement du mépris&nbsp;», comme le disait Jules Isaac, a entretenu une&nbsp;méfiance envers le judaïsme. Sans être l&rsquo;unique cause de l&rsquo;antisémitisme moderne, cet héritage a contribué à créer un climat dans lequel les préjugés contre les juifs ont pu se développer. La Shoah a révélé jusqu&rsquo;où pouvait conduire cette longue histoire de mépris et de déshumanisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jules Isaac, lui-même, a appelé les chrétiens à relire le Nouveau Testament&nbsp;: «&nbsp;Rien de plus vain que d’opposer l’Évangile au judaïsme, cet Évangile prêché par Jésus dans les synagogues et dans le Temple. La vérité est que, par toutes leurs racines, l’Évangile et la tradition évangélique se rattachent étroitement à la tradition juive,&nbsp;» écrit-il.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la Seconde Guerre mondiale, de nombreuses Églises ont reconnu leur responsabilité dans cette histoire et ont entrepris un important travail de repentance et de renouvellement théologique. Elles redécouvrent que l&rsquo;alliance de Dieu avec Israël demeure vivante et que les racines juives de la foi chrétienne ne peuvent être oubliées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À une époque où l&rsquo;antisémitisme connaît de nouvelles manifestations en Europe, cette conversion du regard demeure plus nécessaire que jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La&nbsp;<em>menorah&nbsp;</em>des diaconesses : un autre signe</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="782" src="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Menorah-diaconnesses-1024x782.jpg" alt="" class="wp-image-9281" srcset="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Menorah-diaconnesses-1024x782.jpg 1024w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Menorah-diaconnesses-300x229.jpg 300w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Menorah-diaconnesses-768x586.jpg 768w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Menorah-diaconnesses-1536x1173.jpg 1536w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Menorah-diaconnesses.jpg 1645w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Soeur Claudine dans la chapelle des diaconesses de Strasbourg </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">À Strasbourg, cette évolution trouve une expression concrète dans la chapelle des diaconesses. Notre groupe de synaxe y a vécu la prière de midi. Sur le chemin qui y mène, Sœur Claudine, la responsable,&nbsp;m’explique qu’une&nbsp;<em>menorah</em>&nbsp;(un chandelier à sept branches) y est allumée chaque vendredi soir et pendant le Shabbat en signe de solidarité avec le peuple juif. Ce geste rappelle que la prière chrétienne ne peut ignorer les frères aînés de la foi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette proximité ne se limite pas à un symbole. Les diaconesses entretiennent des relations régulières avec les responsables de la communauté juive. La collaboration avec la communauté juive est à l’origine même de l’aventure de la clinique Rhéna. En 2011, la clinique protestante des Diaconesses et la clinique juive Adassa ont décidé de faire alliance, avant d’être rejointes par la clinique catholique Sainte-Odile. Cette coopération s’est développée dans une confiance croissante entre responsables juifs et chrétiens. Ensemble, rabbin, pasteure et religieuse ont notamment conçu un lieu de recueillement ouvert à tous, inspiré du récit d’Élie à l’Horeb. Aujourd’hui, cette collaboration se vit au quotidien dans l’aumônerie, l’accompagnement des patients et une amitié concrète, nourrie par les rencontres et les échanges. <em><a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Clinique-Rhena.pdf">(Pour en savoir plus, lire ici) </a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet engagement suscite parfois des incompréhensions. Certains interprètent toute marque de solidarité envers le peuple juif comme une prise de position politique dans le conflit israélo-palestinien.&nbsp;&nbsp;Sœur Claudine rappelle pourtant que la démarche de sa communauté est d&rsquo;abord spirituelle. Prier pour le peuple juif ne signifie pas adhérer sans réserve aux choix politiques de l&rsquo;État d&rsquo;Israël, pas plus que fraterniser avec des Palestiniens ne suppose de nourrir de l&rsquo;hostilité envers les juifs. La prière invite au contraire à reconnaître la dignité de chaque personne et à demander le don de la paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La statue médiévale de la Synagogue demeure un témoin d&rsquo;une époque révolue. La&nbsp;<em>menorah&nbsp;</em>allumée chaque semaine dans la chapelle des diaconesses témoigne, quant à elle, d&rsquo;un autre visage du christianisme. Entre ces deux images se dessine un chemin de conversion : passer des yeux bandés aux yeux ouverts, reconnaître la permanence de l&rsquo;élection d&rsquo;Israël, combattre toute forme d&rsquo;antisémitisme et approfondir une fraternité fondée sur le Dieu d&rsquo;Abraham, d&rsquo;Isaac et de Jacob.</p>
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		<title>La liturgie, source d&#8217;espérance. Introduction</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jul 2026 14:48:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La quarantième rencontre internationale de Synaxe s&#8217;est ouverte à Sainte-Marie-aux-Mines, en Alsace, le 2 juillet 2026, autour d&#8217;un thème particulièrement actuel : « La divine liturgie, source d&#8217;espérance pour le monde d&#8217;aujourd&#8217;hui ». Moines, moniales et amis des différentes traditions chrétiennes – orthodoxe, catholique, protestante et évangélique – se retrouvent pendant une semaine pour approfondir [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/">quarantième rencontre internationale de Synaxe </a>s&rsquo;est ouverte à Sainte-Marie-aux-Mines, en Alsace, le 2 juillet 2026, autour d&rsquo;un thème particulièrement actuel : « La divine liturgie, source d&rsquo;espérance pour le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui ». Moines, moniales et amis des différentes traditions chrétiennes – orthodoxe, catholique, protestante et évangélique – se retrouvent pendant une semaine pour approfondir ensemble le sens de la liturgie comme lieu de communion, de prière et de témoignage. Dès cette séance inaugurale, les interventions ont montré que la liturgie ne constitue pas seulement un héritage du passé, mais une source vivante qui renouvelle l&rsquo;espérance des croyants et les envoie au service du monde.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une rencontre placée sous le signe de la communion</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le père&nbsp;<strong>Philadelphos,</strong>&nbsp;vicaire général du diocèse orthodoxe du Bénélux et nouveau président de Synaxe, ouvre la rencontre en rappelant que la liturgie transforme notre regard sur Dieu, sur le prochain et sur toute la création. L&rsquo;espérance chrétienne ne repose pas sur un optimisme naïf, mais naît de la communion, du pardon, du partage et de l&rsquo;amour vécus dans la célébration du mystère du Christ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix de l&rsquo;Alsace revêt une forte portée symbolique. Depuis des siècles, cette région est un lieu de rencontre entre peuples, langues et traditions chrétiennes. Les participants souhaitent que cette semaine prolonge cette vocation en faisant du dialogue un véritable chemin vers une meilleure connaissance mutuelle et un enrichissement réciproque. Le président souhaite également la bienvenue aux nouveaux participants et remercie tous ceux qui ont rendu cette rencontre possible.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le message du patriarche Bartholomée : la liturgie, anticipation du Royaume</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le métropolite Athénagoras (Benelux) transmet ensuite le message du patriarche œcuménique Bartholomée Ier. Celui-ci rappelle que la divine liturgie est déjà une participation anticipée au Royaume de Dieu. Elle ne se limite pas au souvenir des événements du salut : elle rend présente l&rsquo;œuvre du Christ ressuscité et transforme l&rsquo;existence des croyants en une marche vers la vie éternelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le patriarche souligne plus particulièrement la vocation du monachisme. Pour les moines et les moniales, la liturgie constitue le centre de toute la vie spirituelle. Le silence, la prière et la louange y nourrissent une espérance qui n&rsquo;est pas une idée abstraite, mais l&rsquo;expérience concrète de la communion avec Dieu. Il encourage enfin Synaxe à poursuivre son patient travail de rencontre entre les diverses traditions chrétiennes, afin que celles-ci témoignent ensemble de l&rsquo;Évangile dans le monde contemporain.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Les Églises partenaires saluent la démarche de Synaxe</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La secrétaire générale de la Fédération luthérienne mondiale, Anne Burghardt, adresse un message de fraternité. Elle rappelle les liens particuliers qui unissent la Fédération à Strasbourg, où se trouve l&rsquo;Institut de recherche œcuménique, qui a largement contribué aux avancées du dialogue entre les Églises. Elle évoque également la figure d&rsquo;Albert Schweitzer, symbole du rayonnement spirituel et culturel de l&rsquo;Alsace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S&rsquo;appuyant sur Martin Luther, elle rappelle que la liturgie est un don de Dieu qui façonne le peuple chrétien. Elle donne aux croyants un langage pour dialoguer avec Dieu, tout en les envoyant vers des œuvres de justice, de paix et de réconciliation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pasteur Christian Krieger, président de la Fédération protestante de France, adresse, lui aussi, ses encouragements, tandis que Mgr Dimitrios Ploumis souligne que, face aux guerres, aux crises et aux menaces qui pèsent sur la création, les chrétiens n&rsquo;ont pas d&rsquo;autre choix que de témoigner ensemble du Christ.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;hospitalité du « Refuge</strong>« </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette édition présente une nouveauté importante : pour la première fois, Synaxe est accueillie dans une maison évangélique, le <a href="https://www.lerefuge-alsace.fr/contact-reservation/">Centre du Refuge.</a> Son directeur François Dardenne rappelle l&rsquo;histoire de cette œuvre fondée il y a plus de cinquante ans par le pasteur Gilbert Riggenbach pour accueillir et encourager les croyants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;objectif demeure inchangé : offrir un lieu où les personnes puissent reprendre des forces, tant physiques que spirituelles, avant de retourner servir dans leurs Églises. Il résume ainsi la vocation du Refuge : « Ce qui fait plaisir, c&rsquo;est de voir des frères et des sœurs se faire du bien.»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sœur Bénédicte, diaconnesse de la communauté de Reuilly, souligne également la joie de voir arriver une nouvelle génération de religieuses dans plusieurs communautés, signe d&rsquo;un renouvellement encourageant. Elle présente le comité international et œcuménique de Synaxe, dont les membres, dispersés dans plusieurs pays, collaborent tout au long de l&rsquo;année pour préparer cette rencontre.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une terre chargée d&rsquo;histoire et un programme tourné vers l&rsquo;espérance</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sainte-Marie-aux-Mines n&rsquo;a pas été choisie par hasard. Ancienne cité minière du Val d&rsquo;Argent, elle est aussi une terre marquée par l&rsquo;histoire des Amish et des Mennonites. Une visite de leur centre permettra de découvrir cet héritage spirituel ainsi que la tradition du patchwork qui s&rsquo;y est développée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, la pasteure Florence Taubmann présente le programme de la semaine. Après avoir lu le célèbre texte de Charles Péguy sur la «&nbsp;petite espérance&nbsp;», elle montre que cette vertu sera le fil conducteur de toutes les conférences. Les traditions orthodoxe, catholique et protestante apporteront chacune leur éclairage sur la liturgie, tandis que des visites, des ateliers, des lectio divina et des temps de prière permettront d&rsquo;en faire une expérience concrète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, dès cette première séance, Synaxe manifeste sa vocation : faire de la liturgie un lieu où les diverses traditions chrétiennes découvrent, dans la prière commune et l&rsquo;écoute mutuelle, une espérance capable de renouveler leur témoignage au service de l&rsquo;Évangile.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Autres articles sur la rencontre de Synaxe. Lire ici&nbsp;:&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/">https://www.hoegger.org/article/liturgie-esperance/</a></em></p>
<p>L’article <a href="https://www.hoegger.org/article/synaxe-introduction/">La liturgie, source d&rsquo;espérance. Introduction</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.hoegger.org">Martin Hoegger</a>.</p>
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		<title>Unité dans l’amour. Appel à être Église dans 1 Corinthiens. Un commentaire.</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/unite-dans-lamour/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Jul 2026 22:29:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le nouveau livret de l&#8217;École de la Parole en Suisse romande pour l&#8217;année 2026-2027 propose un parcours de lectio divina à travers sept passages de la Première lettre de Paul aux Corinthiens, sous le thème : « Unité dans l&#8217;amour. Appel à être Église dans la première lettre aux Corinthiens». Groupe oecuménique au Mont sur Lausanne. [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Le nouveau livret de l&rsquo;École de la Parole en Suisse romande pour l&rsquo;année 2026-2027 propose un parcours de<em> lectio divina </em>à travers sept passages de la Première lettre de Paul aux Corinthiens, sous le thème : <a href="https://www.la-bible.ch/prestations/brochures-de-lectio-divina/">« Unité dans l&rsquo;amour. Appel à être Église dans la première lettre aux Corinthiens».</a></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Groupe oecuménique au Mont sur Lausanne. </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec Nicole Lechanteur, bibliste catholique, j&rsquo;anime 7 rencontres entre 20h-22h, les mercredis 11 novembre, 9 décembre 2026, 13 janvier, 10 février, 10 mars, 21 avril, 12 mai 2026, à la salle de paroisse du Mont sur Lausanne (rte de Lausanne 11).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Inscription</strong> : <a href="mailto:martin.hoegger@gmail.com">martin.hoegger@gmail.com</a> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le choix des sept textes n&rsquo;est pas fortuit. Chacune de ces sept péricopes est mise en dialogue avec l&rsquo;un des sept grands thèmes abordés lors de la première Conférence mondiale de Foi et Constitution, réunie à Lausanne en 1927 : l&rsquo;appel à l&rsquo;unité, la mission de l&rsquo;Église, la nature de l&rsquo;Église, la confession de foi, le ministère, les sacrements et l&rsquo;unité dans l&rsquo;amour. Ce rapprochement permet de redécouvrir combien les questions qui préoccupaient déjà l&rsquo;apôtre Paul au Ier siècle continuent d&rsquo;habiter les Églises aujourd&rsquo;hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette année revêt d&rsquo;ailleurs une signification particulière. En 2027 sera célébré le centenaire de cette conférence fondatrice du mouvement œcuménique moderne. En choisissant de relire la Première lettre aux Corinthiens à la lumière des thèmes de Lausanne, le livret rappelle que la recherche de l&rsquo;unité visible des chrétiens n&rsquo;est pas une préoccupation récente. Elle trouve ses racines dans les premières communautés chrétiennes elles-mêmes, où Paul dut déjà affronter les divisions, les rivalités et les incompréhensions qui menaçaient la communion de l&rsquo;Église.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des prochains mois, je proposerai un commentaire de chacun de ces sept textes bibliques. Mon objectif sera d&rsquo;en dégager le sens à partir de leur contexte historique et théologique, d&rsquo;en montrer la richesse spirituelle pour notre vie chrétienne, mais aussi de les mettre en dialogue avec les grands appels de la Conférence de Lausanne. Nous verrons que les intuitions des pionniers du mouvement Foi et Constitution prolongent souvent de manière étonnante la réflexion de l&rsquo;apôtre Paul.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette lecture croisée entre l&rsquo;Écriture et l&rsquo;histoire de l&rsquo;œcuménisme nous invitera surtout à écouter ensemble ce que l&rsquo;Esprit dit aujourd&rsquo;hui aux Églises. Les défis ont changé depuis Corinthe et depuis Lausanne, mais la question demeure la même : comment vivre une communion toujours plus fidèle à l&rsquo;Évangile du Christ ?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paul répond en recentrant toute la vie de l&rsquo;Église sur Jésus-Christ crucifié et ressuscité ; les artisans de la Conférence de Lausanne reprendront à leur manière cette même conviction en affirmant que l&rsquo;unité est avant tout un don de Dieu qu&rsquo;il nous appartient d&rsquo;accueillir dans la repentance, la foi et la charité. C&rsquo;est dans cet esprit que nous entreprendrons ce parcours, en nous mettant ensemble à l&rsquo;écoute de la Parole afin qu&rsquo;elle renouvelle notre regard sur l&rsquo;Église et fasse grandir notre désir de l&rsquo;unité visible pour laquelle le Christ a prié.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sept commentaires seront publiés au fur et à mesure:</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/07/Commentaire-de-1-Corinthiens-14-17-.pdf">L’appel à l&rsquo;unité&nbsp;: 1 Cor 1.4-17</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">La mission de l&rsquo;Église&nbsp;: 1 Cor 1.18-25</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nature de l&rsquo;Église&nbsp;: 1 Cor 12.11-27</p>



<p class="wp-block-paragraph">La confession de foi de l’Église&nbsp;: 1 Cor 15.1-11</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le ministère de l’Église&nbsp;: 1 Cor 4.1-13</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les sacrements de l’Église&nbsp;: 1 Cor 11.23-32</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;unité dans l&rsquo;amour&nbsp;: 1 Cor 12.31-13.13</p>
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		<title>L’unité de l’Église : amour et vérité</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/amour-et-verite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Jun 2026 20:18:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Soichi Watanabe, unis en Christ This lecture in english Images illustrant la conférence. Images illustrating the conference À l’approche de 2033, date qui marquera les deux mille ans de la résurrection du Christ, de nombreux chrétiens de traditions différentes cherchent à marcher ensemble dans la foi et le témoignage. Cette démarche soulève une question essentielle [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Soichi Watanabe, unis en Christ</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong><em><a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/06/2.-The-Unity-of-the-Church-Love-and-Truth.pdf">This lecture in english </a></em></strong></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em><strong><a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/06/Lunite-Montreal-2026.pptx">Images illustrant la </a></strong><font color="#345c00"><span style="caret-color: rgb(52, 92, 0);"><b><u>conférence</u></b></span></font>. <a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/06/Lunite-Montreal-2026.pptx"><u><em><strong>Images illustrating the conference</strong></em></u></a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’approche de 2033, date qui marquera les deux mille ans de la résurrection du Christ, de nombreux chrétiens de traditions différentes cherchent à marcher ensemble dans la foi et le témoignage. Cette démarche soulève une question essentielle : quelle est la nature de l’unité à laquelle le Christ appelle son Église<a href="applewebdata://895E99BE-9DDC-4523-892F-CB49EA2E357A#_ftn1"><sup>[1]</sup></a> ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa prière de Jean 17, Jésus ne demande pas seulement que ses disciples soient rassemblés, mais qu’ils soient un à l’image de l’unité qui existe entre le Père et le Fils. Cette unité est à la fois un don et une vocation. Elle ne repose ni sur l’uniformité ni sur l’effacement des différences, mais sur une communion enracinée dans l’amour et dans la vérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers quelques textes bibliques majeurs et le témoignage de plusieurs figures importantes de l’histoire chrétienne, je chercherai à comprendre comment l’amour et la vérité constituent les deux dimensions inséparables de l’unité de l’Église, et comment cette unité peut être vécue concrètement aujourd’hui.</p>



<ol class="wp-block-list">
<li class="has-large-font-size"><strong>«&nbsp;Que TOUS soient UN&nbsp;»&nbsp;</strong></li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce verset, le plus connu sur l’unité, quel est le sens du mot TOUS&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus a devant lui onze hommes – les apôtres – Judas avait déjà quitté le groupe. Quand il prie le Père, pense-t-il uniquement à ces onze personnes&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien sûr que non&nbsp;: ce mot «&nbsp;TOUS&nbsp;» est beaucoup plus vaste.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a devant lui toute l’humanité jusqu’à la fin des temps.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mot «&nbsp;tous&nbsp;» a donc un sens missionnaire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’apôtre Paul le dit autrement&nbsp;: «&nbsp;Dieu veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité&nbsp;» (I Ti 2.4).</p>



<p class="wp-block-paragraph">A JC2033, notre rêve est qu’à Pâques 2033, tous entendent la joyeuse salutation dans leur propre langue&nbsp;: «&nbsp;Le Christ est ressuscité. Il est vraiment ressuscité.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quel est aussi le sens du mot UN&nbsp;?&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">UN ne signifie pas «&nbsp;pensée unique&nbsp;», ni uniformité. Le mouvement œcuménique l’a affirmé avec force. Ce mot a un sens relationnel.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La suite du verset le dit explicitement&nbsp;: «&nbsp;que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu&rsquo;ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé&nbsp;» C’est une unité relationnelle, à l’image des relations qui se vivent entre le Père et le Fils.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En un mot, c’est une unité marquée par l’amour réciproque en Christ.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’amour réciproque refuse&nbsp;le contrôle des consciences, les jugements, les étiquettes, les pressions de groupe. Il résiste aussi à l’activisme qui étouffe la vie intérieure et à la tentation d’uniformiser les personnes. Il permet ainsi une véritable communion dans le respect des différences.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est cet amour que le Christ a mis en pratique et auquel Paul nous appelle&nbsp;: «&nbsp;Ayez entre vous les mêmes sentiments qui sont en Jésus-Christ&nbsp;» (Phil 2.5).</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>2 «&nbsp;Ta Parole est la vérité&nbsp;»&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre verset fondamental de ce chapitre est là où Jésus parle de la Parole de Dieu&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Consacre-les par la vérité : ta parole est la vérité,&nbsp;» (Jn 17.17). Et il poursuit&nbsp;:&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Comme tu m&rsquo;as envoyé dans le monde, je les envoie dans le monde.&nbsp;Et pour eux je me sanctifie moi-même, afin qu&rsquo;ils soient eux aussi sanctifiés par la vérité.&nbsp;» (v. 18-19).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est par la Parole de Dieu que nous nous sanctifions. Comme Jésus s’est sanctifié en vivant la Parole jusqu’au bout, en aimant Dieu et les siens jusqu’à l’extrême, notre vocation est aussi de nous laisser guider en tout par la Parole de Dieu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois thèmes dans Jean 17&nbsp;sont reliés les uns aux autres : l’envoi, l’unité et la Parole.&nbsp;&nbsp;Nous ne pouvons être envoyés que si nous nous laissons transformer par la Parole de Dieu et que si nous sommes unis les uns aux autres dans l’amour.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait, le thème de Jean 17 est l’envoi des témoins du Christ. Pour être envoyés il y a deux conditions&nbsp;: la sanctification par la Parole et l’unité des disciples</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour être unis dans l’amour réciproque, il nous faut nous laisser transformer par la Parole de Dieu. C’est elle qui nous sanctifie. C’est ce que j’ai essayé d’écrire dans le livre que j’ai récemment publié&nbsp;: «&nbsp;La Parole qui transforme et unit&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>3. Amour et vérité&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’unité est amour et vérité. Elle a un aspect relationnel («&nbsp;amour&nbsp;»), mais elle a aussi un aspect doctrinal et théologique («&nbsp;vérité&nbsp;»). En un mot elle à la fois «&nbsp;relationnelle&nbsp;» et «&nbsp;rationnelle.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’unité est à l’image de Dieu qui est à la fois «&nbsp;amour et vérité&nbsp;»&nbsp;: «&nbsp;Le Seigneur, Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d&rsquo;amour et de vérité.&nbsp;» (Ex 34.8).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’unité comprend l’amour et la vérité, comme le dit aussi admirablement le Psaume&nbsp;: « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s&#8217;embrassent » (85.11).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’unité relationnelle n’est pas à opposer à l’unité doctrinale. Les deux sont nécessaires. Cependant l’Écriture souligne une priorité, comme le dit l’apôtre Pierre&nbsp;: « Avant tout, aimez-vous ardemment les uns les autres » (I Pierre 4,8).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet « avant tout » est décisif. Il nous invite à vérifier la qualité de nos relations avant d’entreprendre toute démarche commune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et la qualité de notre unité relationnelle sera un grand service pour approfondir les questions théologiques qui demeurent ouvertes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>4. Amour et vérité chez les théologiens&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Voici comment quelques théologiens ont articulé «&nbsp;amour et vérité&nbsp;». Je parlerai de Cyprien au 4<sup>e</sup>&nbsp;siècle, de Jean Calvin au 16<sup>e</sup>&nbsp;siècle et de Charles Henri Brent à l’aube du mouvement œcuménique au 20<sup>e</sup>&nbsp;siècle.&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Cyprien</strong></li>
</ul>



<ol style="list-style-type:lower-alpha" class="wp-block-list">
<li></li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son traité «&nbsp;De l’Unité de l’Église&nbsp;», Cyprien montre que les divisions surviennent dans l’Église quand amour et vérité sont dissociés, quand l’Évangile cesse d’être le centre et d’être vécu. Pour lui, il y a un lien profond entre l’unité de l’Église et l’Évangile vécu du double commandement de l’amour. Pour illustrer l’unité relationnelle, il développe la touchante image des colombes&nbsp;:&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Elles passent leur vie dans une commune intimité, en se becquetant, elles manifestent leur entente dans la paix, en tout elles observent la loi d’un accord parfait. Voici comment dans l’Église il faut ignorer toute malice, comment il faut entretenir la charité&nbsp;: en imitant les colombes dans l’amour entre frères, en égalant les agneaux et les brebis pour la docilité de la douceur<sup>&nbsp;<a href="applewebdata://895E99BE-9DDC-4523-892F-CB49EA2E357A#_ftn2"><sup>[2]</sup></a></sup>. »&nbsp;</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Jean Calvin</strong></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Chez Jean Calvin, le réformateur de Genève, l’unité comporte également ces deux dimensions&nbsp;: amour et vérité. Il insiste sur&nbsp;«&nbsp;l’unité qui est en la vérité&nbsp;».<strong>&nbsp;</strong>Cette formule concise montre toute l’importance qu’il accorde à la confession de la foi<a href="applewebdata://895E99BE-9DDC-4523-892F-CB49EA2E357A#_ftn3"><sup>[3]</sup></a>.&nbsp;&nbsp;Mais il rappelle aussi que la réception authentique de l’Évangile doit se traduire par une vie fraternelle concrète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne suffit pas que l’Évangile soit prêché pour que l’Église soit vraiment ce qu’elle doit être. Il faut la vie fraternelle. Le consentement dans la vérité et dans l’amour fraternel est le critère d’une vraie Église, affirme Calvin&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Cette union consiste en deux liens&nbsp;: qu’il y ait accord en saine doctrine, et qu’il y ait charité fraternelle<a href="applewebdata://895E99BE-9DDC-4523-892F-CB49EA2E357A#_ftn4"><sup>[4]</sup></a>.&nbsp;»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Calvin, l’unité&nbsp;est donc à la fois doctrinale et fraternelle, effective et affective.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>Charles Henri Brent  </strong></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Savez-vous qu’un des pionniers du mouvement œcuménique moderne est d’origine canadienne. Il s’agit de l’évêque anglican Charles Henri Brent, le&nbsp;président de la première conférence mondiale de Foi et Constitution, à Lausanne en 1927. Il décrivait ainsi ce double aspect de l’unité&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;« L’unité chrétienne, qui est une chose de l’Esprit et qui est fondée sur la double loi d’amour du Christ vient d’abord et précède l’unité ecclésiale, où l’unité de culte est un sommet nécessaire<a href="applewebdata://895E99BE-9DDC-4523-892F-CB49EA2E357A#_ftn5"><sup>[5]</sup></a>.&nbsp;»&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Brent, l’unité théologique (la vérité) et l’unité spirituelle (l’amour)&nbsp;doivent toujours avancer ensemble.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li><strong>La Conférence de Lausanne en 1927</strong></li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">A Lausanne, où j’habite, nous sommes en train de préparer le centenaire de cette première conférence, qui a été une étape décisive sur le chemin œcuménique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voici un extrait de son impressionnant «&nbsp;Appel à l’unité&nbsp;», plein d’élan et de sève&nbsp;:&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Dieu veut l&rsquo;unité. Notre présence à cette Conférence témoigne de notre désir de soumettre notre volonté à la sienne. Quelles que soient les raisons que nous puissions invoquer pour justifier les prémices de la désunion, nous déplorons sa persistance et devons désormais œuvrer, dans la repentance et la foi, à la reconstruction de nos murs brisés<a href="applewebdata://895E99BE-9DDC-4523-892F-CB49EA2E357A#_ftn6"><sup>[6]</sup></a>.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette conférence a identifié ces 6 thèmes théologiques qui continuent à être approfondis jusqu’à ce jour&nbsp;: la mission et la nature de l’Église, la confession de foi, le ministère, les sacrements et la nature de l’unité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Évidemment, JC2033 n’est pas le lieu où nous avons à discuter de ces questions. Mais n’oublions pas qu’elles sont à l’arrière-plan. Je suis en outre persuadé que notre chemin de foi vers 2033, dans l’amour et la vérité, apportera aussi des lumières nouvelles sur ces questions fondamentales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>5. Le Credo et le chemin vers 2033</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans JC2033, nous sommes conscients de l’importance de la Confession de la foi, puisque nous affirmons ceci :&nbsp;«&nbsp;Avec tous les chrétiens qui confessent la nature trinitaire de Dieu et le salut offert en Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, nous reconnaissons le Credo de Nicée-Constantinople.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">A Iznik, l’ancienne Nicée, les responsables des Églises on dit ensemble ce Credo en octobre 2025. Étaient présents le pape Léon, Bartholomée, patriarche de Constantinople, d’autres patriarches orthodoxes, ainsi que les secrétaires généraux du Conseil œcuménique des Églises et de l’Alliance évangélique mondiale. Le lendemain, à Istanbul, le pape Léon les a invités à un «&nbsp;chemin spirituel vers 2033&nbsp;» et à se retrouver, cette année-là à Jérusalem, «&nbsp;aux racines de notre foi&nbsp;». Il y a deux semaines, j’ai pu remercier le pape Léon pour cette initiative, lors d’une audience au Vatican.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>6. Comment susciter l’unité relationnelle&nbsp;?&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelles attitudes favorisent un climat spirituel qui conduit à faire l’expérience de l’unité relationnelle ? Charles Henri Brent a réfléchi à cette question. On trouve dans son « appel à l’unité », prêché dans la cathédrale de Lausanne, et dans les Actes de la Conférence (1927) quelques points d’une spiritualité œcuménique. En voici quelques-uns<a href="applewebdata://895E99BE-9DDC-4523-892F-CB49EA2E357A#_ftn7"><sup>[7]</sup></a>:</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211;&nbsp;&nbsp;Se placer consciemment devant Dieu durant le dialogue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211;&nbsp;&nbsp;Considérer chacun dans un esprit filial et fraternel</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211;&nbsp;&nbsp;Vivre la « règle d’or »&nbsp;donnée par le Christ&nbsp;: «&nbsp;Fais à l’autre ce que tu voudrais qu’il te fasse&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211;&nbsp;&nbsp;Être prêt à changer d’opinion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voici ce que dit Brent sur ce point&nbsp;: « J’ai sur bien des sujets des convictions aussi fortes que vous pouvez en avoir, mais je désire me débarrasser de mes préjugés et de mes ignorances… Je n’aurai pas de honte à reconnaître qu’une opinion qui est mienne actuellement est fausse si Dieu me dit qu’elle est fausse ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211;&nbsp;&nbsp;Accueillir avec bienveillance les opinions contraires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211;&nbsp;&nbsp;Apprendre à perdre pour gagner l’unité&nbsp;:</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Plutôt que de continuer sur la voie d’un christianisme conventionnel, je courrai le risque de perdre quelques-unes de nos caractéristiques distinctives pour essayer de gagner l’unité que notre Seigneur a voulue pour son Église ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin une grande vertu de l’oecuménisme est la patience. Mais faudra-t-il attendre des siècles, comme Brent l’écrit dans un de ses livres ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mise en pratique de ces différents points de « l’esprit de Lausanne » crée l’amitié. Pour Brent « l’amitié spirituelle » (fellowship) est un facteur clé pour faire grandir l’unité chrétienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin Brent voit dans l’incarnation du Christ le pivot de sa vie spirituelle et de son engagement pour l’unité, « elle signifie proximité …les Églises doivent donc s’engager de manière non équivoque et irrévocable au principe de l’incarnation ». C’est le Dieu proche dans l’incarnation qui appelle les Églises à être proches les unes des autres. (Philippiens 2,2-5)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, presque 100 ans après la Conférence de Lausanne, le mouvement œcuménique a suscité des démarches qui favorisent l’unité relationnelle. J’en mentionne trois&nbsp;que nous expérimenterons durant ce rassemblement</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le&nbsp;<strong>partage des chemins de foi</strong>&nbsp;: raconter comment le Christ nous a rejoints et comment nous marchons avec lui. Cette méthode très efficace proposée par le Forum chrétien mondial permet en particulier de développer la communion entre membres d’Églises «&nbsp;historiques&nbsp;» et membres de nouvelles Églises (pentecôtistes, charismatiques et évangéliques).&nbsp;&nbsp;Nous vivrons demain un tel partage&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La&nbsp;<strong>lectio divina</strong>&nbsp;participative, où nous laissons résonner la Parole de Dieu en l’écoutant ensemble, avec des temps de silence, de partage et de prière. Il s’agit d’une approche existentielle et spirituelle des Écritures qui suscite la communion. Nous vivrons samedi une lectio divina.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Se centrer sur le Christ mort et ressuscité. C’est le dernier point de ma conférence.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>7. Regarder vers le Christ crucifié et ressuscité: La destruction du mur de séparation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le chemin vers 2033, le mouvement JC2033 invite à concentrer notre regard sur Jésus-Christ, mort et ressuscité. Nous faisons ainsi une merveilleuse expérience de communion avec des chrétiens de toutes les Églises (ou presque) et, actuellement, dans plus de 60 pays. Nous sommes si reconnaissants pour le chemin parcouru, en particulier au Québec.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre grand texte sur l’unité, après Jean 17, est le deuxième chapitre de la lettre aux Éphésiens. Par la croix, le Christ a fait l’unité entre juifs et non juifs. Il faut toujours revenir à ce texte fondamental.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Mais maintenant, en Jésus-Christ, vous qui autrefois étiez loin, vous êtes devenus proches, par le sang du Christ. Car c’est lui qui est notre paix, lui qui a fait que les deux soient un, en détruisant le mur de séparation, l’hostilité. » (Ep 2.13-14)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une grande hostilité régnait entre juifs et païens. Le mur de séparation du temple la symbolisait.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus a détruit cette inimitié&nbsp;: il nous réconcilie avec Dieu et les uns avec les autres. Il détruit le mur de séparation, l’aliénation, la haine. Il crée une nouvelle société, réconciliée.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il crée un «&nbsp;Homme nouveau&nbsp;» qui représente la communauté chrétienne. Cette humanité nouvelle caractérisée par la communion entre juifs et païens se réalise et se développe par l’union personnelle au Christ. En lui, juifs et païens forment un «&nbsp;seul homme nouveau&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette nouvelle unité en Christ ne se limite pas à combler le fossé entre juifs et païens. Ailleurs, Paul l’applique à toutes les autres divisions sociales. (Col 3.11&nbsp;; Gal 3.28)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce tableau du peintre japonais Soichi Watanabe l’exprime bien. Je l’avais connu en Corée en 2013 et nous sommes devenus amis. Il m’en avait envoyé une photo après avoir reçu les divers comptes rendus de ma participation à la semaine de prière pour l’unité des chrétiens à Jérusalem, en janvier 2016.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A partir d’une méditation de ce texte de la lettre aux Éphésiens, il a représenté Jésus, la pierre angulaire réconciliant par sa croix juifs et non juifs, mais aussi toutes les personnes divisées de notre monde.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour vivre ensemble dans l’unité, il faut sans cesse regarder au Christ crucifié, la pierre angulaire.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le Crucifié est aussi ressuscité&nbsp;: la couleur jaune exprime la lumière de sa résurrection.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est en lui que s’édifie l’Église représentée par les pierres. Le bleu qui entoure l’édifice symbolise l’Esprit saint qui porte l’Église, habitation de Dieu, corps du Christ, maison de l’Esprit.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Crucifié-ressuscité est la «&nbsp;pierre d’angle&nbsp;» (2.20). La référence à Jésus est donc indispensable à l’unité et à la croissance de l’Église.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À moins d’être constamment et solidement attachée à Jésus-Christ, l’unité de l’Église cessera de grandir, ou se développera d’une manière désordonnée, ou même se désintégrera.&nbsp;</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Conclusion</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Écritures nous montrent que l’unité repose sur deux piliers inséparables : l’amour et la vérité. L’amour crée l’espace de la rencontre, de l’écoute et de la confiance. La vérité nous ancre dans la Parole de Dieu et dans la confession de la foi apostolique.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque ces deux dimensions demeurent unies, l’Église peut offrir au monde un témoignage crédible de l’Évangile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le chemin vers 2033, nous sommes invités à approfondir cette double fidélité. En regardant ensemble vers le Christ crucifié et ressuscité, nous découvrons qu’il continue aujourd’hui encore à abattre les murs qui nous séparent et à faire de nous un seul peuple.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’unité n’est pas d’abord le résultat de nos efforts, mais l’œuvre du Seigneur qui nous appelle à marcher ensemble dans la communion de son Esprit.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Questions pour un partage en groupes.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">1.&nbsp;&nbsp;Dans mon expérience personnelle ou ecclésiale, qu’est-ce qui favorise le plus l’unité entre chrétiens de traditions différentes : les relations fraternelles, la prière commune, le dialogue théologique ou d’autres expériences ? Pourquoi ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">2.&nbsp;&nbsp;Quels « murs de séparation » le Christ nous appelle-t-il aujourd’hui à dépasser, dans nos Églises, nos communautés ou notre société, afin de rendre un témoignage plus crédible à l’Évangile ?</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://895E99BE-9DDC-4523-892F-CB49EA2E357A#_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>&nbsp;Conférence donnée lors du rassemblement de JC2033, au Val de Paix, près de Montréal (Québec), le 11 juin 2026.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://895E99BE-9DDC-4523-892F-CB49EA2E357A#_ftnref2"><sup>[2]</sup></a>&nbsp;Cyprien de Carthage,&nbsp;<em>L’Unité de l’Église</em>, 9.4-9, Paris, Le Cerf, 2006, p. 199-201.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://895E99BE-9DDC-4523-892F-CB49EA2E357A#_ftnref3"><sup>[3]</sup></a>&nbsp;Commentaire de l’Épître aux Romains 16.17.&nbsp;<em>Commentaires de J. Calvin sur le NT</em>, Tome IV, Aix-en-Provence, Kerygma, 1978, p. 354 (1539).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://895E99BE-9DDC-4523-892F-CB49EA2E357A#_ftnref4"><sup>[4]</sup></a>&nbsp;<em>Institution chrétienne,</em>&nbsp;IV,2,5.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://895E99BE-9DDC-4523-892F-CB49EA2E357A#_ftnref5"><sup>[5]</sup></a>&nbsp;<em>Things that matter,&nbsp;</em>New York,<em>&nbsp;</em>Harper &amp; Row, 1949, p. 41. Ailleurs il écrit : «&nbsp;L’unité ecclésiastique ne produit pas nécessairement l’unité de la vie. Cependant, celle-ci doit inclure la première en un certain sens. L’unité chrétienne a une double base, l’amour de Dieu et l’amour du prochain&nbsp;».&nbsp;<em>With God in the World,&nbsp;</em>New York, Longmans, 1902, p, 63. Cf Martin Hoegger, Pratique de l’unité chez Charles Henry Brent. A l’aube d’une spiritualité œcuménique.&nbsp;<em>Hokhma</em>&nbsp;2011/1.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://895E99BE-9DDC-4523-892F-CB49EA2E357A#_ftnref6"><sup>[6]</sup></a>&nbsp;Cf.&nbsp;<em>Reports of the World Conference on Faith and Order, Lausanne, Switzerland, August 3 to 21, 1927,</em>&nbsp;Boston, 1928.</p>



<h1 class="wp-block-heading"><a href="applewebdata://895E99BE-9DDC-4523-892F-CB49EA2E357A#_ftnref7"><sup>[7]</sup></a>&nbsp;Voir mon article&nbsp;L’art du dialogue selon Charles Henri Brent.&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/article/l-art-du-dialogue-selon-charles-henri-brent/">https://www.hoegger.org/article/l-art-du-dialogue-selon-charles-henri-brent/</a>&nbsp;.</h1>
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		<title>Un temps de lectio divina autour du récit de l’Ascension</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/ascension/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 13 Jun 2026 19:36:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Val de Paix, Québec, 13 juin 2026.&#160;J’ai invité les participants à la rencontre de JC2033 à vivre un temps de lectio divina. J’ai précisé d’emblée que les contraintes de l’horaire ne permettraient pas de suivre l’ensemble du processus habituel, qui demande généralement au moins une heure. L’exercice proposé serait donc une forme condensée, un « [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Val de Paix, Québec, 13 juin 2026.</strong>&nbsp;J’ai invité les participants à la rencontre de JC2033 à vivre un temps de lectio divina. J’ai précisé d’emblée que les contraintes de l’horaire ne permettraient pas de suivre l’ensemble du processus habituel, qui demande généralement au moins une heure. L’exercice proposé serait donc une forme condensée, un « ristretto » de lectio divina, une initiation destinée à en faire découvrir l’esprit et à en donner le goût.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La lectio divina est une lecture spirituelle de la Bible dont l’objectif n’est pas d’abord l’étude du texte, mais la rencontre avec Dieu à travers les Écritures. Elle repose sur une conviction simple : Dieu continue de parler aujourd’hui par sa Parole et désire se révéler à ceux qui l’écoutent avec un cœur ouvert. Cette démarche s’articule traditionnellement autour de plusieurs étapes : lire, méditer, prier et contempler. Pour cette rencontre, seules les premières étapes seraient brièvement expérimentées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai également rappelé que cette pratique est vécue depuis plusieurs années dans un cadre œcuménique en Suisse romande. Elle s’inspire notamment de l’expérience du cardinal Carlo Maria Martini à Milan, qui avait encouragé le développement d’une «&nbsp;École de la Parole&nbsp;» œcuménique en Suisse romande. Conçue à l’origine pour les jeunes, cette initiative s’est progressivement élargie et continue aujourd’hui de rassembler des croyants de diverses confessions autour de l’écoute commune de la Parole de Dieu.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Invoquer l’Esprit Saint</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant d’ouvrir les Écritures, les participants ont été invités à entrer dans une attitude de prière. La lectio divina est en effet une lecture dans l’Esprit Saint, celui-là même qui a inspiré les auteurs bibliques. Comprendre les Écritures ne dépend pas seulement de l’intelligence humaine, mais aussi de l’action intérieure de l’Esprit qui éclaire le cœur du lecteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une prière commune d’invocation à l’Esprit Saint a ainsi ouvert ce temps de méditation. Tous ont été invités à demander ensemble la grâce d’accueillir la Parole et de se laisser transformer par elle.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Écouter le récit de l’Ascension</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte choisi était tiré du premier chapitre des Actes des Apôtres (Ac 1, 6-14). Ce passage relate les derniers instants du Christ avec ses disciples avant son Ascension, la promesse du don de l’Esprit Saint et l’attente priante de la première communauté à Jérusalem.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit met en lumière plusieurs thèmes essentiels : l’espérance du Royaume, la mission confiée aux disciples, la puissance de l’Esprit Saint, le témoignage jusqu’aux extrémités de la terre, ainsi que la persévérance dans la prière au sein d’une communauté unie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la lecture du texte, un temps de silence a été observé.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le silence, premier maître de la lectio divina</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai souligné que le silence constitue l’un des instruments les plus précieux de la lectio divina. Dans une société marquée par l’agitation et le bruit, il est devenu rare de pouvoir demeurer ensemble dans le silence pour écouter ce que Dieu veut dire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce silence n’est pas un vide, mais un espace d’accueil. Il permet à la Parole entendue de descendre du niveau de l’intellect vers celui du cœur. Chacun est alors invité à laisser résonner le texte en lui et à discerner ce qui le touche personnellement.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Un mot qui rejoint une expérience de vie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour faciliter cette appropriation personnelle de la Parole, les participants ont reçu une consigne simple. Ils devaient relire le texte en silence et choisir un mot ou une expression qui attirait particulièrement leur attention.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois ce mot repéré, chacun était invité à se demander pourquoi il le touchait. Quelle expérience de sa propre vie venait-il éclairer ? Quel souvenir, quelle rencontre, quelle difficulté ou quelle grâce faisait-il remonter à la mémoire ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette démarche permet de découvrir que la Parole de Dieu n’est pas seulement un témoignage du passé, mais une parole vivante qui rejoint concrètement les réalités de l’existence présente.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Partager la Parole reçue</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après ce temps personnel, les participants se sont tournés vers leur voisin ou leur voisine pour un échange à deux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un premier temps, chacun a simplement partagé le mot qu’il avait souligné. Puis il a expliqué en quoi ce mot rejoignait une expérience vécue. Cette étape du partage constitue un élément important de la démarche. Elle permet de découvrir la richesse des différentes réceptions d’un même texte biblique et de reconnaître que Dieu parle de manière unique à chaque personne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers ces échanges, la Parole devient un lieu de rencontre. Les expériences se croisent, les témoignages s’enrichissent mutuellement et une véritable communion se construit autour de l’écoute de l’Écriture.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Trois appels pour le chemin vers 2033</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">A la fin de la démarche, j’aurais voulu relever trois éléments importants de ce passage des Actes des Apôtres, qui résonnent particulièrement avec la vision et la démarche de JC2033. Par manque de temps, je n’ai pas pu le faire. Je les livre ci-dessous.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Vous serez mes témoins »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La première parole mise en lumière est l’appel du Christ à devenir ses témoins. Le témoignage constitue l’un des trois ADN de JC2033. Il ne se limite cependant pas à l’annonce verbale de l’Évangile. Il s’exprime également à travers les actions et les relations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le livre des Actes le montre dès les premiers jours de l’Église. Après la Pentecôte, le premier acte significatif des apôtres n’est pas une prédication, mais un geste de compassion et de guérison : Pierre et Jean relèvent un homme paralysé qui mendiait à l’une des portes du Temple. Le témoignage chrétien prend ainsi la forme d’une parole incarnée dans des actes qui manifestent la présence du Christ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus lui-même a donné un autre critère essentiel du témoignage lorsqu’il déclare : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples. » La qualité des relations entre les croyants fait partie intégrante de leur mission. Le témoignage chrétien se déploie donc dans trois dimensions inséparables : la parole qui annonce, les actions qui servent et les relations qui manifestent l’amour de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Jusqu’aux extrémités de la terre »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le second point concerne l’extension universelle de cette mission. Lorsque Jésus parle des « extrémités de la terre », il ne désigne pas seulement des régions lointaines ou des frontières géographiques. Ces extrémités peuvent également être très proches de nous. Elles sont présentes dans nos familles, nos lieux de travail, nos quartiers ou nos cercles d’amis, partout où des personnes n’ont pas encore découvert la joie de l’Évangile ou ne connaissent pas encore réellement le Christ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les rencontres de JC2033, qu’elles soient organisées en présentiel ou en visioconférence, cette dimension universelle devient particulièrement visible. Des participants provenant de plusieurs continents se retrouvent autour d’une même vision. Les extrémités de la terre sont déjà parmi nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réalité invite à renouveler notre compréhension de la mission. Celle-ci n’est plus un mouvement allant simplement d’un continent vers un autre ni l’exportation d’un modèle particulier de christianisme. Dans le monde d’aujourd’hui, les Églises ont besoin les unes des autres. Chacun reçoit des autres des dons, des expériences et des perspectives qui enrichissent son propre témoignage. Nous sommes appelés à devenir ensemble témoins du Christ dans nos diverses « extrémités de la terre ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>« Tous, unanimes, étaient assidus à la prière »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, le texte attire l’attention sur la communauté réunie dans la chambre haute. Les apôtres ne sont pas seuls. Parmi eux se trouvent des femmes, ainsi que Marie, la mère de Jésus. Tous persévèrent ensemble dans la prière en attendant l’accomplissement de la promesse du Seigneur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette présence discrète mais essentielle des femmes mérite d’être soulignée dans la perspective du chemin vers 2033. Au cours de ces journées, il a souvent été question d’accélération, de multiplication et de mobilisation missionnaire. Ces dynamiques sont tournées vers l’extérieur et vers l’action. Mais toute mission authentique a besoin d’être enracinée dans la communion et dans la prière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les femmes jouent un rôle déterminant dans cette dimension relationnelle de la vie chrétienne. Elles contribuent à maintenir l’attention portée aux personnes, à nourrir les liens de communion et à rappeler que le but ultime de la mission n’est pas l’activité elle-même, mais la participation à la vie de Dieu. Cette communion trouve son modèle dans la Trinité, où l’amour circule éternellement entre le Père, le Fils et l’Esprit Saint.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mention de Marie et des femmes priant avec les apôtres rappelle ainsi que le chemin vers 2033 ne pourra porter du fruit que s’il demeure un chemin de prière. Avant d’être une stratégie ou un programme, il est une attente confiante de l’action de Dieu. Comme les premiers disciples réunis au Cénacle, nous sommes appelés à persévérer ensemble dans la prière afin de recevoir l’Esprit Saint et d’être renouvelés pour la mission.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Conclusion</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce bref exercice de lectio divina a permis aux participants de goûter à une manière de lire la Bible qui unit l’écoute, le silence, la réflexion personnelle et le partage fraternel. À partir d’un même texte, chacun a pu accueillir une parole particulière pour sa vie et découvrir comment l’Esprit Saint continue d’agir aujourd’hui dans le cœur des croyants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même condensée en quelques minutes, cette expérience a montré que la Parole de Dieu devient source de communion lorsqu’elle est reçue dans le silence, méditée avec attention et partagée dans la confiance. Elle ouvre alors un chemin où l’écoute de Dieu conduit naturellement à la rencontre des autres.</p>
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		<title>Le dialogue interreligieux. Une rencontre au service de la vérité et de la paix</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/dialogue-interreligieux/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Jun 2026 14:02:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le dialogue interreligieux occupe aujourd’hui une place importante dans des sociétés marquées par la diversité culturelle et religieuse. Pour les chrétiens, il ne s’agit pas seulement d’un exercice de coexistence pacifique, mais aussi d’une occasion de rencontre, d’écoute mutuelle et de témoignage. Dans cet article, je partage mon parcours dans le dialogue interreligieux, les expériences [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Le dialogue interreligieux occupe aujourd’hui une place importante dans des sociétés marquées par la diversité culturelle et religieuse. Pour les chrétiens, il ne s’agit pas seulement d’un exercice de coexistence pacifique, mais aussi d’une occasion de rencontre, d’écoute mutuelle et de témoignage. Dans cet article, je partage mon parcours dans le dialogue interreligieux, les expériences qui l’ont façonné, ainsi que quelques convictions sur ses objectifs, ses défis et ses perspectives. Cette démarche s’enracine dans la foi chrétienne tout en cherchant à construire des relations authentiques avec des personnes appartenant à d’autres traditions religieuses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">&nbsp;</h2>



<h2 class="wp-block-heading has-large-font-size">Un chemin commencé par le dialogue judéo-chrétien</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon premier engagement dans le dialogue s’est réalisé dans le cadre du dialogue judéo-chrétien. À l’époque où j’étais assistant d’Ancien Testament à l’Université de Lausanne auprès du professeur Samuel Amsler, président des Amitiés judéo-chrétiennes, j’ai découvert l’importance de cette rencontre particulière. Mais le dialogue avec le judaïsme possède une dimension singulière pour les chrétiens, puisqu’il touche aux racines mêmes de leur foi. Selon l’image de l’olivier développée par l’apôtre Paul, les chrétiens ont été greffés sur l’olivier d’Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par la suite, diverses rencontres ont élargi mon horizon. Mon engagement au sein du comité de la Maison de l’Arzillier, à Lausanne, m’a permis de participer à un dialogue multilatéral réunissant juifs, musulmans, bahaïs, bouddhistes, hindous et chrétiens de différentes traditions. À cette époque, j’étais délégué de l’Église évangélique réformée du canton de Vaud auprès de cette maison consacrée au dialogue interreligieux. Cette expérience m’a fait découvrir la richesse et la complexité de la rencontre entre traditions diverses.</p>



<h2 class="wp-block-heading">&nbsp;</h2>



<h2 class="wp-block-heading has-large-font-size">L’apport des Focolari et de Sant’Egidio</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plus de trente ans, je suis lié au mouvement des Focolari. Ce mouvement de spiritualité, enraciné dans l’Église catholique mais ouvert à des chrétiens de nombreuses confessions, place au centre de sa vie la prière de Jésus : « Que tous soient un » (Jean 17,21). Pour les Focolari, le dialogue constitue un moyen privilégié de répondre à cette aspiration à l’unité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dialogue y est compris comme une rencontre fondée sur l’amitié, le respect, l’écoute et l’accueil réciproque. Mais il ne se réduit pas à sa dimension relationnelle. Il demeure également lié au témoignage de la foi. Cette conviction s’exprime notamment dans le document du Vatican intitulé&nbsp;<em>Dialogue et annonce</em>, qui souligne la complémentarité entre la rencontre et le témoignage chrétien.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre des Focolari, j’ai pu vivre – durant des congrès &#8211; des dialogues multilatéraux, comme des dialogues bilatéraux avec des juifs, des musulmans et de bouddhistes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai aussi trouvé une grande source d’inspiration dans la communauté de Sant’Egidio. Son approche associe la prière, le service des pauvres et la recherche de la paix par le dialogue. Chaque année, ses rencontres internationales offrent un espace privilégié de dialogue entre responsables religieux et acteurs de la société civile.</p>



<h2 class="wp-block-heading">&nbsp;</h2>



<h2 class="wp-block-heading has-large-font-size">Une expérience concrète avec des musulmans</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis une dizaine d’années, je participe à un groupe intitulé « Musulmans et chrétiens en chemin ». Cette initiative rassemble des chrétiens et des musulmans de différentes sensibilités : sunnites, chiites et soufis. Les rencontres régulières permettent de développer une véritable amitié et d’aborder ensemble des questions de spiritualité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’objectif n’est pas d’entrer immédiatement dans les débats théologiques délicats, mais de créer un climat de confiance où chacun peut partager ce qui nourrit sa vie spirituelle. Chaque année, une rencontre plus large réunit entre cinquante et quatre-vingts participants autour d’un thème commun. Cette expérience montre que le dialogue peut devenir un véritable cheminement partagé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">&nbsp;</h2>



<h2 class="wp-block-heading has-large-font-size">Quel est l’objectif du dialogue interreligieux ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon moi, le dialogue n’est pas une fin en soi. Certes, il contribue à la paix sociale, à une meilleure compréhension mutuelle et à la diminution des préjugés. Ces objectifs sont importants. Toutefois, pour un chrétien, le dialogue comporte également une dimension de témoignage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre avec des croyants d’autres religions m’invite à approfondir ma propre foi. Le regard de l’autre met parfois en lumière des aspects de l’Évangile que j’avais négligés. Le dialogue devient alors un enrichissement mutuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il conduit aussi, lorsque le moment est venu, au partage de ce qui nous fait vivre. Comme l’écrit l’apôtre Pierre, nous sommes appelés à rendre compte de l’espérance qui est en nous. Le dialogue authentique ne consiste pas à dissimuler ses convictions, mais à les partager avec respect dans le cadre d’une relation de confiance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">&nbsp;</h2>



<h2 class="wp-block-heading has-large-font-size">Des expériences marquantes</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les expériences qui m’ont particulièrement marqué figurent plusieurs démarches de demande de pardon. Dans le cadre du dialogue judéo-chrétien, j’ai souvent été conduit à reconnaître les blessures causées aux juifs par des siècles d’antijudaïsme chrétien. Cette reconnaissance constitue un acte de vérité indispensable à la réconciliation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une autre expérience significative s’est produite lors de l’accueil d’un jeune musulman venu d’Israël dans le cadre d’un programme de rencontres organisé par l’Association «&nbsp;Coexistence&nbsp;» à laquelle je suis relié. Il a logé chez moi durant une semaine. À la suite d’une maladresse de ma part, une tension est apparue. J’ai compris que la seule attitude juste consistait à demander pardon sans chercher à me justifier. Cette démarche a permis d’apaiser la situation et de restaurer la relation. J’y ai vu une illustration concrète de la force réconciliatrice de l’humilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">&nbsp;</h2>



<h2 class="wp-block-heading has-large-font-size">Les défis du dialogue</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dialogue rencontre naturellement des difficultés. Les incompréhensions, les divergences doctrinales ou les tensions relationnelles peuvent surgir à tout moment. Lorsqu’une difficulté apparaît, elle ne doit pas être considérée comme un échec, mais comme une invitation à approfondir la relation et la réflexion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des dangers consiste à rester à la surface des choses et à créer un consensus artificiel où les différences réelles seraient minimisées. Il est essentiel de commencer par ce qui nous rassemble, comme la «&nbsp;règle d’or&nbsp;» présente sous diverses formes dans de nombreuses traditions religieuses. Cependant, il faut également reconnaître avec sérénité les différences qui demeurent. Le respect de l’autre ne suppose pas l’effacement des convictions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre défi réside dans le passage du dialogue au témoignage. Par crainte ou par respect mal compris, il arrive que les croyants hésitent à partager ce qui constitue le cœur de leur foi. Pourtant, le témoignage fait partie intégrante d’un dialogue authentique, même s’il demande discernement et patience.</p>



<h2 class="wp-block-heading">&nbsp;</h2>



<h2 class="wp-block-heading has-large-font-size">Pour une culture de la rencontre</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les textes que je considère comme importants figure&nbsp;<em>l’Engagement du Cap</em>&nbsp;adopté lors du Congrès du Mouvement de Lausanne en 2010. Dans mon cours que j’ai donné à l’Institut biblique et missionnaire d’Emmaüs, avant qu’il se transforme dans la Haute École de théologie (HET-PRO) je demandais aux étudiants de l’analyser. La partie consacrée au dialogue de ce document commence par un appel à la repentance. Il reconnaît que les évangéliques n’ont pas toujours su développer des relations d’amitié avec les membres d’autres religions. Cette prise de conscience demeure actuelle, me semble-t-il…pas seulement pour les évangéliques.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dialogue ne remplace pas la mission chrétienne ; il en fait partie. Les obstacles au dialogue deviennent souvent des obstacles au témoignage lui-même. La rencontre respectueuse de l’autre ouvre des chemins que l’affrontement ou l’ignorance ne pourront jamais créer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’annonce de l’Évangile peut parfois être directe, elle s’inscrit le plus souvent dans une relation de confiance. C’est dans cette relation que peut naître un véritable échange sur les convictions de chacun.</p>



<h2 class="wp-block-heading">&nbsp;</h2>



<h2 class="wp-block-heading has-large-font-size">Conclusion: avant tout une rencontre&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dialogue interreligieux est avant tout une rencontre entre personnes. Il commence par l’écoute, se développe dans l’amitié et peut conduire au partage sincère des convictions les plus essentielles. Mon parcours, du dialogue judéo-chrétien aux rencontres avec des musulmans, des bouddhistes ou des croyants d’autres traditions, m’a convaincu que cette démarche est indispensable dans le monde actuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dialogue authentique ne cherche ni à effacer les différences ni à imposer ses convictions. Il invite à reconnaître ce qui est commun, à respecter ce qui distingue et à témoigner avec humilité de ce qui nous fait vivre. Lorsqu’il est vécu dans cet esprit, il devient un chemin de paix, de vérité et de fraternité au service de tous.</p>
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		<title>La spiritualité de l’unité et le pentecôtisme : une histoire partagée</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Jun 2026 09:26:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Culte pentecôtiste au Brésil (Getty Images: EVARISTO SA) Le pentecôtisme, en tant que mouvement spirituel né au début du XXᵉ&#160;siècle, a marqué le christianisme mondial. Par son accent sur l’expérience du Saint-Esprit, la prière fervente et la mission, il a redonné vitalité à la foi de millions de croyants, en particulier dans le Sud global. [&#8230;]</p>
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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Culte pentecôtiste au Brésil (Getty Images: EVARISTO SA)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pentecôtisme, en tant que mouvement spirituel né au début du XXᵉ&nbsp;siècle, a marqué le christianisme mondial. Par son accent sur l’expérience du Saint-Esprit, la prière fervente et la mission, il a redonné vitalité à la foi de millions de croyants, en particulier dans le Sud global. Pourtant, dans bien des contextes, son rapport à la théologie historique et à l’héritage doctrinal de l’Église ancienne demeure encore en voie d’approfondissement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai récemment participé à deux rencontres du mouvement des Focolari et ainsi pu réfléchir à la relation entre la «&nbsp;spiritualité de l’unité&nbsp;» qu’il incarne et celle du pentecôtisme.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est dans ce contexte que s&rsquo;inscrit la réflexion de <strong>Mayara Amaral Pazeto</strong>, jeune théologienne pentecôtiste brésilienne, une voix prometteuse du dialogue œcuménique latino-américain. Membre du mouvement <em>Somos Um</em> ainsi que d&rsquo;autres plateformes et initiatives œcuméniques, elle fait partie de cette nouvelle génération de pentecôtistes qui souhaitent allier expérience spirituelle et ancrage théologique. </p>



<p class="wp-block-paragraph">A la fin de l&rsquo;article, je donne aussi la voix à <strong>Reydibel Mesa</strong>, théologienne pentecôtiste du Venezuela et à <strong>Sandra Ferreira</strong>, responsable du « Centre Uno », le centre oecuménique des Focolari. </p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le témoignage de Mayara</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En&nbsp;mars 2025, j’ai fait la connaissance de Mayara lors d’un&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/article/appeles-a-esperer-acteurs-cles-du-dialogue/">congrès international du mouvement des Focolari</a>, dans les environs de Rome. Elle a donné un témoignage personnel marquant. Animée par « la patience et l’espérance dans l’épreuve » (Rm 5, 3-5), elle a raconté qu’elle était le fruit d’une relation extraconjugale de son père et que cela était resté secret pendant longtemps. Dans la famille de son père, personne ne savait qu’elle existait et, dans la famille de sa mère, personne ne savait qui était son père. Son père, cependant, après s’être converti au Christ, est devenu pasteur pentecôtiste. À l’âge de dix ans, elle l’a rencontré et ce moment a été pour elle le signe d’une rencontre avec le Christ vivant, qui l’a conduite sur le chemin du pardon et de la réconciliation. À seize ans, elle a compris que Jésus l’appelait à une mission très spécifique. Lors d’une croisière organisée pour la remise des diplômes, elle a entendu le Seigneur lui dire : « Tu n’es pas née pour faire ce que font tes amis, Mayara, tu es à moi ! ». « L’épreuve est devenue une vocation », elle a confié sa blessure à la lumière du Christ, et cela s’est transformé en mission.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus tard, elle raconte une expérience émouvante avec le Saint-Esprit. Écoutons son témoignage :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« J’ai vécu l’expérience du baptême dans l’Esprit Saint le 14 décembre 2013. Ce jour-là, j’étais à l’église et, pour être honnête, tout cela me semblait un peu inhabituel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je faisais partie d’une communauté charismatique, mais mon cœur restait fermé, plein de questions. Cependant, ce jour-là, j’ai prié ainsi : « Jésus, je ne sais pas ce que c’est, mais aujourd’hui je veux ouvrir mon cœur. Si tu veux m’accorder cette grâce, me voici. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est alors que tout a changé. J’ai senti comme si quelqu’un posait ses mains sur ma tête, et tout mon corps s’est enflammé, de la tête aux pieds, comme si je plongeais dans une profonde purification. Ce jour-là, j’ai eu une vision de mots écrits en lettres d’or devant moi, et à ce moment-là, j’ai su lire ce qui était écrit. C’est ainsi que j’ai commencé à prier en langues. Ce fut une expérience émouvante. Jésus m’a enseigné une grande leçon : lorsque j’ai ouvert mon cœur, l’Esprit est venu, et ma vie a été complètement transformée. Depuis ce jour, j’essaie toujours de garder le cœur ouvert à ceux que je rencontre. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par la suite, elle s’est inscrite au cours de théologie de l’Université pontificale catholique de São Paulo. C’est là qu’elle a compris sa vocation ; cette découverte l’a amenée à s’engager dans le dialogue entre catholiques et pentecôtistes et à contribuer au mouvement <em>Somos um</em>, dont la mission est d’édifier l’unité spirituelle et missionnaire des chrétiens au Brésil.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>L’unité dans la spiritualité pentecôtiste : une expérience vivante de l’Esprit</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Mayara, l’unité ne s’organise pas : elle se vit. Vivre l’unité, c’est se laisser enflammer par l’Esprit jusqu’à ce que tout égoïsme fonde, transformant le « je » en « nous ». Et ce « nous » ne se referme pas sur lui-même : il est tourné vers la mission de l’Église. Ainsi, l’unité a un caractère missiologique : l’Esprit unit pour envoyer. L’unité n’est pas une fin en soi, mais le moyen par lequel Dieu agit dans le monde, jusqu’à ce que, par l’œuvre et la grâce de l’Esprit, nous parvenions à la pleine unité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la célèbre adresse du <em>312 Azusa Street</em>, des missionnaires ont été envoyés vers de nombreuses nations : l’unité dans l’Esprit est devenue unité dans la mission. Un siècle plus tard, les pentecôtistes, convaincus que le baptême dans l’Esprit donne aux chrétiens le pouvoir d’annoncer la Bonne Nouvelle, sont devenus une grande force d’évangélisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La lecture de Jean 17 clarifie cela : l’unité est une expérience mystique d’« être avec le Christ » – « Moi en eux et Toi en moi ». Nous avons ici l’idée d’habitation : le Christ en nous, et nous en Christ. Cette « habitation mutuelle » est ce que l’Esprit accomplit dans le chrétien. L’unité est un état de présence partagée, non une structure développée. Le même Esprit qui habite en différentes personnes crée un lien entre elles «&nbsp;afin qu’elles soient une&nbsp;» (Jn 17, 21).</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là le cœur du message de Jean 17 : Jésus affirme qu’il a déjà partagé sa gloire afin que nous soyons un. Il ne dit pas que nous jouirons de la gloire&nbsp;après avoir&nbsp;atteint l’unité, mais que c’est par elle que l’unité s’accomplit. D’où une question essentielle :&nbsp;qu’avons-nous fait de la gloire de Jésus ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans gloire, il n’y a pas de véritable communion ; la gloire unit : des personnes différentes, des pays différents, des traditions différentes en une seule voix. Là où il y a de la gloire, il y a l’unité ; là où il y a l’unité, il y a de la gloire. C’est pourquoi la louange, la prière et l’adoration sont si importantes dans la spiritualité pentecôtiste ; c’est là que le peuple réuni en assemblée à l’unisson manifeste le peuple de Dieu qui l’adore. Dans cette communion vibrante, le peuple adore, chante et bénit le saint nom du Seigneur.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une unité au service de la mission</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les pentecôtistes croient que Dieu unit son peuple afin qu’il puisse servir le monde. L’unité de l’Église est donc ordonnée à la mission : elle est un signe pour le monde. C’est en ce sens que l’unité peut être qualifiée de moyen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle possède, en premier lieu, une dimension eschatologique — car, à la fin de l’histoire, tous seront réunis en présence du Seigneur dans l’unité —, mais c’est aussi une réalité missionnaire. Dieu nous unit pour que nous soyons des serviteurs, pour que notre unité devienne un témoignage d’amour concret, se manifestant dans le service.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette perspective découle de la conscience que le monde souffre et fait face à de nombreuses difficultés. Si l’amour chrétien ne se traduit pas en service, il perd son essence. C’est pourquoi l’unité est comprise à la fois comme un moyen et comme l’expression d’une humanité renouvelée face à la mission. Cette dimension missiologique est particulièrement chère au pentecôtisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, lorsque le croyant fait l’expérience de l’Esprit, cela le conduit naturellement au service de la communauté. Il se demande alors : « Que puis-je faire ? ». L’expérience de l’Esprit est concrète : elle n’est ni idéalisée ni abstraite. L’Esprit n’est pas une idée ; il ne peut être réduit à une simple émotion passagère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, l’unité est à la fois un moyen au service de la mission et la plénitude même de l’Église en marche vers la Jérusalem céleste. Dans ce pèlerinage, l’Esprit accompagne le peuple de Dieu, le façonne et le transforme en peuple de l’Alliance.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>L’accueil du Concile de Nicée dans le milieu pentecôtiste</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« En ce qui concerne le Concile de Nicée », poursuit Mayara, « je ne dirais pas que toutes les Églises pentecôtistes — en particulier en Amérique latine — ont une compréhension profonde de ce que ce concile a représenté. Cependant, j’observe avec beaucoup d’espérance l’intérêt croissant des pentecôtistes pour la théologie et l’histoire de l’Église. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pentecôtisme est né avant tout comme un mouvement fondé sur l’expérience spirituelle. Lorsque les premiers croyants, marqués par une rencontre intense avec l’Esprit, sont retournés dans leurs communautés, beaucoup ont été expulsés car ils ne pouvaient nier ce qu’ils avaient vécu. Le premier message pentecôtiste était avant tout expérimental, centré sur la rencontre avec Dieu, plus que sur l’enseignement doctrinal. Aujourd’hui, cependant, nous assistons à la consolidation de la théologie pentecôtiste et à une redécouverte de l’histoire ecclésiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si nous considérons maintenant les Églises et les communautés qui cherchent à mettre en œuvre ce que le Concile de Nicée a signifié, nous ne trouverons pas nécessairement la récitation explicite du Credo. Cependant, les affirmations de foi qu’il contient sont bien présentes dans la vie et la foi des communautés. Tout ce que le Credo de Nicée a proclamé est implicitement confessé : dans la vie spirituelle et dans la foi des fidèles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Cela dit, si l’on me demandait si tous les pentecôtistes savent réciter le Credo de Nicée, je répondrais que non. Il reste encore un vaste travail à accomplir pour aider l’Église à contempler l’essentiel de la foi — ce qui a été défini de manière œcuménique et qui constitue le cœur même du christianisme », conclut Mayara.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Les pentecôtistes et la spiritualité de l’unité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’ont en commun les pentecôtistes et les Focolari, demande Mayara ? Chiara Lubich et le mouvement des Focolari expriment un désir ardent de vivre l’Évangile, la même impulsion qui animait les premiers pentecôtistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux mouvements sont nés d’une expérience de l’Esprit qui renouvelle l’Église. Leur point de convergence réside dans une spiritualité pneumatologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Focolari et les pentecôtistes peuvent se reconnaître dans la même impulsion de l’Esprit, qui appelle à la communion. Pour Chiara Lubich, la spiritualité des Focolari devait être, dans le monde, une manière d’être « sel et lumière ». Telle est aussi la perspective du pentecôtisme : un style de vie enraciné dans le mystère du Christ, accessible à tous — non seulement aux monastères, mais aussi aux hommes et aux femmes ordinaires, dans leurs activités et leurs services quotidiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les deux cas, l’amour est le signe de la présence de l’Esprit. Il s’agit d’une communion réelle, et non d’une simple idée. Les pentecôtistes parlent de « renouveau » ; les Focolari, de « Jésus au milieu ». Là où il y a de l’amour, il y a l’Esprit. Là où il y a l’Esprit, il y a l’unité. Et là où il y a l’unité, le monde croit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pentecôtisme exprime le cri de l’Esprit pour une Église vivante, tandis que les Focolari représentent la réponse d’une Église qui vit pour aimer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour conclure, en partant de la spiritualité pentecôtiste, je crois que l’avenir de la mission chrétienne sera œcuménique et charismatique : un véritable Pentecôte de l’unité. Tout comme dans les Actes des apôtres (chap. 2), chacun dans sa propre langue, proclamant le même message. Une symphonie vivante qui prépare l’Église à la rencontre nuptiale du Christ avec les invités eschatologiques de toutes les nations. L’unité proposée par Dieu ne vise pas à effacer les différences, mais à les transfigurer, jusqu’à ce qu’il soit possible : « L’Esprit et l’Épouse disent : Viens ! » (Ap 22, 17).</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Reydibel, une vocation à l’unité&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Reydibel Mesa</strong>&nbsp;est une pentecôtiste vivant aujourd’hui dans une communauté des Focolari à Budapest. Elle&nbsp;est née au Venezuela dans une famille partagée entre deux confessions : son père est pentecôtiste et sa mère catholique. Elle a grandi auprès de sa grand-mère paternelle, femme de foi et fondatrice de l’Église pentecôtiste de sa ville. C’est auprès d’elle qu’elle a découvert la prière, la confiance en Dieu et la force de l’Esprit Saint. Sa grand-mère lui a transmis une foi simple et solide, fondée sur la conviction que Dieu ne nous abandonne jamais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Baptisée et formée dans l’Église pentecôtiste, Reydibel y a appris à se laisser guider par l’Esprit. À l’adolescence, elle rencontre le mouvement des Focolari et découvre chez ces jeunes catholiques un même désir de vivre l’Évangile au quotidien. Surprise et touchée par leur témoignage, elle participe à un congrès où Chiara Lubich cite cette parole de Jésus : « Père, que tous soient un » (Jn 17,21). Ce verset résonne profondément en elle, comme un appel personnel : « Vis pour cela. » Depuis ce jour, une passion pour l’unité habite son cœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette expérience la pousse à s’engager dans le dialogue entre Églises. Dans sa ville, elle participe chaque année à la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens, où catholiques, baptistes, presbytériens et pentecôtistes prient ensemble. Elle découvre alors une atmosphère de fraternité dans laquelle les différences s’effacent devant la présence de Jésus. Malgré les incompréhensions, cette démarche œcuménique devient pour elle une source de joie et de fidélité à l’Évangile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu à peu, Reydibel ressent l’appel de Dieu à se consacrer au sein du mouvement des Focolari. Ce choix ne fut pas simple : ni sa famille ni sa communauté ne comprenaient comment elle pouvait vivre parmi des catholiques tout en demeurant pentecôtiste. Le moment décisif fut celui où sa grand-mère, avec une douceur désarmante, lui dit : « Je crois que Jésus est heureux de ton choix », avant de lui donner sa bénédiction. Son pasteur, lui aussi, l’encouragea : « Si l’Esprit te conduit là-bas, suis-le. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, Reydibel vit à Budapest dans une communauté Focolare. Elle y découvre une fraternité concrète, fondée sur la prière, le service et l’écoute mutuelle. Être pentecôtiste parmi des catholiques n’est pas pour elle une contradiction, mais une vocation : vivre le rêve de Jésus, «&nbsp;que tous soient un.&nbsp;» Elle en est convaincue : l’unité est possible, car l’Esprit Saint ne connaît pas de frontières.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le mouvement pentecôtiste : une réactualisation du baptême chrétien</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de la rencontre en ligne du 1er novembre 2025,&nbsp;<strong>Sandra Ferreira,</strong>&nbsp;co-directrice du Centre pour l’unité chrétienne du mouvement des Focolari et également brésilienne, a estimé que tous les mouvements nés dans les différentes Églises sont des œuvres de l’Esprit Saint, des charismes donnés à l’Église pour aujourd’hui. On pourrait dire que chacun de ces mouvements représente une vivification de la foi chrétienne et une actualisation du baptême.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Je vois là comme une image du&nbsp;<em>baptême dans l’Esprit Saint</em>, car ce baptême est une manière de se réapproprier le don que Dieu nous a fait. Que nous ayons été baptisés enfants ou adultes, peu importe : nous sommes appelés à redécouvrir ce don et à le faire fructifier. Il s’agit d’une prise de conscience plus profonde de notre identité chrétienne,&nbsp;» affirme-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beaucoup de personnes, une fois baptisées, ne vivent plus réellement comme des chrétiens. Pourtant, le baptême n’est pas seulement un rite du passé : il est donné pour que nous vivions aujourd’hui ce que nous avons professé à ce moment-là (ou ce que nos parents ont professé).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, chaque charisme suscité par l’Esprit aide les chrétiens, à sa manière propre, à vivre plus consciemment leur foi et leur vocation baptismale. Vivre avec une conscience renouvelée de ce que signifie être chrétien, c’est en quelque sorte réactualiser notre baptême, lui redonner toute sa force spirituelle et missionnaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Cette perspective est belle, car elle nous invite à reconnaître dans le mouvement pentecôtiste – comme dans d’autres mouvements spirituels – une œuvre de l’Esprit qui ravive la foi des croyants et ranime la grâce du baptême. C’est une invitation à vivre pleinement ce que nous avons reçu, dans la joie et la puissance de l’Esprit Saint,&nbsp;» conclut S. Feirreira.&nbsp;</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Conclusion&nbsp;: une «&nbsp;histoire partagée&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers ces voix se dessine une vision renouvelée du pentecôtisme, enracinée dans la conviction que l’Esprit Saint est le protagoniste de l’unité et de la mission de l’Église. Loin d’être un mouvement marginal, le pentecôtisme apparaît comme une force spirituelle et théologique capable de raviver la foi et la conscience baptismale des chrétiens et de réconcilier expérience et doctrine, ferveur charismatique et enracinement ecclésial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’unité, dans cette perspective, n’est pas un concept abstrait ni un programme institutionnel : elle est une expérience vivante, une réalité mystique façonnée par la présence du Christ dans son peuple. L’Esprit transforme le « je » en « nous » et fait de la communion fraternelle le moteur même de la mission. Ainsi, l’unité devient à la fois moyen et finalité, don et tâche, adoration et envoi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La redécouverte du Credo de Nicée dans le milieu pentecôtiste s’inscrit dans ce mouvement de maturation. Elle rappelle que la foi confessée dans les premiers conciles demeure la base sur laquelle toute expérience spirituelle doit se déployer. Ce retour aux fondements chrétiens, vécu dans la liberté et la créativité de l’Esprit, ouvre un espace fécond pour un œcuménisme charismatique, où la confession commune de la Trinité s’unit à la vitalité du témoignage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, comme le souligne Sandra Ferreira, le pentecôtisme peut être compris comme une vivification de la foi et une réactualisation du baptême chrétien : il réveille la grâce endormie, ranime la joie de croire et appelle les chrétiens à vivre pleinement ce qu’ils professent. En ce sens, il ne s’oppose pas à la tradition, mais l’actualise dans la puissance de l’Esprit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne peux que confirmer cela à partir de mon propre itinéraire. Il y a cinquante ans, j’ai moi-même vécu une&nbsp;expérience de “baptême dans l’Esprit Saint”, inoubliable, alors que je ne connaissais rien du renouveau charismatique ni du pentecôtisme. Cette rencontre fondatrice avec le Christ vivant est devenue&nbsp;l’axe spirituel de ma vie&nbsp;(<a href="https://www.hoegger.org/article/allocution-pour-les-50-ans-de-la-faculte-de-theologie-jean-calvin-aix-en-provence/"><strong>voir ici mon témoignage</strong></a>). Tout en demeurant enraciné dans mon Église réformée, j’ai progressivement été exposé à la spiritualité charismatique et au mouvement pentecôtiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil des années, cette ouverture s’est transformée en&nbsp;histoire partagée&nbsp;avec des frères et sœurs d’autres traditions chrétiennes. J’emploie ici la notion «&nbsp;d’histoire partagée&nbsp;» développée par&nbsp;Friedrich Wilhelm Graf, selon laquelle les confessions ne sont pas des mondes clos, mais des&nbsp;traditions enchevêtrées&nbsp;(<em>Verflechtungsgeschichte</em>)<a href="applewebdata://394A7907-20E4-4664-93A6-9F8996CC200B#_ftn1"><sup>[1]</sup></a>. Elles partagent plus d’histoire qu’elles ne veulent bien l’admettre : elles ont évolué ensemble, affronté les mêmes crises, appris les unes des autres. Dans cette perspective, nos chemins ecclésiaux et personnels s’inscrivent dans une histoire spirituelle commune, où l’Esprit Saint tisse des liens inattendus entre les traditions.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, je vis avec gratitude cette communion concrète. Pasteur réformé, membre du mouvement des Focolari (<a href="https://www.hoegger.org/article/focolari/">voir ici quelques publications sur ce lien</a>), je collabore avec des pentecôtistes dans plusieurs initiatives, notamment&nbsp;le&nbsp;<a href="https://romandie.forumchretien.org/">Forum chrétien romand et francophone</a>&nbsp;et&nbsp;<a href="https://www.jc2033.world/fr/">JC2033.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être est-ce là un signe de notre temps : dans la diversité des dons et des expressions ecclésiales,&nbsp;l’Esprit Saint prépare une nouvelle Pentecôte, où la louange, la foi et l’amour se rejoignent pour annoncer ensemble le Christ, « Dieu et Sauveur », jusqu’à ce que l’Esprit et l’Épouse puissent dire d’une seule voix : « Viens ! ».</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://394A7907-20E4-4664-93A6-9F8996CC200B#_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>&nbsp;Sur la notion d’« histoire partagée », voir Friedrich Wilhelm Graf,&nbsp;<em>Die Wiederkehr der Götter. Religion in der modernen Kultur&nbsp;</em>(Munich, C.H. Beck, 2004). Graf y distingue trois modèles pour comprendre le pluralisme religieux moderne : le marché religieux, le champ religieux et la&nbsp;<em>shared history</em>. Ce dernier met en lumière le fait que les confessions religieuses, loin d’évoluer isolément, partagent une histoire commune marquée par des influences réciproques, des crises partagées et des apprentissages mutuels.</p>
<p>L’article <a href="https://www.hoegger.org/article/pentecotisme-histoire-partagee/">La spiritualité de l’unité et le pentecôtisme : une histoire partagée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.hoegger.org">Martin Hoegger</a>.</p>
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