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	<title>Archives des Dialogue interreligieux - Martin Hoegger</title>
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	<description>Blog de Martin Hoegger</description>
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	<title>Archives des Dialogue interreligieux - Martin Hoegger</title>
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		<title>Quelle paix au Proche-Orient ? Quel impact pour nos Églises ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 07:37:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dialogue interreligieux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le 20 juin 2026, la paroisse réformée de l’Entre-deux-Lacs à Cressier a organisé une journée de réflexion consacrée à l’avenir d’Israël, de la Palestine et aux questions qu’elles soulèvent dans les Églises. Face à un conflit qui suscite passions et divisions, cette rencontre a privilégié l’écoute et le dialogue. Plusieurs intervenants d’horizons différents ont partagé [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 20 juin 2026, la paroisse réformée de l’Entre-deux-Lacs à Cressier a organisé une <a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/06/Flyer-Cressier.pdf">journée de réflexion consacrée à l’avenir d’Israël, de la Palestine</a> et aux questions qu’elles soulèvent dans les Églises. Face à un conflit qui suscite passions et divisions, cette rencontre a privilégié l’écoute et le dialogue. Plusieurs intervenants d’horizons différents ont partagé leurs analyses, leurs expériences et leurs espérances.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Oser parler ensemble</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En ouvrant la journée, Ernest Geiser a souligné la difficulté croissante d’aborder la question israélo-palestinienne dans les communautés chrétiennes. Les convictions sont souvent fortes et les blessures nombreuses. L’objectif de cette journée n’est pas d’organiser un débat mais d’apprendre à écouter des personnes qui ne partagent pas nécessairement les mêmes points de vue. Citant le psaume 31 — « Tu dresses mes pieds au large » — il a invité chacun à prendre du recul et à entrer dans un espace de dialogue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Etre « pro-paix »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jean-Jacques Meylan a présenté les principales idées de son récent livre <a href="https://www.unixtus.ch/librairie/israël-en-son-mystère/">«&nbsp;Israël en son mystère.&nbsp;»&nbsp;</a>&nbsp;Selon lui, la question essentielle n’est pas de choisir entre être pro-israélien ou pro-palestinien, mais d’être « pro-paix ». Il a rappelé que la Bible ne peut être lue de manière sélective pour justifier une position politique. Les textes de bénédiction envers Israël doivent être lus avec ceux qui rappellent les exigences de justice et de responsabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour lui, le peuple juif porte une vocation particulière, mais elle ne peut être comprise comme une séparation d’avec les autres peuples. Isaac et Ismaël participent tous deux à la bénédiction d’Abraham. La Terre sainte est avant tout un lieu où la dignité humaine doit être respectée. Il a conclu en rappelant la question biblique fondamentale : « Qu’as-tu fait de ton frère ? »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Construire des ponts</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Membre du comité de l’association <a href="https://coexistences.org">Coexistences</a>, André Katz a présenté les initiatives qui favorisent la rencontre entre Israéliens et Palestiniens.Juif de culture, il a insisté sur l’importance de distinguer la critique d’un gouvernement de la remise en question du droit à l’existence d’Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a présenté le travail de Coexistences, qui accueille en Suisse des jeunes, des responsables d’écoles, des militants pour la paix et des acteurs du dialogue venus d’Israël et de Palestine. Ces rencontres permettent à des personnes issues de communautés opposées de dialoguer et de découvrir l’autre autrement que par les récits de conflit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour André Katz, ces initiatives peuvent sembler modestes, mais elles préservent des espaces indispensables de confiance. Elles rappellent que les réconciliations jugées impossibles aujourd’hui peuvent devenir les réalités de demain.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rencontrer l’autre face à face.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Invité à partager son expérience de la Terre Sainte, Martin Hoegger a évoqué près de <a href="https://www.hoegger.org/article/face-a-face/">30 années de rencontres avec des juifs, des chrétiens et des musulmans. </a>Son témoignage a mis en lumière l’importance de «&nbsp;rencontrer l’autre face-à-face.&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a évoqué plusieurs figures marquantes, notamment Émile Shoufani à Nazareth, Margaret Karram des Focolari, ainsi que de nombreux artisans de paix rencontrés à Jérusalem et dans d’autres endroits. Tous partagent la conviction que les solutions politiques demeurent insuffisantes si les relations humaines ne sont pas transformées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a souligné l’importance du dialogue judéo-chrétien, qui a conduit les Églises à reconnaître que l’Alliance de Dieu avec le peuple juif demeure irrévocable. Il a également évoqué sa participation à «&nbsp;Coexistence&nbsp;» et aux «&nbsp;Montées de Jérusalem&nbsp;» où il a rencontré d’innombrables communautés. Son expérience lui a appris que la paix naît d’abord de la rencontre personnelle, de l’écoute et de la prière commune. Malgré les violences actuelles, il demeure convaincu que l’Esprit de Dieu continue d’agir discrètement à travers les chemins du dialogue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mémoire et responsabilité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Journaliste et membre du <a href="https://www.cerclemartinbuber.ch">Cercle Martin Buber,</a> Emmanuel Deonna a proposé une lecture historique du conflit. Selon lui, il est impossible de comprendre la situation sans tenir compte à la fois de la mémoire juive marquée par la Shoah et de la mémoire palestinienne marquée par la Nakba.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux récits portent des souffrances réelles qui ne s’annulent pas mais se rencontrent douloureusement dans l’histoire contemporaine. Il a critiqué les extrémismes des deux camps, qui alimentent mutuellement la peur et la radicalisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’inspirant de Martin Buber, il a rappelé que le dialogue commence lorsque l’autre cesse d’être un objet ou un ennemi pour devenir un « tu ». Il a également insisté sur la responsabilité de la Suisse : lutter contre l’antisémitisme, l’islamophobie et toutes les formes de haine, tout en soutenant les initiatives qui favorisent la rencontre et la coexistence.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La réconciliation comme vocation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’entretien vidéo avec Salim Munayer, fondateur du mouvement&nbsp;<em><a href="https://musalaha.org">Musalah</a>a</em>&nbsp;(«&nbsp;réconciliation&nbsp;» en arabe), a constitué le dernier temps de la journée.&nbsp;Chrétien palestinien citoyen d’Israël, il a raconté comment il a créé en 1990 un ministère de réconciliation entre Israéliens et Palestiniens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour lui, la réconciliation est au cœur de l’Évangile. Elle exige justice, vérité et compassion. Son expérience lui a montré que la rencontre ne peut avoir lieu que lorsque les personnes sortent de leurs positions habituelles. C’est pourquoi Musalaha organise notamment des traversées du désert où Israéliens et Palestiniens apprennent à se connaître dans un cadre dépouillé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S. Munayer a également lancé un appel à la compassion. Il a invité chacun à refuser la haine et à reconnaître la souffrance de tous les êtres humains. Selon lui, aimer son ennemi n’est pas un idéal irréaliste mais une nécessité pour préserver sa propre humanité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ajuster notre regard</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En conclusion, Jane Maire, initiatrice de cette riche journée, a invité chacun à discerner ce qu’il pouvait mettre concrètement en pratique. Elle a souligné l’importance d’éviter les généralisations et a comparé la vie spirituelle à un piano qui doit être régulièrement réaccordé. De même, nos regards et nos jugements ont besoin d’être ajustés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette journée n’a pas prétendu apporter des solutions à une situation complexe. Elle a cependant montré qu’un autre chemin demeure possible : celui de l’écoute, du dialogue, de la compassion et de la rencontre. Un chemin exigeant, mais conforme à l’appel du Christ à devenir des artisans de paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger</em></p>
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		<title>Rencontrer l’autre face à face. Témoignages en Terre sainte.</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 21 Jun 2026 06:27:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dialogue interreligieux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dias qui illustrent cet article Dans le cadre d&#8217;une journée consacrée à la paix au Proche-Orient, on m’a demandé de partager mon expérience du dialogue en Terre Sainte[1]. Ce témoignage n&#8217;entre pas dans des considérations politiques mais veut raconter des rencontres qui ont marqué mon parcours et qui m’ont convaincu d’une chose essentielle : la [&#8230;]</p>
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<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong><em><a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/06/Conference-Cressier-2026-06.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Dias qui illustrent cet article </a></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre d&rsquo;une <a href="https://www.hoegger.org/article/quelle-paix/">journée consacrée à la paix au Proche-Orient</a>, on m’a demandé de partager mon expérience du dialogue en Terre Sainte<a href="applewebdata://34A0C99E-9612-49F2-ACC3-D226AC494A1B#_ftn1"><sup>[1]</sup></a>. Ce témoignage n&rsquo;entre pas dans des considérations politiques mais veut raconter des rencontres qui ont marqué mon parcours et qui m’ont convaincu d’une chose essentielle : la paix ne peut naître durablement que là où les personnes apprennent à se connaître, à s’écouter et à reconnaître leur commune humanité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis près de cinquante ans, j’ai eu le privilège de me rendre régulièrement en Terre Sainte. J’y ai rencontré des juifs, des chrétiens de nombreuses Églises, des musulmans, des Israéliens et des Palestiniens. À travers ces rencontres, j’ai découvert une réalité souvent ignorée : celle des artisans de dialogue, des bâtisseurs de ponts et des témoins d’espérance qui travaillent discrètement au milieu des tensions et des violences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je voudrais évoquer quelques-unes de ces expériences qui ont nourri ma foi et façonné ma compréhension de la paix.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Les premiers pas : découvrir Israël et le dialogue judéo-chrétien</strong> (Dia 2)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis rendu pour la première fois en Terre Sainte, il y a bientôt 50 ans, en 1977, dans le cadre d’un voyage organisé par les facultés de théologie de Suisse romande, sous la direction du professeur Albert de Pury qui y a vécu et étudié. Je me souviens avoir visité de nombreux sites archéologiques, dont cet éminent professeur d’Ancien Testament était féru. Mais aussi avoir rencontré de nombreux acteurs de la vie sociale et religieuse tant israéliens que palestiniens. <strong>(Dia 3)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après mes études de théologie, je suis devenu assistant diplômé d’Ancien Testament aux côtés du professeur Samuel Amsler. Ce dernier était aussi président des Amitiés judéo-chrétiennes et m’a invité à participer aux rencontres. J’en suis membre depuis plus de 40 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un des résultats du dialogue judéo-chrétien né après la deuxième guerre mondiale est que l’Alliance de Dieu avec son peuple est « irrévocable », comme le dit Paul dans sa lettre aux Romains : « les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables » (11.29). Par conséquent, la théologie du remplacement qui a structuré la théologie chrétienne a été en principe abandonnée. Je dis « en principe&nbsp;», car dans les faits, elle est encore bien incrustée et ressurgit sous d’autres formes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela signifie que l’Église n’a pas remplacé le peuple juif. Les promesses données à Abraham, Isaac et Jacob et à leurs descendants sont irrévocables. La triple promesse d&rsquo;une descendance, d&rsquo;une bénédiction et d&rsquo;une terre demeure. Le peuple juif vit de cette promesse annoncée par les prophètes :&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Voici ce que le Seigneur déclare : Si un beau jour il arrive que les lois de la nature cessent de s&rsquo;exercer dans le monde, alors les gens d&rsquo;Israël cesseront pour toujours de former un peuple devant moi ! Mais pas avant ! » (Jérémie 31.36).<strong> (Dia 4)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un important livre récemment paru aux éditions Labor et Fides – le « Manuel de théologie d’Israël » – porte précisément comme sous-titre « l’Alliance jamais révoquée. » (Genève, Labor et Fides, 2025). À l’occasion des 60 ans de&nbsp;<em>Nostra Aetate</em>, <a href="https://swissjews.ch/fr/actualites/cdjc-declaration-nostra-aetate-2025">la Commission de dialogue judéo-catholique-romaine de Suisse </a>a rédigé cette déclaration, où l’Église catholique s’engage de manière permanente :&nbsp;<strong>(Dia 5)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Pas d&rsquo;identité chrétienne sans judaïsme : le peuple de Dieu est composé de juifs et de chrétiens, deux communautés qui forment un seul peuple. En effet, « Dieu continue d&rsquo;agir dans le peuple de la première Alliance » (pape François). L&rsquo;histoire biblique de l&rsquo;alliance se poursuit jusqu&rsquo;à nos jours et est destinée à être une bénédiction pour tous les êtres humains, car tous sont créés à l&rsquo;image de Dieu. »</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Émile Shoufani : humaniser les relations</strong> (Dia 6)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après 1977, ce n’est qu’en 2005, lors de mon voyage de noces avec Chantal, que je suis retourné en Terre Sainte. Nous avions alors visité Émile Shoufani, dont j’avais fait la connaissance lors d’une rencontre de la Communauté de Saint-Égidio. Une grande amitié est née avec cet homme de dialogue. Émile était convaincu de l’importance de rencontrer l’autre, quel qu’il soit. Il était curé de l’Église melkite de Nazareth et directeur d’une école qu’il avait fondée. Le chœur de cette école réunissait des chrétiens, des juifs et des musulmans. Il avait organisé un voyage à Auschwitz avec des Palestiniens chrétiens et musulmans, avec des juifs et des athées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;année suivante, nous l&rsquo;avions visité lors d’un voyage avec la communauté des Églises chrétiennes dans le canton de Vaud. Émile Shoufani était persuadé que les solutions politiques étaient insuffisantes. Il faut humaniser les relations. Les solutions politiques sont inopérantes si les cœurs ne changent pas. Et les cœurs changent à travers le dialogue et la rencontre. Nous avons visité Émile à chaque voyage. J’ai été touché qu’il me téléphone après le décès de Chantal, il y a deux ans. Il m’a fait part de ses ennuis de santé. Quelques jours plus tard, c’était lui qui est parti vers le Seigneur.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Margaret Karram, les Focolari et la spiritualité de la proximité</strong> (Dia 7)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant le voyage organisé par la communauté des Églises chrétiennes dans le canton de Vaud, j’ai rencontré pour la première fois une femme remarquable : Margaret Karram, responsable de la communauté des Focolari de Jérusalem. Elle aussi est convaincue de l’importance du dialogue. Pour elle, dialogue et relations signifient « proximité ». Elle a vécu à Haïfa, une ville où juifs et arabes ont appris à vivre ensemble. L’exemple de sa maman l’a marquée : un jour, elle a cuit un pain pour la famille d&rsquo;un enfant juif qui avait maltraité Margaret. Celle-ci a alors compris l’importance du pardon et de faire le premier pas. La proximité est le « style de Dieu », disait le Pape François. Elle est le « chemin vers la paix », comme Margaret le dit dans son beau livre autobiographique<a href="applewebdata://34A0C99E-9612-49F2-ACC3-D226AC494A1B#_ftn2"><sup>[2]</sup></a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2021, elle est devenue la troisième présidente des Focolari, mouvement auquel je suis relié depuis 30 ans et dont le but est le dialogue et l’unité. Ce mouvement a des communautés à Jérusalem, Haïfa et Nazareth. Je les visite à chaque fois que je me rends dans ces villes. Et&nbsp;je découvre qu’elles ont développé des relations fraternelles tant avec des juifs, des chrétiens des diverses églises et avec des musulmans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voici ce qu’écrit M. Karram à propos de l’importance du dialogue&nbsp;: «&nbsp;Je suis convaincue que le dialogue est le moyen le plus efficace pour parvenir à la paix. Je crois en son potentiel et en la nécessité de le mettre en pratique à tous les niveaux : pour nous rapprocher les uns des autres, pour trouver l&rsquo;harmonie sociale, pour rétablir la paix entre les peuples<a href="applewebdata://34A0C99E-9612-49F2-ACC3-D226AC494A1B#_ftn3"><sup>[3]</sup></a>.»</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>« Marcher ensemble à Jérusalem »</strong> (Dia 8)</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Marcher ensemble à Jérusalem » a été le titre d’un congrès organisé par les Focolari en 2009. Une expérience marquante pour moi. La première partie était consacrée au sens de Jérusalem pour les&nbsp;juifs et les chrétiens. La deuxième était une marche dans les rues de Jérusalem où les juifs expliquaient les lieux de mémoire juive aux chrétiens et où les chrétiens expliquaient aux juifs le sens des lieux chrétiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dernière étape était au bas des escaliers millénaires à côté de l’Église de Saint-Pierre en Gallicante. Selon une ancienne tradition, Jésus aurait prié en ce lieu pour l’unité : « que tous soient un, Père, comme toi et moi sommes un ! Qu’ils soient un en nous afin que le monde croie » ! (Jean 17.21). Nous avons rappelé ces paroles et un groupe palestinien a chanté le psaume 23 en arabe : « le Seigneur est mon berger », suivi par le même psaume chanté en hébreu par des juifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, nous nous sommes rendus sur la grande place du Kotel, le mur occidental, juste à côté. Nous nous sommes mis en cercle et avons affirmé que Dieu nous appelle à une même vocation d’être ouvriers de justice et de paix, comme le dit le prophète Michée : « on t’a fait connaître ce qui est bon, ce que le Seigneur attend de toi. C’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde et que tu marches humblement avec ton Dieu » (6.8). <strong>(Dia 9)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, à chaque visite de Jérusalem, je me rends aux « escaliers de l&rsquo;unité », comme je les appelle désormais. C’est mon endroit préféré à Jérusalem. J’y prie cette prière du chapitre 17 de l’évangile de Jean. J’y vais en particulier durant la nuit de jeudi saint quand on fait mémoire du dernier repas de Jésus et sa prière pour l’unité.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La troisième voix : celle du dialogue</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant ce congrès, j’ai aussi rencontré des acteurs juifs du dialogue de premier plan, tels que les rabbins David Goodman et Marc Guedj, avec lesquels je suis resté en contact. En 2013, j’ai fait la connaissance de Beni Gassenbauer, un aquarelliste vivant à Jérusalem. Je lui ai commandé un tableau de ces escaliers, qui est maintenant suspendu dans mon salon. Il me rappelle toujours cette prière de Jésus qui est au cœur de ma vie spirituelle et de mes engagements. (<strong>Dia 10)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Beni a animé un atelier d’initiation à l’aquarelle durant le voyage en Terre sainte pour les artistes que j’ai organisé en 2018 avec Guy Barblan, directeur de Psalmodia. <strong>(Dia 11</strong>) Le jour avant, nous avions rencontré des artistes palestiniens à Bethléem dans le centre WI’AM, dirigé par Zoughbi Zoughbi, un autre homme de dialogue que je rencontre régulièrement. Et à la fin de notre séjour de 10 jours, nous avons aussi passé une belle soirée avec des artistes juifs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beni est le mari de Sylvie Berkowitz, la fondatrice de l’association « Coexistences » dont je suis membre. <strong>(Dia 12 et 13)</strong> À travers cette association, j’ai rencontré beaucoup de palestiniens et d’israéliens engagés dans des associations de dialogue. J’ai découvert la réalité de cette « troisième voix », la voix du dialogue. Une voix qu’on a peine à entendre tant les pro et les contra parlent fort. Une voix (ou une « voie ») qui est pourtant essentielle. Comme chrétien, je crois qu’elle est celle que Jésus nous a montrée. Ses premiers disciples ont été appelés « ceux de la voie ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La formule de Coexistences est originale&nbsp;: inviter pendant deux semaines des Israéliens et des Palestiniens pour deux semaines&nbsp;: la première dans un chalet des Alpes et la seconde dans des familles de la région lausannoise pour visiter des lieux de dialogue. C’est ainsi que nous avons reçu chez nous des jeunes et des adultes juifs, chrétiens et musulmans.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La rencontre avec les juifs croyant en Yeshoua</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Une autre découverte importante de mon parcours a été celle des communautés juives qui reconnaissent Jésus — ou Yeshoua en hébreu — comme le Messie d’Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">N’oublions pas que les premiers disciples étaient tous juifs. Mais, malheureusement, ils ont été rejetés de l’Église. Aujourd’hui, il existe une réalité nouvelle et surprenante : des juifs deviennent à nouveau disciples de Jésus et forment des communautés, comme au premier siècle. Je les ai rencontrés à travers les « Montées de Jérusalem » : un mouvement suscité par une grande rencontre du Renouveau charismatique à Strasbourg en 1982. <strong>(Dia 14)</strong> L’appel était de « monter » à Jérusalem pour y rencontrer les chrétiens de toutes les Églises ainsi que ce « reste » du peuple juif qui reconnaît en Yeshua le Messie d&rsquo;Israël. Les « Montées de Jérusalem » ont fait ces visites à Pentecôte, pendant 40 ans : entre 1984 et 2023.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une œuvre surprenante de l’Esprit saint qui renouvelle à la fois l’Église et Israël. Il y a deux ans, j’ai fait une expérience marquante durant le temps de Pâques. J’ai visité un pasteur à Bethléem qui m’a confié qu’il priait pour que l’Esprit saint visite le peuple juif. Le lendemain, j’ai visité une communauté de juifs croyant en Yeshua qui m’a dit qu’elle priait tous les jours pour que les habitants de Gaza reçoivent l’Esprit saint. Prier pour que l’Esprit saint visite les cœurs, les enflamme et y mette l’amour de Dieu change notre regard sur les autres, quels qu’il soient. C’est aussi la seule chose nécessaire chez nous, en Suisse. Voici le secret de la paix au Proche-Orient, comme partout : recevoir l’Esprit d’amour sans lequel il n’y a pas de justice ni de paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2009, à travers ces « Montées », j’ai pu rencontrer d’innombrables palestiniens à la fois en Israël et en Palestine. Et également des juifs. À certaines occasions, nous avons pu prier ensemble… et même danser ensemble.&nbsp;</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Comme une résurrection&nbsp;!</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Récemment, je suis entré en contact avec un autre mouvement, qui a un but semblable : « Vers un deuxième Concile de Jérusalem », qui appelle les Églises à reconnaître cette partie du peuple juif qui croit en la messianité de Jésus. <strong>(Dia 15)</strong> Ils sont nos frères et sœurs, membres du Corps du Christ. Nous avons à les accueillir dans leur particularité, comme eux ont à nous accueillir, afin de vivre ensemble l’appel de l’apôtre Paul adressé aux juifs et aux non-juifs : « Accueillez-vous les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu » (Romains 15.7).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En octobre dernier, j’ai participé à une rencontre de ce mouvement à Jérusalem qui réunissait environ 50 juifs croyants en Jésus et 50 chrétiens, dont une dizaine de palestiniens. J’ai particulièrement été touché par le témoignage d’un pasteur palestinien et d’un rabbin. Les deux sont amis de longue date. Pendant la période du Covid, le pasteur est tombé gravement malade. Le rabbin a voulu le visiter à l’hôpital mais on lui a refusé d’entrer dans sa chambre. Le lendemain, il essaie à nouveau ; on lui dit que son ami est décédé et on lui interdit à nouveau d’entrer dans sa chambre. Mais, alors qu’il est seul, le rabbin entre dans sa chambre et prie au chevet de son lit… Et le pasteur revient à la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet événement touchant m’a fait penser à ce que l’apôtre Paul dit quand les juifs se mettront à croire dans leur Messie : cela sera comme « le passage de la mort à la vie » (Rom 11.15, TOB). Leur foi apportera non seulement une bénédiction pour le peuple juif, mais apportera une vague de grâce pour tous, à commencer pour le peuple palestinien. Le retour de la mort à la vie de ce pasteur en est l’humble signe.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Un regard habité par l’espérance</strong> (Dia 16)</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai entendu tant de choses tristes et révoltantes, de témoignages de violences de part et d’autre en Israël et Palestine. Il suffit de consulter les médias et les réseaux sociaux. Mais il ne faut pas oublier que l’Esprit saint agit de manière discrète par les voies du dialogue, de la rencontre, du renouveau de la foi.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l&rsquo;on croit que Dieu a rétabli son peuple sur la terre de ses ancêtres, c’est pour qu’il y pratique la justice, qu’il aime la miséricorde et marche humblement avec son Dieu. Vocation qui, en Jésus-Christ, s’élargit à tous les peuples de la terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le dit un proverbe bouddhiste : « c’est dans la boue que fleurit le lotus. » Il faut regarder le lotus, pas la boue. Il faut un regard habité par la foi, l’espérance et l’amour. Cela veut dire que, par exemple, quand je constate avec effroi la violence de certains résidents juifs contre des Palestiniens en Cisjordanie, je la condamne sans équivoque, comme vient de le faire le <a href="https://www.jpost.com/israel-news/politics-and-diplomacy/article-897160">président d’Israël Isaac Herzog</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais je sais aussi que des juifs orthodoxes, reliés au<a href="https://k-larevue.com/bnei-avraham-itv/"> mouvement des Benei Avraham,</a> protègent les Palestiniens contre ces violences. Ceux-ci sont fidèles à l’appel prophétique de pratiquer la justice.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Conclusion : un chemin spirituel vers Jérusalem</strong> (Dia 17)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je conclus par une dernière expérience très récente. Depuis 10 ans, je collabore à <a href="https://www.jc2033.world/fr/">l’initiative JC2033</a> qui invite tous les chrétiens à préparer ensemble la célébration des 2000 ans de la mort et de la résurrection du Christ. Pour être en lien avec Jérusalem, où tout a commencé, nous organisons chaque année une marche sur le chemin d’Emmaüs, chemin où le Ressuscité a rejoint deux disciples. Le chemin de résurrection par excellence ! Nous visitons les diverses communautés sur ce chemin et à Jérusalem : elles sont palestiniennes, juives et venant des nations. C’est une modeste contribution à la rencontre et à la paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En octobre dernier, à l’issue d’une rencontre œcuménique à Nicée et à Istanbul, le <a href="https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2025-11/eglise-syriaque-orthodoxe-istanbul-turquie-voyage-apostolique.html">pape Léon XIV a invité tous les chrétiens à un « chemin spirituel vers 2033 »,</a> un chemin de justice et de réconciliation. Et, pour le « Jubilé de la résurrection » (ou de la « rédemption », comme l’appelle l’Église catholique), il a donné rendez-vous aux responsables des Églises à Jérusalem, « aux racines de notre foi ».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je l’ai rencontré le 30 mai dernier et l’ai remercié pour cette belle initiative qui rejoint celle de JC2033, qui nous a lancé sur les routes du monde depuis plus de 15 ans, visitant 65 pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre prière est qu’en 2033, à Jérusalem, il y ait une grande effusion de l’Esprit saint qui apportera un peu plus de paix dans ce Proche-Orient que nous aimons. Voulez-vous prier avec nous ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://34A0C99E-9612-49F2-ACC3-D226AC494A1B#_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>&nbsp;Témoignage donné dans le cadre de la journée « Quelle paix au Proche-Orient ? Quel impact pour nos Églises ?&nbsp;&nbsp;Cressier (NE), 20 juin 2026</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://34A0C99E-9612-49F2-ACC3-D226AC494A1B#_ftnref2"><sup>[2]</sup></a>&nbsp;Margaret Karram, Prossimita, via alla Pace. Roma, Citta Nuova, 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://34A0C99E-9612-49F2-ACC3-D226AC494A1B#_ftnref3"><sup>[3]</sup></a>&nbsp;Prossimita, via alla Pace, p. 111.</p>
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		<title>Jésus et la Samaritaine : un chemin de dialogue</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2026 08:26:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dialogue interreligieux]]></category>
		<category><![CDATA[Prédications]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Évangile de la rencontre de Jésus avec la femme samaritaine est l’un des grands récits de dialogue dans le Nouveau Testament. Il nous montre comment Jésus entre en relation avec une personne étrangère à son peuple et à sa tradition religieuse. Ce texte prend un relief particulier lorsque nous réfléchissons au dialogue entre croyants de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Évangile de la rencontre de Jésus avec la femme samaritaine est l’un des grands récits de dialogue dans le Nouveau Testament. Il nous montre comment Jésus entre en relation avec une personne étrangère à son peuple et à sa tradition religieuse. Ce texte prend un relief particulier lorsque nous réfléchissons au dialogue entre croyants de différentes religions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours d&rsquo;une journée consacrée au dialogue interreligieux, j&rsquo;ai évoqué plusieurs attitudes qui rendent possible une véritable rencontre. <strong><a href="https://www.hoegger.org/article/proximite-et-dialogue/">(Lire ici ma conférence</a></strong>). On peut les résumer en trois points : faire le premier pas et ouvrir son cœur, vivre la rencontre dans la vérité, et partager ce qui nous fait vivre. Or ces trois dimensions apparaissent clairement dans la rencontre entre Jésus et la Samaritaine.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Faire le premier pas</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dialogue commence toujours par une initiative. Dans ce récit, c’est Jésus qui fait le premier pas. Fatigué par la route, assis près du puits de Jacob, il s’adresse à une femme qui vient puiser de l’eau et lui dit simplement : « Donne-moi à boire. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette parole peut nous sembler banale. En réalité, elle franchit plusieurs barrières. Jésus est juif et la femme est samaritaine. Depuis des siècles, une hostilité profonde sépare Juifs et Samaritains pour des raisons religieuses et politiques. Les relations entre les deux peuples sont marquées par la méfiance et l’éloignement. De plus, un homme ne s’adresse pas facilement à une femme inconnue dans un lieu public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En lui demandant à boire, Jésus transgresse ces habitudes. Il ouvre une relation là où la coutume maintenait la distance. Il manifeste ainsi que la rencontre est possible même lorsque l’histoire, la culture ou la religion semblent séparer les personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’Évangile, Jésus se montre toujours attentif à la relation. Il ne cherche pas d’abord à convaincre, mais à rencontrer. Il veut connaître cette femme et se faire connaître d’elle. Le dialogue commence par ce geste simple : oser s’adresser à l’autre.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Vivre la rencontre dans la vérité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil de la conversation, la relation s’approfondit. Jésus parle d’abord de l’eau, puis il évoque la vie personnelle de la femme. Il révèle qu’il connaît son histoire, marquée par plusieurs relations conjugales. La Samaritaine comprend alors qu’elle se trouve devant un prophète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet échange, amour et vérité vont ensemble. Jésus établit une relation de confiance, mais il ne cache pas la vérité. La vérité dont parle l’Évangile n’est pas une idée abstraite : elle se manifeste dans la rencontre avec une personne. Jésus se révèle peu à peu à la Samaritaine, jusqu’à lui dire : « Je le suis, moi qui te parle », lorsqu’elle évoque la venue du Messie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette scène nous rappelle que le dialogue n’exige pas de taire ce qui nous habite. Il ne consiste pas à mettre de côté sa foi ou ses convictions. Mais le témoignage ne peut être reçu que dans une relation d’écoute et de respect. C’est parce qu’une relation de confiance s’est créée que la Samaritaine peut accueillir ce que Jésus lui révèle.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Partir de l’expérience humaine</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre aspect frappant du récit est le point de départ de la conversation. Jésus ne commence pas par une discussion théologique. Il parle de l’eau. L’eau du puits, celle dont chacun a besoin pour vivre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de cette réalité quotidienne, il ouvre un horizon plus large : « Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif. » L’eau devient le signe d’une autre source, celle de la vie que Dieu donne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la suite du récit, Jésus évoque aussi l’expérience des relations humaines, en particulier la vie conjugale de la femme. Il rejoint son histoire personnelle, ses blessures et ses attentes. Ainsi, la conversation se construit à partir de l’expérience concrète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette manière de faire éclaire aussi notre manière de dialoguer. La rencontre ne commence pas par des doctrines, mais par ce qui est partagé par tous : la vie quotidienne, les besoins essentiels, les relations humaines. C’est à partir de cette expérience commune que peut s’ouvrir un échange plus profond.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le salut pour Israël et pour le monde</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur du dialogue, Jésus prononce une phrase importante : « Le salut vient des Juifs. » Il rappelle ainsi que l’histoire du salut passe par le peuple d’Israël. Dieu a choisi ce peuple pour faire connaître son alliance et sa parole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le récit ne s’arrête pas là. Les Samaritains viennent à leur tour rencontrer Jésus. Ils l’écoutent, l’accueillent chez eux, et déclarent finalement : « Nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux affirmations se répondent. Jésus appartient au peuple d’Israël, et c’est à travers ce peuple que le salut est venu dans l’histoire. Mais ce salut est destiné à tous. Celui qui est la gloire d’Israël devient aussi la lumière des nations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Évangile montre ainsi un mouvement d’ouverture. Le salut commence au cœur d’un peuple, puis il s’étend progressivement à d’autres peuples. Dans les Actes des Apôtres, cette expansion sera exprimée par l’envoi des disciples : de Jérusalem vers la Samarie, puis jusqu’aux extrémités de la terre.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Un modèle pour le dialogue</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre de Jésus avec la Samaritaine demeure un modèle pour toute démarche de dialogue. Jésus commence par faire le premier pas et ouvrir une relation. Il vit la rencontre dans la vérité, sans opposer l’amitié et le témoignage. Il part de l’expérience humaine avant d’aborder les questions religieuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers cette rencontre, une femme se met en chemin, puis toute une ville découvre la présence du Sauveur. Le dialogue devient ainsi un lieu où la foi peut être partagée et reçue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce récit nous invite à entrer dans la même attitude. Oser la rencontre, accueillir l’autre dans sa différence, et témoigner simplement de ce qui nous fait vivre. Car c’est souvent dans une conversation simple, commencée au bord d’un puits, que peut jaillir la source qui conduit à la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Image : Jésus et la Samaritaine, du peintre chinois He Qi </strong></em></p>
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		<title>L’art de la proximité et le dialogue interreligieux</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/proximite-et-dialogue/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Mar 2026 14:31:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dialogue interreligieux]]></category>
		<category><![CDATA[Spiritualité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pdf du montage Power-Point Ce texte en Pdf Permettez-moi de commencer par une question très simple :&#160;qui est mon prochain ?[1] Cette question est aussi ancienne que l’humanité. Elle se trouvait déjà dans la Bible, lorsqu’un homme la posa à Jésus. Et Jésus répondit par une histoire devenue célèbre : celle du&#160;bon Samaritain. Dans cette [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.hoegger.org/article/proximite-et-dialogue/">L’art de la proximité et le dialogue interreligieux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.hoegger.org">Martin Hoegger</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em><strong><a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/03/Proximite-et-dialogue.pdf">Pdf du montage Power-Point</a></strong></em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong><em><a href="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2026/03/Proximite-et-dialogue-interreligieux.pdf">Ce texte en Pdf</a></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Permettez-moi de commencer par une question très simple :&nbsp;qui est mon prochain ?<a href="applewebdata://081ACBF1-44C9-4981-A8FB-EFC98B141F36#_ftn1"><sup>[1]</sup></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette question est aussi ancienne que l’humanité. Elle se trouvait déjà dans la Bible, lorsqu’un homme la posa à Jésus. Et Jésus répondit par une histoire devenue célèbre : celle du&nbsp;bon Samaritain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette parabole, la surprise est grande : celui qui se fait proche de l’homme blessé n’est pas un religieux, mais un étranger, un Samaritain. Quelqu’un appartenant à un peuple considéré comme différent, parfois même comme ennemi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et pourtant, c’est lui qui devient le prochain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette histoire nous montre quelque chose de très important :&nbsp;le prochain n’est pas seulement celui qui nous ressemble,&nbsp;celui qui partage notre culture, notre religion ou notre manière de penser. Le prochain est celui dont je me fais proche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, dans un monde marqué par la diversité religieuse et culturelle, cette parole de Jésus prend une actualité nouvelle. De plus en plus souvent, notre prochain est quelqu’un qui croit autrement que nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors la question devient :&nbsp;comment vivre cette proximité entre personnes de religions différentes ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément ce que nous appelons&nbsp;le dialogue interreligieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce dialogue ne commence pas par des discussions théologiques. Il commence par quelque chose de beaucoup plus simple et beaucoup plus exigeant :&nbsp;se rendre proche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et c’est pourquoi le thème des années 2025 et 2026 du mouvement des Focolari,&nbsp;la proximité,&nbsp;touche quelque chose de très profond dans la vie chrétienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vous propose de réfléchir en deux étapes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord,&nbsp;nous verrons comment toute la Bible raconte l’histoire d’un Dieu qui se rend proche de l’humanité, depuis Abraham jusqu’à Jésus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite,&nbsp;nous chercherons comment cette proximité peut inspirer aujourd’hui notre manière de rencontrer les croyants d’autres religions.</p>



<ol style="list-style-type:upper-roman" class="wp-block-list">
<li class="has-x-large-font-size"><em><strong>D&rsquo;Abraham à Jésus, un appel à la proximité</strong></em></li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Avant de parler d’un Dieu proche, je crois qu’il faut d’abord parler d’un<strong>&nbsp;</strong>Dieu autre, d’un Dieu qui est au-delà de tout. Il est le Créateur, l’Incomparable. Le nom « Mikaël » signifie en hébreu : « Qui est comme Dieu ? » (Dan 10.3) &#8211; c’est-à-dire, nul ne peut être comparé à Dieu. Et c’est précisément&nbsp;parce qu’il est tout autre qu’il peut aussi être tout proche.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce qu’il est tout-puissant, il peut venir jusqu’à nous, se faire proche, compatissant, présent. Le prophète Ésaïe le dit : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, mes voies ne sont pas vos voies » (55.8), et pourtant Dieu fait monter dans le cœur humain des pensées qui viennent de lui seul.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la Bible, la relation entre Dieu et l’homme est une relation d’alliance, un&nbsp;dialogue vivant&nbsp;entre un « je » et un « tu ». Je pense à Adam, qui se morfond tant qu’il n’a pas trouvé un vis-à-vis, une personne à qui parler, mais qu’il doit aussi respecter. Ève est semblable à lui et pourtant différente. C’est une image de notre relation avec Dieu et avec autrui : il ne peut y avoir de vraie proximité sans respect de l’altérité. Là où l’on ne respecte plus la distance, on risque les abus. L’être humain n’est pas fait pour la solitude, mais pour la rencontre. Nous existons grâce à la rencontre : avec Dieu, avec les autres.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une histoire de proximité&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute la Bible raconte cette&nbsp;grande histoire de la proximité de Dieu. Dieu appelle Abraham à quitter sa terre pour aller vers un pays nouveau. Il lui promet une descendance, une bénédiction, une terre et une mission universelle : « Par toi, toutes les nations de la terre seront bénies » (Gn 12.3). Cette promesse marque la naissance d’un peuple appelé à vivre dans la proximité de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec Moïse, Dieu révèle son nom, ces quatre lettres mystérieuses qu’on appelle le tétragramme. Ce nom, que les Juifs ne prononcent plus, signifie : « Je serai avec toi » (Ex 3.12). Il exprime la présence fidèle, la proximité du Dieu qui accompagne son peuple. La vocation d’Israël, c’est d’aimer la justice, de pratiquer la miséricorde et de marcher humblement avec Dieu (Mi 6.8).</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Se rapprocher de Dieu par le culte</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le grand drame de l’humanité, c’est l’éloignement. Nous avons été créés pour Dieu, et pourtant nous nous en sommes détournés. Dieu ne nous abandonne pas : il nous donne les moyens de nous&nbsp;rapprocher.&nbsp;Dans sa grâce, Dieu s’approche aussi de son peuple par le culte. Les prêtres doivent se sanctifier pour s’approcher de lui (Ex 19.22&nbsp;; Lv 10.3).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En hébreu,&nbsp;<em>korban,</em>&nbsp;le sacrifice, est construit avec la racine du verbe QRV signifiant s’approcher. Il y a trois sortes de sacrifices&nbsp;: pour le péché (pour ôter l’obstacle entre Dieu et l’homme)&nbsp;; le sacrifice entièrement consumé qui symbolise le don total de notre vie&nbsp;; et celui de communion qui se termine par un repas.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces sacrifices préfigurent, pour nous chrétiens, le&nbsp;<strong>sacrifice du Christ. </strong>Jésus s’est donné entièrement, par amour, sans repli sur lui-même. Son don pardonne les fautes, réconcilie les hommes entre eux et les réunit dans la communion. Le culte chrétien reprend ce mouvement : d’abord la confession du péché, ensuite la réponse à la Parole où nous nous donnons à Dieu, enfin la communion dans le partage du pain et du vin, signe de la proximité de Dieu en Jésus-Christ.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Ton prochain qui est comme toi-même</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette proximité ne se vit pas seulement dans la prière. Elle se manifeste aussi dans le regard que je porte sur&nbsp;mon prochain.&nbsp;Pour s&rsquo;approcher de Dieu, il faut donc surtout faire sa volonté (Ex 34.2), résumée dans les dix commandements. La première table concerne Dieu et la seconde le prochain.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’Ancien Testament, le «&nbsp;prochain&nbsp;» désigne un membre du peuple de Dieu&nbsp;; il est synonyme de frère. Tous les commandements relatifs au prochain se résument dans celui-ci&nbsp;: «&nbsp;aime ton prochain comme toi-même&nbsp;» (Lv 19.18). Le Lévitique étend ce commandement à l&rsquo;étranger qui se fixe dans le pays (19.33-34). Blesser son prochain signifie se blesser soi-même, car «&nbsp;ton prochain est comme toi-même.&nbsp;» (Dt 13.7)&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les prophètes rappellent que servir Dieu implique servir son prochain. Esaïe reprend ceux qui «&nbsp;mettent leur plaisir dans la proximité de Dieu&nbsp;» (58.2), mais ferment leurs yeux devant leur prochain. Une communion avec Dieu qui ne se rend pas solidaire avec son prochain est illusoire. Le prophète la dénonce en appelant au vrai jeûne&nbsp;: «&nbsp;Voici le genre de jeûne que je préconise&nbsp;: détacher les chaînes dues à la méchanceté, dénouer les liens de l&rsquo;esclavage, renvoyer libres ceux qu’on maltraite&nbsp;» (Es 58.6).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense à cette histoire symbolique : une femme très pieuse allait chaque jour prier à l’église sans jamais voir les mendiants à sa porte. Un jour, elle trouve la porte du temple fermée et lit sur l’entrée : « Dieu est là, mais dehors. » Oui, Dieu est là, mais dehors, dans le visage du prochain.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>L’art de la proximité : aimer comme Dieu aime</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’Évangile, Jésus nous révèle le Dieu proche. Il se laisse approcher par les enfants, les malades, les exclus, les pécheurs. Il accueille tous ceux que la société rejette. Il abolit les murs de haine et de séparation. En lui, juifs et non-juifs, croyants de toutes nations, sont réconciliés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La parabole du&nbsp;bon Samaritain&nbsp;illustre cette vérité. Ce Samaritain s’est approché de l’homme blessé alors que les religieux avaient détourné les yeux. En se faisant proche, il est entré dans la vie, car c’est dans le visage de l’autre que nous rencontrons Dieu. C’est cela, la bonne nouvelle :&nbsp;le Royaume de Dieu s’est approché. Dieu est proche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette proximité se vit aussi entre nous. J’aime beaucoup ce que disait Chiara Lubich concernant « l’art d’aimer », qu’on peut aussi appeler&nbsp;«&nbsp;l’art de la proximité.&nbsp;» Elle nous invite à changer notre regard, à demander à Dieu un cœur nouveau, un cœur de chair. Elle nous encourage à ne faire aucune distinction entre les gens, à faire le premier pas, à nous mettre à la place de l’autre, à savoir parfois perdre plutôt que d’avoir toujours raison.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La proximité commence dans la famille, dans le soin des plus proches. L’apôtre Paul dit : « Celui qui ne prend pas soin des siens a renié la foi. » À partir de ce cercle, elle s’élargit aux plus lointains, que les moyens modernes nous rendent plus proches.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et je voudrais terminer avec cette parole du psaume : « Ceux qui se tournent vers le Seigneur rayonnent de joie. » (34,6) Oui,&nbsp;se tourner vers Dieu nous illumine, mais cette lumière se propage lorsque nous nous tournons aussi vers les autres. C’est dans cette double proximité — avec Dieu et avec nos frères — que nous trouvons la joie véritable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En résumé, toute la Bible raconte une seule grande histoire :&nbsp;l’histoire d’un Dieu qui se rapproche de l’humanité pour la réconcilier avec lui et entre elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et si Dieu agit ainsi, alors la question devient pour nous :&nbsp;comment vivre cette proximité aujourd’hui avec les autres ?</p>



<p class="has-x-large-font-size wp-block-paragraph">II.  <strong><em>Proximité et dialogue interreligieux</em></strong></p>



<ol style="list-style-type:upper-roman" class="wp-block-list">
<li></li>
</ol>



<p class="wp-block-paragraph">Si Dieu lui-même se rend proche de l’humanité, alors nous comprenons que la foi ne peut jamais être une fermeture. Elle est au contraire un mouvement vers l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La proximité de Dieu nous pousse à la proximité avec les êtres humains. Et aujourd’hui, dans un monde où des personnes de religions différentes vivent côte à côte, cette proximité prend une forme particulière :&nbsp;le dialogue interreligieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais comment vivre ce dialogue ? Et surtout, comment le vivre à la lumière de l’Évangile ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">En méditant sur la vie de Jésus, nous trouvons une clé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parce qu’il a vécu la proximité comme nul autre, Jésus a été un homme de dialogue. Il n’était pas un philosophe enfermé dans une école. Il marchait sur les routes, rencontrait les gens là où ils vivaient, se laissait aborder.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il se rendait proche des personnes. Il les écoutait. Il leur posait des questions. Il n’excluait personne. Parfois même, il se laissait déplacer dans la rencontre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il lui arrivait aussi d’interpeller ses interlocuteurs. Et avec certains, il partageait quelque chose de très intime : sa relation avec celui qu’il appelait « Abba », son Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dialogue n’est donc pas d’abord une théorie ou une idéologie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est&nbsp;suivre une personne&nbsp;dont la vie a été un dialogue constant :<br>dialogue avec les hommes, et dialogue avec Dieu. </p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Un « décalogue » du dialogue</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En regardant comment Jésus se rendait proche des personnes, on peut apprendre peu à peu un véritable art du dialogue.<br>J’aimerais résumer cet art en dix attitudes simples, que l’on pourrait appeler un « décalogue du dialogue ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1.  N’exclure personne</strong><br>Le dialogue selon l’Évangile commence par une chose très simple : n’exclure personne.<br>Jésus rappelle que Dieu fait lever son soleil sur les bons comme sur les méchants. Si Dieu se soucie de tous, nous sommes appelés, nous aussi, à porter un regard d’intérêt et de respect sur chacun. (Mt 5.45ss)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>2. </strong> <strong>Faire le premier pas</strong><br>Dialoguer, c’est ensuite faire le premier pas.<br>Jésus n’a pas attendu que nous l’aimions pour nous aimer. Comme le dit l’apôtre Paul : « alors que nous étions encore pécheurs, le Christ est mort pour nous » (Rm. 5.8).<br>Le dialogue commence quand quelqu’un ose faire ce premier pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>3.  Vivre la règle d’or</strong><br>Dialoguer, c’est aussi vivre la règle d’or que l’on retrouve dans toutes les religions :<br>« Fais aux autres ce que tu voudrais qu’ils te fassent » (Mt 7.12).<br>Cette règle nous invite à nous mettre à la place de l’autre, à nous faire petits devant lui et à le considérer comme important.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>4.  Se souvenir de notre humanité commune</strong><br>Avant d’être chrétien, juif ou musulman, nous sommes d’abord des êtres humains.<br>La Bible dit que chaque personne est créée à l’image de Dieu.<br>Dialoguer, c’est donc rencontrer cette image de Dieu en l’autre.<br>Et c’est aussi reconnaître que le Christ se tient mystérieusement présent chez les plus petits : les malades, les étrangers, les prisonniers : « Tout ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25.40).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>5.  Accueillir la richesse de l’autre</strong><br>Les Pères de l’Église parlaient des « semences du Verbe » présentes dans les cultures et les religions.<br>Dieu agit dans le cœur de tous les hommes.<br>Dialoguer, ce n’est donc pas aller à la rencontre d’un vide de Dieu chez l’autre, mais chercher avec discernement ce que Dieu a déjà semé dans sa vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>6.  Regarder l’autre sans le juger</strong><br>Le regard peut être une arme terrible. Il peut enfermer quelqu’un dans une étiquette. Mais il peut aussi relever et faire vivre.<br>Dans l’Antiquité grecque, les esclaves étaient appelés aprosôpos, « ceux qui n’ont pas de visage ».<br>Ignorer quelqu’un, c’est lui enlever son visage.<br>Jésus, lui, faisait exister les personnes par la confiance qu’il leur donnait.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>7.  Respecter l’identité de l’autre</strong><br>Dialoguer, c’est respecter l’autre dans ce qu’il est.<br>Il ne s’agit pas de l’enfermer dans nos catégories ni d’exercer une pression sur lui.<br>Le dialogue nous demande souvent de renoncer à vouloir changer l’autre… pour accepter que nous-mêmes soyons transformés par la rencontre.<br>Mais il arrive aussi que le dialogue soit refusé. Jésus lui-même a connu l’opposition.<br>L’horizon du dialogue peut parfois être celui de la croix : l’amour n’est pas toujours accueilli.<br>Malgré cela, Jésus est resté dans une attitude de dialogue jusqu’au bout.<br><strong>8.  « Se faire tout à tous »</strong><br>L’apôtre Paul disait : « Je me suis fait tout à tous » (1 Co 9.19-22).<br>Il s’est fait juif avec les juifs, grec avec les grecs, faible avec les faibles.<br>Dialoguer, c’est essayer de rejoindre l’univers de l’autre, comprendre ses joies, ses souffrances, sa manière de voir le monde.<br>Notre modèle reste Jésus, le Dieu qui est devenu un homme et qui « s’est vidé de lui-même » pour venir jusqu’à nous (Phi 2.7).<br>Lorsque nous nous vidons un peu de nous-mêmes, nous créons en nous un espace où l’autre peut être accueilli.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>9.  Partager son expérience spirituelle</strong><br>Le dialogue ne consiste pas seulement à écouter. À un moment donné, il peut aussi devenir partage de foi.<br>Après avoir écouté l’autre, nous pouvons dire simplement ce que Jésus représente pour nous.<br>Le dialogue devient alors, à un moment donné, annonce de l’espérance qui nous habite. Pour le chrétien, c’est partager l’espérance qui l’anime à la suite de la mort et à la résurrection de Jésus. (cf Ac 4.20 ; I Pi 3.15) C’est dire qui est Jésus pour lui, comment il peut nous introduire pleinement dans la communion avec Dieu et avec les humains.<br>Non pas pour imposer quoi que ce soit, mais par fidélité à notre conscience et par respect pour la vérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>10.  Approfondir sa propre identité</strong><br>Enfin, le dialogue nous pousse à approfondir notre propre foi.<br>Plus nous rencontrons des personnes d’autres religions, plus nous ressentons le besoin d’aller au cœur de ce qui nous fait vivre.<br>Pour nous chrétiens, ce cœur est le mystère du Christ :<br>Dieu venu à notre rencontre en Jésus, mort et ressuscité pour notre salut.<br>Si nous cachons nos racines, il n’y a pas de vrai dialogue.<br>Mais si nos racines sont profondes, alors l’arbre du dialogue peut déployer largement ses branches et porter du fruit.<br>Et dans ce climat de fraternité, la vérité se révèle peu à peu.<br>Pour le chrétien, cette vérité a un visage : le Christ, qui veut rassembler tous les hommes dans l’amour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En résumé, ces dix attitudes du dialogue peuvent se regrouper en trois grands moments :<br>&#8211; Ouvrir son cœur,<br>&#8211; Rencontrer vraiment l’autre,<br>&#8211; Rester enraciné dans sa foi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>1.  Ouvrir son cœur</strong><br>N’exclure personne<br>Faire le premier pas<br>Vivre la règle d’or</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>2.  Rencontrer vraiment l’autre</strong><br>Reconnaître l’humanité commune<br>Accueillir la richesse de l’autre<br>Regarder sans juger<br>Respecter l’identité de l’autre<br>Se faire tout à tous</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>3.  Témoigner à partir de ses racines</strong><br>Partager son expérience spirituelle<br>Approfondir sa propre identité</p>



<p class="wp-block-paragraph" style="font-size:clamp(16.293px, 1.018rem + ((1vw - 3.2px) * 0.989), 25px);"><strong>Conclusion</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Permettez-moi de conclure en revenant à l’essentiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dialogue interreligieux ne commence pas par des théories. Il commence par une&nbsp;rencontre, par une proximité vécue dans la vie quotidienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque nous faisons l’effort de nous approcher de l’autre avec respect, sans peur et sans jugement, quelque chose de nouveau peut naître. Des barrières tombent, des préjugés disparaissent et une fraternité devient possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un monde marqué par les divisions religieuses, cette proximité est peut-être l’un des témoignages les plus nécessaires que les chrétiens puissent donner aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais cette proximité ne signifie pas l’effacement de notre foi. Au contraire, plus nous rencontrons des personnes d’autres traditions religieuses, plus nous découvrons la richesse et la beauté du cœur de l’Évangile. Le dialogue nous appelle à revenir sans cesse à cette source.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et cette source, pour nous chrétiens, c’est&nbsp;Jésus lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lui qui s’est fait proche de tous.<br>Lui qui a brisé les murs de séparation.<br>Lui qui a donné sa vie pour rassembler les enfants de Dieu dispersés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si nous restons unis à lui, alors nous pouvons devenir des&nbsp;artisans de proximité et de fraternité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et peut-être est-ce là l’une des missions que Dieu confie aujourd’hui aux chrétiens et aux mouvements comme les Focolari : contribuer par un dialogue sincère à construire cette&nbsp;maison commune de la fraternité humaine, où chacun peut trouver sa place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Car là où les personnes se rapprochent avec amour,&nbsp;Dieu lui-même se rend présent au milieu d’elles.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://081ACBF1-44C9-4981-A8FB-EFC98B141F36#_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>&nbsp;Conférence donnée lors d’une rencontre du mouvement des Focolari&nbsp;<em>– Montet- Broye. 8 mars 2026&nbsp;</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.hoegger.org/article/proximite-et-dialogue/">L’art de la proximité et le dialogue interreligieux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.hoegger.org">Martin Hoegger</a>.</p>
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		<title>« La proximité, un style de vie »</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/la-proximite/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 12 Nov 2025 23:11:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dialogue interreligieux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Temps de convialité dans la maison de l&#8217;Arzillier À la Maison de l’Arzillier, à Lausanne, le 2 novembre 2025, une cinquantaine de personnes se sont retrouvées pour une nouvelle rencontre (la dixième depuis 2015) du groupe « Musulmans et chrétiens en chemin » autour du thème : « Proche de Dieu, proche des hommes. La [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h3 class="wp-block-heading has-text-align-center" style="font-size:clamp(0.875rem, 0.875rem + ((1vw - 0.2rem) * 0.409), 1.1rem);"><em>Temps de convialité dans la maison de l&rsquo;Arzillier</em></h3>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">À la Maison de l’Arzillier, à Lausanne, le 2 novembre 2025, une cinquantaine de personnes se sont retrouvées pour une nouvelle rencontre (la dixième depuis 2015) du groupe « Musulmans et chrétiens en chemin » autour du thème : « Proche de Dieu, proche des hommes. La proximité, un style de vie. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une atmosphère d’écoute et de respect mutuel, cette journée a été marquée par des conférences profondes, des témoignages émouvants et des échanges fraternels. Ensemble, croyants des deux traditions ont cherché à comprendre ce que signifie être proche de Dieu et comment cette proximité se traduit par la compassion, le service et l&rsquo;amitié.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><a href="https://mc-en-chemin.blogspot.com/2025/11/la-proximite-un-style-de-vie.html">Lire la suite sur le site de Musulmans et chrétiens en chemin. </a></em></strong></p>
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		<title>Le sens de la prière</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/approfondir-priere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Nov 2024 09:31:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dialogue interreligieux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De gauche à droite : Sandrine Ruiz, Vahid Koshideh et Hanitra Irène Raoelison Lausanne, 1er&#160;septembre 2024. Environ une quarantaine de personnes se sont donné rendez-vous à la «&#160;Maison du dialogue&#160;» (l’Arzillier), pour la neuvième rencontre de «&#160;Musulmans et chrétiens en chemin&#160;». Plus une dizaine sur internet. Cette année son thème a été la prière.&#160; «&#160;Espérons et [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-medium-font-size wp-block-paragraph"><em>De gauche à droite : Sandrine Ruiz, Vahid Koshideh et Hanitra Irène Raoelison</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lausanne, 1<sup>er</sup>&nbsp;septembre 2024. Environ une quarantaine de personnes se sont donné rendez-vous à la «&nbsp;Maison du dialogue&nbsp;» (l’Arzillier), pour la neuvième rencontre de «&nbsp;Musulmans et chrétiens en chemin&nbsp;». Plus une dizaine sur internet. Cette année son thème a été la prière.&nbsp;<a></a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Espérons et prions que ces moments que nous allons passer ensemble soient une rencontre qui éclairera les chemins de chacun d&rsquo;entre nous et nous aidera à avancer sur un chemin en commun avec toujours davantage de compréhension mutuelle et de manifestation de fraternité</em>&nbsp;», souhaite&nbsp;<strong>Sandrine Ruiz</strong>, co-présidente musulmane de la rencontre. Quant au pasteur&nbsp;<strong>Martin Hoegger,&nbsp;</strong>il invite à une écoute attentive et réciproque, sachant que «&nbsp;<em>le dialogue commence par l’écoute</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La formule de ces rencontres annuelles est maintenant «&nbsp;rôdée&nbsp;». Une introduction permet aux personnes de dire leurs attentes et de placer la rencontre devant Dieu, suivie par deux conférences sur le thème, deux témoignages et des petits groupes où l’on peut partager ses réflexions et expériences.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading has-large-font-size"><strong>La prière, souffle de l’âme</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La jeune théologienne protestante,&nbsp;<strong>Hanitra Irène Raoelison</strong>, d’origine malgache et membre de la communauté des Focolari de Genève, apporte ses réflexions sur le sens de la prière.&nbsp;<em>«&nbsp;Il y aurait mille et unes définitions à donner à la prière. Si je vous pose la question maintenant&nbsp;:&nbsp;qu’est-ce que la prière pour vous, j’aurai au moins une cinquantaine de définitions</em>&nbsp;», dit-elle.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Chiara Lubich, la fondatrice des Focolari, la prière est «&nbsp;<em>le souffle de notre âme, l’oxygène de toute notre vie spirituelle, l’expression de notre amour pour Dieu, le carburant de chacune de nos activités.&nbsp;</em>»</p>



<p class="wp-block-paragraph">La prière chrétienne la plus connue est certainement «&nbsp;<em>Le Notre Père</em>&nbsp;», la prière des chrétiens par excellence, toutes confessions confondues. «&nbsp;<em>Elle nous rassemble comme enfants du même Père, mais elle nous met aussi en lien entre nous et avec tous les humains, nos frères et sœurs</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait, c’est Jésus lui-même qui donne l’exemple de celui qui prie. Avant sa mission, avant ou après toute action, il prie. Ses derniers mots sur la croix s’adressent à Dieu le Père à qui il remet son esprit.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Jésus, maître dans la prière nous apprend à être en lien avec Dieu, en tant que Père, « Abba, Père», un Dieu proche et accessible, à qui on peut parler souvent, à qui on peut dire ce qu’on fait, les projets, les intentions, les défis et même les mécontentements et les cris</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle précise que la prière est une manière d’exprimer l’amour pour Dieu. Puisque Dieu nous aime, quand on se sait aimé, on a envie de redonner l’amour reçu. Ainsi, la prière est une réponse d’amour à l’amour.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Irène fait partie d’une communauté de 13 femmes, dont 5 sont mariées et vivent en famille. Elles s’entraident chaque jour dans la prière et le service. Grâce à un groupe WhatsApp, elles partagent aussi les situations pour lesquelles elles peuvent prier.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«<em>&nbsp;Prier c’est aussi pour nous, au long de la journée, au milieu des différentes activités, être en dialogue avec Dieu en lui offrant nos actions avec un «&nbsp;pour Toi&nbsp;» qui nous aide à orienter l&rsquo;âme et la vie vers Dieu, travailler et étudier pour Lui, cuisiner, téléphoner, faire le ménage, se reposer&#8230; pour Lui&nbsp;»,&nbsp;</em>conclut-elle.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2024/11/IMG_5539-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-6744" srcset="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2024/11/IMG_5539-1024x576.jpeg 1024w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2024/11/IMG_5539-300x169.jpeg 300w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2024/11/IMG_5539-768x432.jpeg 768w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2024/11/IMG_5539-1536x864.jpeg 1536w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2024/11/IMG_5539-2048x1152.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<h2 class="wp-block-heading has-large-font-size"><strong>Devenir conscient de la Grâce</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vahid Khoshideh,&nbsp;</strong>président de l’Association Islamique et Culturelle d’Ahl-el-Bayt à Genève, a apporté la deuxième réflexion. Il donne une synthèse du sens de la prière dans l’Islam&nbsp;: «&nbsp;<em>Elle occupe une place centrale dans la foi musulmane, n&rsquo;étant pas simplement un rituel, mais un acte profond de dévotion, de soumission et de connexion spirituelle avec le Créateur. La prière est le cœur de la relation entre l&rsquo;homme et Dieu, transcendant les besoins terrestres pour ouvrir la voie à une communion spirituelle profonde</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il distingue deux «&nbsp;<em>voies de connexion</em>&nbsp;»&nbsp;: la lecture du Coran et l’invocation. La lecture du Coran représente une communication « <em>du haut vers le bas</em>« . Elle permet de recevoir les enseignements divins, d&rsquo;en imprégner son esprit et son cœur, et de se conformer aux préceptes de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;invocation, quant à elle, est une communication « <em>du bas vers le haut</em>« . C&rsquo;est une prière spontanée et personnelle où l&rsquo;individu exprime ses besoins, ses remerciements, ses repentirs ou ses louanges directement à Dieu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La prière a un effet éducatif profond sur l&rsquo;individu&nbsp;: «&nbsp;<em>grâce à la prière, l&rsquo;homme devient plus conscient de la grâce divine et développe une sensibilité accrue aux signes et aux bénédictions de Dieu dans sa vie&nbsp;</em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les cinq prières quotidiennes, connues sous le nom de «&nbsp;<em>Salat&nbsp;</em>», sont les piliers de la foi islamique. Elles rythment la journée du musulman, lui rappelant constamment son devoir envers Dieu et sa place dans l&rsquo;univers. En plus de la Salat, le conférencier mentionne sept autres formes de prières et d&rsquo;invocations.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il a développé la «&nbsp;<em>Duâa&nbsp;</em>», ou l&rsquo;invocation qui occupe une place centrale dans la vie spirituelle du musulman. «&nbsp;<em>C&rsquo;est un moyen direct de communication avec Dieu, un acte d&rsquo;adoration qui transcende le simple rituel pour devenir un moment de connexion profonde avec le Créateur. À travers elle, le croyant exprime sa dépendance, sa soumission et son amour pour Dieu, tout en cherchant à renforcer sa foi et à trouver réconfort et guidance dans la miséricorde divine</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour finir, V. Khoshideh souligne que l’Islam se distingue par la relation directe que le croyant entretient avec Dieu, sans intermédiaire. Le fidèle peut à tout moment lever les mains vers le ciel et invoquer Dieu.  <strong><a href="https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjMuUf8N9TOJdM0eN68wIE9fA8lwLPU3MNWsZt-lI1vzfY13zZGXnPnPMlOBSOSS_r8Ft2R0lDbXPV10eqxyj_-IzNpa2Ah6w1WBIr5RWHRUONkfamG2wZrWysw880rMDjEt0S1vxWrQL4nhZ5cu03Js1mxGEZUN5Gcm16OgN88PCKgHQKuDjCXMPBwKBH8/s4032/IMG_5539.jpeg"></a></strong></p>



<h2 class="wp-block-heading has-large-font-size"><strong>Répondre à l&rsquo;amour de Dieu par la prière</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Deux expériences sont ensuite partagées, d’abord celle de&nbsp;<strong>Christiane-Marie Goffinet</strong>, membre de la communauté des Focolari de Genève. Elle témoigne que dès l’enfance, elle était habitée par une question au sujet de Dieu&nbsp;: «&nbsp;<em>et si ce tout ce qui se dit n’était pas vrai ?</em>&nbsp;» C’est lors d’une rencontre avec de jeunes chrétiens, à l’âge de 18 ans, que sa muraille s’est fissurée&nbsp;: «&nbsp;<em>dans le silence, je fis l’expérience d’un amour immense, infiniment respectueux et qui me laissait pleinement libre de l’accepter&nbsp;». Cette rencontre avec Dieu a été un tournant. Alors, si Dieu est ainsi Amour, comment ne pas lui répondre par une prière du cœur</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par la suite le contact avec des jeunes étudiants chrétiens, des membres du mouvement des Focolari et des moniales Clarisses, qui ont des offices chantés sept fois par jour, lui a permis d’asseoir profondément sa relation avec Dieu dans une dimension communautaire et personnelle. «&nbsp;<em>Ce qui m’a toujours aidée et encore récemment, c’est une recommandation de Chiara Lubich : quoique nous vivions et percevions de ce lien avec Dieu, savoir maintenir le temps qui Lui est destiné et redoubler d’amour pour les frères et sœurs… puis le soleil de Dieu tôt ou tard se lève à nouveau. Alors comment ne pas Le louer en tout temps</em>&nbsp;».</p>



<h2 class="wp-block-heading has-large-font-size"><strong>La prière, source de paix et de force</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Samira Bouhoudan, jeune musulmane, la prière est le moment central de sa vie&nbsp;; elle est bien plus qu&rsquo;un rituel&nbsp;: une source de paix intérieure. «&nbsp;<em>Chaque fois que je prie, je sens une vague de tranquillité m&rsquo;envahir, comme si tous mes soucis s&rsquo;éloignaient. Cette pratique m&rsquo;aide à rester calme et sereine, même face aux défis que je rencontre dans ma vie</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les cinq prières quotidiennes sont des repères qui lui permettent de maintenir un équilibre, de s&rsquo;arrêter de réfléchir et de réorienter ses intentions. La prière la pousse aussi à apprécier davantage les petites choses de la vie, à être reconnaissante pour chaque bénédiction, qu&rsquo;elle soit grande ou petite.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;La prière est pour moi un guide, une source de paix et de force, un moment de gratitude et de réflexion, et un lien avec ma communauté. Elle influence profondément ma vie quotidienne et m&rsquo;aide à rester fidèle à mes valeurs</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading has-large-font-size"><strong>Surmonter les images négatives</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après ce temps d’écoute, cinq groupes furent constitués où les participants ont pu partager sur ce qui les a touchés et ce que représente la prière dans leur vie, ses effets et les obstacles qu’ils vivent. Les impressions recueillies à la fin de la rencontre témoignent de la joie de la découverte mutuelle.&nbsp;Il y a beaucoup de similarités dans nos valeurs et nos façons de prier, même si les mots sont différents.&nbsp;Un participant a écrit&nbsp;: «&nbsp;<em>se rencontrer comme nous l’avons fait nous permet de surmonter les images négatives que l’on peut avoir des autres. Découvrir le sens de la prière dans nos religions est une espérance pour la paix</em>&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger</em></p>
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		<title>Le souci de la création dans les religions</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/le-souci-de-la-creation/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Jun 2024 05:41:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dialogue interreligieux]]></category>
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Castelgfandolfo, 2 juin 2024. On ne peut séparer le respect de la terre de la qualité de la vie humaine. Un «&#160;zoom&#160;» sur l’aspect relationnel de la nature dans diverses traditions religieuses a été le thème d’une table ronde lors de la conférence interreligieuse organisée par le mouvement des Focolari. Stefania Papa, de l&#8217;Université de [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Castelgfandolfo, 2 juin 2024. On ne peut séparer le respect de la terre de la qualité de la vie humaine. Un «&nbsp;zoom&nbsp;» sur l’aspect relationnel de la nature dans diverses traditions religieuses a été le thème d’une table ronde lors de la conférence interreligieuse organisée par le mouvement des Focolari.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Stefania Papa,</strong> de l&rsquo;Université de Campanie et active dans «&nbsp;<em>Eco-one</em>&nbsp;» (initiative écologique des Focolari), souligne l’importance de cet aspect relationnel de la nature. Se mettre dans cette logique offre une ressource inestimable pour le changement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle se demande comment se fait-il que deux arbres puissent vivre l’un à côté de l&rsquo;autre&nbsp;? Et, pourquoi des arbres plus petits, avec moins de lumière, continuent-ils à vivre ? La réponse est qu’il existe une étroite coopération entre eux. Mais, par ses activités, l’être humain a modifié plus de la moitié du fonctionnement de l&rsquo;écosystème. Il a créé des impacts ayant des conséquences mondiales.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>L’harmonie, essence de la nature</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour elle, la véritable essence de la nature n’est pas l&rsquo;exploitation mais l’harmonie. «&nbsp;<em>Nous sommes la nature, mais nous nous sommes placés en dehors d’elle, sans sensibilité. Pourtant, la valeur de l&rsquo;être humain ne vient pas de ce qu&rsquo;il sait ou de ce qu&rsquo;il a, mais de sa capacité à sortir de lui-même</em>&nbsp;», affirme-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Europe est un creuset d’une immense variété. Les diverses religions offrent des ressources de sagesse pour promouvoir la durabilité. De nombreuses initiatives ont vu le jour ces dernières années dans le mouvement des Focolari. S. Papa en donne quelques exemples&nbsp;: en Sicile, un pacte de responsabilité collective a été élaboré&nbsp;; plus de 600 arbres ont été plantés. En Suisse, une importante réduction de consommation d’électricité a été faite dans un centre de rencontres grâce à des panneaux solaires. En Hongrie, une collecte de vélos a été réalisée pour des personnes dans le besoin. <em>«&nbsp;Ce sont de petites actions, mais elles ont un impact significatif et colorent le ciel d’arc-en-ciel&nbsp;</em>», conclut-elle.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La forêt sacrée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Charles Fobellah</strong>, directeur de trois écoles au Cameroun, est un chef traditionnel du peuple Bangwa, où la spiritualité des Focolari a fleuri. Il explique que, dans sa culture, la forêt sacrée est au centre de la vie spirituelle. Elle est réservée au culte et ne doit pas être habitée, ni cultivée. Lieu de palabres, de réunions et de sépultures de princes, elle est également un lieu de communion avec Dieu, où on lui demande protection et bénédiction. Pour son peuple, la paix est une affaire communautaire. Une personne est en paix lorsqu’elle en bonne relation avec Dieu, la nature et ses prochains.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le «&nbsp;Dé de l’amour&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Stella John, </strong>membre du mouvement des Focolari au Pakistan<strong>,</strong> partage une expérience de mise en pratique de la Règle d’or avec des enfants de condition très modeste, en utilisant le «&nbsp;<em>dé de l’amour</em>&nbsp;». Chaque semaine, un slogan différent est vécu à partir de ce dé. Les parents sont surpris de voir leurs enfants accomplir de bonnes actions chez eux et avec leurs amis. Prier pour la paix est aussi devenu un geste quotidien pour s’ouvrir aux souffrances de l&rsquo;humanité. De même que le respect de la création est infusé de manière concrète, par exemple en évitant l’usage du plastique. Tout comme la pratique du pardon rétablit l&rsquo;harmonie dans nos relations, nous avons à chercher l’harmonie avec la création.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Ensemble pour une Afrique plus verte&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le projet «&nbsp;<em>Ensemble pour une Afrique plus verte</em>&nbsp;» réunit sur la scène <strong>Lilly Seidler </strong>et<strong> Samer Fasheko</strong>, d’Allemagne, avec <strong>Valentine Agbo-Panzo, </strong>du Bénin<strong>. </strong>Dans l’esprit de la fraternité universelle, cette association veut apporter des changements positifs pour la nature. C’est un projet interreligieux regroupant des personnes de divers pays. Quelques exemples sont donnés&nbsp;: installation de panneaux solaires dans des hôpitaux et des écoles, construction de puits, installation de systèmes de réfrigération, parmi d’autres.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Nature et vie monastique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Chintana Greger,</strong> une moniale bouddhiste de Thaïlande, a entrepris un chemin vers la paix intérieure alors qu’elle était étudiante. Elle s’est battue pour la paix et la fraternité avec colère et frustration. Découragée, elle a décidé de renoncer à ce combat. Mais, un moine l’a guidée et, après le décès de son père, elle s&rsquo;est retirée dans la solitude et a pratiqué la méditation Vipasana. Elle a alors décidé de devenir moniale. La vie monastique lui a donné de mener une vie plus proche de la nature, dans un monastère de 500 personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«<em>&nbsp;Sans méditation, nos vies sont désordonnées. Manger peu, parler peu, dormir peu, utiliser uniquement ce qui est essentiel à la vie, pratiquer la méditation avec diligence et pleine conscience apportent saveur à la vie&nbsp;</em>», dit-elle. Elle constate que la vie au rythme de la nature favorise la méditation. «&nbsp;<em>La nature est notre vie. Lorsque la paix s’installe, la sagesse s’ensuit.&nbsp;Renoncer à l&rsquo;égocentrisme est le plus grand des bonheurs</em>&nbsp;».</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Un chemin d’harmonie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un groupe interreligieux d&rsquo;Argentine, mené par <strong>Silvina Chemen,</strong> rabbin à Buenos Aires, présente ses activités.&nbsp; «&nbsp;<em>Nous n’arrivons plus à vivre l’un sans l&rsquo;autre</em>, » dit-elle avec joie. Des «&nbsp;journées de paix&nbsp;» ont été organisées, ainsi que des pèlerinages en Israël, des shabbats vécus en commun, comme des lectures partagées de l’Évangile, du Pentateuque et du Coran. Ses membres s’invitent les uns les autres aux fêtes de Pâques chrétiennes et à la Pesah juive, comme au repas de rupture du jeûne durant le Ramadan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une femme vivant cette expérience pour la première fois a dit « <em>ici il y a Dieu</em>&nbsp;». Le groupe s’engage aussi dans des actions caritatives de distribution de nourriture, de couvertures et de vêtements. Après le drame du 7 octobre dernier, juifs, chrétiens et musulmans ont vécu le shabbat ensemble pour ne pas permettre à cette situation de les diviser. «&nbsp;<em>Le chemin de foi est un chemin d’harmonie jusqu&rsquo;à ce que nous nous sentions vraiment frères et sœurs</em>&nbsp;», conclut S. Chemen.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Autres articles sur ce congrès&nbsp;: </em></strong><a href="https://www.hoegger.org/article/une-seule-famille-humaine/"><strong><em>https://www.hoegger.org/article/une-seule-famille-humaine/</em></strong></a><strong><em></em></strong></p>
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		<title>Imaginer un monde meilleur par la foi, les valeurs et les investissements</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Jun 2024 05:32:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dialogue interreligieux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Castelgandolfo, 2 juin 2024. Comment pensons-nous le lien entre notre foi et les finances&#160;?&#160; De nombreuses organisations confessionnelles peinent à voir ce lien et confient leurs investissements à des organisations laïques. Tel a été le thème d’un débat lors de la rencontre interreligieuse organisée par le mouvement des Focolari ayant rassemblé quelque 450 personnes, au [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Castelgandolfo, 2 juin 2024. Comment pensons-nous le lien entre notre foi et les finances&nbsp;?&nbsp; De nombreuses organisations confessionnelles peinent à voir ce lien et confient leurs investissements à des organisations laïques. Tel a été le thème d’un débat lors de la rencontre interreligieuse organisée par le mouvement des Focolari ayant rassemblé quelque 450 personnes, au début de ce mois.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">D’après <strong>Susie Weldon</strong>, directrice de l’Association <em>Faithinvest</em>, ces communautés peuvent exercer une grande influence et doivent réfléchir à des normes éthiques dans les opérations d’investissements. En effet, chaque tradition religieuse a des principes en vue de la solidarité. Ceux-ci les aideront à investir pour le bien commun. Elle voit un double défi&nbsp;: comprendre à la fois nos valeurs de foi et le système dans lequel nous vivons.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Les investissements, une action spirituelle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sœur <strong>Maamalifar Poreku</strong>, responsable de la Commission Justice, paix et intégrité de la création de l’Union des Supérieures générales est persuadée que «&nbsp;<em>le peu que nous mettons en commun peut devenir plus grand&nbsp;»</em>. Avant tout il faut que notre foi devienne active et visible. Des structures tuent actuellement les pauvres. Il faut les changer de manière urgente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;<em>Le capitalisme insatiable, l’esclavage, la colonisation, la corruption, les abus provoquent toujours plus de pauvreté. Comment allons-nous changer le paradigme de l&rsquo;appétit pour le profit&nbsp;? Comment entendons-nous le cri des pauvres&nbsp;? Écoutons-le&nbsp;»,</em> dit-elle avec énergie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour elle, aligner nos investissements en fonction de notre foi est une action spirituelle. Notre premier souci doit être de considérer nos valeurs religieuses, non la maximisation de nos profits. «&nbsp;<em>Je n&rsquo;ai pas été créée pour dominer mon frère et ma sœur, mais pour être leur gardienne.»</em></p>





<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="576" src="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2024/06/75A324C5-78A9-45A3-BB51-9C008257361A_1_102_a-1024x576.jpeg" alt="" class="wp-image-5096" srcset="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2024/06/75A324C5-78A9-45A3-BB51-9C008257361A_1_102_a-1024x576.jpeg 1024w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2024/06/75A324C5-78A9-45A3-BB51-9C008257361A_1_102_a-300x169.jpeg 300w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2024/06/75A324C5-78A9-45A3-BB51-9C008257361A_1_102_a-768x432.jpeg 768w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2024/06/75A324C5-78A9-45A3-BB51-9C008257361A_1_102_a-1536x864.jpeg 1536w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2024/06/75A324C5-78A9-45A3-BB51-9C008257361A_1_102_a-2048x1152.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;Co-investir&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Omar Shaikh </strong>fait partie de <em>l’Initiative mondiale pour une finance éthique</em>. Celle-ci veut soutenir la finance durable. Pour lui aussi, les personnes croyantes devraient s&rsquo;intéresser davantage à leurs investissements. Maximiser les bénéfices avec une vision à court terme ne doit pas être le critère déterminant. Tesla, par exemple, a un indice de durabilité plus bas que l’industrie du tabac&nbsp;! On ne peut pas donc sans autre investir dans n&rsquo;importe quelle entreprise&nbsp;; de plus une ligne dure est nécessaire pour les secteurs non éthiques&nbsp;: aucun compromis ni investissements possibles&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il explique aussi que dans sa foi musulmane, le «&nbsp;<em>riba&nbsp;</em>» qui interdit le prêt à intérêt peut inspirer un autre système et promouvoir une société plus égalitaire. La finance islamique est fondée sur un modèle d&rsquo;épargne pour permettre aux pauvres d&rsquo;épargner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En conclusion, il appelle les diverses religions à «&nbsp;co-investir&nbsp;», en collaborant. En voyant cela, le monde connaîtra nos valeurs. Et, il rappelle la bénédiction &#8211; la «<em>&nbsp;baraka</em>&nbsp;» &#8211; promise par Dieu&nbsp;: <em>« Un dollar investi en cohérence avec nos valeurs éthiques sera davantage béni que 1000 dollars investis avec des compromis&nbsp;!</em>&nbsp;», conclut-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Autres articles sur ce congrès&nbsp;: </em></strong><a href="https://www.hoegger.org/article/une-seule-famille-humaine/"><strong><em>https://www.hoegger.org/article/une-seule-famille-humaine/</em></strong></a><strong><em></em></strong></p>
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		<title>Les religions et la paix avec la création</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Jun 2024 05:18:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dialogue interreligieux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Castelgandolfo, 2 juin 2024. Les religions ont été sources de sagesse et ont fourni des ressources pour vivre en harmonie les uns avec les autres. Également avec la création. Lors du congrès interreligieux organisé par le mouvement des Focolari, la relation entre les religions et l’écologie a été exploré. Blesser la création signifie blesser l’humanité [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Castelgandolfo, 2 juin 2024. Les religions ont été sources de sagesse et ont fourni des ressources pour vivre en harmonie les uns avec les autres. Également avec la création. Lors du congrès interreligieux organisé par le mouvement des Focolari, la relation entre les religions et l’écologie a été exploré.</strong></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Blesser la création signifie blesser l’humanité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Margaret Karram</strong>, la présidente du Mouvement des Focolari, constate que la crise écologique révèle la crise morale de l’homme. Si on se désintéresse de Dieu, on se désintéresse aussi d’autrui et de la création.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que peuvent alors faire les religions pour soutenir une culture respectueuse de la création&nbsp;? Dans toutes les religions, on trouve des éléments sur le respect de la création. La fraternité vécue activement peut être leur contribution. La communauté redonne vigueur, espérance, et donne de vivre un sentiment d’appartenance plus vaste&nbsp;: avec Dieu et les uns avec les autres. Leur grand défi est de recomposer l&rsquo;unité de la famille humaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«&nbsp;Ces jours ont permis de vivre une belle expérience de fraternité</em>, constate M. Karram. <em>Nous avons à l&rsquo;étendre à toute la création.&nbsp; Nous devenons plus conscients que si nous faisons mal à la création, nous blessons aussi l&rsquo;humanité. Vivre en harmonie les uns avec les autres conduit à vivre en harmonie avec la création&nbsp;».</em></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La paix, don de Dieu</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mgr. <strong>Paulin Batairwa Kubuya, </strong>secrétaire du Dicastère pour le dialogue interreligieux (Vatican), apporte le message du cardinal<strong> Ayuzo</strong>, son président. Il partage quelques réflexions de fond sur le dialogue. La parole de Jésus «<em>&nbsp;je vous laisse ma paix</em>&nbsp;» rappelle que la paix est un don de Dieu. La déclaration sur le dialogue interreligieux <em>Nostra Aetate</em> (§ 5) rappelle qu&rsquo;on ne peut invoquer Dieu comme père, si on refuse de voir en autrui un frère. Ainsi toute discrimination détruit l&rsquo;unité de la famille humaine. Le travail pour la paix a conduit l&rsquo;Église à travailler avec d’autres religions et institutions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pape François a toujours condamné la guerre comme une folie qui sème la haine. Elle est une défaite humaine qui porte atteinte à la dignité humaine. La raison des guerres est le manque de confiance que la terre est notre maison commune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes membres d’une même famille et la diversité est voulue par Dieu dans sa sagesse, dit le document «&nbsp;<em>Fratelli tutti</em>&nbsp;». Ce message peut être partagé par tous. Tout effort de dialogue est une contribution à réaliser cette vision d&rsquo;harmonie. Il ne peut toutefois pas y avoir de dialogue sans conscience de sa propre identité. Une identité claire facilite le dialogue.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;Dieu sous toutes choses&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jesús Moran,</strong> coprésident du mouvement des Focolari, développe la compréhension de la sauvegarde de la création chez Chiara Lubich. Il commence par critiquer le projet du transhumanisme visant à améliorer la condition humaine, par une rationalité progressive. Ceci conduit à exclure ce qui est imparfait et inutile. Sur ce point, les religions ont porté un point de vue différent. Chaque être est digne d&rsquo;être connu et valorisé. La logique avec laquelle Dieu a créé le monde est inscrit en toutes choses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C. Lubich, durant un temps passé en 1949 dans les Alpes italiennes, a eu de nombreuses intuitions. L&rsquo;unité vécue avec ses compagnes les a transformées. Cela les a aussi conduites à une perception différente de la création en laquelle elles découvrent l&rsquo;amour de Dieu&nbsp;: <em>«&nbsp;Dieu sous toutes choses changeait notre regard sur elles : elles étaient toutes liées entre elles par l’amour, toutes – pour ainsi dire – éprises l’une de l’autre. De sorte que, si le ruisseau se jetait dans le lac, c’était par amour. Si un pin se dressait à côté d’un autre, c’était par amour</em>&nbsp;», écrivait-elle dans son «&nbsp;<em>Paradis de 1949</em>&nbsp;» (§16-18)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prendre soin de la création signifie alors pour elle prendre soin avant tout de nos relations. Cela demande une vigilance permanente. Elle tourne son regard vers la trame souterraine de la création&nbsp;: l’amour de Dieu. Toutes les créatures participent au dessein de Dieu sur le cosmos.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>L’urgence d’un changement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>John Mundell, </strong>animateur de la <em>Plate-forme d&rsquo;action&nbsp;Laudato Sì</em>, pense que la paix avec la création est possible et, par conséquent, appelle à commencer un processus de <em>«&nbsp;conversion écologique&nbsp;</em>». En vérité, ajoute-t-il avec humour, «&nbsp;<em>inviter est un mot gentil, je voudrais plutôt nous donner un solide coup de pied pour changer&nbsp;</em>»&nbsp;! Il cite le document <em>Laudate Deum</em> sur l’urgence du changement&nbsp;: « <em>il n&rsquo;y a pas de changements durables sans changements culturels, sans maturation des modes de vie et des convictions au sein des sociétés, et il n&rsquo;y a pas de changements culturels sans changements personnels</em>&nbsp;» (§70).</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’engager dans une action qui nous implique nous fait découvrir l&rsquo;importance entre l&rsquo;être, le dire et le faire. Et, surtout que nous ne vivons pas vraiment notre foi. Qui parmi nous peut-il dire qu’il vit de manière écologique, demande-t-il&nbsp;? Il nous appelle à faire un «&nbsp;<em>éco-examen de conscience</em>&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour surmonter les nombreux défis&nbsp;&#8211; l&rsquo;inertie, l’insignifiance, le manque de ressources et de connaissances &#8211; il faut trouver des âmes sœurs qui nous encouragent. La <em>Plateforme Laudato si </em>est un de ces lieux pour s’encourager réciproquement et représente plus de 100 millions de personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mouvement des Focolari a adhéré à cette plateforme. Il rappelle que C. Lubich a eu cette intuition prophétique&nbsp;: «&nbsp;<em>la santé du corps mystique, de l&rsquo;humanité, est la paix. Et la santé du cosmos est l&rsquo;écologie… Une écologie saine est le fondement de la paix</em>.&nbsp;»</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Se satisfaire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Kosho Niwano </strong>est la petite fille de Niko Niwano, fondateur de la Rissho Kosei-kai, un grand mouvement bouddhiste japonais. Elle évoque le jardin d’un temple de Kyoto où on peut lire «&nbsp;<em>je suis toujours satisfait</em>&nbsp;». En d’autres mots, l’insatisfaction est le signe que nous ne serons jamais heureux. Le Bouddha a enseigné que la personne satisfaite trouvera la paix intérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le défi du changement climatique ne peut être résolu par le désir ou la peur, mais par la prise de conscience que nous avons déjà tout ce qui nous est nécessaire. Il s’agit donc de trouver un style de vie plus authentique. Nikko Niwano disait «&nbsp;<em>la nature nous donne tout</em>&nbsp;». Les religions en réseau peuvent intensifier les actions dans ce domaine. Chacun a sa part à faire. Pour cela, il faut retourner à notre vrai soi et vivre avec la conscience que tout est interconnecté.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Présence de Dieu dans le monde</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ancien grand rabbin de Genève <strong>Marc Raphael Guedj, </strong>directeur de laFondation Racines et Sources, apporte une réflexion sur la dimension de la paix avec la création dans le judaïsme. Il note le risque, chez les monothéismes, de dominer la création et d’oublier que le monde est le lieu de la présence divine.&nbsp; «<em>&nbsp;Il ne s&rsquo;agit pas simplement d&rsquo;aller au-delà du monde pour s&rsquo;unir avec le divin, mais il s&rsquo;agit de rencontrer ce divin dans le monde&nbsp;</em>».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les philosophes font la différence entre le panthéisme (où Dieu se confond avec la nature) et le «&nbsp;<em>panenthéisme&nbsp;</em>». Pour le panenthéisme, il y a une présence de Dieu dans le monde, mais la source de cette présence dépasse le monde. Notre responsabilité est d&rsquo;orienter notre désir, de le ramener à sa source et d&rsquo;arrêter l’acharnement à la consommation, l&rsquo;accumulation des biens et des besoins, et d&rsquo;aller vers une «&nbsp;<em>sobriété heureuse</em>&nbsp;».</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Aider les enfants</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vinu Aram, </strong>membre du Shanti Ashram, un grand mouvement gandhien, est émue des paroles de M. Guedj et brandit une marionnette de Gandhi qu’elle vient de recevoir. Pour elle, la paix doit être enracinée dans une vision du bien-être de tous. Il faut rappeler que la prière renforce l&rsquo;action collective. «&nbsp;<em>Si nous apprenons à vivre ensemble, il y a un million de bénédictions que nous pouvons partager. «&nbsp;Avec l’amour, le dialogue est possible&nbsp;», ces paroles de Chiara sont pour moi la boussole morale qui me guide</em>&nbsp;», affirme-t-elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’indice de pauvreté montre que tant de personnes vivent avec moins d’un dollar par jour. D’autre part, nous vivons, en Occident, dans une sécurité alimentaire sans précédent. Mais, la crise environnementale affectera la sécurité de tous, avec le risque de maladies bactériennes. Gandhi affirmait que la pauvreté est la pire forme de violence. En particulier, celle des enfants. Ceux-ci ne demandent qu’une chose&nbsp;: qu’on les aide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais donner sans amour pour les aider, n’est pas donner. Nous devons dialoguer avec nos enfants pour qu&rsquo;ils comprennent nos valeurs et non celles du monde. Pour cela, nous devons collaborer entre nous, membres de différentes religions, en mettant en valeur nos bases communes. «&nbsp;<em>C’est ce que nous vivons maintenant. Mais, nous avons à aller plus loin en collaborant davantage, voire à créer une table ronde mondiale. Écoutons au plus profond notre conscience&nbsp;: quel futur laisserons-nous à nos enfants. Nous avons à y réfléchir ensemble</em>&nbsp;».</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Ne pas exclure la spiritualité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dicky Sofjan,</strong> du <em>Consortium indonésien pour les études religieuses</em>, présente la perspective musulmane, en rappelant la sourate du Coran&nbsp;: «&nbsp;<em>si Dieu l’avait voulu, il aurait pu faire de vous une seule communauté&nbsp;</em>» (5,48) Donc les religions ont besoin les unes des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour lui, la crise écologique vient d’une crise théologique, d’une crise de la transcendance. Il a travaillé aux Nations unies et s’est rendu compte que beaucoup de personnes ont une vision matérialiste et ne voient pas l&rsquo;urgence d&rsquo;impliquer des personnes de foi…alors que la majorité des personnes est croyante (en fait 9 sur 10 dans le monde&nbsp;!).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a créé un néologisme&nbsp;: le «<em>&nbsp;heartware</em>&nbsp;» pour indiquer que les motivations du cœur sont centrales. Cependant, les agences de l’ONU n’entendent pas cela. Elles sont bureaucratiques et ne tiennent pas compte de la foi de la majorité des personnes. Elles conçoivent les villes sans foi, ni spiritualité. C’est une absurdité d’exclure la spiritualité des objectifs du millénaire, car les personnes ne sont pas mues par la seule rationalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une de ses tâches est de concevoir des programmes incluant la spiritualité dans l’écologie pour les étudiants en théologie. Dans le Coran et la Bible on parle beaucoup du paradis. C’est un paysage intact, un jardin où coulent des fleuves. Cette sagesse doit être retrouvée et apportée dans le concert des organisations internationales.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Autres articles sur ce congrès&nbsp;: </em></strong><a href="https://www.hoegger.org/article/une-seule-famille-humaine/"><strong><em>https://www.hoegger.org/article/une-seule-famille-humaine/</em></strong></a><strong><em></em></strong></p>
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		<title>Pratiques de l&#8217;économie de paix</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/pratiques-de-leconomie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Jun 2024 05:13:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dialogue interreligieux]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Castelgandolfo 1e juin 2024. Une des forces du mouvement des Focolari est d’allier l’aspect théorique des thèmes abordés à des témoignages pratiques. Dans le cadre de la récente conférence interreligieuse organisée par ce mouvement aux vastes horizons, six acteurs de différentes religions ont témoigné de leurs engagements, après que cinq économistes aient présenté leurs réflexions. [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Castelgandolfo 1<sup>e</sup> juin 2024. Une des forces du mouvement des Focolari est d’allier l’aspect théorique des thèmes abordés à des témoignages pratiques. Dans le cadre de la récente conférence interreligieuse organisée par ce mouvement aux vastes horizons, six acteurs de différentes religions ont témoigné de leurs engagements, après que cinq économistes aient présenté leurs réflexions. (<a href="https://www.hoegger.org/article/economie-pour-la-paix/" data-type="link" data-id="https://www.hoegger.org/article/economie-pour-la-paix/">voir l’article ici</a>)</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Indonésien<strong> Lawrence Chong</strong>, de Singapour, membre du Dicastère pour le dialogue interreligieux du Vatican, témoigne de son parcours dans ce dialogue et avec le mouvement des Focolari. Il a aussi eu l’occasion de participer à des rencontres de «&nbsp;Religions pour la paix&nbsp;», dont il a été le modérateur pour l’Asie, comme jeune leader.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre avec le Shanti Ashram a changé sa vie, ainsi qu’avec le mouvement bouddhiste japonais Risshō Kōsei Kai. Selon lui, les jeunes n’avanceront pas si on ne leur donne pas la possibilité de devenir des leaders. Chiara Lubich l’a inspiré en créant de nouvelles structures pour le dialogue. Les paroles sont vaines si elles ne mènent pas à l’action et à considérer les autres sur un plan égal. La fraternité ne se produira pas si on ne change pas l&rsquo;économie, lui a dit le pape François. Pour cela, il faut combattre l&rsquo;égoïsme qui est structurel dans le système économique actuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il a fondé une entreprise avec un protestant et un musulman. Ce qu’il a vécu à Singapour, il l’a fait aussi dans d’autres pays. Il est possible de réaliser des projets dans d’autres contextes, comme la construction d&rsquo;un nouveau village en Malaisie, appelé «&nbsp;paradis&nbsp;» (Sarawak), où l’on pratique l&rsquo;économie de communion.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Vivre l’amitié avec tous</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Hayat Zitouni </strong>rappelle l&rsquo;histoire du mouvement des Focolari en Algérie, dès 1964. Un petit groupe de quatre personnes a commencé une communauté avec un seul but&nbsp;: vivre l&rsquo;amitié avec tous, dans un pays musulman à plus de 99%. L&rsquo;expérience devient populaire parmi les musulmans. Les rencontres d’été (appelées «&nbsp;Mariapoli&nbsp;») doivent même refuser du monde. L&rsquo;imam de Tlemcen est ensuite devenu un grand ami de C. Lubich et des Focolari.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour elle, le dialogue de la vie est une expérience quotidienne qui nous pousse vers les autres. Lors de la cérémonie de béatification des moines de Thibirine, les Focolari ont contribué au bon déroulement de cette importante manifestation pour l&rsquo;Église d’Algérie. Mais, c&rsquo;est surtout à travers des actions caritatives que le mouvement agit. À travers les Focolari, elle a eu aussi une perception plus positive du peuple juif.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;Le dé de l’amour&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Santi Wongyai,</strong> de Thaïlande, est un musicien et enseigne l’art à des enfants birmans émigrés, très pauvres. Il leur donne aussi des cours de Thai afin qu’ils puissent s&rsquo;intégrer. Mais, leurs parents ont préféré de les faire travailler dans les champs de canne à sucre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la province de Chiangmai, il enseigne aux enfants venus au temple bouddhiste le <em>«&nbsp;dé de l’amour&nbsp;</em>». Avec beaucoup de charisme, il prend alors sa guitare et chante un chant qu’il a composé sur ce thème.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Responsabiliser les enfants</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vijay Gopal</strong>, de l’Inde, appartient au Shanti Ashram, et s&rsquo;engage en faveur de l’enfance défavorisée. Éliminer la pauvreté des enfants construit un monde en paix. Pour cela, il faut leur donner la priorité pour leur bien-être. Plus de 140 milles jeunes volontaires sont engagés et viennent de diverses couches sociales et traditions religieuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;approche est centrée sur le leadership des enfants. Les enfants jouent un rôle clé dès le début. On les respecte, les inclut et les responsabilise. Les Focolari ont collaboré à ce programme et l&rsquo;ont rendu davantage opérationnel. En 2024, ce programme réalisé dans seize États de l’Inde sera reproduit dans dix autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un jeune membre de ce grand mouvement témoigne ensuite qu’il a commencé à travailler à ce projet à l&rsquo;âge de 15 ans, en prenant soin d’une famille très pauvre. «&nbsp;<em>Cela a eu un impact énorme sur mon parcours et m’a aidé à mieux me comprendre,</em> dit-il. <em>Le volontariat joue un rôle clé pour favoriser l&rsquo;inclusion et la résilience sociale. Nous pouvons vaincre la pauvreté… mais ensemble&nbsp;».</em></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Aux côtés des SDF</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Harvey Livschitz</strong> vient de la Nouvelle-Zélande et est engagé dans le conseil interreligieux de Wellington. Il a découvert le Focolare durant le confinement au temps du covid-19. En collaboration avec un pasteur, il s’est occupé des Sans domiciles fixes (SDF), par des ventes de nourriture, de ceintures et de bijoux, ainsi que des objets faits à partir d&rsquo;objets recyclés. «&nbsp;<em>Le but de cette action n’est pas seulement de générer du profit, mais surtout de susciter le sourire sur le visage des personnes qui retrouvent une dignité&nbsp;»</em>, dit-il.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;Dare to care&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’indonésien<strong> Sri Safitri Oktaviyanti </strong>est engagé dans «&nbsp;<em>Dare to Care</em>&nbsp;», un programme diaconal des Focolari. L’Indonésie, c’est 17000 îles avec plus de 200 millions de personnes, à majorité musulmane. La devise du pays est «&nbsp;unité dans la diversité&nbsp;».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce programme veut prendre soin des pauvres, par la distribution de repas et d’autres actions caritatives, en particulier pour les sans-abris et les enfants de familles défavorisées. Dans un contexte où l’écologie n’est qu’à ses balbutiements, <em>Dare to Care </em>prend soin aussi de l&rsquo;environnement, afin de mettre en pratique les indications de l&rsquo;encyclique «&nbsp;<em>Laudato Si</em>&nbsp;» sur l’écologie intégrale, avec des actions&nbsp;comme le nettoyage des plages ou la plantation d’arbres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le troisième point d&rsquo;attention est la prise en charge de marginalisés, comme les personnes âgées, les orphelins et les handicapés. Un autre point est la rencontre avec les minorités religieuses, en les invitant à des repas communs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Autres articles sur ce congrès&nbsp;: </em></strong><a href="https://www.hoegger.org/article/une-seule-famille-humaine/"><strong><em>https://www.hoegger.org/article/une-seule-famille-humaine/</em></strong></a><strong><em></em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://www.hoegger.org/article/pratiques-de-leconomie/">Pratiques de l&rsquo;économie de paix</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.hoegger.org">Martin Hoegger</a>.</p>
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