Du 18 au 25 novembre 2025, un voyage m’a conduit avec Olivier Fleury à travers Lahore, Gujranwala, Rawalpindi, Islamabad et Taxila et a ouvert une fenêtre sur l’Église du Pakistan. À travers dix étapes, se dessine un visage contrasté : fragilité sociale et persécutions d’un côté, créativité, courage et espérance de l’autre.
Au fil des rencontres avec responsables d’Églises, mouvements, institutions éducatives, œuvres sociales, hôpitaux, initiatives numériques et projets de libération, une même question est revenue : comment faire de 2033 non seulement une date à célébrer, mais un chemin de conversion, d’unité et de témoignage dans le contexte concret du Pakistan ?
Les dix articles présentent ainsi une mosaïque contrastée : accueil chaleureux des communautés, engagement pour la formation des jeunes, souci des plus pauvres, recherche de l’unité entre confessions, développement d’outils nouveaux – du numérique aux groupes d’entraide – et attention constante à l’annonce de la Résurrection au cœur d’une société majoritairement musulmane. Ce voyage ne se réduit pas à un reportage ; il apparaît comme un temps de discernement partagé, où l’Esprit semble déjà préparer une moisson à venir.
Lire ici le reportage en entier
1. Une première journée étonnante à Lahore
Cette journée d’ouverture dévoile un Pakistan chrétien chaleureux et déterminé. L’accueil nocturne (à 2h30 du matin!) par les responsables de l’Église presbytérienne (réformée) et du Conseil national des Églises annonce une fraternité. Accueillis au siège du Conseil national des Eglises par Obaid Khokhar, son secrétaire général, les échanges avec lui révèlent la tension entre l’instruction urbaine et la précarité rurale. Nous visitons ensuite la Commission œcuménique pour le développement humain qui présente un engagement concret en faveur de la justice et des plus vulnérables. Avec la Ligue pour la Lecture de la Bible, nous nous réjouissons de l’élan vers une foi personnelle des jeunes. La journée s’achève par un culte vibrant dans une église presbytérienne de Lahore, centré sur la joie du Ressuscité.
2. Visite à l’Église presbytérienne du Pakistan
Lors de l’Assemblée générale de l’Église presbytérienne du Pakistan à Gujranwala, nous avons présenté l’initiative JC2033 comme un appel à l’unité. Olivier l’a illustré par l’image des cinq rivières du Pendjab convergeant vers la mer. Martin a transmis un message de solidarité de l’Église réformée suisse et a médité sur Luc 15, invitant à marcher vers 2033 dans la repentance et la persévérance. Le lendemain, invité par le pasteur Reuben Qamar, modérateur de cette Église, j’ai prêché à Lahore sur le récit d’Emmaüs, appelant à la confiance au cœur des épreuves.
3. Gujranwala : bâtir l’avenir et guérir les divisions
À Gujranwala, la découverte du Centre technique chrétien nous révèle une Église investie dans la formation professionnelle des jeunes défavorisés, offrant un avenir concret à ceux privés de moyens. La faculté de théologie, voisine, forme des pasteurs engagés, sensibles à la mission. La rencontre avec des responsables presbytériens ouvre un moment fort : l’expression d’un désir authentique de réconciliation entre les quatre branches de cette Église divisée. Portée par la vision de JC2033, cette journée montre la possibilité d’un chemin d’unité, fondé sur l’humilité, le repentir et la volonté de témoigner ensemble du Christ dans un contexte difficile.
4. Rencontres avec les Églises pentecôtistes de Lahore
À Lahore, la visite du Séminaire du Plein Évangile et de son directeur Liaqat M. Qaisar, et les échanges avec les Assemblées de Dieu montrent la passion missionnaire des pentecôtistes. Les étudiants, plongés dans l’Apocalypse, accueillent avec enthousiasme nos témoignages sur le Christ vivant qui continue aujourd’hui à se révéler . Les échanges entre pentecôtistes et responsables du Conseil national des Eglises portent sur la coopération interconfessionnelle pour préparer 2033 et imaginer une stratégie nationale. Un moment fort est la prière pour un couple pastoral menacé.
5. Un appel aux Églises pentecôtistes du Pakistan
L’intervention d’Olivier auprès des pentecôtistes souligne à la fois leur dynamisme missionnaire et le risque d’un isolement involontaire dû à leur croissance rapide. En évoquant le projet MM33 de planter un million d’Églises, il les encourage à rester fidèles à leur vocation tout en entrant dans une vision plus large : annoncer ensemble la Résurrection en 2033. Il appelle à surmonter la peur qui paralyse et à demeurer des partenaires spirituels de toutes les Églises du pays. Son message insiste sur la responsabilité d’atteindre chaque habitant du Pakistan, dans un esprit d’humilité, d’unité et de mission.
6. Mouvements chrétiens en route vers 2033
Nos rencontres avec quelques mouvements ecclésiaux montrent la diversité créative du christianisme pakistanais. La Société biblique réfléchit à son rôle dans une célébration nationale de la Résurrection. Les Groupes bibliques rappellent l’importance des petits groupes et du « discipulat. » Les Focolari incarnent une unité vécue entre confessions, ouverte et fraternelle. Jeunesse en Mission et l’Association Billy Graham soulignent le besoin d’outils adaptés culturellement. À travers ces mouvements, un désir émerge : avancer ensemble vers 2033.
7. Un hôpital chrétien à Taxila : mémoire, foi et service
À Taxila, l’hôpital chrétien témoigne d’une foi en acte. Nous sommes invités au culte matinal, simple et fervent, où je rappelle l’importance de servir « les plus petits de nos frères ». Le directeur, le Dr Nadeem David, évoque la mission de l’hôpital dans un contexte où l’expression publique de la foi reste sensible. Le mémorial des quatre femmes tuées en 2002 nous bouleverse : il inscrit la mémoire du martyre dans le quotidien d’un lieu de soin. Les histoires de violences récentes rappellent aussi la fragilité des chrétiens. Pourtant, la persévérance du personnel exprime une fidélité tenace au Christ. L’hôpital devient un signe d’espérance pour une Église éprouvée.
8. Pakistan Partnership Initiative : libérer et rassembler
La rencontre avec Ashraf Mall, directeur de PPI, révèle un constat dur sur l’état de l’Église et l’extrême pauvreté. En libérant des milliers de familles esclaves des briqueteries, son association offre dignité et avenir. Les groupes d’entraide développent résilience financière et fraternité. PPI soutient de nombreuses organisations et construit des ponts œcuméniques. Elle s’inquiète aussi du départ de la jeunesse chrétienne et réfléchit aux causes sociales de ces changements. L’horizon de 2033 apporte une perspective nouvelle : imaginer un peuple libéré de l’esclavage célébrant la Résurrection.
9. Un entrepreneur appelé à servir l’Évangile
Le témoignage de Kashiv Joseph retrace une transformation radicale : d’un dirigeant prospère, confiant en ses capacités, il devient un serviteur du Christ, marqué par une guérison miraculeuse. Après des années de précarité et de prière, il rejoint Media Impact International, convaincu que les outils numériques peuvent toucher des millions de personnes. Son équipe produit des contenus, accompagne des personnes en recherche et soutient les Églises. Cette vocation s’accorde bien avec l’horizon de 2033, qu’il voit comme une occasion unique d’annoncer la Résurrection à grande échelle, dans un pays jeune et connecté.
10. Rawalpindi et Islamabad : une Église en marche
Les rencontres à Rawalpindi et Islamabad montrent une Église structurée, consciente de ses responsabilités. Nous rencontrons Ikbal Khokhar, président de l’Alliance évangélique, qui nous explique qu’elle forme et soutient les communautés.
À Islamabad, nous sommes heureux de revoir Sharoon Sarfraz, ambassadeur JC2033, qui a lancé des initiatives technologiques, comme PS91, qui offrent soutien et protection face aux persécutions. Le directeur du Conseil des Églises, Samson Sohail nous présente une vision structurée de gouvernance et de mission. Avec 12 pasteurs, nous prions ensemble pour l’unité, la mission et la préparation à 2033. Un moment très fort, d’autant plus que quatre jours plus tard, l’un des pasteurs sera assassiné. Ces étapes révèlent un christianisme minoritaire mais profondément résilient, enraciné dans l’espérance pascale.
Conclusion
Au terme de ce parcours, nous avons découvert que l’Église du Pakistan, bien que minoritaire et souvent vulnérable, est riche d’un témoignage précieux pour la famille chrétienne mondiale. Dans la prière et la persévérance, la mémoire des martyrs et l’engagement social, elle manifeste une fidélité qui interpelle.
La perspective de 2033 agit comme un levier discret mais puissant, aidant chacun à relire sa mission à la lumière de la Résurrection du Christ.
Ce chemin n’est ni simple ni triomphaliste. Il passe par la conscience aiguë des limites, de la pauvreté et des dangers, mais il est porté par une espérance qui refuse la fatalité. Si un « cadeau » est à offrir au Christ pour les 2000 ans de sa Résurrection, il prendra sans doute la forme d’une Église plus unie, plus proche des démunis, plus audacieuse dans son témoignage. Le séjour au Pakistan laisse entrevoir que ce chemin est déjà en cours.
Les articles ont été rédigés par Martin Hoegger


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