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	<title>Archives des Société - Martin Hoegger</title>
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	<description>Blog de Martin Hoegger</description>
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	<title>Archives des Société - Martin Hoegger</title>
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		<title>Fidélité et innovation au service de l&#8217;Évangile</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jul 2026 13:11:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les 70 ans de la Mission évangélique Braille et les 50 ans de son camp d&#8217;été Salle del Castillo, Vevey. Le choeur « One Step » a chanté des Gospels lors de la deuxième partie de la soirée La Mission évangélique Braille (MEB) a célébré cette année un double anniversaire particulièrement significatif : les 70 ans de [&#8230;]</p>
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<h4 class="wp-block-heading">Les 70 ans de la Mission évangélique Braille et les 50 ans de son camp d&rsquo;été</h4>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Salle del Castillo, Vevey. Le choeur « One Step » a chanté des Gospels lors de la deuxième partie de la soirée</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La <a href="https://mebraille.ch">Mission évangélique Braille (MEB) </a>a célébré cette année un double anniversaire particulièrement significatif : les 70 ans de sa fondation officielle et les 50 ans de son camp d&rsquo;été. Le 20 juillet 2026 une fête dans la grande et belle salle del Castillo, à Vevey, a permis de relire une histoire marquée par la fidélité de Dieu, l&rsquo;engagement de nombreux bénévoles et collaborateurs, ainsi que par une volonté constante de rendre la Parole de Dieu accessible aux personnes aveugles et malvoyantes. Les témoignages de plusieurs acteurs de cette aventure ont montré comment cette œuvre a su évoluer tout en restant fidèle à sa vocation première.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une œuvre bâtie sur la fidélité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En ouvrant la rencontre, le président Thierry Wolfrath a rappelé que les chiffres de 70 ans et de 50 camps racontent avant tout une histoire de fidélité. Derrière chaque livre braille, chaque enregistrement audio ou chaque camp se cachent des milliers d&rsquo;heures de travail discret : transcription, relecture, impression, envoi des ouvrages, accueil des participants. Cette œuvre n&rsquo;a jamais recherché la visibilité, mais a permis à des milliers de personnes de recevoir la Bible et une littérature chrétienne dans des formats accessibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président a également souligné l&rsquo;importance des camps d&rsquo;été, véritables lieux de rencontre où naissent des amitiés durables. Si les livres transmettent la Parole, les camps permettent de vivre la communion fraternelle. Il a exprimé sa reconnaissance envers les bénévoles, les bénéficiaires, les donateurs et les collaborateurs qui, chacun à leur manière, rendent cette mission possible. Il a enfin mis en valeur le caractère interconfessionnel de la MEB et son ouverture croissante à l&rsquo;Afrique, où elle soutient aujourd&rsquo;hui des projets éducatifs et de développement.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;intuition visionnaire d&rsquo;Edith Huber</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Premier invité de la table ronde, Alain Décoppet, auteur&nbsp;<a href="https://www.unixtus.ch/librairie/la-lumi%C3%A8re-brille-dans-les-t%C3%A9n%C3%A8bres/">d’un livre sur l’histoire de la MEB</a>, a retracé les origines de la Mission évangélique Braille en évoquant sa fondatrice, Edith Huber. Devenue aveugle à vingt ans, celle-ci traversa une longue période de révolte avant de vivre une rencontre décisive avec le Christ. Cette expérience transforma son regard sur sa propre existence et fit naître en elle le désir de partager l&rsquo;Évangile avec d&rsquo;autres personnes aveugles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Très rapidement, elle entreprit de transcrire des textes bibliques en braille et chercha tous les moyens disponibles pour rendre les Écritures accessibles. Son intuition ne s&rsquo;arrêta pas au braille. Elle comprit également l&rsquo;importance des séjours communautaires et pressentit le potentiel des futurs supports audio. Alain Décoppet a montré combien cette femme avait su anticiper les évolutions techniques tout en gardant comme priorité la rencontre avec le Christ. Il a également rappelé les différentes étapes de développement de l&rsquo;œuvre.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;ouverture œcuménique et le développement international</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ancien président de la MEB, Gérald Cavin est revenu sur deux tournants majeurs de son histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le premier fut la décision de réaliser une édition braille de la Traduction œcuménique de la Bible (TOB). À une époque où l&rsquo;œuvre était encore fortement marquée par ses origines évangéliques, ce choix suscita des discussions importantes. Finalement, la volonté de proposer une Bible pouvant être reçue par l&rsquo;ensemble de la francophonie chrétienne l&#8217;emporta. Cette décision ouvrit durablement la Mission évangélique Braille à une véritable dimension œcuménique. Elle fut rendue possible grâce à une étroite collaboration avec l&rsquo;Asile des aveugles de Lausanne pour l&rsquo;impression et avec la Société biblique suisse pour l&rsquo;édition du texte. Les innovations techniques dans l&#8217;embossage du braille permirent ensuite de mener à bien ce vaste projet éditorial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le second tournant concerna la coopération avec l&rsquo;Afrique. Initialement centrée sur la diffusion de littérature chrétienne, la mission prit progressivement conscience que l&rsquo;annonce de l&rsquo;Évangile devait aussi répondre aux besoins fondamentaux des personnes. Une réflexion née de situations concrètes conduisit l&rsquo;association à soutenir des projets d&rsquo;alphabétisation, de scolarisation, de formation professionnelle et d&rsquo;autonomie économique. Gérald Cavin a montré comment cette évolution élargissait la mission sans en modifier l&rsquo;inspiration évangélique.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une famille qui continue de grandir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Corinne Vergne, présidente de la MEB France, a témoigné de son expérience personnelle en tant qu’aveugle. Entrée dans les camps en 1994, elle a découvert une véritable famille spirituelle. Les soirées de partage, les chants, les enseignements bibliques et la qualité des relations humaines ont marqué durablement son parcours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon elle, malgré les changements de lieux, de responsables et d&rsquo;organisation, l&rsquo;essentiel demeure inchangé : la mission reste une communauté chrétienne où la solidarité, l&rsquo;amitié et l&rsquo;écoute mutuelle occupent une place centrale. Les camps permettent à chacun de vivre pleinement sa foi tout en bénéficiant d&rsquo;un climat d&rsquo;accueil et de confiance.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Préparer l&rsquo;avenir sans perdre son âme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En tant qu&rsquo;actuel secrétaire général, Thoma Vuilleumier a porté le regard vers l&rsquo;avenir. Il a rappelé que, malgré les progrès technologiques, les besoins restent immenses. De nombreuses personnes aveugles n&rsquo;ont toujours pas accès à la lecture, à l&rsquo;éducation, à la culture ou à une pleine participation à la vie des Églises, particulièrement dans plusieurs pays africains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour lui, les prochaines années devront conjuguer innovation et fidélité. Les nouvelles technologies, l&rsquo;intelligence artificielle et les supports numériques ouvriront des perspectives inédites, mais elles ne remplaceront jamais les relations humaines. Il a identifié trois priorités qui devront continuer à façonner l&rsquo;identité de la MEB : demeurer une œuvre explicitement chrétienne, poursuivre une innovation adaptée à des moyens souvent modestes et préserver une culture de proximité où bénéficiaires, bénévoles, donateurs et collaborateurs forment une véritable communauté. C&rsquo;est cette alliance entre foi, créativité et relations humaines qui permettra à la Mission évangélique Braille de poursuivre son service dans les décennies à venir.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une reconnaissance personnelle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette célébration a fait remonter de nombreux souvenirs. J&rsquo;ai eu la joie de collaborer avec la Mission évangélique Braille dès 1989, alors que j&rsquo;étais directeur de la Société biblique suisse. Nous avons travaillé ensemble à la réalisation et à la diffusion de la Bible en français fondamental en braille, présentée notamment à l&rsquo;UNESCO et au pape Jean-Paul II.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je garde surtout un souvenir très vivant d&rsquo;un voyage en Côte d&rsquo;Ivoire et au Bénin avec Alain Décoppet et Robert Schmidt, alors secrétaire général de la MEB. Cette visite a contribué à ouvrir de nouvelles perspectives de coopération en Afrique, notamment dans le domaine de l&rsquo;alphabétisation des personnes aveugles. <br>Elle illustre bien ce que cette fête a mis en lumière : une œuvre qui, depuis 70 ans, ne cesse d&rsquo;élargir son horizon tout en restant fidèle à sa vocation première, celle de rendre la Parole de Dieu accessible à tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Martin Hoegger</em></p>
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		<title>Écologie et œcuménisme : un engagement commun pour la création</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 07:33:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Œcuménisme]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Coucher de soleil à Héraklion Le congrès organisé par l’Académie patriarcale supérieure de Crète, à Héraklion les 8 et 9 octobre 2025, a confirmé que la sauvegarde de la création constitue désormais un domaine privilégié de convergence entre les confessions chrétiennes. Les professeures Angeliki Ziaka et Vasiliki Stathokosta ont montré, chacune selon sa perspective, que [&#8230;]</p>
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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Coucher de soleil à Héraklion</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le congrès organisé par l’Académie patriarcale supérieure de Crète, à Héraklion les 8 et 9 octobre 2025, a confirmé que la sauvegarde de la création constitue désormais un domaine privilégié de convergence entre les confessions chrétiennes. Les professeures Angeliki Ziaka et Vasiliki Stathokosta ont montré, chacune selon sa perspective, que la réflexion écologique s’impose aujourd’hui comme un espace fécond du dialogue œcuménique.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une seule création, plusieurs confessions</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Face à l’urgence climatique, les Églises chrétiennes s’unissent pour défendre la création. Le Conseil œcuménique des Églises (COE), qui rassemble plus de 600 Églises dans le monde, participe activement à la COP 31 à Belém, au Brésil. Son programme <em>Care for Creation and Justice for Community</em> relie étroitement sauvegarde de la nature et justice sociale. Pour Angeliki Ziaka, « il ne s’agit pas seulement de sauver la planète, mais de restaurer la relation de l’homme avec Dieu, avec son prochain et avec la création ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque année, la&nbsp;<em>Saison de la Création</em>&nbsp;(du 1<sup>er</sup>&nbsp;septembre au 4 octobre) symbolise cette unité spirituelle. Née dans l’orthodoxie et reconnue par le pape François, elle rassemble catholiques, protestants et orthodoxes dans la prière et l’action pour la maison commune.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Justice climatique et responsabilité&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La crise écologique révèle une profonde injustice : les plus pauvres subissent le plus fort impact alors qu’ils contribuent le moins au réchauffement. C’est pourquoi le COE plaide pour une «&nbsp;justice climatique&nbsp;» mondiale, en coopération avec d’autres traditions religieuses et institutions internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors de la COP 29 à Bakou, le métropolite Iakovos d’Aréthousa a appelé à une « conversion écologique » : transformer le cœur avant de transformer les pratiques. Cette vision, partagée par le pape François dans l’encyclique&nbsp;<em>Laudato si’</em>, inspire un dialogue interconfessionnel croissant.<br>Le COE s’engage aussi auprès des jeunes à travers le&nbsp;<em>programme&nbsp;</em><a href="https://www.oikoumene.org/fr/what-we-do/wccs-engagement-for-children"><em>Engagement des Eglises en faveur des enfants</em></a><em>,</em><em>&nbsp;</em>qui offre des outils éducatifs et juridiques pour agir en faveur du climat. Cette publication lie ainsi écologie, droits humains et dignité des plus vulnérables.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Les racines spirituelles de la crise écologique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Vasiliki Stathokosta, la crise écologique plonge ses racines dans la rupture entre l’homme et Dieu. En cherchant à dominer la nature, l’homme a oublié qu’il en est le gardien, non le maître. Basile le Grand le rappelait déjà : « Nos champs se dessèchent parce que l’amour s’est éteint entre nous. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">La cause première de la crise écologique est donc spirituelle : avidité, désir de puissance, oubli de la gratitude. «&nbsp;L’écothéologie&nbsp;», née du dialogue œcuménique contemporain, veut restaurer la dimension cosmique de la foi chrétienne. Toute la création est un don de Dieu, confié à l’homme pour être protégée dans un esprit de gratitude. Comme le souligne Stathokosta, « l’écologie chrétienne n’est pas un programme politique, mais une prophétie de réconciliation entre l’humanité et la nature, entre justice et grâce ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Vers une écothéologie œcuménique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs décennies, le COE et la Conférence des Églises européennes intègrent l’écologie dans leur réflexion théologique et sociale. La&nbsp;<a href="https://ceceurope.org/storage/app/media/uploads/2015/07/Charta_Oecumenica_FR.pdf">Charte œcuménique européenne&nbsp;</a>appelle aux valeurs de paix, de justice et d’intégrité de la création, reposant sur trois piliers : la conversion du cœur (<em>metanoia</em>), la recherche de la justice et la paix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Église orthodoxe ajoute un quatrième : la sobriété. Le patriarche Bartholomée, surnommé « le patriarche vert », appelle à un style de vie ascétique et modéré. Pour lui, « détruire le monde créé, c’est pécher contre Dieu ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’écothéologie œcuménique est aussi une pédagogie spirituelle. La liturgie, où la nature participe à la louange divine, devient une école de réconciliation avec la nature. L’eau du baptême, le pain et le vin de l’eucharistie rappellent que la création est appelée à être transfigurée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une foi qui unit, une espérance qui agit, un amour qui prend soin.&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré leurs divisions, les Églises découvrent dans l’écologie un espace d’unité et de coopération. La sauvegarde de la création dépasse les frontières confessionnelles et religieuses. Le COE multiplie aussi les partenariats avec des scientifiques et des institutions publiques pour promouvoir des solutions concrètes et durables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, l’écologie devient un lieu de témoignage commun : une foi vécue dans la responsabilité et la solidarité. L’écologie n’est plus un thème secondaire, mais un signe des temps. Par leur engagement commun, les Églises affirment que la justice, la paix et la sobriété sont inséparables de la foi chrétienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un monde marqué par la fragmentation et la peur, elles témoignent d’une foi qui relie, d’une espérance qui agit, et d’un amour qui prend soin de la terre comme du cœur de l’homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Pour d’autres articles sur le thème de ce symposium, voir ici: </strong></em><a href="https://www.hoegger.org/article/eco-theologie"><em><strong>https://www.hoegger.org/article/eco-theologie</strong></em></a></p>
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		<title>Premier septembre, fête de la Création : prier, croire, vivre</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/premier-septembre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 07:28:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Œcuménisme]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Héraklion, 9 octobre 2025. Deux conférences du symposium sur la théologie de l’écologie de l’Académie patriarcale de Crète ont éclairé la portée spirituelle et œcuménique du 1er&#160;septembre, début de l’année ecclésiastique et Journée de prière pour la création : Emmanuel Doundoulakis explore l’office orthodoxe et sa théologie ; Tomas Insua retrace l’histoire et plaide pour [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Héraklion, 9 octobre 2025. Deux conférences du symposium sur la théologie de l’écologie de l’Académie patriarcale de Crète ont éclairé la portée spirituelle et œcuménique du 1<sup>er</sup>&nbsp;septembre, début de l’année ecclésiastique et Journée de prière pour la création : Emmanuel Doundoulakis explore l’office orthodoxe et sa théologie ; Tomas Insua retrace l’histoire et plaide pour une adoption plus large de la fête dans toutes les Églises.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le sens du commencement  </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Instituée par le Patriarcat de Constantinople en 1989, la prière du premier septembre s’ouvre sur le sens du commencement : début de l’année liturgique, mémoire biblique des origines, appel à renouveler l’alliance avec Dieu.&nbsp;<strong>Emmanuel Doundoulakis,</strong>&nbsp;professeur à l’Académie patriarcale de Crète, relève que l’Office de prière du lever du jour («&nbsp;l’Orthros&nbsp;») met en scène cette dynamique fondatrice : l’univers ordonné par Dieu, gardé dans l’harmonie, devient la mesure de la louange et de la responsabilité humaines. Le 1<sup>er</sup>&nbsp;septembre n’est pas un « jour de la nature » parmi d’autres : il célèbre le Dieu créateur et la vocation de l’homme à garder la maison commune.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La structure d’une prière qui éduque le cœur</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>L’office se laisse lire à plusieurs niveaux : structure, esthétique, références scripturaires et patristiques. Sa morphologie liturgique conduit de l’action de grâce à l’intercession, puis à la conversion. Les hymnes, d’une grande tenue littéraire, tressent vocabulaire classique et langage ecclésial. Cette beauté n’est pas un ornement : elle est une pédagogie spirituelle. Elle apprend à voir le monde comme un don et non comme un objet, à unir ascèse et action de grâce.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La blessure et la limite : une écologie spirituelle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>L’office ne masque pas la blessure : la chute entraîne la création dans la corruption, et nos passions « troublent l’atmosphère ». La crise écologique est d’abord crise du cœur ; la guérison du monde suppose la conversion de l’être humain. En même temps, une limite est posée à la puissance : la prière implore le Christ de détourner les fléaux et de nous renforcer, matériellement et spirituellement, afin que l’équilibre intérieur se traduise en soin du vivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Prier, croire et vivre</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tomas Insua</strong>, directeur du Centre Laudato Si’ à Assise, ouvre la perspective œcuménique : ce que l’Église prie façonne ce qu’elle croit, et ce qu’elle croit modèle la vie, selon l’adage<em> Lex orandi, lex credendi, lex vivendi</em>. Or, si de riches débats ont porté sur la doctrine de la création et ses implications éthiques, la dimension liturgique demeure souvent minimisée en Occident. La tradition orthodoxe, nourrie par Jean Zizioulas et d’autres, a lié l’action de grâce à la création ; c’est là un trésor à partager, car la liturgie convertit en profondeur les mentalités.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Du Phanar à Assise : une histoire commune à écrire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Insua retrace l’histoire récente : l’encyclique du patriarche Dimitrios (1989), l’office de 1990, la reconnaissance panorthodoxe (1992), puis l’élan œcuménique avec la Saison de la Création, du 1<sup>er</sup> septembre au 4 octobre. En 2015, l’Église catholique inscrit elle aussi cette journée dans son calendrier. Aujourd’hui, des rencontres internationales – souvent à Assise – rassemblent les familles ecclésiales autour d’une proposition : faire du 1<sup>er</sup>septembre une véritable fête de la Création dans toutes les traditions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Célébrer le Créateur et le créé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Pour expliquer la portée de la fête, Insua distingue l’acte divin (la Création) et son fruit (le monde créé). Célébrer le 1er septembre, c’est tenir ensemble ces deux dimensions : rendre gloire au Dieu qui « au commencement » appelle tout à l’être, et honorer le créé comme lieu où sa bonté se donne. De là, une conséquence pastorale : la fête n’est pas un supplément « vert », mais l’expression d’une christologie où « tout fut par le Christ ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Des propositions pour avancer</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Deux documents récents y invitent : une proposition catholique intitulée « La Fête de la Création dans le Christ », affirmant l’enracinement christologique de la célébration ; un rapport interconfessionnel, « Un rêve œcuménique pour le troisième millénaire », esquissant convergences liturgiques et pédagogiques. Côté orthodoxe, Insua suggère d’accentuer encore les thèmes de la création le 1er septembre et, pourquoi pas, d’élever la fête parmi les autres fêtes du calendrier, afin de signifier son enjeu spirituel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Conclusion : prier pour apprendre à vivre dans la création</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Des analyses de Doundoulakis et d’Insua, une conviction se dégage : la fête de la Création est un chemin. Elle conduit de la contemplation à la conversion, de la louange à la justice, de l’esthétique liturgique à l’éthique de vie. Elle appelle des gestes concrets – sobriété, protection des plus vulnérables, garde responsable des biens communs – nourris par la prière de l’Église tout entière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Adopter ensemble le 1<sup>er</sup>&nbsp;septembre, c’est consentir à un commencement : celui d’une vie réconciliée avec Dieu, avec la terre et avec nos sœurs et frères.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Pour d&rsquo;autres articles sur le thème de ce symposium, voir ici :</strong></em><strong><em>&nbsp;</em></strong><a href="https://www.hoegger.org/article/eco-theologie"><em><strong>https://www.hoegger.org/article/eco-theologie</strong></em></a><em></em></p>
<p>L’article <a href="https://www.hoegger.org/article/premier-septembre/">Premier septembre, fête de la Création : prier, croire, vivre</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.hoegger.org">Martin Hoegger</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La foi au défi de la terre : deux voix pour une écologie spirituelle</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 07:24:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Oliviers déracinés en Cisjordanie Héraklion, 9 octobre 2025.&#160;L’Académie patriarcale de Crète a accueilli un symposium scientifique et théologique consacré à la théologie de l’écologie. Deux conférences ont marqué cette journée : celle de Mme Chrysovalanti Papanastassopoulou, professeur à l’académie patriarcale de Crète, et celle du professeur Nikolaos Dimitriadis (Université Aristote de Thessalonique et président du [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Oliviers déracinés en Cisjordanie</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Héraklion, 9 octobre 2025.&nbsp;</strong>L’Académie patriarcale de Crète a accueilli un symposium scientifique et théologique consacré à la théologie de l’écologie. Deux conférences ont marqué cette journée : celle de Mme Chrysovalanti Papanastassopoulou, professeur à l’académie patriarcale de Crète, et celle du professeur Nikolaos Dimitriadis (Université Aristote de Thessalonique et président du CEMES). Leur dialogue compose une vision unifiée : l’écologie est d’abord une affaire de relation — à Dieu, à la création, aux autres — et donc une affaire de conversion.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le Deutéronome : une écologie spirituelle aux temps de guerre</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parlant de « la dimension spirituelle de la guerre dans l’Ancien Testament à travers la perspective du Deutéronome », Mme C. Papanastassopoulou montre que ce livre biblique ne se contente pas de prescriptions militaires : il inscrit la conduite de la guerre dans une éthique qui protège le vivant. Le commandement de ne pas abattre les arbres fruitiers durant un siège (Dt 20,19-20) relève à la fois du pragmatisme (préserver la nourriture) et d’une théologie de la création : la terre appartient à Dieu, l’homme n’en est que le gardien. La nature n’est pas un adversaire. Même au cœur de la violence, une limite sacrée est posée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Dans les guerres, la limite contre la dévastation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’interdit biblique s’éclaire par contraste avec la pratique assyrienne. Des inscriptions royales de Téglath-Phalasar à Sennachérib relatent la destruction systématique des vergers, des champs, l’incendie des terres et la stérilisation des sols. Ici, la nature est instrumentalisée comme champ de bataille. Le Deutéronome oppose à cette logique impériale une théologie de la mesure : on ne fait pas la guerre aux arbres. Cette retenue est une forme de résistance spirituelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Deux cosmologies, deux éthiques</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La comparaison va plus loin : elle oppose deux visions du monde. Dans les mythes mésopotamiens, l’ordre naît d’une violence fondatrice ; la création découle d’un combat contre le chaos. La Bible, elle, proclame une création par la Parole, bénie et « bonne ». D’un côté, domination et désacralisation ; de l’autre, don et communion. L’éthique découle de la cosmologie : ce que l’on croit de l’origine façonne ce que l’on fait de la terre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Actualité d’un interdit ancien</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette loi ancienne parle crûment à notre présent. Les conflits modernes ravagent à la fois les peuples et les écosystèmes : champs brûlés, nappes polluées, arbres déracinés. Détruire la nature, c’est rompre l’alliance. Le Deutéronome appelle à contenir la puissance par la justice, même dans l’extrême de la guerre. Il rappelle que l’écologie est d’abord une morale de la limite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La nature comme interlocutrice et enseignante de la vie</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa conférence intitulée « La nature comme interlocutrice : l&rsquo;absence de l&rsquo;Autre et la réconciliation avec la création », le professeur Nikolaos Dimitriadis a commencé par poser un diagnostic : la crise écologique est une crise relationnelle. La nature a cessé de parler à notre imagination théologique, et nous avons cessé de l&rsquo;écouter. Cette rupture dans le dialogue avec la création est au cœur du désordre actuel : nous ne nous considérons plus comme des créatures au sein de la création, mais comme des maîtres qui s&rsquo;en distinguent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;être humain : microcosme et médiateur</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">S&rsquo;inspirant de Grégoire le Théologien et de Maxime le Confesseur, Dimitriadis comprend l’être humain comme un microcosme et un médiateur, le point de rencontre entre le ciel et la terre. Cette vocation exige responsabilité et douceur. Notre façon de traiter la nature reflète la façon dont nous nous traitons les uns les autres et révèle quelque chose de notre relation à Dieu. L&rsquo;écologie intégrale vise donc le respect de toute vie et touche au cœur même de la foi, façonnant notre façon de consommer, d&rsquo;habiter et d&rsquo;occuper nos espaces.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Vers une réconciliation cosmique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute la création gémit et espère ; elle participe à la fois à la chute et à la rédemption. L&rsquo;Église est appelée à une mission de réconciliation cosmique : relier la théologie, la société et la culture ; unir la science et la spiritualité ; renouveler le dialogue avec la terre. Concrètement, cela signifie reconnaître la terre comme la mesure de notre expérience, retrouver notre place au sein de la création, permettre à l&rsquo;Eucharistie de transformer nos habitudes et réformer nos modes de vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La mission de l’Église devient également un acte de dialogue vivant : écouter la voix de la création, apprendre d’elle, agir avec elle. L’écothéologie, dès lors, n’est pas une spécialisation technique ou universitaire : c’est un mode d’existence, une manière d’aimer la création, et, en fin de compte, une conversion.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Conclusion : la limite et la communion</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mises en regard, les deux conférences dessinent un horizon semblable. Du côté biblique, une éthique de la limite protège le vivant, même en temps de guerre. Du côté anthropologique et liturgique, une culture de la communion réapprend à écouter la création.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensemble, elles tracent une voie de conversion : faire de l’écologie non un supplément d’âme, mais une manière d’aimer la terre — avec justice, mesure et gratitude. Là où la puissance détruit, la gratitude restaure ; là où le bruit du monde domine, le silence de la prière rouvre le dialogue avec la création. Ainsi, la foi au défi de la terre devient promesse : celle d’une humanité réconciliée avec Dieu, avec la nature et avec elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Pour d’autres articles sur le thème de ce symposium, voir ici: </strong></em><a href="https://www.hoegger.org/article/eco-theologie"><em><strong>https://www.hoegger.org/article/eco-theologie</strong></em></a></p>
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		<title>Jean Zizioulas, prophète de l’écologie orthodoxe</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/jean-zizioulas-prophete-de-lecologie-orthodoxe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 07:19:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>* Par Martin Hoegger La crise écologique ne se résout pas par des technologies vertes ou des traités internationaux. Elle demande une conversion du cœur et la redécouverte du sens spirituel du monde. Tel fut le message prophétique du métropolite Jean de Pergame (Zizioulas, †2023), dont la pensée a profondément renouvelé la théologie orthodoxe et [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>* Par Martin Hoegger</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La crise écologique ne se résout pas par des technologies vertes ou des traités internationaux. Elle demande une conversion du cœur et la redécouverte du sens spirituel du monde. Tel fut le message prophétique du métropolite Jean de Pergame (Zizioulas, †2023), dont la pensée a profondément renouvelé la théologie orthodoxe et inspiré le mouvement œcuménique pour la sauvegarde de la création.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lors d’un&nbsp;</strong><strong>congrès à l’Académie Patriarcale de Crète, le théologien et sociologue grec Dr Constantin Zormbas, Directeur général de l’Académie Orthodoxe de Crète,</strong>&nbsp;<strong>lui a rendu hommage dans une conférence dense et lumineuse. En s’appuyant&nbsp;</strong><strong>sur son œuvre, il a montré, avec d’autres orateurs, combien Zizioulas fut un pionnier d’une pensée écologique enracinée dans la foi et la liturgie.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une théologie née de la liturgie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès 1967 Zizioulas pose les bases d’une théologie écologique profondément spirituelle<a href="applewebdata://46903433-B670-455C-94B7-958935D32505#_ftn1"><sup>[1]</sup></a>. La création n’est pas une ressource à exploiter, mais le lieu de la rencontre entre Dieu et l’homme. Dans la Divine Liturgie, le prêtre élève le calice en disant : « Tes dons, de ce qui est à toi, nous te les offrons. » Ce geste résume toute sa théologie : l’homme offre à Dieu les fruits de la terre qu’il a reçus de Lui, pour les voir transfigurés. Dans ce mouvement de don et de retour, le monde est sanctifié. L’homme devient « prêtre de la création », intendant et serviteur du cosmos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’Eucharistie, la matière devient lieu de communion : le pain et le vin, sanctifiés par l’Esprit, deviennent Corps et Sang du Christ. Cette transfiguration annonce la vocation ultime de la création : participer à la vie divine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La crise écologique, une crise spirituelle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Zizioulas, la destruction de la nature est le symptôme d’une crise spirituelle : l’humanité a perdu le sens eucharistique du monde. Dès lors qu’elle cesse de se percevoir comme médiatrice et servante, elle devient dominatrice et prédatrice. Le monde, créé pour la communion, est devenu objet d’exploitation. « Si nous ne nous engageons pas sérieusement, disait-il, nous serons coupables devant Dieu pour notre indifférence. » La véritable réponse à la crise n’est donc pas technique, mais spirituelle : une&nbsp;<em>métanoïa</em>, un retournement du regard.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>L’humanité, prêtre du cosmos</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’expression de Zizioulas — « l’homme, prêtre de la création » — est devenue classique. Elle signifie que l’être humain est appelé à offrir le monde à Dieu dans la gratitude et à sanctifier la matière par l’amour. La liturgie devient ainsi l’acte écologique par excellence : elle rend au monde sa vocation de communion.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une écologie œcuménique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Zizioulas fut un acteur majeur du dialogue entre les Églises sur la question écologique. Actif dans le Conseil œcuménique des Églises et collaborateur du Patriarcat de Constantinople, il contribua à l’instauration du 1<sup>er</sup>septembre comme Journée de prière pour la création. En 2015, il salua l’encyclique&nbsp;<em>Laudato si’</em>&nbsp;du pape François : « La menace écologique dépasse nos différences ; nous devons l’affronter ensemble. » Par son influence, la théologie orthodoxe a trouvé un langage commun avec les autres traditions : gratitude, sobriété et sanctification du monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une pédagogie spirituelle</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs autres orateurs ont souligné l&rsquo;importance de la pensée de Zizioulas. Selon le professeur Polykarpos Karamouzis, la pensée de Zizioulas appelle une éducation écologique enracinée dans la foi. Dans la tradition orthodoxe, l’eau, la terre et l’air sont porteurs de bénédiction. Les gaspiller, c’est profaner des dons sacrés. Le désastre écologique devient alors une faute spirituelle : une absence de reconnaissance envers le Créateur. Enseigner la gratitude, c’est déjà entrer dans la conversion écologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le péché écologique et la repentance</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le professeur Christophe Arvanitis souligne la dimension pastorale de la pensée de Zizioulas : détruire la création, c’est pécher. Ce « péché écologique », reconnu aujourd’hui dans les textes du Patriarcat œcuménique, exige repentance et confession. La communauté, dit-il, doit apprendre à assumer les fautes de ses membres. L’écologie n’est pas seulement affaire d’éthique, mais de salut : celui qui pollue délibérément doit changer de cœur pour pouvoir communier à nouveau à la vie divine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une théologie du cosmos</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le professeur Stylianos Tsophanidis voit en Zizioulas le véritable « bras théologique » du patriarche Bartholomée. Il a donné à la théologie orthodoxe une dimension cosmique : le salut concerne non seulement l’homme, mais toute la création. Le Saint-Esprit vivifie le monde et prépare sa transfiguration. La théologie de Zizioulas est ainsi « cosmothéandrique » : Dieu, l’homme et le monde unis dans une même vocation à la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Conversion intérieure et espérance</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’archevêque de Crète Evgenios a rappelé que la surconsommation et le tourisme de masse défigurent son île. La réponse, disait Zizioulas, doit être spirituelle : « La crise écologique est d’abord une crise du cœur. » Retrouver la beauté de la simplicité, la joie eucharistique et la sainteté du quotidien, c’est déjà guérir la relation au monde. Respecter la nature, c’est honorer le visage de Dieu dans la création.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Conclusion</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’héritage de Jean Zizioulas demeure une source d’inspiration pour la théologie de la création. En rappelant que tout acte de foi authentique est action de grâce, il a introduit l’écologie dans une autre dimension : celle d’une communion entre Dieu, l’humanité et le monde. Dans un temps où la planète souffre de la démesure humaine, sa pensée appelle à une écologie de la gratitude et de la sobriété, où la prière devient un acte de résistance et d’espérance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lire Zizioulas, c’est comprendre que la conversion écologique commence dans l’action de grâce et se poursuit dans la vie quotidienne, là où l’homme apprend à offrir la création comme un don, non à la posséder comme un bien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://zizioulas.org/images/headers/header-photo.jpg"><strong><em>Un site est consacré à la personne et à l’œuvre de Jean Zizioulas</em></strong></a><strong><em>, où se trouve le portrait ci-dessus.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Pour d’autres articles sur le thème de ce symposium, voir ici :</em></strong><em><strong>&nbsp;</strong></em><a href="https://www.hoegger.org/article/eco-theologie"><strong><em>https://www.hoegger.org/article/eco-theologie</em></strong></a><strong><em></em></strong></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://46903433-B670-455C-94B7-958935D32505#_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>&nbsp;Dans article “La Vision eucharistique du monde et l’ homme contemporain”,&nbsp;<em>Contacts</em>&nbsp;19 (1967), 83-92.</p>
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		<title>L’écothéologie, un appel à la conversion du regard</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/lecotheologie-un-appel/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 07:14:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ferme agroécologique en Crète Sous le ciel lumineux d’Héraklion, entre mer Égée et montagnes crétoises, s’est tenu en octobre 2025 le Symposium international sur l’écothéologie, organisé par l’Académie patriarcale supérieure de Crète. Ce rendez-vous spirituel et scientifique a rassemblé des penseurs venus de divers horizons chrétiens pour réfléchir à la responsabilité humaine face à la [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.hoegger.org/article/lecotheologie-un-appel/">L’écothéologie, un appel à la conversion du regard</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.hoegger.org">Martin Hoegger</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Ferme agroécologique en Crète</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em> </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sous le ciel lumineux d’Héraklion, entre mer Égée et montagnes crétoises, s’est tenu en octobre 2025 le Symposium international sur l’écothéologie, organisé par l’Académie patriarcale supérieure de Crète. Ce rendez-vous spirituel et scientifique a rassemblé des penseurs venus de divers horizons chrétiens pour réfléchir à la responsabilité humaine face à la crise écologique. Deux conférences ont particulièrement marqué les esprits : celle du théologien orthodoxe Augustinos Bairactaris et celle du luthérien norvégien Aksel Johan Lund. Tous deux partent d’un même constat : la crise écologique est d’abord une crise spirituelle et anthropologique.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La création, sacrement de la présence divine</strong><br></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Augustinos Bairactaris, professeur à l’Académie patriarcale de Crète, la crise écologique révèle la rupture de l’homme avec Dieu et, par conséquent, avec la création. En absolutisant la raison et la technique, la modernité a effacé le sens du sacré. L’homme, devenu propriétaire du monde, a oublié qu’il en est le gardien. L’univers n’est pas un objet neutre à exploiter, mais un don à recevoir et à célébrer avec gratitude.   </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette perte du sens du sacré a conduit à une liberté dévoyée en licence sans limites. En se voulant démiurge, l’homme a rompu l’harmonie de la création. La crise écologique devient dès lors un miroir de son orgueil et de son égoïsme. Pour y répondre, la théologie offre un langage de réconciliation. L’éco-théologie, née dans le cadre œcuménique du Conseil œcuménique des Églises, propose une vision intégrale où foi, justice et sauvegarde de la création se rejoignent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’appuyant sur le programme « Justice, paix et intégrité de la création », Bairactaris affirme trois convictions : la terre appartient à Dieu, l’homme en est le gardien, et toute créature possède une valeur propre. Il appelle à une «&nbsp;diaconie écologique&nbsp;», une mission de l’Église au service de la réconciliation entre Dieu, l’homme et la nature. Cette diaconie comporte deux dimensions : locale, par la solidarité et le partage, et mondiale, par l’engagement pour la paix, la justice sociale et la protection du climat. La liturgie, la charité et l’action sociale deviennent ainsi les trois formes d’un même service d’amour.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Dépasser l’anthropocentrisme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Le pasteur et chercheur norvégien Aksel Johan Lund, membre du Conseil théologique de l’Église de Norvège, aborde la même question sous un autre angle. Pour lui, la racine du désastre écologique est l’anthropocentrisme : la conviction que l’être humain est au sommet de la création. Cette idée, issue de la modernité et de certaines interprétations religieuses, a transformé le monde non humain en instrument au service de l’homme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lund s’appuie sur le concept d’« altérisation » (othering), développé dans la philosophie contemporaine, pour montrer que l’anthropocentrisme est une forme d’exclusion : l’humanité a marginalisé la nature, les animaux et les éléments, les réduisant à des « autres » sans valeur propre. Cette logique de séparation a justifié la domination du monde vivant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la dépasser, Lund évoque Maxime le Confesseur, qui enseigne que toutes les créatures participent à la même volonté divine. L’homme n’est pas au-dessus du monde, il en fait partie. Toutes les créatures partagent une même origine et un même souffle. La théologie devrait donc moins s’interroger sur ce qui distingue l’homme des autres êtres que sur ce qui l’unit à eux. La création n’est pas l’« autre » de l’humanité, mais sa sœur et son miroir. Comme l’écrit saint Paul, « la création tout entière gémit dans les douleurs de l’enfantement » : notre salut ne peut être séparé du sien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une spiritualité de la relation et de la responsabilité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><br>Les deux conférenciers appellent à une conversion du regard. Augustinos Bairactaris souligne que sans transformation du cœur, aucune écologie durable n’est possible. Lund, quant à lui, plaide pour une refonte théologique : passer d’une théologie de la domination à une théologie de la relation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’écothéologie devient alors un chemin de responsabilité et de gratitude. Elle invite à contempler le monde non comme un stock de ressources, mais comme un lieu de communion. Elle enseigne à voir dans la beauté du monde un signe de la présence divine et à reconnaître dans chaque être vivant une sœur et un frère en création.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ces deux théologiens, la crise écologique reflète notre crise intérieure. L’homme a oublié qu’il est une créature parmi les créatures. Il a besoin d’une conversion spirituelle : apprendre à bénir plutôt qu’à posséder, à rendre grâce plutôt qu’à dominer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’écothéologie n’est pas une idéologie ni une mode, mais une théologie de la gratitude. Elle rappelle que le monde est un don et que l’humanité n’est vraiment humaine que lorsqu’elle devient eucharistique — c’est-à-dire capable de dire merci.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Pour d&rsquo;autres articles sur le thème de ce symposium, voir ici :</strong></em><strong><em>&nbsp;</em></strong><a href="https://www.hoegger.org/article/eco-theologie"><em><strong>https://www.hoegger.org/article/eco-theologie</strong></em></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.hoegger.org/article/lecotheologie-un-appel/">L’écothéologie, un appel à la conversion du regard</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.hoegger.org">Martin Hoegger</a>.</p>
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		<item>
		<title>La théologie de l’écologie selon l’Église orthodoxe et le patriarche Bartholomée</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/lecologie-orthodoxe/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Oct 2025 07:05:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.hoegger.org/?p=8425</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’Église de l’Académie patriarcale de Crète, Héraklion Les 8 et 9 octobre 2025, l’Académie patriarcale supérieure de Crète a accueilli un symposium scientifique et théologique sur le thème : « Pour une société juste, participative et durable, fondée sur la responsabilité : l’écothéologie comme défi pour le christianisme œcuménique contemporain ». Parmi les nombreuses interventions, [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.hoegger.org/article/lecologie-orthodoxe/">La théologie de l’écologie selon l’Église orthodoxe et le patriarche Bartholomée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.hoegger.org">Martin Hoegger</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>L’Église de l’Académie patriarcale de Crète, Héraklion</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les 8 et 9 octobre 2025, l’Académie patriarcale supérieure de Crète a accueilli un symposium scientifique et théologique sur le thème : « Pour une société juste, participative et durable, fondée sur la responsabilité : l’écothéologie comme défi pour le christianisme œcuménique contemporain ». Parmi les nombreuses interventions, celles du professeur Stylianos Tsophanidis et du métropolite Théodore de Séleucie ont illustré la richesse de la pensée orthodoxe sur la création et son actualité spirituelle face à la crise écologique.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une convergence œcuménique autour de la création</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le professeur Tsophanidis a rappelé que la question écologique n’est pas étrangère à la foi chrétienne. Dès les années 1960, le Conseil œcuménique des Églises (COE) a réfléchi aux défis posés par la technologie et l’environnement. L’Assemblée de Vancouver (1983) a marqué une étape décisive avec le programme « Justice, paix et sauvegarde de la création », faisant de la crise écologique une dimension essentielle de la mission de l’Église.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mouvement a rejoint la réflexion catholique, notamment dans les encycliques Laudato si’ et Laudate Deum du pape François. Un langage commun s’est peu à peu établi entre les Églises : la crise climatique touche d’abord les plus pauvres, la surconsommation détruit la dignité humaine, et la conversion écologique est avant tout une conversion spirituelle.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>La vision cosmique du salut</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis la participation des Églises orthodoxes au COE en 1961, l’écothéologie orthodoxe a profondément renouvelé la théologie de la création et de l’Esprit Saint. L’Assemblée de Canberra (1991) a repensé la relation entre Dieu, le monde et l’homme dans une perspective trinitaire et eucharistique. Des théologiens comme Nikos Nissiotis ont développé une vision cosmique du salut : Dieu veut unir et transfigurer toute la création.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De cette intuition est née l’idée d’une « liturgie après la liturgie », qui prolonge l’Eucharistie dans l’engagement social et écologique. Le patriarche Bartholomée, surnommé « le patriarche vert », a donné à cette théologie une dimension universelle. Sa vision d’une « liturgie cosmique » fait de la création un mystère à célébrer et non à exploiter, appelant à la sobriété et à la communion.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son collaborateur, le métropolite Jean Zizioulas, a développé la notion d’« économie cosmique de Dieu », affirmant que le salut embrasse tout le cosmos. Ensemble, ils ont influencé durablement la théologie chrétienne.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une foi vécue dans la sobriété et la gratitude</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le métropolite Théodore de Séleucie préfère parler de « théologie écologique » plutôt que d’« écothéologie ». L’écologie n’est pas pour lui un domaine particulier de la théologie, mais une manière de vivre la foi. Dans la tradition orthodoxe, tout part de la liturgie : elle enseigne la gratitude envers la création, tandis que l’ascèse apprend à recevoir sans posséder.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 1989, le 1<sup>er</sup>&nbsp;septembre est devenu, à l’initiative du patriarche Dimitrios, la Journée de prière pour la sauvegarde de la création. Son successeur, Bartholomée, a développé une vaste pastorale écologique : messages annuels, programmes éducatifs et dialogues scientifiques ont fait de Constantinople un centre spirituel de la conscience écologique chrétienne.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Une crise spirituelle avant d’être technique</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le patriarche Bartholomée, la crise écologique est un symptôme d’une crise plus profonde : l’homme moderne a rompu sa communion avec Dieu et la nature. L’égocentrisme, la cupidité et la logique technocratique ont remplacé la gratitude et le respect. Il appelle à une triple conversion : du mode de vie, en retrouvant la simplicité ; de l’éducation, en formant à la responsabilité écologique ; et de la conscience, en assumant la coresponsabilité universelle de tous.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Justice sociale et justice écologique</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la pensée orthodoxe, pauvreté et dégradation de la nature sont étroitement liées. Les séminaires du Patriarcat de Constantinople ont montré que la surproduction, la concentration des richesses et le manque de volonté morale nourrissent des injustices qui frappent les plus vulnérables. Ce n’est pas le manque de ressources qui crée la misère, mais le désir illimité de posséder. D’où l’appel à une économie écologique, fondée sur des critères sociaux et environnementaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour conclure, le métropolite Théodore cite le patriarche Bartholomée : « La terre gémit, mais elle espère aussi. » La modernité a révélé la puissance de la technique, mais l’Évangile révèle la puissance de la conversion. L’écologie chrétienne n’est pas une idéologie verte, mais une voie de réconciliation avec Dieu, l’homme et la nature. À l’heure de la Décennie pour la justice climatique, elle devient un test de crédibilité pour la foi : croire, c’est vivre sobrement et servir la vie.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Conclusion</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux conférences, celles du professeur Tsophanidis et du métropolite Théodore, ont révélé la profondeur et l’actualité de la théologie orthodoxe de la création. Toutes deux montrent que l’écologie n’est pas un thème périphérique, mais une manière de confesser Dieu comme source et fin de toute vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un monde menacé par la cupidité et l’indifférence, la tradition orthodoxe offre un message d’espérance : la conversion écologique est avant tout une conversion du cœur. Elle invite à vivre la sobriété comme un acte spirituel et à reconnaître la création comme un don sacré.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le professeur&nbsp;<strong>Christophe Arvanitis</strong> l’a&nbsp;dit avec justesse après ces deux conférences : cette vision nous rappelle une sagesse simple, biblique :&nbsp;<em>« Tu es béni, Seigneur, toi qui donnes le repos dans le peu. »&nbsp;</em>La seule&nbsp;avidité<strong>&nbsp;</strong>que l’Église puisse encourager, selon les Pères, est&nbsp;l’avidité des vertus.&nbsp;Voilà peut-être la clé d’une&nbsp;civilisation de la mesure&nbsp;: désirer ardemment la justice, la paix et l’intégrité de la création — et les traduire, dès aujourd’hui, en gestes concrets.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Pour d&rsquo;autres articles sur le thème de ce symposium, voir ici : </em></strong><a href="https://www.hoegger.org/article/eco-theologie"><strong><em>https://www.hoegger.org/article/eco-theologie</em></strong> </a></p>
<p>L’article <a href="https://www.hoegger.org/article/lecologie-orthodoxe/">La théologie de l’écologie selon l’Église orthodoxe et le patriarche Bartholomée</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.hoegger.org">Martin Hoegger</a>.</p>
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		<title>Eco-theology: the dynamics of co-responsibility</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/eco-theology/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Oct 2025 05:40:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Articles en français On 8 and 9 October 2025, the Patriarchal Academy of Ecclesiastical Studies of Crete (P.A.E.A.K.) hosted the International Symposium on Eco-theology in Heraklion on the theme:&#160;« Eco-theology: the dynamics of co-responsibility&#160;. » Organised in collaboration with the Laudato Si&#8217; Research Institute (Campion Hall, University of Oxford), this event brought together theologians, researchers and church [&#8230;]</p>
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<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong><em><a href="https://www.hoegger.org/article/eco-theologie/">Articles en français</a></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On 8 and 9 October 2025, the Patriarchal Academy of Ecclesiastical Studies of Crete (P.A.E.A.K.) hosted the International Symposium on Eco-theology in Heraklion on the theme:&nbsp;<em>« Eco-theology: the dynamics of co-responsibility</em>&nbsp;. » Organised in collaboration with the Laudato Si&rsquo; Research Institute (Campion Hall, University of Oxford), this event brought together theologians, researchers and church leaders from various Christian traditions. Through the richness of its presentations and the spirit of dialogue that animated it, this symposium illustrated the Church&rsquo;s vocation to unite faith and responsibility towards creation, and to promote a spiritual ecology based on justice, peace and communion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">I participated by giving a lecture on the theme: « The Whole Universe is a Living Gospel” &#8211; Ecology needs a Mystique. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://europeantimes.news/2025/10/john-zizioulas-prophet-of-orthodox-ecology/">John Zizioulas, Prophet of Orthodox Ecology</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">The legacy of John Zizioulas remains a powerful inspiration for the theology of creation. By reminding us that every authentic act of faith is an act of thanksgiving, he introduced ecology into the dimension of communion between God, humanity, and the cosmos. By Konstantinos Zormpas.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://europeantimes.news/2025/10/faith-and-the-challenge-of-the-earth-two-voices-for-a-spiritual-ecology/">Faith and the Challenge of the Earth: Two Voices for a Spiritual Ecology</a><br></strong>Ecology is first and foremost a matter of relationship – to God, to creation, to others – and therefore a matter of conversion: Ad ialogue between Chrysovalanti Papanastassopoulou and Nikolaos Dimitriadis&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="https://europeantimes.news/2025/10/ecotheology-a-call-to-a-conversion-of-vision/"><strong>Ecotheology: a Call to a Conversion of Vision</strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph">Augustinos Bairactaris emphasizes that without transformation of the heart, no lasting ecology is possible. As Aksek Lund argues for a theological reformation: moving from a theology of domination to a theology of relationship. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://europeantimes.news/2025/10/the-whole-universe-is-a-living-gospel-ecology-needs-a-mystique/">“The Whole Universe is a Living Gospel” &#8211; Ecology needs a Mystique</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">The « spirituality of unity » proposed by the Focolare movement transforms our relationship with creation and establishes a lucid and loving ecological responsibility.&nbsp;Presentation by Martin Hoegger</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://europeantimes.news/2025/10/the-theology-of-ecology-according-to-the-orthodox-church-and-patriarch-bartholomew/">The theology of ecology according to the Orthodox Church and Patriarch Bartholomew</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">The presentations by Professor Stylianos Tsophanidis and Metropolitan Theodoros of Seleukia illustrated the richness of Orthodox thought on creation and its spiritual relevance in the face of the ecological crisis.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://europeantimes.news/2025/10/september-first-feast-of-creation-pray-believe-live/">September First, Feast of Creation: Pray, Believe, Live</a><br></strong>Exploration of the spiritual and ecumenical significance of September 1<sup>st</sup>. Emmanuel Doundoulakis explored the Orthodox liturgical office and its theology, while Tomas Insua traced the feast’s history and advocated for its broader adoption across all Churches.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://europeantimes.news/2025/10/ecology-and-ecumenism-a-shared-commitment-to-creation/">Ecology and ecumenism: a shared commitment to creation</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Professors Angeliki Ziaka and Vasiliki Stathokosta have shown, each from their own perspective, that ecological reflection is now emerging as a fertile area for ecumenical dialogue. </p>
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		<title>Éco-théologie : la dynamique de la coresponsabilité </title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/eco-theologie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Oct 2025 05:35:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Articles in English Les 8 et 9 octobre 2025, l’Académie ecclésiastique supérieure patriarcale de Crète (P.A.E.A.K.) a accueilli à Héraklion le Symposium international d’éco-théologie sur le thème :&#160;« Éco-théologie : la dynamique de la coresponsabilité ». Organisé en collaboration avec le&#160;Laudato Si’ Research Institute&#160;(Université Campion Hall d’Oxford), cet événement a réuni théologiens, chercheurs et responsables [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.hoegger.org/article/eco-theologie/">Éco-théologie : la dynamique de la coresponsabilité </a> est apparu en premier sur <a href="https://www.hoegger.org">Martin Hoegger</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em><strong><a href="https://www.hoegger.org/article/eco-theology/">Articles in English</a></strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les 8 et 9 octobre 2025, l’Académie ecclésiastique supérieure patriarcale de Crète (P.A.E.A.K.) a accueilli à Héraklion le Symposium international d’éco-théologie sur le thème :&nbsp;<em>« Éco-théologie : la dynamique de la coresponsabilité »</em>. Organisé en collaboration avec le&nbsp;<em>Laudato Si’ Research Institute</em>&nbsp;(Université Campion Hall d’Oxford), cet événement a réuni théologiens, chercheurs et responsables ecclésiaux de diverses traditions chrétiennes. Par la richesse de ses interventions et l’esprit de dialogue qui l’a animé, ce symposium a illustré la vocation de l’Église à unir foi et responsabilité envers la création, et à promouvoir une écologie spirituelle fondée sur la justice, la paix et la communion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;y ai participé en apportant une conférence sur le thème : « L&rsquo;univers tout entier est un évangile vivant » – L&rsquo;écologie a besoin d&rsquo;une mystique</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><u><strong><a href="https://www.hoegger.org/article/jean-zizioulas-prophete-de-lecologie-orthodoxe/">Jean Zizioulas, prophète de l&rsquo;écologie orthodoxe</a></strong></u></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;héritage de John Zizioulas reste une puissante source d&rsquo;inspiration pour la théologie de la création. En nous rappelant que tout acte de foi authentique est un acte d&rsquo;action de grâce, il a introduit l&rsquo;écologie dans la dimension de la communion entre Dieu, l&rsquo;humanité et le cosmos.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.hoegger.org/article/defi-terre/">La foi au défi de la Terre : deux voix pour une écologie spirituelle</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;écologie est avant tout une question de relation – avec Dieu, avec la création, avec les autres – et donc une question de conversion. Dialogue entre Chrysovalanti Papanastassopoulou et Nikolaos Dimitriadis</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.hoegger.org/article/lecotheologie-un-appel/">Écothéologie : un appel à une conversion du regard</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Augustinos Bairactaris souligne que sans transformation du cœur, aucune écologie durable n&rsquo;est possible. Comme Aksek Lund le soutient en faveur d&rsquo;une réforme théologique : passer d&rsquo;une théologie de la domination à une théologie de la relation.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.hoegger.org/article/lunivers-evangile-vivant/">« L&rsquo;univers tout entier est un évangile vivant » – L&rsquo;écologie a besoin d&rsquo;une mystique</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La « spiritualité de l&rsquo;unité » proposée par le mouvement des Focolari transforme notre relation avec la création et établit une responsabilité écologique lucide et aimante. Présentation par Martin Hoegger</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.hoegger.org/article/lecologie-orthodoxe/">La théologie de l&rsquo;écologie selon l&rsquo;Église orthodoxe et le patriarche Bartholomée</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les présentations du professeur Stylianos Tsophanidis et du métropolite Théodore de Seleucie ont illustré la richesse de la pensée orthodoxe sur la création et sa pertinence spirituelle face à la crise écologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.hoegger.org/article/premier-septembre/">Le 1er septembre, fête de la création : prier, croire, vivre</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Exploration de la signification spirituelle et œcuménique du 1er septembre. Emmanuel Doundoulakis a exploré l&rsquo;office liturgique orthodoxe et sa théologie, tandis que Tomas Insua a retracé l&rsquo;histoire de la fête et plaidé pour son adoption plus large dans toutes les Églises.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><a href="https://www.hoegger.org/article/ecologie-et-oecumenisme/">Écologie et œcuménisme : un engagement commun envers la création</a></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les professeurs Angeliki Ziaka et Vasiliki Stathokosta ont montré, chacune de leur point de vue, que la réflexion écologique apparaît désormais comme un domaine fertile pour le dialogue œcuménique.</p>
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		<title>La famille, joyau de Dieu dans le monde</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/la-famille-joyau-de-dieu/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Oct 2025 11:38:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prédications]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qu’est-ce que la famille&#160;? Les sciences humaines et sociales en donnent les définitions les plus diverses. Selon l’Écriture, il nous suffit de dire qu’elle est le modèle de tous les autres projets de Dieu. Dieu fait exister l’humain en famille dès le commencement. En prenant notre chair, il a lui-même vécu dans une famille. Et [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.hoegger.org/article/la-famille-joyau-de-dieu/">La famille, joyau de Dieu dans le monde</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.hoegger.org">Martin Hoegger</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><br></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’est-ce que la famille&nbsp;? Les sciences humaines et sociales en donnent les définitions les plus diverses. Selon l’Écriture, il nous suffit de dire qu’elle est le modèle de tous les autres projets de Dieu. Dieu fait exister l’humain en famille dès le commencement. En prenant notre chair, il a lui-même vécu dans une famille. Et lorsque Jésus inaugure sa mission à Cana, c’est au cœur d’une fête de noces, symbole d’une nouvelle famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En elle se reflètent la beauté de la création, l’ombre de la rupture originelle et la lumière de la rédemption en Jésus-Christ. Trois textes guideront les trois moments de cette prédication.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La beauté de la famille</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il les créa à l’image de Dieu, homme et femme il les créa » (Genèse 1.26-29)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En faisant surgir l’humain, Dieu a créé un homme et une femme, appelés à la rencontre. L’être-en-relation constitue le genre humain ; il fait partie de sa nature, comme inscrit dans son ADN, pourrait-on dire. Dieu forme également la famille, car il appelle l’homme et la femme à la fécondité et à la responsabilité envers la création.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« À l’image de Dieu » : l’homme et la femme sont appelés à refléter Dieu, dont l’être est amour. Le Nouveau Testament révélera le mystère de cet amour du Père pour le Fils, si grand qu’il se donne lui-même. Les relations dans la famille s’enracinent dans cet amour trinitaire. Le&nbsp;<em>Nous</em>&nbsp;divin est la source du&nbsp;<em>nous</em>&nbsp;familial, où chaque membre trouve son bonheur en se donnant à l’autre, à l’image du Fils s’offrant au Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La famille est un écrin qui abrite un trésor : le diamant des relations entre ses membres. Ces relations sont appelées à refléter ici-bas la volonté d’amour de la Trinité, « comme au ciel ». Cet amour relie tous les membres de la famille, proche ou élargie, et s’ouvre naturellement aux amis, aux voisins, aux lointains. C’est cet amour — et rien d’autre — qui constitue la famille. Dieu a taillé la famille comme un merveilleux diamant aux mille facettes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’éclat de ce diamant s’est terni, c’est parce que l’amour a faibli. Mais Dieu a créé la famille pour que ce diamant brille de toute sa splendeur, celle de Nazareth. Joyau de la société humaine et reflet de la vie de la Trinité, où l’amour unit les personnes, la Sainte Famille demeure le modèle de toute vraie réciprocité.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Les ombres de la famille</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu’à la neuvième heure » (Marc 15.33-41)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le contexte actuel, la beauté de la famille selon l’intention divine paraît presque inaccessible. Notre culture exalte l’individu et la satisfaction de ses besoins, plutôt que la personne en communion. On souligne davantage les différences et les antagonismes au sein de la famille que les valeurs relationnelles. Les familles se disloquent, surtout parmi les plus fragiles socialement. Des lois contraires au développement intégral et une politique familiale timorée conduisent à une baisse de natalité. Peu à peu, les consciences en viennent à croire que ce qui est légal est aussi moralement licite, avec pour conséquence un profond dérèglement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, la mondialisation accentue à la fois le modèle malsain de la consommation et la fragilisation des familles, notamment dans les pays les plus pauvres.<br>Alors, existe-t-il encore un écrin pour le diamant ? Les familles ne sont-elles pas devenues le gouffre de la douleur universelle ? Combien de souffrances, muettes ou criées ! Combien de pourquoi, de ruptures, d’abandons, de déchéances ! Existe-t-il un avenir pour la famille ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes ces ombres, Jésus les a portées. Il a connu l’angoisse, la trahison, l’abandon des siens, jusqu’à éprouver sur la croix la déréliction la plus totale. Jésus avait perdu ses disciples, sa famille spirituelle. Sur la croix, il confie sa mère à Jean : il ne lui restait plus rien, sinon son union avec Dieu. Mais avant de mourir, il fait l’expérience de l’abandon. Il vit la division la plus profonde en perdant, pour un instant, la communion avec son Père. Il crie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute division familiale ne trouve-t-elle pas un écho dans ce cri ? Il n’y a pas d’échec familial qui ne renvoie aux ténèbres subies par le Christ. Personne divine en communion, il s’est fait individu coupé de toute relation — par amour pour nous. Pour qu’aucune de nos douleurs ne lui soit étrangère. En le rencontrant dans les visages et les situations qui rappellent son abandon, nous découvrons la puissance de sa résurrection, qui transforme toute douleur en amour.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une lumière pour la famille</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18.19-22)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre avec l’homme-Dieu peut devenir une source où la mort se change en résurrection, où les crises familiales deviennent un approfondissement de la relation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un exemple peut l’illustrer. Victorine, mère de jumeaux de dix ans, divorcée, vit avec un ami. Bientôt, elle se retrouve à nouveau enceinte… de jumeaux. Son compagnon l’abandonne. Son respect du Créateur la pousse pourtant à protéger la vie qui grandit en elle, malgré les pressions contraires. Des familles s’organisent alors pour l’entourer et l’aider dans cette période difficile. Cet amour concret la conduit à se tourner vers ce Dieu lui aussi trahi et abandonné, qui lui donne la force de pardonner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un an après la naissance des jumeaux, elle me contacte pour préparer leur baptême. Je la rencontre une première fois, puis avec les parrains et marraines. Le père est invité ; il garde le silence. À la fin, il dit combien il a été touché par l’atmosphère de la soirée. Le baptême sera une fête de l’Esprit, celui qui ouvre de petites voies vers les cœurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au contact de Jésus, proche de chaque souffrance, bien des familles apprennent à ne pas désespérer. Parfois elles se réunissent, parfois elles demeurent séparées, mais les blessures se cicatrisent, les cœurs se réconcilient. Parfois la douleur persiste, mais elle est habitée par la présence du Christ qui sauve et allège le fardeau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En puisant à la source de l’eau vive, à l’amour du Christ, la famille peut redevenir cet écrin à diamants. C’est lui qui étanche la soif de communion authentique. Bien plus, il promet de venir habiter nos maisons. Le diamant, c’est sa présence de Ressuscité, offerte à ceux qui s’unissent en son nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vivre de telle manière que Jésus puisse venir au milieu de nous, telle est la vocation de la famille — comme de toute communauté humaine. Aujourd’hui, la famille chrétienne doit se reconnaître comme une cellule vivante de l’Église, qui est avant tout communion dans l’Esprit : là où il y a amour et charité, le Christ est présent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quoi de plus beau sur la terre qu’une famille dont les membres sont unis au Christ et les uns aux autres ? Où trouver un diamant plus précieux que celui-ci ?<br>Jésus frappe à la porte de chacune de nos familles, grandes ou petites, fortes ou fragiles.<br>Voulons-nous entendre sa voix, le laisser entrer et s’asseoir à nos tables ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Photo: Adobe Stock</em></p>
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