Jésus et ses disciples descendant les « escalier de l’unité ». S. Pierre en Gallicante
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Jérusalem, le 20 octobre 2026. À la veille du congrès de « Vers un concile de Jérusalem II » (TJCII), je consacre une journée à la prière dans les lieux saints de Jérusalem. Je désire me préparer intérieurement à cette rencontre entre croyants juifs et croyants venus des nations, appelés à redécouvrir leur communion en Jésus le Messie.
Avant ce congrès, je ressens le besoin d’écouter le Seigneur. L’unité est d’abord un don de Dieu à accueillir. Dans chaque lieu, je médite une parole biblique et prie avec intensité pour que l’Esprit nous conduise sur un chemin de réconciliation.
Au cimetière protestant du mont Sion
En me rendant au Mont Sion depuis de monastère des Clarisse, où réside, je passe devant le « Jerusalem University College », institut d’études bibliques installé dans les anciens bâtiments de l’école fondée en 1853 par Samuel Gobat, évêque anglican d’origine suisse.
Invité par quatre dames américaines qui m’avaient demandé de les photographier, je visite ensuite le cimetière protestant voisin, utilisé depuis le XIXe siècle par les anglicans et les protestants allemands. Sur son portail, deux inscriptions, anglaise et allemande, proclament : « Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur » (Apocalypse 14,13).
Je m’arrête devant la tombe de Samuel Gobat (1799-1879), évêque d’origine suisse de l’Église anglicane. Son visage sculpté a été mutilé lors de la profanation de plus de trente tombes, en janvier 2023. Cet acte antichrétien, condamné également par des responsables juifs, m’attriste.
Je découvre aussi la tombe de Michael Solomon Alexander (1799-1845), premier évêque anglican de Jérusalem, d’origine juive. Ces deux hommes, l’un juif devenu disciple de Jésus, l’autre chrétien issu des nations, reposent dans le même cimetière. Leur voisinage évoque les deux composantes de l’Église que TJCII cherche à rapprocher.
À la Dormition et au Cénacle
À la basilique de la Dormition, je participe à l’office de midi des bénédictins allemands. La lecture de 1 Jean 2,2 m’interpelle : le Christ s’est offert pour nos péchés, mais aussi pour ceux du monde entier. J’y vois une évocation de la communion entre l’Église issue d’Israël et celle des nations. Dans la crypte, une mosaïque de la Pentecôte rappelle que l’Esprit rassemble les disciples.
Au Cénacle, une sculpture d’olivier attire mon regard. Elle évoque Romains 11 : les croyants des nations sont greffés sur l’olivier d’Israël. Paul les avertit : « Ce n’est pas toi qui portes la racine, c’est la racine qui te porte » (11,18).
Les épis de blé et les raisins au pied de l’oliver, ainsi que la vigne et le pélican évoquent le don eucharistique du Christ. Des inscriptions islamiques rappellent également l’histoire musulmane du lieu. Elles me font méditer sur le sang de l’Alliance, « versé pour la multitude » (Marc 14,24). Je prie pour tous les habitants de cette terre, juifs, chrétiens et musulmans.
Au tombeau de David et au Mur occidental
Au tombeau de David situé à côté du Cénacle, je médite en hébreu le Psaume 23 : « Il restaure mon âme ». Je prie pour que Dieu restaure tous ceux qui viennent ici, particulièrement les personnes blessées et fatiguées. Cette promesse me rappelle l’invitation de Jésus : « Venez à moi […] et vous trouverez du repos pour vos âmes » (Matthieu 11,28-29).
Au Mur occidental, parmi les hommes juifs en prière, j’ouvre un psautier et lit « Le secret de l’Éternel est pour ceux qui le craignent » (Psaume 25,14). Ce secret m’évoque le mystère révélé par Paul : la communion entre Juifs et non-Juifs dans le Messie.
Aux « escaliers de l’unité »
Près de Saint-Pierre en Gallicante, je retrouve mon lieu préféré de Jérusalem : les anciens escaliers où, selon une tradition, Jésus aurait prié pour l’unité avant sa Passion.
Je médite Jean 17,20 : Jésus prie pour ses disciples juifs, mais aussi pour ceux qui croiront grâce à leur témoignage, parmi toutes les nations.
Une aquarelle de ces escaliers, réalisée à ma demande par Beni Gassenbauer il y a une dizaine d’années, occupe une place de choix dans mon salon. Elle me rappelle quotidiennement cet appel : « Que tous soient un » !
Au Golgotha et au Saint-Sépulcre
A travers les souks, je me rends ensuite à la Basilique de la Résurrection. Je monte au Golgotha, presque désert, et m’agenouille et médite Éphésiens 2,13-18 : « C’est lui qui est notre paix ». Par sa croix, le Christ réconcilie Juifs et non-Juifs sans effacer leurs différences.
Au tombeau du Christ, je pose ma tête sur la pierre et médite le récit d’Emmaüs. Le Ressuscité ouvre les Écritures et embrase le cœur des disciples. Après deux minutes, un moine nous fait sortir ! Mais cette parole demeure : « N’y avait-il pas comme un feu qui brûlait au-dedans de nous ? » (Luc 24,32).
« Il est notre paix » : une prophétie gravée dans la pierre
Je termine cette journée de pèlerinage devant le Monument pour la paix, réalisé en 1966 par l’artiste israélien Igael Tumarkin, face au mont Sion. Sur une colonne de pierre est gravée, en hébreu et en arabe, la prophétie d’Ésaïe : « De leurs épées, ils forgeront des socs de charrue […] Une nation ne lèvera plus l’épée contre une autre » (Ésaïe 2,4).
Après avoir prié au Cénacle, sur les escaliers de l’unité et au Golgotha, cette parole vient éclairer tout mon pèlerinage. Dans ces lieux, j’ai médité sur le don de la vie de Jésus, lui qui « est notre paix » (Éphésiens 2,14). Par sa croix, il a ouvert un chemin de réconciliation entre Juifs et non-Juifs.
À la veille du sommet de TJCII, je confie au Seigneur cette promesse de paix, priant pour que la communion inaugurée par le Christ devienne visible à Jérusalem et parmi tous les peuples.


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