La prière de Jésus et notre prière. 

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La prière est au cœur de la vie de Jésus. Les Évangiles nous le montrent souvent se retirant pour prier, parfois toute une nuit. Mais que se passe-t-il lorsqu’il prie ? Quelle est son attitude devant Dieu ? Et surtout, comment sa prière peut-elle devenir la nôtre ?

Je vous propose de suivre trois étapes. Tout d’abord, regarder comment Jésus prie et dans quelle attitude il se tient devant son Père. Ensuite, découvrir comment il nous fait entrer dans sa propre prière, dans la relation qui l’unit au Père. Enfin, prendre conscience que Jésus prie pour nous, avec nous et au milieu de nous.

Jésus prie dans l’humilité et la confiance

Dans l’Évangile, Jésus s’écrie :

« Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché ces choses aux sages et aux intelligents et de les avoir révélées aux tout-petits. Oui, Père, car tel a été ton bon plaisir. » (Matth. 11.25)

Jésus prie dans une attitude d’humilité. Le Père se révèle aux tout-petits, à ceux qui ne prétendent pas tout savoir ni tout maîtriser. Jésus lui-même, dans son humanité, se tient devant son Père dans cette attitude de pauvreté et de disponibilité.

La vraie prière commence là. Elle ne consiste pas d’abord à multiplier les paroles, mais à se tenir devant Dieu avec un cœur humble. Qu’il s’agisse d’une prière spontanée, d’un psaume, d’un chant, d’une prière liturgique ou du Notre Père, l’essentiel est de prier avec le cœur.

Mais Jésus ne dit pas seulement : « Père ». Il ajoute : « Seigneur du ciel et de la terre ». Il tient ensemble deux réalités que nous avons parfois tendance à opposer : l’amour de Dieu et sa toute-puissance.

Dieu est Père et il est Seigneur du ciel et de la terre. C’est ce que nous confessons dans le Credo : « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. » Il est tout-puissant non pas à la manière des puissances humaines, mais de la puissance de son amour. Parce qu’il est Créateur, il peut aussi recréer, transformer, relever et ressusciter.

Et l’ordre des mots du Credo est significatif : Dieu est d’abord confessé comme Père, puis comme tout-puissant et Créateur. La création elle-même porte ainsi la marque de son amour paternel. De l’infiniment grand à l’infiniment petit, jusqu’à chacune et chacun d’entre nous, toute chose vient de cet amour.

Jésus nous fait entrer dans sa relation avec le Père

Jésus poursuit :

« Nul ne connaît le Fils si ce n’est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler. »

Nous ne découvrons pas seuls qui est Dieu. Nous avons besoin que Jésus nous révèle le Père. Nous avons besoin de cette lumière intérieure que donne l’Esprit Saint.

Cette révélation est d’autant plus importante que le mot « père » peut être difficile pour certaines personnes. J’ai rencontré des hommes et des femmes qui ne pouvaient presque pas appeler Dieu « Père », parce que leur relation avec leur père terrestre avait été douloureuse. Jésus vient alors purifier nos représentations et nous révéler qui est véritablement le Père : celui dont l’amour ne déçoit pas et dont la fidélité ne se retire pas.

Cette révélation n’est d’ailleurs pas sans racines. Déjà, dans l’Ancien Testament, Israël peut invoquer Dieu comme son Père. Le prophète Ésaïe s’écrie : « C’est toi, Seigneur, qui es notre Père. » Dieu se révèle comme le Père de son peuple, celui qui l’a choisi, appelé et accompagné.

Mais avec Jésus quelque chose de nouveau s’accomplit. Après sa résurrection, lorsqu’il rencontre Marie de Magdala, il lui dit : « Va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »

Quelle parole extraordinaire ! « Mon Père et votre Père. » Par la mort et la résurrection du Christ, nous sommes introduits dans sa propre relation avec le Père.

Il existe une fraternité entre tous les êtres humains parce que tous sont créés à l’image de Dieu : « la fraternité universelle. » Mais Jésus nous conduit encore plus loin : en lui, nous recevons une relation filiale avec Dieu. Son Père devient notre Père. Nous devenons ses frères et ses sœurs et, en lui, frères et sœurs les uns des autres.

La prière chrétienne consiste donc à entrer dans la prière même de Jésus. Avec lui, nous nous tournons vers le Père. Son élan vers le Père devient peu à peu le nôtre.

Depuis quelques années, je participe à un groupe de dialogue entre chrétiens et musulmans. Un jour, nous avons abordé la question de la prière. J’ai été frappé de constater que, parmi les 99 beaux et admirables noms de Dieu dans l’islam, le nom de Père ne figure pas. J’ai également été marqué par le sérieux avec lequel nos amis musulmans nous expliquaient pourquoi, dans leur vie spirituelle, Dieu n’est pas Père. J’ai alors pris conscience qu’il y a là une différence importante entre notre foi et celle de nos amis musulmans.

Apprendre à dire « Père » avec Jésus

Depuis une trentaine d’années, je participe au mouvement des Focolari. Ce qui m’a d’abord attiré dans cette spiritualité est la place centrale donnée à la Parole de Dieu, en particulier la pratique de la « Parole de Vie » : accueillir une parole de l’Évangile, la garder en soi pendant tout un mois chercher à la vivre concrètement, puis partager avec d’autres ce que cette Parole a suscité.

Cette expérience est née durant la Seconde Guerre mondiale. Alors que tout s’écroulait autour d’elles, Chiara Lubich et ses premières compagnes ont découvert, dans les abris de Trente, une réalité qui ne passait pas : l’Évangile. Elles ont commencé à le vivre avec une grande radicalité.

Or, lorsque la Parole est accueillie et vécue, elle nous transforme en Jésus. Comme l’écrit l’apôtre Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. »

Après six années de cette vie Chiara Lubich a raconté une expérience marquante. Un jour, entrant dans une église pour prier, elle voulait s’adresser à Jésus. Mais, au lieu du nom de Jésus, un seul mot jaillit de son cœur : « Père ».

Elle comprit alors quelque chose d’essentiel : si le Christ vit en nous, il nous fait participer à sa propre relation avec le Père. La vie chrétienne consiste à laisser Jésus vivre en nous et nous conduire avec lui vers le Père.

Cette intuition a progressivement marqué ma propre vie spirituelle. J’ai découvert davantage que Jésus ressuscité n’est pas seulement celui que je prie : il est aussi celui avec qui je prie. Il se tient à mes côtés, il vit en moi et il m’entraîne dans son mouvement vers le Père. Avec lui, je peux dire : « Abba, Père. »

Jésus prie pour nous

Cela nous conduit au troisième aspect : Jésus ne nous enseigne pas seulement à prier. Il prie lui-même pour nous.

La lettre aux Hébreux nous présente le Christ ressuscité comme notre grand prêtre qui intercède continuellement pour nous (7.25-28). Cette affirmation est une immense source de confiance : avant même que nous commencions à prier, Jésus prie déjà pour nous.

Il connaît nos fragilités, nos fatigues, nos hésitations, nos difficultés à trouver les mots. Notre prière ne repose donc pas seulement sur notre capacité à nous recueillir ou à bien prier. Elle repose d’abord sur la fidélité du Christ qui intercède pour nous.

Jésus prie pour nous. Mais il prie aussi avec nous et au milieu de nous.

Une voix au milieu de nos voix

Il y a deux ans, à Jérusalem, j’ai vécu une expérience qui a renouvelé ma manière de prier le Notre Père.

Je participais à une célébration au cours de laquelle le Notre Père était chanté en hébreu : « Avinu shebashamayim », « Notre Père qui es aux cieux ». J’écoutais ces voix qui s’unissaient dans la prière lorsque j’ai eu soudain la forte perception qu’une autre voix était présente au milieu des nôtres.

Ce n’était pas une voix qui s’ajoutait simplement aux autres. Elle semblait les rassembler, les porter et faire de leur diversité une seule prière. J’ai alors compris intérieurement : c’est Jésus qui prie avec nous.

Cette expérience m’a beaucoup touché. Depuis lors, je ne prie plus tout à fait le Notre Père de la même manière. Je le prie avec cette conscience que Jésus est avec nous, au milieu de nous, et qu’il le prie avec nous. Cela a renouvelé ma manière de prier et je me réjouis chaque fois de dire cette prière. 

Lorsque je la prie seul, je crois que Jésus est présent en moi. Mais j’aime aussi la prier avec d’autres et proposer le Notre Père lorsque nous sommes réunis. Chaque fois que nous le prions ensemble, ayons cette conscience : Jésus est au milieu de nous et il prie avec nous le Notre Père.

Entrer dans la prière du Christ

Voilà peut-être l’un des plus beaux secrets de la prière chrétienne : nous ne prions jamais seuls.

Jésus prie pour nous. Il prie avec nous. Il prie en nous. Et lorsque nous sommes réunis en son nom, il est au milieu de nous et nous conduit ensemble vers le Père.

Demandons à l’Esprit Saint de nous faire entrer toujours davantage dans cette relation. Qu’il mette en nous les sentiments de Jésus et fasse jaillir de notre cœur cette parole toute simple dans laquelle tient une grande part de la vie chrétienne : « Abba, Père. »

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Prière d’intercession dite par Edith Meyo

Père de grâce, Père d’amour, Père de miséricorde, nous voici réunis devant toi.

Ton serviteur vient de le rappeler : Jésus est l’intercesseur, le meilleur intercesseur que nous puissions espérer avoir. Lorsque nous prions, il prie avec nous. Dans nos prières, il est avec nous.

Par ce nom glorifié, le nom de Jésus, nous te demandons, Père, si ces paroles trouvent grâce à tes yeux, de nous sanctifier.

Sanctifie-nous tout entiers : notre esprit, notre âme, notre corps. Tout t’appartient. Que tout notre être soit consacré à toi. Consacre-nous pour toi.

Nous te consacrons nos pensées. Nous te consacrons notre bouche. Nous te consacrons nos prières. Nous te consacrons nos paroles.

Seigneur, inonde notre cœur de ta volonté lorsque nous prions. Nous te consacrons nos familles, nos foyers et tout ce que tu nous as confié.

Seigneur, apprends-nous à prier. Apprends-nous à nous adresser à toi avec le cœur humble qui appartient à Jésus, avec ce même cœur avec lequel il nous a appris à prier.

Et dans nos prières, apprends-nous à bénir : à bénir nos vies, à bénir ce que tu nous donnes, à bénir nos enfants, à bénir nos foyers, à bénir notre travail, à bénir nos femmes, nos maris et même nos célibats.

Seigneur, apprends-nous à bénir nos pasteurs, à bénir notre Église, à bénir ton Église. Apprends-nous à bénir nos frères et sœurs qui sont autour de nous et nos frères et sœurs à travers le monde.

Apprends-nous à bénir ceux que nous aimons et apprends-nous aussi à bénir ceux avec qui les relations sont particulièrement difficiles.

Apprends-nous à bénir notre santé, même quand rien ne va. Apprends-nous à bénir nos finances, même quand tout est vide, car en toi nous avons tout.

Seigneur, nous te remercions pour tout, nous te bénissons pour tout, nous te glorifions pour tout, avec toi et pour toi, en Jésus.

Amen.


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