Louez le Seigneur, vous toutes les nations!

Suivre ici la vidéo du culte du Mont sur Lausanne. Ma prédication est à partir de la minute 42.

En ce mois de juillet, les regards de milliards de personnes sont tournés vers un même événement : la Coupe du monde. Pendant quelques semaines, les frontières semblent s’effacer. Les peuples vibrent ensemble, les drapeaux flottent, les stades se remplissent et les médias parlent abondamment de football. Rarement un événement réunit autant de nations et de cultures.

Pour les chrétiens, cette ferveur mondiale peut nous rappeler une vérité essentielle : Dieu aime toutes les nations. Et Jésus nous a confié cette mission : « Allez, faites de toutes les nations des disciples. » Si la Coupe du monde rassemble les foules autour d’un ballon, l’Évangile, lui, appelle des hommes et des femmes de toute langue, de tout peuple et de toute nation à se rassembler autour de Jésus-Christ.

La vocation des nations s’enracine dans celle du peuple d’Israël, appelé à mettre Dieu en premier, à l’aimer de tout son cœur et à témoigner de lui en toutes circonstances. Cette vocation s’est ouverte à toutes les nations à travers la mort et la résurrection de Jésus-Christ. C’est pourquoi Paul peut écrire : « Nations, soyez en fête avec son peuple ! » (Romains 15.10)

Je voudrais développer ce message en trois parties : la vocation des nations s’enracine dans celle du peuple d’Israël ; deuxièmement, Jésus nous envoie vers toutes les nations ; enfin, Israël et les nations sont appelés à s’accueillir les uns les autres.

1. La vocation des nations s’enracine dans celle du peuple d’Israël

La première vocation du peuple d’Israël est d’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces, comme le proclame le grand texte du Deutéronome (6,4-9). À ce commandement fondamental s’ajoute celui qui lui est semblable : aimer son prochain comme soi-même.

Le prophète Michée résume admirablement cette vocation : « On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien et ce que le Seigneur attend de toi : pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec ton Dieu. » (6.8)

La deuxième vocation du peuple choisi est d’avoir la Parole dans son cœur. Elle ne doit pas rester extérieure à nous. Elle est appelée à descendre dans notre cœur, à nous transformer et à porter du fruit. La Bible parle même de « circoncire son cœur ». Dieu veut inscrire sa Parole au plus intime de notre être. La pratique de la « Lectio divina » est de la faire habiter dans notre cœur, dans toute sa plénitude.

La troisième vocation consiste à transmettre cette Parole aux générations suivantes. « Tu les répéteras à tes fils », dit le Deutéronome. Nous avons beaucoup à faire pour que nos enfants et les enfants de nos enfants puissent connaître la Parole de Dieu.

Le texte nous invite à en parler « chez toi et en chemin, à ton coucher et à ton lever ». Autrement dit : partout et à tout moment. Il s’agit de saisir les occasions qui nous sont données. L’apôtre Paul nous rappelle que le temps est court et qu’il nous faut racheter le temps, discerner le moment favorable.

Les vacances et le rythme différent de l’été peuvent nous offrir de belles occasions de faire des haltes spirituelles. Nous voyageons dans l’espace, mais nous pouvons aussi « racheter le temps » : entrer dans une église, nous arrêter pour prier, ouvrir la Bible, méditer une parole.

Le Deutéronome invite encore à attacher la Parole sur soi et à l’écrire sur les portes des maisons et des villes. Comment vivre cela aujourd’hui ? Je pense aux vêtements que l’on voit parfois dans les Églises africaines, portant des versets bibliques. Je pense aussi aux affiches avec des versets bibliques présentes dans nos villes en Suisse, qui invitent à se souvenir de Dieu et de son amour. Chaque fois que je les lis, elles m’encouragent. Je pense encore à ces chalets du Pays-d’Enhaut sur lesquels des paroles bibliques ont été gravées dans le bois.

La Parole de Dieu est appelée à habiter nos cœurs, nos maisons, nos chemins et même l’espace public.

2. Jésus nous envoie vers toutes les nations

Dans la finale de l’Évangile selon Matthieu, Jésus élargit cette vocation adressée à Israël à toutes les nations : « Allez, faites de toutes les nations des disciples. » (28.16-29) Il confie à ses disciples une triple mission : faire des disciples, les baptiser et leur enseigner tout ce qu’il a commandé.

Cette mission exprime l’universalité de l’Évangile. Un ancien mot chrétien permet de le dire : la « catholicité ». Nous, protestants, utilisons difficilement ce terme, parce que nous l’associons immédiatement à l’Église catholique romaine. Mais son sens est beaucoup plus large : il exprime la totalité.

Il existe d’abord une catholicité que l’on pourrait appeler quantitative. L’Évangile est destiné à toutes les nations : « Faites de toutes les nations des disciples. » Il est également destiné à tous les temps : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » L’Évangile s’étend donc à travers l’espace et le temps.

Mais il existe aussi une catholicité qualitative. Elle concerne le contenu de la foi : « Baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ; enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. » Au cœur de la foi chrétienne se trouve le Dieu trinitaire : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Cette foi est « catholique » dans le sens qu’elle est la même partout et pour tous les temps. 

Elle s’enracine dans le peuple juif qui est lié pour tous les temps à une terre dont Jérusalem est le cœur. Dieu lui a donné une loi qui se résume dans l’appel à aimer Dieu de tout son cœur et notre prochain comme nous-mêmes. 

Jésus n’est pas venu abolir cette loi, mais l’accomplir.

Les paroles du Deutéronome demeurent pleines de sagesse pour notre vie: Jésus les reprend pour condenser son enseignement dans le double commandement d’amour : aimer Dieu de tout son coeur et son prochain comme soi-même.

Bien plus, il les a vécues parfaitement. Et il nous donne son Esprit, afin que cette Parole devienne vivante en nous.

3. Israël et les nations appelés à s’accueillir

L’Église issue des nations ne remplace pas Israël. Israël a sa vocation et l’Église a la sienne. Par la résurrection du Christ, la vocation reçue par Israël s’ouvre à toutes les nations, et tous sont appelés à s’accueillir les uns les autres.

C’est ce que l’apôtre Paul rappelle aux chrétiens de Rome (Romains 15.7-13). Dans cette communauté, les croyants d’origine juive et ceux venus des nations avaient de la difficulté à vivre ensemble. Paul leur adresse alors cet appel : « Accueillez-vous les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu. » Et il cite l’Écriture : « Nations, soyez en fête avec son peuple ! » L’Église est vraiment catholique quand Israël et les Nations s’accueillent les uns les autres au nom du Christ. 

Il me revient à l’esprit une belle expérience vécue en 2009 avec des frères et sœurs juifs et chrétiens, parmi lesquels des chrétiens palestiniens et des chrétiens venus de différentes nations. Durant une semaine, nous avons vécu une rencontre intitulée « Marcher ensemble à Jérusalem ».

Nous avons d’abord réfléchi à la signification spirituelle de Jérusalem pour les juifs et pour les chrétiens. Puis nous avons marché ensemble dans la ville. Les chrétiens expliquaient aux juifs les lieux de la mémoire chrétienne, et les juifs présentaient aux chrétiens les lieux de la mémoire juive.

Nous avons terminé devant le Kotel, le Mur occidental. Là, nous avons formé un cercle et affirmé ensemble que le Seigneur nous appelle ensemble à pratiquer la justice, à aimer la miséricorde et à marcher humblement avec Dieu.

« Louez le Seigneur, vous toutes les nations ! » Nous l’avons chanté avec ce chant de Taizé, probablement le plus connu : Laudate Dominum, omnes gentes ! Cet appel à l’accueil réciproque concerne les relations entre Israël et les nations, mais il s’étend aussi à toutes les différences qui risquent de devenir des divisions. Hommes et femmes, personnes de cultures et de conditions sociales différentes : tous sont appelés à s’accueillir dans le Christ.

Mais comment y parvenir ? Paul nous indique un chemin : vivre dans la puissance de l’Esprit Saint. C’est lui qui donne la paix, la joie, la foi et l’espérance. Nous avons donc à demander la seule chose nécessaire pour nous et pour toutes les nations : que l’Esprit Saint soit répandu dans nos cœurs et qu’il nous envoie partager l’Évangile. (Rom. 15.13).

Vous savez que depuis plusieurs années, je collabore au projet JC2033, qui prépare les deux mille ans de la résurrection du Christ. Le message de la résurrection, nous ne pouvons pas le garder pour nous. Sur le chemin vers 2033, nous appelons les Églises à se rapprocher pour témoigner ensemble et à le célébrer afin de préparer les grandes célébrations de Pâques 2033. Partout où cela sera possible, en commençant par là où nous vivons. 

Notre rêve est qu’au jour de Pâques 2033, chaque homme et chaque femme puisse entendre le joyeux message dans sa propre langue maternelle : « le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité ! »

Il existe plus de 7 500 langues dans le monde : que toutes puissent un jour proclamer la joie de Pâques !

Alors que les nations se rassemblent ces jours autour d’un ballon, Jésus est ressuscité pour réunir toutes les nations autour de lui. 

Sa résurrection contient cette double invitation : « Louez le Seigneur, vous toutes les nations !» Et « Nations, soyez en fête avec son peuple ! »

Je vous invite maintenant à écouter un chant spécialement composé pour JC2033 qui l’exprime : https://youtu.be/YUJFkXgXfUc?si=bfeOUieaj-boIFl_


Publié

dans

par

Étiquettes :

Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *