L’art de la proximité et le dialogue interreligieux

Pdf du montage Power-Point

Ce texte en Pdf

Permettez-moi de commencer par une question très simple : qui est mon prochain ?[1]

Cette question est aussi ancienne que l’humanité. Elle se trouvait déjà dans la Bible, lorsqu’un homme la posa à Jésus. Et Jésus répondit par une histoire devenue célèbre : celle du bon Samaritain.

Dans cette parabole, la surprise est grande : celui qui se fait proche de l’homme blessé n’est pas un religieux, mais un étranger, un Samaritain. Quelqu’un appartenant à un peuple considéré comme différent, parfois même comme ennemi.

Et pourtant, c’est lui qui devient le prochain.

Cette histoire nous montre quelque chose de très important : le prochain n’est pas seulement celui qui nous ressemble, celui qui partage notre culture, notre religion ou notre manière de penser. Le prochain est celui dont je me fais proche.

Aujourd’hui, dans un monde marqué par la diversité religieuse et culturelle, cette parole de Jésus prend une actualité nouvelle. De plus en plus souvent, notre prochain est quelqu’un qui croit autrement que nous.

Alors la question devient : comment vivre cette proximité entre personnes de religions différentes ?

C’est précisément ce que nous appelons le dialogue interreligieux.

Mais ce dialogue ne commence pas par des discussions théologiques. Il commence par quelque chose de beaucoup plus simple et beaucoup plus exigeant : se rendre proche.

Et c’est pourquoi le thème des années 2025 et 2026 du mouvement des Focolari, la proximité, touche quelque chose de très profond dans la vie chrétienne.

Je vous propose de réfléchir en deux étapes.

D’abord, nous verrons comment toute la Bible raconte l’histoire d’un Dieu qui se rend proche de l’humanité, depuis Abraham jusqu’à Jésus.

Ensuite, nous chercherons comment cette proximité peut inspirer aujourd’hui notre manière de rencontrer les croyants d’autres religions.

  1. D’Abraham à Jésus, un appel à la proximité

Avant de parler d’un Dieu proche, je crois qu’il faut d’abord parler d’un Dieu autre, d’un Dieu qui est au-delà de tout. Il est le Créateur, l’Incomparable. Le nom « Mikaël » signifie en hébreu : « Qui est comme Dieu ? » (Dan 10.3) – c’est-à-dire, nul ne peut être comparé à Dieu. Et c’est précisément parce qu’il est tout autre qu’il peut aussi être tout proche. 

Parce qu’il est tout-puissant, il peut venir jusqu’à nous, se faire proche, compatissant, présent. Le prophète Ésaïe le dit : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, mes voies ne sont pas vos voies » (55.8), et pourtant Dieu fait monter dans le cœur humain des pensées qui viennent de lui seul.

Dans la Bible, la relation entre Dieu et l’homme est une relation d’alliance, un dialogue vivant entre un « je » et un « tu ». Je pense à Adam, qui se morfond tant qu’il n’a pas trouvé un vis-à-vis, une personne à qui parler, mais qu’il doit aussi respecter. Ève est semblable à lui et pourtant différente. C’est une image de notre relation avec Dieu et avec autrui : il ne peut y avoir de vraie proximité sans respect de l’altérité. Là où l’on ne respecte plus la distance, on risque les abus. L’être humain n’est pas fait pour la solitude, mais pour la rencontre. Nous existons grâce à la rencontre : avec Dieu, avec les autres.

Une histoire de proximité  

Toute la Bible raconte cette grande histoire de la proximité de Dieu. Dieu appelle Abraham à quitter sa terre pour aller vers un pays nouveau. Il lui promet une descendance, une bénédiction, une terre et une mission universelle : « Par toi, toutes les nations de la terre seront bénies » (Gn 12.3). Cette promesse marque la naissance d’un peuple appelé à vivre dans la proximité de Dieu.

Avec Moïse, Dieu révèle son nom, ces quatre lettres mystérieuses qu’on appelle le tétragramme. Ce nom, que les Juifs ne prononcent plus, signifie : « Je serai avec toi » (Ex 3.12). Il exprime la présence fidèle, la proximité du Dieu qui accompagne son peuple. La vocation d’Israël, c’est d’aimer la justice, de pratiquer la miséricorde et de marcher humblement avec Dieu (Mi 6.8).

Se rapprocher de Dieu par le culte

Mais le grand drame de l’humanité, c’est l’éloignement. Nous avons été créés pour Dieu, et pourtant nous nous en sommes détournés. Dieu ne nous abandonne pas : il nous donne les moyens de nous rapprocher. Dans sa grâce, Dieu s’approche aussi de son peuple par le culte. Les prêtres doivent se sanctifier pour s’approcher de lui (Ex 19.22 ; Lv 10.3). 

En hébreu, korban, le sacrifice, est construit avec la racine du verbe QRV signifiant s’approcher. Il y a trois sortes de sacrifices : pour le péché (pour ôter l’obstacle entre Dieu et l’homme) ; le sacrifice entièrement consumé qui symbolise le don total de notre vie ; et celui de communion qui se termine par un repas. 

Ces sacrifices préfigurent, pour nous chrétiens, le sacrifice du Christ. Jésus s’est donné entièrement, par amour, sans repli sur lui-même. Son don pardonne les fautes, réconcilie les hommes entre eux et les réunit dans la communion. Le culte chrétien reprend ce mouvement : d’abord la confession du péché, ensuite la réponse à la Parole où nous nous donnons à Dieu, enfin la communion dans le partage du pain et du vin, signe de la proximité de Dieu en Jésus-Christ.

Ton prochain qui est comme toi-même

Mais cette proximité ne se vit pas seulement dans la prière. Elle se manifeste aussi dans le regard que je porte sur mon prochain. Pour s’approcher de Dieu, il faut donc surtout faire sa volonté (Ex 34.2), résumée dans les dix commandements. La première table concerne Dieu et la seconde le prochain. 

Dans l’Ancien Testament, le « prochain » désigne un membre du peuple de Dieu ; il est synonyme de frère. Tous les commandements relatifs au prochain se résument dans celui-ci : « aime ton prochain comme toi-même » (Lv 19.18). Le Lévitique étend ce commandement à l’étranger qui se fixe dans le pays (19.33-34). Blesser son prochain signifie se blesser soi-même, car « ton prochain est comme toi-même. » (Dt 13.7) 

Tous les prophètes rappellent que servir Dieu implique servir son prochain. Esaïe reprend ceux qui « mettent leur plaisir dans la proximité de Dieu » (58.2), mais ferment leurs yeux devant leur prochain. Une communion avec Dieu qui ne se rend pas solidaire avec son prochain est illusoire. Le prophète la dénonce en appelant au vrai jeûne : « Voici le genre de jeûne que je préconise : détacher les chaînes dues à la méchanceté, dénouer les liens de l’esclavage, renvoyer libres ceux qu’on maltraite » (Es 58.6).

Je pense à cette histoire symbolique : une femme très pieuse allait chaque jour prier à l’église sans jamais voir les mendiants à sa porte. Un jour, elle trouve la porte du temple fermée et lit sur l’entrée : « Dieu est là, mais dehors. » Oui, Dieu est là, mais dehors, dans le visage du prochain.

L’art de la proximité : aimer comme Dieu aime

Dans l’Évangile, Jésus nous révèle le Dieu proche. Il se laisse approcher par les enfants, les malades, les exclus, les pécheurs. Il accueille tous ceux que la société rejette. Il abolit les murs de haine et de séparation. En lui, juifs et non-juifs, croyants de toutes nations, sont réconciliés.

La parabole du bon Samaritain illustre cette vérité. Ce Samaritain s’est approché de l’homme blessé alors que les religieux avaient détourné les yeux. En se faisant proche, il est entré dans la vie, car c’est dans le visage de l’autre que nous rencontrons Dieu. C’est cela, la bonne nouvelle : le Royaume de Dieu s’est approché. Dieu est proche.

Cette proximité se vit aussi entre nous. J’aime beaucoup ce que disait Chiara Lubich concernant « l’art d’aimer », qu’on peut aussi appeler « l’art de la proximité. » Elle nous invite à changer notre regard, à demander à Dieu un cœur nouveau, un cœur de chair. Elle nous encourage à ne faire aucune distinction entre les gens, à faire le premier pas, à nous mettre à la place de l’autre, à savoir parfois perdre plutôt que d’avoir toujours raison.  

La proximité commence dans la famille, dans le soin des plus proches. L’apôtre Paul dit : « Celui qui ne prend pas soin des siens a renié la foi. » À partir de ce cercle, elle s’élargit aux plus lointains, que les moyens modernes nous rendent plus proches.

Et je voudrais terminer avec cette parole du psaume : « Ceux qui se tournent vers le Seigneur rayonnent de joie. » (34,6) Oui, se tourner vers Dieu nous illumine, mais cette lumière se propage lorsque nous nous tournons aussi vers les autres. C’est dans cette double proximité — avec Dieu et avec nos frères — que nous trouvons la joie véritable.

En résumé, toute la Bible raconte une seule grande histoire : l’histoire d’un Dieu qui se rapproche de l’humanité pour la réconcilier avec lui et entre elle.

Et si Dieu agit ainsi, alors la question devient pour nous : comment vivre cette proximité aujourd’hui avec les autres ?

II. Proximité et dialogue interreligieux

Si Dieu lui-même se rend proche de l’humanité, alors nous comprenons que la foi ne peut jamais être une fermeture. Elle est au contraire un mouvement vers l’autre.

La proximité de Dieu nous pousse à la proximité avec les êtres humains. Et aujourd’hui, dans un monde où des personnes de religions différentes vivent côte à côte, cette proximité prend une forme particulière : le dialogue interreligieux.

Mais comment vivre ce dialogue ? Et surtout, comment le vivre à la lumière de l’Évangile ?

En méditant sur la vie de Jésus, nous trouvons une clé.

Parce qu’il a vécu la proximité comme nul autre, Jésus a été un homme de dialogue. Il n’était pas un philosophe enfermé dans une école. Il marchait sur les routes, rencontrait les gens là où ils vivaient, se laissait aborder.

Il se rendait proche des personnes. Il les écoutait. Il leur posait des questions. Il n’excluait personne. Parfois même, il se laissait déplacer dans la rencontre.

Il lui arrivait aussi d’interpeller ses interlocuteurs. Et avec certains, il partageait quelque chose de très intime : sa relation avec celui qu’il appelait « Abba », son Père.

Le dialogue n’est donc pas d’abord une théorie ou une idéologie.

C’est suivre une personne dont la vie a été un dialogue constant :
dialogue avec les hommes, et dialogue avec Dieu.

Un « décalogue » du dialogue

En regardant comment Jésus se rendait proche des personnes, on peut apprendre peu à peu un véritable art du dialogue.
J’aimerais résumer cet art en dix attitudes simples, que l’on pourrait appeler un « décalogue du dialogue ».

1. N’exclure personne
Le dialogue selon l’Évangile commence par une chose très simple : n’exclure personne.
Jésus rappelle que Dieu fait lever son soleil sur les bons comme sur les méchants. Si Dieu se soucie de tous, nous sommes appelés, nous aussi, à porter un regard d’intérêt et de respect sur chacun. (Mt 5.45ss)

2. Faire le premier pas
Dialoguer, c’est ensuite faire le premier pas.
Jésus n’a pas attendu que nous l’aimions pour nous aimer. Comme le dit l’apôtre Paul : « alors que nous étions encore pécheurs, le Christ est mort pour nous » (Rm. 5.8).
Le dialogue commence quand quelqu’un ose faire ce premier pas.

3. Vivre la règle d’or
Dialoguer, c’est aussi vivre la règle d’or que l’on retrouve dans toutes les religions :
« Fais aux autres ce que tu voudrais qu’ils te fassent » (Mt 7.12).
Cette règle nous invite à nous mettre à la place de l’autre, à nous faire petits devant lui et à le considérer comme important.

4. Se souvenir de notre humanité commune
Avant d’être chrétien, juif ou musulman, nous sommes d’abord des êtres humains.
La Bible dit que chaque personne est créée à l’image de Dieu.
Dialoguer, c’est donc rencontrer cette image de Dieu en l’autre.
Et c’est aussi reconnaître que le Christ se tient mystérieusement présent chez les plus petits : les malades, les étrangers, les prisonniers : « Tout ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25.40).

5. Accueillir la richesse de l’autre
Les Pères de l’Église parlaient des « semences du Verbe » présentes dans les cultures et les religions.
Dieu agit dans le cœur de tous les hommes.
Dialoguer, ce n’est donc pas aller à la rencontre d’un vide de Dieu chez l’autre, mais chercher avec discernement ce que Dieu a déjà semé dans sa vie.

6. Regarder l’autre sans le juger
Le regard peut être une arme terrible. Il peut enfermer quelqu’un dans une étiquette. Mais il peut aussi relever et faire vivre.
Dans l’Antiquité grecque, les esclaves étaient appelés aprosôpos, « ceux qui n’ont pas de visage ».
Ignorer quelqu’un, c’est lui enlever son visage.
Jésus, lui, faisait exister les personnes par la confiance qu’il leur donnait.

7. Respecter l’identité de l’autre
Dialoguer, c’est respecter l’autre dans ce qu’il est.
Il ne s’agit pas de l’enfermer dans nos catégories ni d’exercer une pression sur lui.
Le dialogue nous demande souvent de renoncer à vouloir changer l’autre… pour accepter que nous-mêmes soyons transformés par la rencontre.
Mais il arrive aussi que le dialogue soit refusé. Jésus lui-même a connu l’opposition.
L’horizon du dialogue peut parfois être celui de la croix : l’amour n’est pas toujours accueilli.
Malgré cela, Jésus est resté dans une attitude de dialogue jusqu’au bout.
8. « Se faire tout à tous »
L’apôtre Paul disait : « Je me suis fait tout à tous » (1 Co 9.19-22).
Il s’est fait juif avec les juifs, grec avec les grecs, faible avec les faibles.
Dialoguer, c’est essayer de rejoindre l’univers de l’autre, comprendre ses joies, ses souffrances, sa manière de voir le monde.
Notre modèle reste Jésus, le Dieu qui est devenu un homme et qui « s’est vidé de lui-même » pour venir jusqu’à nous (Phi 2.7).
Lorsque nous nous vidons un peu de nous-mêmes, nous créons en nous un espace où l’autre peut être accueilli.

9. Partager son expérience spirituelle
Le dialogue ne consiste pas seulement à écouter. À un moment donné, il peut aussi devenir partage de foi.
Après avoir écouté l’autre, nous pouvons dire simplement ce que Jésus représente pour nous.
Le dialogue devient alors, à un moment donné, annonce de l’espérance qui nous habite. Pour le chrétien, c’est partager l’espérance qui l’anime à la suite de la mort et à la résurrection de Jésus. (cf Ac 4.20 ; I Pi 3.15) C’est dire qui est Jésus pour lui, comment il peut nous introduire pleinement dans la communion avec Dieu et avec les humains.
Non pas pour imposer quoi que ce soit, mais par fidélité à notre conscience et par respect pour la vérité.

10. Approfondir sa propre identité
Enfin, le dialogue nous pousse à approfondir notre propre foi.
Plus nous rencontrons des personnes d’autres religions, plus nous ressentons le besoin d’aller au cœur de ce qui nous fait vivre.
Pour nous chrétiens, ce cœur est le mystère du Christ :
Dieu venu à notre rencontre en Jésus, mort et ressuscité pour notre salut.
Si nous cachons nos racines, il n’y a pas de vrai dialogue.
Mais si nos racines sont profondes, alors l’arbre du dialogue peut déployer largement ses branches et porter du fruit.
Et dans ce climat de fraternité, la vérité se révèle peu à peu.
Pour le chrétien, cette vérité a un visage : le Christ, qui veut rassembler tous les hommes dans l’amour.

En résumé, ces dix attitudes du dialogue peuvent se regrouper en trois grands moments :
– Ouvrir son cœur,
– Rencontrer vraiment l’autre,
– Rester enraciné dans sa foi.

1. Ouvrir son cœur
N’exclure personne
Faire le premier pas
Vivre la règle d’or

2. Rencontrer vraiment l’autre
Reconnaître l’humanité commune
Accueillir la richesse de l’autre
Regarder sans juger
Respecter l’identité de l’autre
Se faire tout à tous

3. Témoigner à partir de ses racines
Partager son expérience spirituelle
Approfondir sa propre identité

Conclusion

Permettez-moi de conclure en revenant à l’essentiel.

Le dialogue interreligieux ne commence pas par des théories. Il commence par une rencontre, par une proximité vécue dans la vie quotidienne.

Lorsque nous faisons l’effort de nous approcher de l’autre avec respect, sans peur et sans jugement, quelque chose de nouveau peut naître. Des barrières tombent, des préjugés disparaissent et une fraternité devient possible.

Dans un monde marqué par les divisions religieuses, cette proximité est peut-être l’un des témoignages les plus nécessaires que les chrétiens puissent donner aujourd’hui.

Mais cette proximité ne signifie pas l’effacement de notre foi. Au contraire, plus nous rencontrons des personnes d’autres traditions religieuses, plus nous découvrons la richesse et la beauté du cœur de l’Évangile. Le dialogue nous appelle à revenir sans cesse à cette source.

Et cette source, pour nous chrétiens, c’est Jésus lui-même.

Lui qui s’est fait proche de tous.
Lui qui a brisé les murs de séparation.
Lui qui a donné sa vie pour rassembler les enfants de Dieu dispersés.

Si nous restons unis à lui, alors nous pouvons devenir des artisans de proximité et de fraternité.

Et peut-être est-ce là l’une des missions que Dieu confie aujourd’hui aux chrétiens et aux mouvements comme les Focolari : contribuer par un dialogue sincère à construire cette maison commune de la fraternité humaine, où chacun peut trouver sa place.

Car là où les personnes se rapprochent avec amour, Dieu lui-même se rend présent au milieu d’elles.


[1] Conférence donnée lors d’une rencontre du mouvement des Focolari – Montet- Broye. 8 mars 2026 


Publié

dans

,

par

Étiquettes :

Commentaires

2 réponses à “L’art de la proximité et le dialogue interreligieux”

  1. Avatar de Catherine Imseng
    Catherine Imseng

    Bravo Martin excellent

  2. Avatar de CLERC JEAN-CLAUDE
    CLERC JEAN-CLAUDE

    merci encore Martin pour ton exposé de ce jour à Montet.
    Puis-je avoir ce document en version Pdf ?
    Amitiés et unité.
    J.-Cl.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *