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	<title>Archives des Prédications - Martin Hoegger</title>
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	<description>Blog de Martin Hoegger</description>
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	<title>Archives des Prédications - Martin Hoegger</title>
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		<title>La prière de Jésus et notre prière. </title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Aug 2026 14:06:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prédications]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voir la vidéo à partir de 40 min, 30 sec. La prière est au cœur de la relation de Jésus avec son Père. Pour comprendre ce qu’est la prière chrétienne, trois dimensions peuvent être distinguées : l’attitude dans laquelle Jésus prie, la manière dont il nous fait entrer dans sa propre relation avec le Père, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><a href="https://www.youtube.com/live/FYoqrKqOUmU" data-type="link" data-id="https://www.youtube.com/live/FYoqrKqOUmU"><strong><em>Voir la vidéo à partir de 40 min, 30 sec. </em></strong></a></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">La prière est au cœur de la relation de Jésus avec son Père. Pour comprendre ce qu’est la prière chrétienne, trois dimensions peuvent être distinguées : l’attitude dans laquelle Jésus prie, la manière dont il nous fait entrer dans sa propre relation avec le Père, et enfin sa présence dans notre prière, puisqu’il prie pour nous, avec nous et au milieu de nous.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Jésus prie dans l’humilité et la confiance</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’Évangile, Jésus prie ainsi : « Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché ces choses aux sages et aux intelligents, mais de les avoir révélées aux tout-petits. » (Mat 11.25). Jésus se tient devant son Père dans une attitude d’humilité. La vraie prière commence par cette disposition : se faire tout petit devant Dieu et prier avec le cœur, qu’il s’agisse d’une prière spontanée, d’un chant, d’une prière apprise ou du Notre Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus sait également qu’il est aimé. Au moment de son baptême, le Père lui a déclaré : « Tu es mon Fils bien-aimé. » Il prie donc dans la confiance en un Père bienveillant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais ce Père est aussi « Seigneur du ciel et de la terre ». Chez Jésus, l’amour et la toute-puissance de Dieu ne s’opposent pas. Le Credo confesse : « Je crois en Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre. » Parce qu’il est tout-puissant, Dieu peut créer, mais aussi recréer, transformer et ressusciter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ordre du Credo est significatif : Dieu est d’abord Père, puis Créateur. En créant l’univers, l’infiniment grand comme l’infiniment petit, et chacun d’entre nous, il introduit dans sa création son amour de Père, comme un fil rouge qui la traverse.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Entrer dans la prière de Jésus</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">A la suite du même texte de l&rsquo;évangile de Matthieu, Jésus affirme que « nul ne connaît le Père si ce n’est le Fils et celui à qui le Fils veut bien le révéler. » Nous avons donc besoin que Jésus nous révèle qui est véritablement le Père, par une illumination intérieure du Saint-Esprit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette révélation peut être particulièrement importante pour ceux qui ont vécu une relation difficile avec leur père terrestre et éprouvent de la peine à appeler Dieu « Père ». Jésus nous révèle ce Père plein d’amour, déjà manifesté au peuple d’Israël. Dans l’Ancien Testament, Dieu est appelé Père dans sa relation avec Israël, le peuple qu’il s’est choisi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après sa résurrection, Jésus dit à Marie de Magdala : « Va dire à mes frères que je monte vers mon Père et votre Père. » Par la foi en Jésus ressuscité, son Père devient ainsi notre Père et nous devenons frères et sœurs les uns des autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tous les êtres humains sont certes créés à l’image de Dieu et peuvent, dans ce sens, être reconnus comme frères et sœurs par la création. Mais Jésus nous conduit plus loin : par la foi en lui, nous avons accès au même Père et entrons dans sa propre prière. Avec Jésus, nous nous tournons vers le Père. Son élan vers le Père devient le nôtre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un dialogue avec des amis musulmans, dans un groupe auquel je participe, m’a permis de mieux mesurer la particularité de notre foi. Parmi les 99 noms de Dieu dans l’islam, le nom de Père ne figure pas. Il y a là une différence importante entre la foi chrétienne et celle de nos amis musulmans.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Dire « Père » avec Jésus</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis une trentaine d’années, je participe au mouvement des Focolari. Ce qui m’y a attiré est la place donnée à la Parole de Dieu : accueillir une parole de l’Évangile, la garder en soi, chercher à la vivre durant tout un mois et partager ensuite les expériences qu’elle suscite.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette spiritualité est née durant la Deuxième Guerre mondiale. Alors que tout s’écroulait autour d’elles, Chiara Lubich et ses compagnes ont découvert dans l’Évangile une force, une puissance et une lumière. Elles ont cherché à vivre radicalement la Parole de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fruit de cette vie de la Parole est que Jésus vient vivre en nous. Comme l’écrit Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après six ans de cette vie, alors que C. Lubich voulait prier Jésus dans une église des Dolomites, elle ne parvint pas à prononcer son nom. Un seul mot sortit de sa bouche : « Père ». Puis elle a fait une profonde expérience de communion avec Dieu. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle comprit que Jésus vivant en elle la faisait entrer dans sa propre relation avec le Père. Jésus est notre frère à nos côtés : il prie avec nous, intercède pour nous et nous conduit vers le Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette expérience a également marqué ma vie spirituelle : vivre avec Jésus ressuscité à nos côtés et au milieu de nous, et dire avec lui : « Abba, Père. »</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Jésus prie avec nous</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La lettre aux Hébreux présente Jésus comme le grand prêtre qui prie continuellement pour nous et qui peut ainsi nous sauver. Jésus prie pour chacun d’entre nous, avec nous et au milieu de nous. (7.25)</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’en ai fait une expérience particulière à Jérusalem, pendant un Notre Père chanté en hébreu. Au milieu des différentes voix, j’ai perçu comme une voix qui les englobait toutes : celle de Jésus priant avec nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis, ma manière de prier le Notre Père a changé. Lorsque je le prie seul, je sais que Jésus est présent en moi et le prie avec moi. Lorsque nous le prions ensemble, je prends conscience qu’il est au milieu de nous et qu’il prie avec nous. (cf. Mat 18.20-21)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, chaque fois que nous disons le Notre Père, nous pouvons le faire avec cette conscience : Jésus est avec nous et nous conduit dans sa propre prière vers le Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Sur le chemin d’Emmaüs, devenir compagnons du Christ</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Aug 2026 13:43:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prédications]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans la chapelle de Pomeyrol J’ai donné ce message, le 23 août 2026, à l’occasion de l’engagement de deux «&#160;Compagnons&#160;» dans la communauté de Pomeyrol, une communauté protestante en Provence, au pied de la chaîne des Alpilles (Saint-Etienne-du-Grès). Le récit des disciples d’Emmaüs est un grand texte sur le compagnonnage (cf. Lc 24.18-35). En ce [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Dans la chapelle de Pomeyrol</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>J’ai donné ce message, le 23 août 2026, à l’occasion de l’engagement de deux «&nbsp;Compagnons&nbsp;» dans la communauté de Pomeyrol, une communauté protestante en Provence, au pied de la chaîne des Alpilles (Saint-Etienne-du-Grès).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le récit des disciples d’Emmaüs est un grand texte sur le compagnonnage (cf. Lc 24.18-35). En ce jour où Johanne et Marion prennent leur engagement comme compagnons de Pomeyrol, il nous offre une lumière particulière. Car, avant de nous dire ce que signifie être compagnon les uns des autres, il nous révèle Jésus lui-même comme le compagnon par excellence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Ressuscité rejoint deux disciples sur leur chemin. Il marche avec eux, les écoute, ouvre pour eux les Écritures, partage leur pain et les remet en route comme témoins. À travers ces différentes étapes, nous pouvons reconnaître cinq dimensions du compagnonnage. Elles concernent particulièrement les compagnons de Pomeyrol, mais elles dessinent aussi un chemin pour toute communauté chrétienne.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Faire route ensemble</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Jésus lui-même s’approcha et fit route avec eux. » Tout commence par cette présence sur le chemin. Être compagnon, c’est d’abord faire route avec d’autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est aussi une belle image de l’Église. L’Église est une communion d’hommes et de femmes qui ont accepté de marcher ensemble. Le mot « synode » exprime précisément cette réalité : faire chemin ensemble. Mais sur ce chemin, une personne supplémentaire nous accompagne toujours : le Christ lui-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marcher ensemble ne signifie pas être toujours d’accord. Les deux disciples d’Emmaüs en font l’expérience. Le texte dit qu’ils s’entretenaient de ce qui venait de se passer à Jérusalem, mais le terme grec laisse entendre une discussion animée, voire un désaccord. Ils cherchent ensemble à comprendre des événements qui les dépassent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il en va de même dans toute communauté. Faire route ensemble demande du temps, de l’écoute et un accueil réciproque. L’exhortation de Paul prend alors tout son sens : « Accueillez-vous donc les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu » (Rm 15.7).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Accueillir l’autre, c’est reconnaître qu’il n’est pas là par hasard. Je peux apprendre à le recevoir comme un don placé sur mon chemin : tu as été créé comme un don pour moi, et j’ai été créé comme un don pour toi. Cet accueil n’est pas toujours immédiat. Il se construit jusque dans les tensions et les désaccords. Être compagnon, c’est donc continuer à faire route ensemble, y compris lorsque le chemin devient difficile.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Rencontrer et écouter</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième dimension du compagnonnage est la rencontre. Jésus ressuscité aurait pu se manifester immédiatement dans sa gloire et leur révéler son identité. Il choisit une tout autre manière de faire : il s’approche, s’intéresse à eux et les interroge.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Quels sont ces propos que vous échangez en marchant ? »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus commence par écouter. Sa question permet aux disciples de raconter ce qu’ils viennent de vivre. En fait ils sont sur un chemin de deuil. Grâce à l’écoute de Jésus, ils peuvent exprimer leur déception, leur tristesse, leurs interrogations et leur espérance brisée : « Nous espérions, nous, que c’était lui qui allait délivrer Israël. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils racontent même à Jésus l’Évangile sans savoir qu’ils parlent à celui qui en est le cœur : Jésus de Nazareth a été crucifié ; des femmes sont allées au tombeau ; elles ne l’ont pas trouvé et ont annoncé qu’il était vivant. Ils connaissent les faits, mais ne parviennent pas encore à en découvrir le sens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus leur laisse le temps de parler. Il ne se décourage pas lorsqu’ils lui répondent assez vivement : « Tu es bien le seul à séjourner à Jérusalem qui n’ait pas appris ce qui s’y est passé ces jours-ci ! » Il continue à les écouter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà une dimension essentielle du compagnonnage. Un compagnon est quelqu’un qui s’intéresse à l’autre, lui pose des questions et lui donne le temps de raconter son chemin. Avant de parler, il écoute. Avant de conseiller, il accueille. Jésus est lui-même ce compagnon qui nous écoute avec patience.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Ouvrir ensemble les Écritures</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après avoir longuement écouté, Jésus prend la parole. Il ouvre les Écritures et aide les disciples à relire les événements à leur lumière.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il leur reproche d’être « sans intelligence » et d’avoir le « cœur lent à croire ». Ces deux mots, l’intelligence et le cœur, me semblent importants. Les Écritures demandent à être reçues avec les deux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les lire avec le cœur, c’est accepter qu’une parole puisse nous rejoindre personnellement et transformer notre existence. J’ai moi-même fait l’expérience d’une parole biblique qui a transpercé mon cœur et m’a conduit de l’athéisme à la foi. Depuis ce jour, j’ai gardé une grande confiance dans la puissance de la Parole de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais nous sommes aussi appelés à lire avec l’intelligence. Intelligence signifie littéralement «&nbsp;lire entre&nbsp;» (<em>inter-legere,</em>&nbsp;en latin). C’est établir des liens, rapprocher les textes, les éclairer les uns par les autres. C’est précisément ce que fait Jésus sur le chemin d’Emmaüs : « Commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Écritures ce qui le concernait. » Il relie les Écritures à sa personne, à sa mort et à sa résurrection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le compagnon ne se réfère donc pas seulement à ses propres idées ou à son expérience. Il se met avec l’autre à l’écoute d’une Parole qui vient d’ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus nous enseigne aussi quelque chose d’essentiel pour notre témoignage : il n’ouvre les Écritures qu’après avoir créé une relation. Il a d’abord marché avec les disciples et écouté leur histoire. C’est dans cette relation de confiance que la Parole peut être entendue. Le témoignage chrétien ne consiste pas à déposer une parole sur quelqu’un de l’extérieur, mais à partager l’Évangile dans une relation d’amitié.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors peut naître l’expérience des disciples : « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait en chemin et nous ouvrait les Écritures ? »</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Partager le pain</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le quatrième geste du compagnon est contenu dans le mot lui-même. Le compagnon est celui avec lequel on partage le pain. Les disciples disent à Jésus : « Reste avec nous, car le soir approche. » Jésus accepte leur hospitalité et se met à table avec eux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le compagnonnage passe aussi par cette convivialité. À Pomeyrol, il se vit entre les sœurs et les compagnons, dans la prière quotidienne avec ses quatre moments, mais également autour d’une table, dans les rencontres ordinaires et la joie d’être ensemble. Et cette hospitalité peut se prolonger dans nos propres lieux de vie. Nos tables peuvent devenir des lieux ouverts où d’autres sont accueillis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est au moment où Jésus prend le pain, prononce la bénédiction, le rompt et le leur donne que « leurs yeux s’ouvrirent ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette expression fait penser au récit de la Genèse. Après avoir mangé le fruit défendu, les yeux d’Adam et Ève s’ouvrent ; mais cette ouverture conduit à la honte, à la peur et à la dissimulation. Ils se cachent l’un de l’autre et se cachent devant Dieu (cf. Gn 3.7).</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Emmaüs, un chemin inverse s’ouvre. Les yeux des disciples s’ouvrent dans la communion. Ils reconnaissent le Christ et peuvent désormais se regarder eux-mêmes à la lumière de sa présence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des deux disciples n’est pas nommé. Cette absence de nom permet à chacun de prendre place dans le récit, à côté de Cléopas. Certains ont aussi pensé que ce disciple pouvait être son épouse. Quelle que soit l’hypothèse retenue, les deux deviennent ensemble témoins du Ressuscité. Comme l’écrit Paul : « Dans le Seigneur, la femme n’est pas sans l’homme ni l’homme sans la femme » (1 Co 11.11). Dans le Christ, la communion devient témoignage.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Repartir comme témoins</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, être compagnon, c’est devenir témoin. Dès que les disciples reconnaissent Jésus, celui-ci disparaît à leurs regards. Ils auraient pu rester à Emmaüs pour prolonger l’émotion de cette rencontre. Au contraire, « à l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem » pour témoigner aux autres disciples de leur rencontre avec le Ressuscité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le compagnon n’est pas appelé à demeurer seulement dans la chaleur d’une communauté. Ce qu’il reçoit devient une mission. L’expérience vécue ensemble est appelée à rayonner ailleurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chers compagnons de Pomeyrol, c’est aussi votre vocation. Dans vos lieux de vie, vos familles, vos Églises, vos engagements et vos rencontres, vous êtes appelés à témoigner de ce que vous recevez ici : une vie fraternelle nourrie par la prière, l’écoute de la Parole et la présence du Christ au milieu de nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Votre engagement ne vous attache donc pas seulement à un lieu. Il vous envoie. Il fait de vous des témoins de cette grâce reçue à Pomeyrol et des artisans de communion là où vous vivez.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Des compagnons pour l’avenir de la communauté de Pomeyrol</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chemin d’Emmaüs nous donne ainsi cinq traits du compagnon : marcher ensemble, écouter, ouvrir les Écritures, partager le pain et devenir témoin. Mais, avant d’être nos engagements, ces cinq attitudes sont celles de Jésus envers nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est lui qui marche à nos côtés lorsque nous ne comprenons plus. Il écoute nos questions, éclaire notre chemin par les Écritures, rompt le pain avec nous et rallume l’espérance lorsque notre cœur s’est refroidi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Johanne et Marion, votre engagement aujourd’hui s’inscrit dans ce chemin. Vous devenez compagnons de Pomeyrol parce que le Christ s’est d’abord fait votre compagnon. Et c’est en demeurant avec lui que vous pourrez, à votre tour, marcher avec d’autres et témoigner de ce que vous recevez ici.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et notre espérance est aussi que ce témoignage porte du fruit. Que d’autres entendent l’appel à rejoindre cette aventure de foi et de communion ! Que de nouveaux compagnons s’engagent, que de nouvelles sœurs répondent à l’appel du Christ et viennent enrichir la communauté de leurs dons, de leur prière et de leur présence. Car une communauté reçoit son avenir de celles et ceux que Dieu appelle à la rejoindre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous pouvons donc faire de cet engagement une prière pour l’avenir de Pomeyrol. Que le Seigneur suscite de nouvelles vocations de sœurs et de compagnons ; qu’il renouvelle cette communauté que nous aimons et que nous portons dans notre prière ; qu’il lui donne, à travers de nouveaux visages et de nouveaux engagements, un avenir et une beauté toujours renouvelée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que la parole des disciples d’Emmaüs devienne alors une parole pour nous tous : « Notre cœur ne brûlait-il pas en nous tandis qu’il nous parlait en chemin ? » Et que ce feu reçu du Ressuscité se communique de personne en personne, afin que beaucoup d’autres découvrent à leur tour la joie de marcher avec lui et de devenir compagnons sur son chemin.</p>
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		<title>Louez le Seigneur, vous toutes les nations!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jul 2026 04:50:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prédications]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Suivre ici la vidéo du culte du Mont sur Lausanne. Ma prédication est à partir de la minute 42. En ce mois de juillet, les regards de milliards de personnes sont tournés vers un même événement : la Coupe du monde. Pendant quelques semaines, les frontières semblent s’effacer. Les peuples vibrent ensemble, les drapeaux flottent, [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em><strong><a href="https://www.youtube.com/live/Zp8tNwVjqR8?si=Pj9Rm64bF-AS5iLa">Suivre ici la vidéo du culte du Mont sur Lausanne. Ma prédication est à partir de la minute 42. </a></strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce mois de juillet, les regards de milliards de personnes sont tournés vers un même événement : la Coupe du monde. Pendant quelques semaines, les frontières semblent s’effacer. Les peuples vibrent ensemble, les drapeaux flottent, les stades se remplissent et les médias parlent abondamment de football. Rarement un événement réunit autant de nations et de cultures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les chrétiens, cette ferveur mondiale peut nous rappeler une vérité essentielle : Dieu aime toutes les nations. Et Jésus nous a confié cette mission : « Allez, faites de toutes les nations des disciples. » Si la Coupe du monde rassemble les foules autour d’un ballon, l’Évangile, lui, appelle des hommes et des femmes de toute langue, de tout peuple et de toute nation à se rassembler autour de Jésus-Christ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vocation des nations s’enracine dans celle du peuple d’Israël, appelé à mettre Dieu en premier, à l’aimer de tout son cœur et à témoigner de lui en toutes circonstances. Cette vocation s’est ouverte à toutes les nations à travers la mort et la résurrection de Jésus-Christ. C’est pourquoi Paul peut écrire : « Nations, soyez en fête avec son peuple ! » (Romains 15.10)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je voudrais développer ce message en trois parties : la vocation des nations s’enracine dans celle du peuple d’Israël ; deuxièmement, Jésus nous envoie vers toutes les nations ; enfin, Israël et les nations sont appelés à s’accueillir les uns les autres.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>1. La vocation des nations s’enracine dans celle du peuple d’Israël</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La première vocation du peuple d’Israël est d’aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de toutes ses forces, comme le proclame le grand texte du Deutéronome (6,4-9). À ce commandement fondamental s’ajoute celui qui lui est semblable : aimer son prochain comme soi-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le prophète Michée résume admirablement cette vocation : « On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien et ce que le Seigneur attend de toi : pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec ton Dieu. » (6.8)</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième vocation du peuple choisi est d’avoir la Parole dans son cœur. Elle ne doit pas rester extérieure à nous. Elle est appelée à descendre dans notre cœur, à nous transformer et à porter du fruit. La Bible parle même de « circoncire son cœur ». Dieu veut inscrire sa Parole au plus intime de notre être. La pratique de la «&nbsp;Lectio divina&nbsp;» est de la faire habiter dans notre cœur, dans toute sa plénitude.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième vocation consiste à transmettre cette Parole aux générations suivantes. « Tu les répéteras à tes fils », dit le Deutéronome. Nous avons beaucoup à faire pour que nos enfants et les enfants de nos enfants puissent connaître la Parole de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le texte nous invite à en parler « chez toi et en chemin, à ton coucher et à ton lever ». Autrement dit : partout et à tout moment. Il s’agit de saisir les occasions qui nous sont données. L’apôtre Paul nous rappelle que le temps est court et qu’il nous faut racheter le temps, discerner le moment favorable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les vacances et le rythme différent de l’été peuvent nous offrir de belles occasions de faire des haltes spirituelles. Nous voyageons dans l’espace, mais nous pouvons aussi « racheter le temps » : entrer dans une église, nous arrêter pour prier, ouvrir la Bible, méditer une parole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Deutéronome invite encore à attacher la Parole sur soi et à l’écrire sur les portes des maisons et des villes. Comment vivre cela aujourd’hui ? Je pense aux vêtements que l’on voit parfois dans les Églises africaines, portant des versets bibliques. Je pense aussi aux affiches avec des versets bibliques présentes dans nos villes en Suisse, qui invitent à se souvenir de Dieu et de son amour. Chaque fois que je les lis, elles m’encouragent. Je pense encore à ces chalets du Pays-d’Enhaut sur lesquels des paroles bibliques ont été gravées dans le bois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Parole de Dieu est appelée à habiter nos cœurs, nos maisons, nos chemins et même l’espace public.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>2. Jésus nous envoie vers toutes les nations</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la finale de l’Évangile selon Matthieu, Jésus élargit cette vocation adressée à Israël à toutes les nations : « Allez, faites de toutes les nations des disciples. » (28.16-29) Il confie à ses disciples une triple mission : faire des disciples, les baptiser et leur enseigner tout ce qu’il a commandé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette mission exprime l’universalité de l’Évangile. Un ancien mot chrétien permet de le dire : la « catholicité ». Nous, protestants, utilisons difficilement ce terme, parce que nous l’associons immédiatement à l’Église catholique romaine. Mais son sens est beaucoup plus large : il exprime la totalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe d’abord une catholicité que l’on pourrait appeler quantitative. L’Évangile est destiné à toutes les nations : « Faites de toutes les nations des disciples. » Il est également destiné à tous les temps : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » L’Évangile s’étend donc à travers l’espace et le temps.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il existe aussi une catholicité qualitative. Elle concerne le contenu de la foi : « Baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ; enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai commandé. » Au cœur de la foi chrétienne se trouve le Dieu trinitaire : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Cette foi est «&nbsp;catholique&nbsp;» dans le sens qu’elle est la même partout et pour tous les temps.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;enseignement de Jésus s’enracine dans la foi de son peuple a qui Dieu a donné une loi qui se résume dans l’appel à aimer Dieu de tout son cœur et notre prochain comme nous-mêmes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus n’est pas venu abolir cette loi, mais l’accomplir. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les paroles du Deutéronome demeurent pleines de sagesse pour notre vie: Jésus les reprend pour condenser son enseignement dans le double commandement d&rsquo;amour : aimer Dieu de tout son coeur et son prochain comme soi-même.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien plus, il les a vécues parfaitement. Et il nous donne son Esprit, afin que cette Parole devienne vivante en nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>3. Israël et les nations appelés à s’accueillir</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Église issue des nations ne remplace pas Israël. Israël a sa vocation et l’Église a la sienne. Par la résurrection du Christ, la vocation reçue par Israël s’ouvre à toutes les nations, et tous sont appelés à s’accueillir les uns les autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce que l’apôtre Paul rappelle aux chrétiens de Rome (Romains 15.7-13). Dans cette communauté, les croyants d’origine juive et ceux venus des nations avaient de la difficulté à vivre ensemble. Paul leur adresse alors cet appel : « Accueillez-vous les uns les autres, comme le Christ vous a accueillis pour la gloire de Dieu. » Et il cite l’Écriture : « Nations, soyez en fête avec son peuple ! » L’Église est vraiment catholique quand Israël et les Nations s’accueillent les uns les autres au nom du Christ.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il me revient à l’esprit une belle expérience vécue en 2009 avec des frères et sœurs juifs et chrétiens, parmi lesquels des chrétiens palestiniens et des chrétiens venus de différentes nations. Durant une semaine, nous avons vécu une rencontre intitulée « Marcher ensemble à Jérusalem ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons d’abord réfléchi à la signification spirituelle de Jérusalem pour les juifs et pour les chrétiens. Puis nous avons marché ensemble dans la ville. Les chrétiens expliquaient aux juifs les lieux de la mémoire chrétienne, et les juifs présentaient aux chrétiens les lieux de la mémoire juive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons terminé devant le Kotel, le Mur occidental. Là, nous avons formé un cercle et affirmé ensemble que le Seigneur nous appelle ensemble à pratiquer la justice, à aimer la miséricorde et à marcher humblement avec Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Louez le Seigneur, vous toutes les nations ! » Nous l’avons chanté avec ce chant de Taizé, probablement le plus connu :&nbsp;<em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=WVcHCAQo_nE">Laudate Dominum, omnes gentes</a></em>&nbsp;! Cet appel à l’accueil réciproque concerne les relations entre Israël et les nations, mais il s’étend aussi à toutes les différences qui risquent de devenir des divisions. Hommes et femmes, personnes de cultures et de conditions sociales différentes : tous sont appelés à s’accueillir dans le Christ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais comment y parvenir ? Paul nous indique un chemin : vivre dans la puissance de l’Esprit Saint. C’est lui qui donne la paix, la joie, la foi et l’espérance. Nous avons donc à demander la seule chose nécessaire pour nous et pour toutes les nations : que l’Esprit Saint soit répandu dans nos cœurs et qu’il nous envoie partager l’Évangile. (Rom. 15.13).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous savez que depuis plusieurs années, je collabore au projet JC2033, qui prépare les deux mille ans de la résurrection du Christ. Le message de la résurrection, nous ne pouvons pas le garder pour nous. Sur le chemin vers 2033, nous appelons les Églises à se rapprocher pour témoigner ensemble et à le célébrer afin de préparer les grandes célébrations de&nbsp;Pâques 2033. Partout où cela sera possible, en commençant par là où nous vivons.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre rêve est qu’au jour de Pâques 2033, chaque homme et chaque femme puisse entendre le joyeux message dans sa propre langue maternelle&nbsp;: «&nbsp;le Christ est ressuscité ! Il est vraiment ressuscité !&nbsp;»</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe plus de 7 500 langues dans le monde : que toutes puissent un jour proclamer la joie de Pâques !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors que les nations se rassemblent ces jours autour d’un ballon, Jésus est ressuscité pour réunir toutes les nations autour de lui.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sa résurrection contient cette double invitation&nbsp;: « Louez le Seigneur, vous toutes les nations !» Et « Nations, soyez en fête avec son peuple ! »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vous invite maintenant à écouter un chant spécialement composé pour JC2033 qui l’exprime&nbsp;:&nbsp;<a href="https://youtu.be/YUJFkXgXfUc?si=bfeOUieaj-boIFl_">https://youtu.be/YUJFkXgXfUc?si=bfeOUieaj-boIFl_</a></p>
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		<title>Le peuple juif est-il le peuple de Dieu ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 May 2026 10:41:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prédications]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Voir ici la vidéo de mon message, à partir de la minute 44. Mettez-vous à la place de ces disciples de Jésus qui vivaient dans la Turquie actuelle, à qui Pierre dit : «&#160;vous n’étiez pas le peuple de Dieu, mais maintenant vous êtes le peuple de Dieu. Vous n’aviez pas connu la compassion de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong><em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=ZR0xCYX3U2o&amp;t=3414s">Voir ici la vidéo de mon message, à partir de la minute 44.</a></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Mettez-vous à la place de ces disciples de Jésus qui vivaient dans la Turquie actuelle, à qui Pierre dit : «&nbsp;vous n’étiez pas le peuple de Dieu, mais maintenant vous êtes le peuple de Dieu. Vous n’aviez pas connu la compassion de Dieu, mais maintenant vous avez connu la compassion de Dieu.&nbsp;» (1 Pierre 2.9-10)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Imaginez la profondeur de cette révélation. Ils ne connaissaient pas le Dieu d&rsquo;Israël, ils vivaient dans le paganisme, et voici qu&rsquo;on leur applique tout ce que l&rsquo;Ancien Testament disait d&rsquo;Israël. Ils sont appelés à la sainteté, à vivre dans la Parole, à aimer comme Dieu les a aimés, à le mettre en premier et à aimer leurs proches comme eux-mêmes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n&rsquo;est pas un simple changement de statut religieux, c&rsquo;est une transformation radicale de leur identité. Ils découvrent qu&rsquo;ils sont devenus le peuple de Dieu, appelés par Dieu, visités par sa miséricorde, pardonnés et faisant l&rsquo;expérience de l&rsquo;Esprit, tout comme Israël pendant plus de mille ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout cela, ils ne le savaient pas. Ils le savent maintenant et ils le vivent&nbsp;: «&nbsp;Vous êtes le peuple de Dieu.&nbsp;»</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une question délicate</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant se pose une question délicate. Si délicate que j’aimerais attirer votre attention spirituelle et demander votre prière, afin que je parle droitement, selon la vérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question est la suivante : si l’Église est le peuple de Dieu, le peuple juif l&rsquo;est-il encore, ou bien l’Église l’a-elle remplacé ? C’est une question délicate, aussi à cause de la situation actuelle.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réponse du Nouveau Testament à cette question est&nbsp;<strong>clairement oui,&nbsp;</strong>Israël est toujours le peuple de Dieu.<strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Les dons et les appels de Dieu sont irrévocables&nbsp;», dit en effet Paul en parlant du peuple juif. (Romains 11.29)&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et dès le début de l’Évangile, Marie, dans son chant du Magnificat, déclare : « Le Seigneur a relevé Israël, son serviteur, en souvenir de sa miséricorde, comme il l’avait promis à nos pères, à Abraham et à sa descendance pour toujours. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour toujours&nbsp;! La descendance d’Abraham est le serviteur de Dieu jusqu’à aujourd’hui. Si Marie le dit, qui suis-je pour le contester ? Voilà ce que dit le Nouveau Testament.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La tragédie de l’histoire de l’Église</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant la tragédie de l’histoire de l’Église, c’est d’avoir fait, dès le deuxième siècle, le raisonnement suivant : parce qu’Israël a refusé de croire en Jésus-Christ et, surtout, l’a crucifié, Dieu aurait rejeté son peuple et l’aurait remplacé par l’Église.&nbsp;&nbsp;Il ne le visite plus et il déchu de sa grâce.&nbsp;&nbsp;C’est cette «&nbsp;théologie du remplacement&nbsp;» qui a traversé les siècles.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle s’est cristallisée de manière tragique lors du concile de Nicée, en 325, où l’empereur Constantin écrivait aux Églises : « Nous ne voulons rien avoir à faire avec cette détestable race des Juifs. »&nbsp;(<a href="https://www.hoegger.org/article/nicee-judaisme/">Voir ici ma réflexion sur Nicée et le judaïsme</a>.)</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’empereur, avec toute son autorité, a donc affirmé que l’Église devait tourner le dos au peuple juif. Alors que le Christ est juif, de mère juive et qu’il accomplit les prophéties juives de l’Ancien Testament&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet «&nbsp;enseignement du mépris&nbsp;» &#8211; comme l&rsquo;a dit Jules Isaac &#8211; a traversé les siècles, jusqu’au paroxysme de la Shoah, ce massacre de six millions de Juifs durant la Deuxième Guerre mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Heureusement, cet enseignement a été progressivement abandonné au lendemain de la guerre, à la suite du dialogue judéo-chrétien où les&nbsp;<em>Thèses de Seelisberg</em>, du côté protestant en 1946 et la&nbsp;<em>Déclaration Nostra Aetate</em>, vingt ans plus tard, sont des pierres milliaires.&nbsp;</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;L’Alliance jamais révoquée&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un des acquis de ce dialogue est que l’Alliance avec Israël est irrévocable. Comme le dit le sous-titre du «&nbsp;<a href="https://shs.cairn.info/revue-revue-sens-2025-5-page-96?lang=fr">Manuel de la théologie d’Israël&nbsp;</a>», un livre important récemment écrit par des théologiens protestants, l’Alliance n’est « jamais révoquée&nbsp;».&nbsp;&nbsp;&nbsp;Par conséquent, le peuple juif reste le peuple choisi par Dieu, appelé à «&nbsp;pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec son Dieu&nbsp;» (Michée 6,8).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Alliance jamais révoquée&nbsp;? Je dois vous dire que pendant de longues années, j’ai moi-même eu une profonde hésitation à ce sujet, alors même que j’étais membre des Amitiés judéo-chrétiennes depuis le temps de mes études, en 1985. Ce n’est que récemment, en 2020 que j’ai reçu la conviction que le peuple juif est vraiment encore le peuple que Dieu ne cesse de relever. Ceci à la suite, je crois, d’une grâce particulière de Dieu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il semble aussi que cet acquis du dialogue judéo-chrétien soit aujourd’hui remis en cause, surtout à cause du conflit israélo-palestinien. Certains, même dans l’Église, considèrent le peuple juif comme un peuple comme les autres, et même pire que les autres. Regardez les injustices commises contre les Palestiniens et le «&nbsp;génocide&nbsp;» perpétré à Gaza, disent-ils.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, on peut ne pas être d’accord avec certaines lignes de la politique du gouvernement de l’état d’Israël concernant les injustices que vit le peuple palestinien. D’ailleurs l’opposition en Israël ne se gêne pas de le dire et de grandes manifestations ont lieu. Mais remettre en cause le choix de Dieu est une autre affaire. </p>



<p class="wp-block-paragraph">J’en ai fait l’expérience l’année dernière où j’ai donné un message dans ce même temple du Mont sur Lausanne sur le verset «&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/article/mystere-israel/">les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables&nbsp;</a>», où Paul affirme que le peuple juif continue à être aimé de Dieu. J’ai publié ma prédication sur Facebook laquelle a suscité de nombreuses réactions critiques, certaines venant de pasteurs de mon Église qui remettaient radicalement en question l’élection d’Israël.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La responsabilité de l’Église aujourd’hui</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je reviens au texte de la première lettre de Pierre&nbsp;: «&nbsp;Approchez-vous de lui (le Christ), pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu », Je le mets en lien avec l’Évangile lu ce jour : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.&nbsp;» (Jean 14.6)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet appel du Christ suivi par celui de Pierre, est valable pour tous, pour les Juifs et les non-Juifs. Tous sont appelés à s’approcher de Jésus&nbsp;; il n’y a pas de différences. T </p>



<p class="wp-block-paragraph">En lui, Juifs et non-juifs sont réconciliés. C&rsquo;est le message fondamental de l&rsquo;apôtre Paul : en Christ, le mur de haine qui s&rsquo;élevait entre les Juifs et les non-Juifs tombe (cf Éphésiens 2&nbsp;; Romains 15). Ce mur de haine que nous voyons parfois se réériger aujourd&rsquo;hui doit tomber en Christ. Mais pour cela, nous avons sans cesse à nous «&nbsp;approcher de lui, la pierre vivante&nbsp;».&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à l’antisémitisme galopant actuel, la responsabilité de l’Église est de rappeler que le peuple juif reste le serviteur et le peuple de Dieu, appelé à pratiquer la justice, à aimer la miséricorde et à marcher humblement avec son Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Israël est le peuple de Dieu, envers et contre tout, malgré les injustices dont il se rend coupable. Comme le dit Paul, l&rsquo;infidélité de certains ne rend pas nulle l&rsquo;élection ou la fidélité de Dieu envers Israël: « Si certains furent infidèles, leur infidélité va-t-elle annuler la fidélité de Dieu ? Certes non ! » (Romains 3.3). Plus tard, ll renforcera cette idée que les promesses de Dieu sont basées sur sa propre fidélité, et non sur notre conduite parfaite. Ceci est valable aussi pour les chrétiens : « Si nous lui sommes infidèles, lui demeure fidèle, car il ne peut se renier lui-même ». (2 Tim 2.13)  </p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, Paul appelle aussi son peuple à reconnaître la venue du Messie Jésus: « L’Évangile est une puissance de Dieu, pour le Juif d’abord, pour le Grec ensuite », affirme-t-il (Romains 1.16). </p>



<p class="wp-block-paragraph">Jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est « pour les Juifs d&rsquo;abord » que Jésus est venu. Que veut alors dire vivre l&rsquo;Évangile avec eux ? L’Évangile est une bonne nouvelle de joie, de justice et de paix. Le vivre signifie faire le premier pas envers eux, les apprécier, les écouter, les visiter, les embrasser, les accueillir, parfois les interroger aussi. Mais l’Église les a jugés et exclus, et continue à le faire, transformant l’Évangile en une mauvaise nouvelle. </p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>«&nbsp;Le mystère d’Israël&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au commencement, une multitude de juifs a adhéré au message du Christ, comme le montre ce passage du livre des Actes des apôtres où l’on voit que de nombreux prêtres ont aussi cru en lui (Actes 6.7).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais peu à peu les autorités juives lui tournent le dos et refusent d’accueillir Jésus. C’est ce qu’on appelle le «&nbsp;mystère d’Israël&nbsp;»&nbsp;: pourquoi Jésus, qui est juif, qui est venu chez les siens, est-il rejeté par son peuple ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mystère de l’incrédulité d’Israël continue jusqu’à aujourd’hui. C’est un grand mystère que Dieu permet pour nous appeler à aimer et à prier encore davantage pour le peuple élu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais depuis la création de l’État d’Israël, et en particulier depuis que Jérusalem est sous souveraineté juive (en 1967), ce reste grandit de manière extraordinaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur les quinze millions de Juifs, aujourd’hui, il y a, estime-t-on, un million de Juifs qui reconnaissent Jésus comme le Messie d’Israël. Peut-être est-ce un signe des temps&nbsp;?</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Les trois dimensions du peuple de Dieu</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il me semble nécessaire de distinguer trois dimensions quand on utilise l&rsquo;expression « peuple de Dieu ». La première dimension est l&rsquo;«&nbsp;Israël selon la chair.&nbsp;» Le peuple juif aujourd&rsquo;hui, dans toute sa diversité, compte des gens très croyants, des incroyants, des gens fidèles ou infidèles, tout comme parmi les chrétiens. Il y a aussi toutes les positions possibles et imaginables concernant la politique de l&rsquo;État d&rsquo;Israël.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième dimension est ce que l&rsquo;on pourrait appeler le « reste » d&rsquo;Israël. Il s&rsquo;agit de ces Juifs qui restent juifs, pratiquant la loi de Moïse, la Cashrout ou les règles alimentaires, le shabbat, les fêtes du calendrier juif, mais qui reconnaissent Jésus comme leur Messie. Une reconnaissance, d&rsquo;ailleurs, à laquelle est appelée tout Israël&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième dimension, c&rsquo;est chacun de nous ici dans ce temple&nbsp;: les chrétiens issus des nations qui, par la grâce de Dieu sont devenus «&nbsp;peuple de Dieu&nbsp;», branches de l’olivier sauvage greffées sur l’olivier franc qu’est Israël. (Cf. Romains 11)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà ces trois dimensions du peuple de Dieu qu&rsquo;il nous faut donc garder à l&rsquo;esprit : Israël selon la chair, le reste d&rsquo;Israël croyant en Jésus et l&rsquo;Église issue des nations.&nbsp;</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Deux expériences à Jérusalem</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aimerais conclure par deux expériences marquantes vécues à Jérusalem.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première fut un congrès judéo-chrétien sur le thème : «&nbsp;<a href="https://www.hoegger.org/article/congres-jerusalem/">Marcher ensemble à Jérusalem.&nbsp;</a>» Durant une semaine, nous avons réfléchi sur le sens de Jérusalem pour les juifs et pour les chrétiens. Puis nous avons marché ensemble dans cette ville. Les juifs expliquant aux chrétiens les lieux de mémoire juive, puis les chrétiens expliquant aux juifs les lieux de mémoire chrétienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons terminé notre parcours au pied des escaliers qui descendent de l’église Saint-Pierre en Gallicante, en dessous du Mont Sion, là où Pierre a renié Jésus à trois reprises. Selon une tradition, c’est ici que Jésus aurait prié pour l’unité de toute la famille humaine : « Que tous soient un. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là que nous avons eu un premier moment de prière, très simple. Le psaume 23, « Le Seigneur est mon berger », chanté en hébreu par une juive, puis en arabe par des chrétiens palestiniens. Et nous avons renouvelé entre nous une sorte de pacte d’amitié, demandant à Dieu que rien ne puisse nous séparer les uns des autres, et nous engageant à vivre cette fraternité à laquelle nos livres saints nous appellent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis notre chemin nous a conduits dans la vieille ville de Jérusalem, à travers la porte qui ouvre vers le Mur occidental, le Kotel en hébreu. Chacun est d’abord allé y prier individuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis nous nous sommes retrouvés en cercle sur la grande place devant le mur. Et nous avons à nouveau prié, l’une tradition s’associant à la prière de l’autre. Nous avons demandé à Dieu de nous utiliser comme des instruments de paix et de réconciliation, de pratiquer la justice et de marcher humblement avec lui, en Israël et partout dans le monde. J’ai eu alors le sentiment très fort que Dieu s’était discrètement glissé parmi nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième expérience, je l’ai vécue en octobre dernier à Jérusalem, dans le cadre du mouvement <a href="https://www.communion-unite.org/article/tjcii-graces/">« Vers un second Concile de Jérusalem.</a> » Après une conférence que j’ai donnée sur le concile de Nicée et sur la manière dont il a tourné le dos au judaïsme, cinquante chrétiens issus des nations ont demandé pardon à cinquante juifs confessant Jésus comme leur Messie, ce « reste », pour ce séculaire enseignement du mépris. Ce fut un moment d’une grande intensité spirituelle.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Conclusion&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je vous la propose par la prière prononcée par François Pache, à la suite de mon message:</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Prions pour que le Seigneur nous donne de regarder constamment à Lui. Approchons-nous avec confiance du trône de la grâce&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seigneur, pardonne nos attitudes intérieures, notre dureté de cœur, notre tendance à juger, à classer et à rejeter. Tu nous appelles à un esprit nouveau, un cœur nouveau, rempli de ton amour. Nous te présentons ton peuple, Israël.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seigneur, nous te prions pour que le reste d&rsquo;Israël grandisse pour qu&rsquo;elle soit source de bénédiction pour le monde entier.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous te prions pour ton peuple, sur lequel nous sommes greffés, comme le dit l&rsquo;apôtre Paul. Nous te prions pour que le regard que nous portons sur lui soit illuminé de ton amour et de ta fidélité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous te prions pour le monde, au milieu des tensions et des violences, pour faire régner ta paix et susciter des hommes et des femmes de justice et de réconciliation. Nous confions nos malades, ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur cœur. Viens les visiter, les soutenir, les relever. Donne sagesse et compassion à ceux qui les soignent. Nous te prions pour les chrétiens persécutés, pour les couples et les familles, pour les jeunes qui cherchent à faire quelque chose pour annoncer l&rsquo;Évangile.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Seigneur, bénis-les, encourage-les. Nous te présentons nos proches, nos amis, ceux qui nous sont chers. Bénis-les, accompagne-les et fais de nos relations des lieux de vie, de vérité et de grâce. Fais de nous, Seigneur, des témoins fidèles de ton amour, des porteurs d&rsquo;espérance, là où tu nous places. Nous avons confiance en toi, car tu es le chemin, la vérité et la vie.&nbsp;»</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Questions pour un partage</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Qu’est-ce que cela change dans notre foi de reconnaître qu’Israël demeure le peuple de Dieu et que l’Alliance avec lui n’a jamais été révoquée ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Comment l’Église peut-elle aujourd’hui vivre l’Évangile avec le peuple juif autrement que dans le jugement, en entrant dans une attitude d’écoute, de respect et de fraternité ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; Dans notre vie concrète, comment sommes-nous appelés à devenir des artisans de paix et de réconciliation, là où des murs de méfiance ou de rejet se sont dressés ?</p>



<ol class="wp-block-list"></ol>
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		<title>Jésus et la Samaritaine : un chemin de dialogue</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Mar 2026 08:26:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Dialogue interreligieux]]></category>
		<category><![CDATA[Prédications]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Évangile de la rencontre de Jésus avec la femme samaritaine est l’un des grands récits de dialogue dans le Nouveau Testament. Il nous montre comment Jésus entre en relation avec une personne étrangère à son peuple et à sa tradition religieuse. Ce texte prend un relief particulier lorsque nous réfléchissons au dialogue entre croyants de [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Évangile de la rencontre de Jésus avec la femme samaritaine est l’un des grands récits de dialogue dans le Nouveau Testament. Il nous montre comment Jésus entre en relation avec une personne étrangère à son peuple et à sa tradition religieuse. Ce texte prend un relief particulier lorsque nous réfléchissons au dialogue entre croyants de différentes religions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours d&rsquo;une journée consacrée au dialogue interreligieux, j&rsquo;ai évoqué plusieurs attitudes qui rendent possible une véritable rencontre. <strong><a href="https://www.hoegger.org/article/proximite-et-dialogue/">(Lire ici ma conférence</a></strong>). On peut les résumer en trois points : faire le premier pas et ouvrir son cœur, vivre la rencontre dans la vérité, et partager ce qui nous fait vivre. Or ces trois dimensions apparaissent clairement dans la rencontre entre Jésus et la Samaritaine.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Faire le premier pas</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le dialogue commence toujours par une initiative. Dans ce récit, c’est Jésus qui fait le premier pas. Fatigué par la route, assis près du puits de Jacob, il s’adresse à une femme qui vient puiser de l’eau et lui dit simplement : « Donne-moi à boire. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette parole peut nous sembler banale. En réalité, elle franchit plusieurs barrières. Jésus est juif et la femme est samaritaine. Depuis des siècles, une hostilité profonde sépare Juifs et Samaritains pour des raisons religieuses et politiques. Les relations entre les deux peuples sont marquées par la méfiance et l’éloignement. De plus, un homme ne s’adresse pas facilement à une femme inconnue dans un lieu public.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En lui demandant à boire, Jésus transgresse ces habitudes. Il ouvre une relation là où la coutume maintenait la distance. Il manifeste ainsi que la rencontre est possible même lorsque l’histoire, la culture ou la religion semblent séparer les personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’Évangile, Jésus se montre toujours attentif à la relation. Il ne cherche pas d’abord à convaincre, mais à rencontrer. Il veut connaître cette femme et se faire connaître d’elle. Le dialogue commence par ce geste simple : oser s’adresser à l’autre.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Vivre la rencontre dans la vérité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil de la conversation, la relation s’approfondit. Jésus parle d’abord de l’eau, puis il évoque la vie personnelle de la femme. Il révèle qu’il connaît son histoire, marquée par plusieurs relations conjugales. La Samaritaine comprend alors qu’elle se trouve devant un prophète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet échange, amour et vérité vont ensemble. Jésus établit une relation de confiance, mais il ne cache pas la vérité. La vérité dont parle l’Évangile n’est pas une idée abstraite : elle se manifeste dans la rencontre avec une personne. Jésus se révèle peu à peu à la Samaritaine, jusqu’à lui dire : « Je le suis, moi qui te parle », lorsqu’elle évoque la venue du Messie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette scène nous rappelle que le dialogue n’exige pas de taire ce qui nous habite. Il ne consiste pas à mettre de côté sa foi ou ses convictions. Mais le témoignage ne peut être reçu que dans une relation d’écoute et de respect. C’est parce qu’une relation de confiance s’est créée que la Samaritaine peut accueillir ce que Jésus lui révèle.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Partir de l’expérience humaine</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre aspect frappant du récit est le point de départ de la conversation. Jésus ne commence pas par une discussion théologique. Il parle de l’eau. L’eau du puits, celle dont chacun a besoin pour vivre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de cette réalité quotidienne, il ouvre un horizon plus large : « Celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif. » L’eau devient le signe d’une autre source, celle de la vie que Dieu donne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la suite du récit, Jésus évoque aussi l’expérience des relations humaines, en particulier la vie conjugale de la femme. Il rejoint son histoire personnelle, ses blessures et ses attentes. Ainsi, la conversation se construit à partir de l’expérience concrète.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette manière de faire éclaire aussi notre manière de dialoguer. La rencontre ne commence pas par des doctrines, mais par ce qui est partagé par tous : la vie quotidienne, les besoins essentiels, les relations humaines. C’est à partir de cette expérience commune que peut s’ouvrir un échange plus profond.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Le salut pour Israël et pour le monde</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur du dialogue, Jésus prononce une phrase importante : « Le salut vient des Juifs. » Il rappelle ainsi que l’histoire du salut passe par le peuple d’Israël. Dieu a choisi ce peuple pour faire connaître son alliance et sa parole.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le récit ne s’arrête pas là. Les Samaritains viennent à leur tour rencontrer Jésus. Ils l’écoutent, l’accueillent chez eux, et déclarent finalement : « Nous savons que c’est vraiment lui le Sauveur du monde. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux affirmations se répondent. Jésus appartient au peuple d’Israël, et c’est à travers ce peuple que le salut est venu dans l’histoire. Mais ce salut est destiné à tous. Celui qui est la gloire d’Israël devient aussi la lumière des nations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Évangile montre ainsi un mouvement d’ouverture. Le salut commence au cœur d’un peuple, puis il s’étend progressivement à d’autres peuples. Dans les Actes des Apôtres, cette expansion sera exprimée par l’envoi des disciples : de Jérusalem vers la Samarie, puis jusqu’aux extrémités de la terre.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Un modèle pour le dialogue</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre de Jésus avec la Samaritaine demeure un modèle pour toute démarche de dialogue. Jésus commence par faire le premier pas et ouvrir une relation. Il vit la rencontre dans la vérité, sans opposer l’amitié et le témoignage. Il part de l’expérience humaine avant d’aborder les questions religieuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers cette rencontre, une femme se met en chemin, puis toute une ville découvre la présence du Sauveur. Le dialogue devient ainsi un lieu où la foi peut être partagée et reçue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce récit nous invite à entrer dans la même attitude. Oser la rencontre, accueillir l’autre dans sa différence, et témoigner simplement de ce qui nous fait vivre. Car c’est souvent dans une conversation simple, commencée au bord d’un puits, que peut jaillir la source qui conduit à la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Image : Jésus et la Samaritaine, du peintre chinois He Qi </strong></em></p>
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		<title>Vivre de la Parole au désert</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/vivre-de-la-parole-au-desert/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Feb 2026 12:47:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prédications]]></category>
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Nous ne vivrons pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu, » dit Jésus, citant une parole de l&#8217;Ancien Testament, dans l’évangile de Matthieu (chap. 4.) Quelle grâce de pouvoir entrer dans ce temps de carême en partageant avec vous, chères Sœurs de Saint-Maurice, ici à la [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph">« Nous ne vivrons pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu, » dit Jésus, citant une parole de l&rsquo;Ancien Testament, dans l’évangile de Matthieu (chap. 4.)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelle grâce de pouvoir entrer dans ce temps de carême en partageant avec vous, chères Sœurs de Saint-Maurice, ici à la Pelouse sur Bex, ce moment de retraite et de&nbsp;<em>Lectio Divina</em>. Grâce aussi pour celles et ceux qui s’unissent à cette démarche d’écoute. La lecture est dite «&nbsp;divine&nbsp;» par son objet, car elle nous met en présence de la Parole de Dieu. Elle est divine également par son effet, parce qu’elle transforme celles et ceux qui l’accueillent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’apôtre Paul, avec Sylvain et Timothée, rend grâce pour cette force de transformation à l’œuvre chez les Thessaloniciens. Cette communauté, composée de Juifs et de Grecs, est devenue peuple de Dieu en accueillant la Parole. Ce que Dieu a fait pour eux, il veut l’accomplir encore aujourd’hui pour nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début de ce carême, nous nous mettons à l’écoute. Ici, à la Pelouse, le pain ne manque pas, et il est bon. Mais il y a aussi le jeûne, parfois exigeant, qui ouvre un espace intérieur. Vous allez bientôt vivre une semaine de jeûne&nbsp;; cela demande du courage. Le jeûne nous apprend que le pain ne suffit pas. Il faut que la Parole devienne nourriture. Car notre vocation est de vivre de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La vocation d’Israël et notre appel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">« Nous ne vivrons pas seulement de pain. » Cette parole, tirée du livre du Deutéronome, rappelle la vocation d’Israël au désert. Une vocation irrévocable. Comme le dit Paul, les dons et l’appel de Dieu sont sans retour (Rom 11). Jusqu’à aujourd’hui, Israël est appelé à vivre la Parole, à pratiquer la justice, à aimer la miséricorde et à marcher humblement avec Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vocation, à travers Jésus Christ, s’est élargie aux nations, aux Thessaloniciens d’hier et à nous aujourd’hui. Elle tient en un mot : écouter. « Shema Israël. » « Écoute. Le Seigneur est ton Dieu, le Seigneur est un. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force… et ton prochain comme toi-même. » (Deut 6).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus a vécu cette écoute de tout son être, de sa naissance jusqu’à la croix. Et son ministère s’ouvre par le récit des tentations. Au désert, il est conduit pour apprendre, dans l’épreuve, à faire de la Parole son pain.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Les tentations : trois relations à purifier</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Après quarante jours et quarante nuits, Jésus eut faim. Le tentateur s’approche : « Si tu es le Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Jésus répond par l’Écriture : « L’homme ne vivra pas de pain seulement, mais de toute Parole qui sort de la bouche de Dieu »</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première tentation touche à la relation à soi-même. La faim est réelle. Le besoin est légitime. Mais il s’agit de savoir de quoi nous voulons vivre. Le jeûne met en lumière nos dépendances. Il révèle ce qui nous gouverne. Jésus refuse de faire de la satisfaction immédiate le centre de son existence. Il choisit de recevoir sa vie du Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième tentation concerne la relation à Dieu. Au sommet du Temple, le tentateur cite lui aussi l’Écriture : « Jette-toi en bas. Dieu enverra ses anges. » Jésus répond : « Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu. » La confiance n’est pas une mise à l’épreuve. Elle n’exige pas de signes spectaculaires. Elle s’enracine dans l’abandon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième tentation touche à la relation aux autres. Du haut d’une montagne, le tentateur montre tous les royaumes du monde et leur gloire : « Tout cela sera à toi si tu te prosternes devant moi. » C’est la tentation du pouvoir et de la domination. Les richesses et les possessions peuvent devenir des moyens d’asservir. Jésus refuse d’adorer un autre que Dieu. Il choisit la voie du service.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ces trois épreuves, ce sont les trois grandes relations de notre vie qui sont en jeu : relation à soi-même, relation à Dieu, relation aux autres. Le tentateur cherche à les désordonner. Jésus, en s’appuyant sur la Parole, les rétablit dans leur vérité.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Les piliers d’une vie ajustée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces trois dimensions se retrouvent dans l’enseignement de Jésus, notamment dans le sermon sur la montagne : le jeûne, l’aumône et la prière. Le jeûne concerne notre rapport à nous-mêmes. L’aumône, ou le partage, exprime notre rapport aux autres. La prière fonde notre relation à Dieu. (Matt. 6).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’apôtre Paul, dans la lettre à Tite, parle aussi de sobriété, de justice et de piété. Sobriété dans la manière de vivre et de désirer. Justice dans les relations humaines. Piété comme orientation du cœur vers Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le carême nous offre un temps pour laisser ces trois dimensions s’harmoniser. Le jeûne ne se limite pas à l’abstention de nourriture. Il peut prendre des formes variées. Il s’agit toujours de créer un espace pour que la Parole trouve en nous un terrain disponible.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Un temps d&rsquo;écoute renouvelée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au désert, Jésus montre ce que signifie vivre en fils. Il ne s’appuie pas sur la puissance, ni sur le prestige, ni sur la satisfaction immédiate. Il s’appuie sur la Parole. Il en fait sa nourriture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que ce temps de carême, ici à la Pelouse et là où chacune retournera, soit un temps d’écoute renouvelée. Que la Parole ne reste pas un texte lu ou un discours entendu, mais qu’elle devienne une force qui oriente nos pensées, éclaire nos choix et façonne nos relations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prenons chaque jour un moment pour la méditer, la prier et la mettre en pratique. Alors nous comprendrons, par expérience, que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Photo:</em></strong> <em><strong>Monastère de la tentation, Jéricho</strong></em></p>



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		<title>« Rien n’est impossible à toute Parole de Dieu »</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/rien-nest-impossible/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Dec 2025 21:11:25 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prédications]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;Annonciation, vitrail dans l&#8217;Eglise de Taizé Voir la vidéo à partir de la minute 39. Il arrive que certaines paroles bibliques nous soient si familières qu’elles glissent sur nous sans plus nous atteindre. Et pourtant l’Évangile contient des paroles avec une puissance créatrice, capables de nous transformer. La parole que l’ange adresse à Marie en [&#8230;]</p>
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<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>L&rsquo;Annonciation, vitrail dans l&rsquo;Eglise de Taizé</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong><em><a href="https://www.youtube.com/live/t50oZk90xKI?si=i9sWRFk7LMK8nLk8">Voir la vidéo à partir de la minute 39.</a></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il arrive que certaines paroles bibliques nous soient si familières qu’elles glissent sur nous sans plus nous atteindre. Et pourtant l’Évangile contient des paroles avec une puissance créatrice, capables de nous transformer. La parole que l’ange adresse à Marie en fait partie :</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>« Rien n’est impossible à toute Parole de Dieu » </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, l’ange dit littéralement à Marie :<br>« Rien n’est impossible à toute Parole de Dieu. » (Luc 1.37)<br>Il est dommage que les traductions escamotent le mot décisif :&nbsp;<em>Parole</em>&nbsp;(<em>rhèma</em>, en grec).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette parole fait écho au récit de la Genèse lorsque Dieu demande à Abraham :<br>« Y a-t-il quelque chose de trop difficile pour le Seigneur ? » (18.14) Ici le mot traduit par «&nbsp;chose&nbsp;» est&nbsp;<em>Dabar,</em>&nbsp;«&nbsp;parole&nbsp;» en hébreu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit d’une promesse de vie adressée à Sara, alors qu’elle doutait de pouvoir enfanter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ange reprend cette même logique à propos d’Élisabeth, stérile et pourtant enceinte. Mais avec Marie, nous entrons dans une profondeur nouvelle. Il y a chez Marie une réalité plus grande que chez Sarah et Abraham, Moïse et Myriam, Zacharie et Elisabeth, plus grande que tous les prophètes réunis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marie est à la fois unique et notre sœur. Unique car elle a donné sa chair au Fils éternel de Dieu. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;icône de la vierge à l&rsquo;enfant rappelle toujours ce mystère de l&rsquo;incarnation. Le plus grand des miracles avec celui de la Résurrection du Christ&#8230;.Et les deux « mystères » fondamentaux de la foi chrétienne. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;Eglise orthodoxe l&rsquo;a bien mieux compris que toutes les autres: les deux icônes fondamentales sont celle de Marie avec Jésus et de Jésus ressuscité qui tient la Bible dans sa main.  </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces deux icônes côte à côte nous disent aussi que l&rsquo;on ne peut séparer Noël de Pâques. C&rsquo;est parce que le Christ est ressuscité que nous fêtons Noël. La fête de Noël sans celle de Pâques serait vaine, comme le  serait notre foi: « si Christ n&rsquo;est pas ressuscité, notre prédication est vide, et vide aussi votre foi » (1 Co 15.14).</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="684" src="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2025/12/IMG_0126-1024x684.jpeg" alt="" class="wp-image-8846" srcset="https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2025/12/IMG_0126-1024x684.jpeg 1024w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2025/12/IMG_0126-300x201.jpeg 300w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2025/12/IMG_0126-768x513.jpeg 768w, https://www.hoegger.org/wp-content/uploads/2025/12/IMG_0126.jpeg 1496w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption">         <em>Les deux icônes fondamentales dans toute église orthodoxe</em></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Mais Marie est aussi notre sœur : son expérience avec la Parole de Dieu peut devenir la nôtre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marie est une femme habitée par la Parole de Dieu. L’Écriture nous la montre en train de la garder dans son cœur et de la méditer sans cesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’a-t-elle fait durant les trente ans de vie cachée à Nazareth&nbsp;? Les textes des évangiles sont discrets sur cette réalité profonde.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle a vécu sans cesse avec Jésus qui est la Parole incarnée. Y a-t-il eu ici-bas un lieu où la Parole ait été aussi présente&nbsp;? Tout ce que Jésus disait était Parole de Dieu. Et cette Parole était aussi vie et lumière&nbsp;: elle transparaissait dans chacune de ses actions, chaque sentiment et attitude.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’habit de Marie est la Parole de Dieu. Elle s’en revêt constamment. Nous aussi, c&rsquo;est notre vocation: nous revêtir de la Parole et en vivre. J&rsquo;aime ces habits de chorales que j&rsquo;ai vus en Côte d’Ivoire : des versets bibliques y sont imprimés. Une jolie manière de nous appeler à vivre la Parole! </p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une Parole qui agit, même quand tout semble fermé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans l’Écriture, la Parole de Dieu se manifeste précisément là où toute issue semble bloquée. Elle s’adresse à des situations de stérilité, d’impuissance, de mort apparente. Sara est stérile, Élisabeth est stérile, Marie ne connaît pas d’homme. À chaque fois, la Parole intervient non pas pour nier la réalité, mais pour y ouvrir un avenir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela révèle quelque chose de fondamental :<br>la Parole de Dieu n’attend pas des conditions favorables pour agir.<br>Elle agit au cœur même de ce qui paraît impossible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Parole de Dieu n’est pas stérile. Le prophète Ésaïe l’affirme avec force: « Comme la pluie et la neige descendent des cieux et n’y retournent pas sans avoir fécondé la terre… ainsi en est-il de ma Parole » (Es 55.10-11).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sara, Élisabeth et Marie en sont des témoins vivants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Parole agit en profondeur, comme l’écrit l’auteur de la lettre aux Hébreux : « La Parole de Dieu est vivante et efficace… elle juge les sentiments et les pensées du cœur » (He 4.12).</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi Ésaïe peut comparer la Parole à la pluie et à la neige. Elle tombe sur une terre parfois dure, parfois sèche, parfois hostile. Mais elle finit par féconder. La Parole agit souvent de manière silencieuse, progressive, cachée, mais elle ne revient jamais à Dieu sans fruit.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une Parole vivante, qui entre en dialogue avec l’homme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La force de la Parole ne s’exerce pas de manière mécanique. Dieu ne nous contraint pas. Il nous appelle. La Parole est puissante, mais elle respecte la liberté et cherche une réponse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, Marie est « comblée de grâce » (Luc 1.28). Dieu a pris l&rsquo;initiative dans sa vie, dès avant sa naissance. Il en va de même pour nous: Dieu prend toujours l&rsquo;initiative: il nous a aimés avant notre naissance, mis au monde, élevés, accompagnés, appelés, faits chrétiens, justifiés. Et il continue chaque jour à frapper à notre porte : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu&rsquo;un entend ma voix et ouvre la porte, j&rsquo;entrerai chez lui et je prendrai la cène avec lui &nbsp;et lui avec moi » (Ap 3.20).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est important de nous le remettre en mémoire constamment, chaque jour. Les paroles de l&rsquo;ange à Marie nous le rappelle: « Réjouis-toi Marie, comblée de grâce. Le Seigneur est avec toi » (Luc 1.28). </p>



<p class="wp-block-paragraph">Et ce qu&rsquo;il dit à Marie, il le dit aussi à chacun d&rsquo;entre nous: « Tu es aimé, le Seigneur te regarde et te fait grâce. Il est avec toi ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le prière de l&rsquo;Ave Maria le dit de manière touchante. Je l&rsquo;ai découverte grâce une amie catholique &#8211; Marie Bosco Berclaz &#8211; avec qui j&rsquo;ai écrit un livre sur cette prière: « <a href="https://www.hoegger.org/article/les-perles-du-coeur-le-rosaire/">Les Perles du Coeur. Le Rosaire autrement pour catholiques et protestants »</a>. Et, pour que les protestants puissent la dire ensemble avec les catholiques, nous avons changé la deuxième partie : </p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Réjouis-toi, Marie,</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Comblée de grâce,</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Le Seigneur est avec toi.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Tu es bénie entre toutes les femmes</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Et Jésus, ton enfant, est béni.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Saint-Esprit,</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Amour de Dieu,</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Visite-nous et sanctifie-nous,</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Maintenant et à l’heure de notre mort ! Amen.<a href="applewebdata://4F7BA06E-10A8-4C11-AE3E-A948883FA330#_ftn1"><sup>[1]</sup></a></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">Chez Marie, cette réponse est exemplaire. Elle écoute et s’interroge. Elle dialogue et ne comprend pas tout, mais elle consent. Et c’est dans ce consentement que la Parole devient chair.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela nous apprend que&nbsp;l’efficacité de la Parole n’est pas magique. Elle est relationnelle. Elle devient pleinement agissante lorsqu’elle est accueillie et crue, méditée et vécue. Marie n’ajoute rien à la puissance de Dieu, mais elle lui offre un espace. Elle devient le lieu où la Parole peut accomplir ce qu’elle annonce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Marie ne subit pas la grâce : elle y collabore. Comme l’a dit Frank Buchman : « Quand l&rsquo;homme écoute, Dieu parle&nbsp;; quand l&rsquo;homme obéit, Dieu agit<sup><a href="applewebdata://C5A896C6-5B8F-431B-ABDD-85FE17942CAC#_ftn1">[2]</a></sup>. »</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pourquoi Marie devient le modèle de tout croyant. Elle nous montre que la foi n’est pas une passivité, mais une disponibilité active à l’œuvre de Dieu. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous aussi, comme Marie, nous avons à dire « oui », à collaborer, à dire à Dieu : « je suis la servante &#8211; le serviteur &#8211; du Seigneur ». Je veux vivre ta Parole, jour après jour, instant après instant. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, « rien n’est impossible à la Parole de Dieu » ne signifie pas que tout se réalisera immédiatement, mais que&nbsp;toute Parole accueillie ouvre un processus de transformation, dans la mesure où nous aussi, comme Marie, devenons serviteurs. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, c’est dans la mesure où nous vivons dans un humble esprit de service que la Parole devient vivante et efficace en nous.&nbsp;</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Ma découverte que « rien n’est impossible à la Parole de Dieu</strong>« </p>



<p class="wp-block-paragraph">Permettez-moi d’évoquer brièvement une expérience personnelle. J’en parle dans un livre sur «&nbsp;La Parole qui transforme et unit&nbsp;» qui sera publié en janvier prochain.&nbsp;<br>À l’automne 1975, je cherchais désespérément un sens à ma vie. Après une année d’études de théologie vécue dans la révolte, je pensais avoir perdu la foi. J’étais passé de l’agnosticisme à un athéisme revendiqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, Dieu ne m’avait pas abandonné. Lors d’une retraite spirituelle à Aix-en-Provence, une parole de l’Évangile a transpercé mon cœur. Elle révélait une zone obscure de ma vie. Le soir, seul dans ma chambre, je me suis mis à genoux. Un seul mot est sorti de ma bouche : « Pardon ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le lendemain, dans le train du retour, j’ai fait une expérience bouleversante de l’amour de Dieu. Un feu s’est allumé en moi. En ouvrant ma Bible, je suis tombé sur cette parole :<br>« Dieu est amour ; celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui » (1 Jn 4.16).</p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de ce jour, la Parole est devenue vivante. Ce que je lisais ne restait plus extérieur : cela brûlait mon cœur, transformait mes relations, éveillait en moi une joie profonde. La création elle-même semblait chanter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le cœur de Marie chantait, toute la nature chantait aussi autour d&rsquo;elle quand elle se rendait en hâte chez sa cousine Elisabeth, comme le dit le prophète&nbsp;: «&nbsp;Que le désert et la terre aride manifestent leur joie ! Que le pays sec pousse des cris de joie et se couvre de fleurs&nbsp;aussi belles que les lys ! Oui, qu&rsquo;il se couvre de fleurs, et qu&rsquo;il pousse des grands cris de joie ! » (Esaïe 35.1-2)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon cœur chantait aussi après mon expérience vécue au retour d’Aix en Provence. Il me semblait que la nature qui m’entourait poussait des cris de joie&nbsp;; Le Seigneur avait changé ma relation avec la nature et les personnes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La première démarche que j&rsquo;ai entrepris après avoir été visité ainsi par le ciel a été de redire ce petit mot de six lettres aux personnes que j&rsquo;avais blessées: « Pardon ». Cette expérience est devenue l&rsquo;axe spirituel de ma vie: j&rsquo;ai compris aussi qu&rsquo;il ne faut jamais dissocier la dimension verticale de la dimension horizontale de la réconciliation. </p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Comment vivre aujourd’hui cette Parole ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous connaissons tous des situations où nous faisons l’expérience de notre impuissance : relations brisées, dépendances, conflits, maladies, découragements. C’est précisément là que Jésus nous rappelle : « Rien n’est impossible à la Parole de Dieu. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette parole ne nie pas notre fragilité. Elle l’éclaire. Elle nous apprend que la toute-puissance de Dieu se manifeste souvent à travers nos pauvres forces, lorsque nous consentons à faire sa volonté et à aimer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le lieu privilégié pour vivre cette parole est la prière. Jésus nous invite à demander avec foi, seuls ou ensemble, dans l’unité de l’amour. Et même lorsque ce que nous demandons ne se réalise pas comme nous l’avions espéré, nous découvrons une paix plus profonde : celle de nous savoir entre les mains d’un Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Parole de Dieu cherche aujourd’hui encore un cœur où demeurer. Elle n’est pas d’abord à expliquer et à comprendre, mais à accueillir. Comme Marie, osons dire « oui ». Alors, même dans la nuit, une vie nouvelle peut naître.</p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Prière</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus, Emmanuel,<br>tu es avec nous aujourd’hui.<br>Tu connais nos résistances, nos peurs, nos fatigues.<br>Apprends-nous à ouvrir notre cœur à ta Parole vivante.<br>Que ce temps soit pour nous un temps de conversion,<br>un temps où nous reconnaissons combien nous avons besoin de toi.<br>Dans le silence, nous déposons devant toi tout ce qui a été fait sans toi<br>et qui ne porte pas de fruit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Père, en Jésus notre frère et notre Dieu, nous nous tournons vers toi avec un cœur sincère,<br>Ta promesse demeure vraie.<br>Par l’Esprit Saint, tu pardonnes nos fautes<br>et tu fais naître dès aujourd’hui ton Royaume dans nos cœurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://4F7BA06E-10A8-4C11-AE3E-A948883FA330#_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>&nbsp;&nbsp;Marie Bosco Berclaz &amp; Martin Hoegger, <em>Les Perles du cœur. Le Rosaire autrement pour catholiques et protestants</em>. S. Maurice, S. Augustin, 2017, p. 65.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://C5A896C6-5B8F-431B-ABDD-85FE17942CAC#_ftnref1"><sup>[2]</sup></a>&nbsp;Cf. Shafique Keshavjee,&nbsp;<em>Dieu à l&rsquo;usage de mes fils,</em> Paris, Le Seuil,&nbsp;2010, p. 210.</p>
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		<title>Encountering the risen Christ today</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/encountering-christ/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Dec 2025 16:53:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prédications]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>‘What is more important,’ asked Big Panda, ‘the journey or the destination?’ ‘The company,’ replied Tiny Dragon. This is the message I delivered on 24 November 2025 to the staff of the Protestant hospital in Taxila, northern Pakistan, as part of my visits for&#160;the JC2033 initiative.&#160;In it, I encouraged caregivers to recognise and encounter the [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>‘What is more important,’ asked Big Panda, ‘the journey or the destination?’ ‘The company,’ replied Tiny Dragon</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em> </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>This is the message I delivered on 24 November 2025 to the staff of the Protestant hospital in Taxila, northern Pakistan, as part of my visits for&nbsp;</strong><a href="https://www.jc2033.world/fr/"><strong>the JC2033 initiative.</strong></a><strong>&nbsp;In it, I encouraged caregivers to recognise and encounter the presence of the risen Christ in the sick people they accompany every day.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">The year 2033 will mark the 2000th anniversary of the resurrection of Jesus Christ. For more than fifteen years, we have been travelling the world inviting Christians to prepare together for this anniversary. We have visited more than 70 countries, where ambassadors are raising awareness among churches about the importance of this date.</p>



<p class="wp-block-paragraph">In Pakistan, too, we meet with all Christian communities—Presbyterian, Catholic, Anglican, Pentecostal, Salvation Army, and many others—because Jesus died and rose again for all humanity, not just for one particular Church.</p>



<p class="wp-block-paragraph">This approach emphasises the importance of Christian unity, as we are called to bear witness to the good news together.</p>



<p class="wp-block-paragraph">After nine years in this movement, I have learned to feel more deeply the presence of the risen Christ among us. This is perhaps the greatest grace I have received after all these years.</p>



<p class="wp-block-paragraph">The resurrection of Jesus is not just an event of the past. It opens up a presence, a relationship, a today. Because he is alive, the risen Christ allows himself to be encountered, and this encounter transforms our lives. It is not reserved for a spiritual elite; it is accessible to every believer who opens their heart.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>In his Word: the living voice of the Risen One</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">When we read the Gospel, we are not just reading memories or ancient stories. Because Jesus is alive, his Word is alive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">So, in the pages of the Gospel, he still speaks, as he spoke to the women and men of Galilee.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Every time we open Scripture, he comes to meet us: he calls and comforts, enlightens and corrects.</p>



<p class="wp-block-paragraph">This is one of the most beautiful realities of faith: the Bible is not just a book, it is a place of encounter. The risen Christ draws near in the very words he inspired.  </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>In the gathering of believers: a promised</strong> <strong>presence</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jesus promised: ‘Where two or three are gathered in my name, I am there among them’ (Mt 18:21).</p>



<p class="wp-block-paragraph">When we pray together and worship, but also when we welcome one another in justice and truth, he is truly in our midst—not as a memory or an idea, but as a person who transforms and unites us.</p>



<p class="wp-block-paragraph">This presence sets our hearts on fire, as it did for the two pilgrims on the road to Emmaus. It makes the Church not just a human organisation, but the living people of the Risen One, a people gathered together by him.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>In our service and mission: a presence that sends</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">The risen Christ does not merely encourage us; he sends us forth.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Where we serve, where we give ourselves to others, we become collaborators in his mission.</p>



<p class="wp-block-paragraph">When we care for and support others, we pass on something of his light and strength. And often it is in serving that we encounter him most deeply.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>In every human being: the face of Christ in the least</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Finally, Jesus waits for us in every person, especially in the most vulnerable. Those of you who work in a hospital know this passage from Matthew 25:</p>



<p class="wp-block-paragraph">« I was sick and you visited me&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">I was a stranger and you welcomed me&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">I was hungry and you gave me food&#8230; »</p>



<p class="wp-block-paragraph">This text is not simply a moral exhortation. It is a revelation: Christ waits for us in people in need.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Wherever there is someone who is sick or poor, abandoned or desperate, the Risen One knocks at our door. When we approach them, it is him we touch.</p>



<p class="wp-block-paragraph">I can testify to this: every time I visit someone who is sick, frail or sad, I leave with more life and joy than I had when I arrived.</p>



<p class="wp-block-paragraph">This joy does not come from me; it comes from encountering Christ living in that person. I am sure that you experience this in a much deeper way than I do!</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Who are the ‘little ones’?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">In the same passage, Jesus says: ‘Whatever you did for one of the least of these brothers and sisters of mine, you did for me’ (Matthew 25:40). Who were his first ‘little brothers’? The inhabitants of Galilee and Judea, the men, women and children of his people: the Jewish people.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jesus was born Jewish, lived as a Jew, and died as a Jew. It was among this people that he taught, healed and forgave. That is why all anti-Semitism is a contradiction, both ethical—because it betrays love of neighbour—and theological—because it attacks the people among whom Jesus lived and to whom he remains united.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Respecting the Jewish people means honouring an essential dimension of our faith.</p>



<p class="wp-block-paragraph">It is to recognise that our Saviour showed solidarity with a specific people before opening his salvation to all humanity. In this parable, Jesus has all humanity before him (Matthew 25:32). But his Gospel is ‘the power of God for the Jew first, and also for the Greek’ (Romans 1:16).</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>A personal word</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Before concluding, I would like to offer you a special word of encouragement. You are doing a magnificent service, a service that touches the heart of the Gospel. In this place where so much suffering occurs, where so much fragility is evident, you are witnesses to God&rsquo;s compassion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">I want to thank you for all that you do: for the patience you offer and the humanity you show every day.</p>



<p class="wp-block-paragraph">I know a little about your reality, because for sixteen years I was pastor of a community of deaconesses (Protestant sisters) in Switzerland. They founded a hospital nearly 180 years ago. Most of these women were nurses. They impressed me with their capacity to give and with the inner light that drove them to serve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">I discovered that the hospital is a holy place, not because it is perfect or peaceful, but because the risen Christ is present there in the faces of those you serve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">And he is also present in you: in your hands and in your presence with the patients. So thank you for allowing something of God&rsquo;s love to shine through in your daily actions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Thank you for upholding the dignity of every human being, even when all seems lost.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Thank you for continuing, even when fatigue weighs heavily on you, even when resources are lacking. Your mission is precious, and it has eternal value. May the risen Lord bless you abundantly and may his light guide you!</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Rencontrer le Christ ressuscité aujourd’hui</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/rencontrer-le-christ/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Dec 2025 13:47:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prédications]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« Qu&#8217;est-ce qui est le plus important, demanda Big Panda, le voyage ou la destination ? » « La compagnie », répondit Tiny Dragon. Voici le message que j’ai adressé, le 24 novembre 2025, au personnel de l’hôpital protestant de Taxila, au nord du Pakistan, dans le cadre de mes visites pour l’initiative JC2033. J’y encourageais [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://www.hoegger.org/article/rencontrer-le-christ/">Rencontrer le Christ ressuscité aujourd’hui</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.hoegger.org">Martin Hoegger</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>« Qu&rsquo;est-ce qui est le plus important, demanda Big Panda, le voyage ou la destination ? » « La compagnie », répondit Tiny Dragon</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Voici le message que j’ai adressé, le 24 novembre 2025, au personnel de l’hôpital protestant de Taxila, au nord du Pakistan, dans le cadre de mes visites pour <a href="https://www.jc2033.world/fr/">l’initiative JC2033.</a> J’y encourageais les soignants à reconnaître et à rencontrer la présence du Christ ressuscité dans les malades qu’ils accompagnent chaque jour.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’année 2033 marquera les&nbsp;2000 ans de la résurrection de Jésus-Christ<strong>.</strong> Depuis plus de quinze ans, nous parcourons le monde pour inviter les chrétiens à se préparer ensemble à cet anniversaire. Nous avons visité plus de 70 pays, où des ambassadeurs sensibilisent les Églises à l’importance de cette date.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Pakistan aussi, nous rencontrons toutes les communautés chrétiennes — presbytérienne, catholique, anglicane, pentecôtiste, Armée du salut, et bien d’autres — car Jésus est mort et ressuscité&nbsp;pour toute l’humanité, pas seulement pour une Église en particulier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette démarche souligne l’importance de&nbsp;l’unité des chrétiens, appelés à témoigner ensemble de la bonne nouvelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après neuf ans dans ce mouvement, j’ai appris à sentir plus profondément la présence du Christ ressuscité parmi nous. C’est peut-être la plus grande grâce que j’ai reçue après toutes ces années.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La résurrection de Jésus n’est pas seulement un événement du passé. Elle ouvre une présence, une relation, un aujourd’hui. Parce qu’il est vivant,&nbsp;le Christ ressuscité se laisse rencontrer, et cette rencontre transforme notre vie. Elle n’est pas réservée à une élite spirituelle ; elle est accessible à tout croyant qui ouvre son cœur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Dans sa Parole : la voix vivante du Ressuscité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque nous lisons l’Évangile, nous ne lisons pas seulement des souvenirs ou des récits anciens. Parce que Jésus est vivant,&nbsp;sa Parole est vivante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, dans les pages de l’Évangile, il parle encore, comme il parlait aux femmes et aux hommes de Galilée.<br>Chaque fois que nous ouvrons l’Écriture, il vient à notre rencontre : il appelle et console, éclaire et corrige.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une des réalités les plus belles de la foi : la Bible n’est pas seulement un livre, c’est un lieu de rencontre. Le Christ ressuscité se fait proche dans les mots mêmes qu’il a inspirés. A ce sujet, je viens de publier un livre où je partage mon expérience avec la Bible<a href="applewebdata://EE11D623-6EBB-4C13-8AE3-2C89887BD7AE#_ftn1"><sup>[1]</sup></a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Dans le rassemblement des croyants : une présence promise</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus l’a promis : « Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. » (Mt 18.21)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand nous prions ensemble et célébrons le culte, mais aussi quand nous nous accueillons les uns les autres dans la justice et la vérité, il est réellement au milieu de nous&nbsp;— non pas comme un souvenir ou une idée, mais comme une personne qui nous transforme et nous unit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette présence enflamme notre cœur, comme pour les deux pèlerins d’Emmaüs. Elle fait de l’Église non pas une simple organisation humaine, mais&nbsp;le peuple vivant du Ressuscité, un peuple rassemblé par lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Dans notre service et notre mission : une présence qui envoie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Christ ressuscité ne se contente pas de nous encourager ; il nous&nbsp;envoie.<br>Là où nous servons, là où nous nous donnons aux autres, nous devenons collaborateurs de sa mission.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand nous soignons et soutenons, nous faisons passer quelque chose de sa lumière et de sa force. Et souvent, c’est en servant que nous le rencontrons le plus profondément.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Dans chaque être humain : le visage du Christ dans le plus petit</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, Jésus nous attend&nbsp;dans chaque personne, de manière particulière dans les plus vulnérables. Vous qui travaillez dans un hôpital, vous connaissez ce passage de Matthieu 25 :</p>



<p class="wp-block-paragraph">« J’étais malade et vous m’avez visité…<br>J’étais étranger et vous m’avez accueilli…<br>J’avais faim et vous m’avez donné à manger… »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce texte n’est pas une simple exhortation morale. Il est une révélation : le Christ nous attend dans les personnes dans le besoin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Là où il y a un malade ou un pauvre, un abandonné ou un désespéré, le Ressuscité frappe à notre porte. Quand nous nous approchons d’eux, c’est lui que nous touchons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je peux en témoigner : chaque fois que je visite une personne malade, fragile ou triste, je repars avec plus de vie et de joie que j’en avais en arrivant.<br>Cette joie ne vient pas de moi ; elle vient de la rencontre avec&nbsp;le Christ vivant dans cette personne. Je suis sûr que vous en faites l’expérience, de manière bien plus profonde que moi&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Qui sont les «&nbsp;petits ?&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce même passage, Jésus dit : « Tout ce que vous avez fait au plus petit de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25.40) Qui étaient ses premiers « petits frères » ? Les habitants de Galilée et de Judée, les hommes, les femmes et les enfants de son peuple :&nbsp;le peuple juif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Jésus est né juif, a vécu en juif, est mort en juif. C’est parmi ce peuple qu’il a enseigné, guéri, pardonné. C’est pourquoi&nbsp;tout antisémitisme est une contradiction, à la fois éthique — car il trahit l’amour du prochain — et théologique — car il s’attaque au peuple où Jésus a vécu et auquel il reste uni.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Respecter le peuple juif, c’est honorer une dimension essentielle de notre foi.<br>C’est reconnaître que notre Sauveur s’est fait solidaire d’un peuple concret avant d’ouvrir son salut à toute l’humanité. Dans cette parabole Jésus a en effet devant lui toute l’humanité (Mt 25.32). Mais son Évangile est « puissance de Dieu pour le juif d’abord, puis pour le grec » (Rm 1.16).</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une parole personnelle&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je voudrais, avant de terminer, vous adresser une parole toute particulière d’encouragement. Vous accomplissez un service magnifique, un service qui touche le cœur de l’Évangile. Dans ce lieu où tant de souffrances passent, tant de fragilités se manifestent, vous êtes des témoins de la compassion de Dieu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je veux vous remercier pour tout ce que vous faites&nbsp;: pour la patience que vous offrez et l’humanité que vous manifestez chaque jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je connais un peu votre réalité, car pendant seize ans j’ai été pasteur d’une communauté de diaconnesses (des sœurs protestantes) en Suisse. Elles ont fondé un hôpital il y a près de 180 ans. La plupart de ces femmes étaient des infirmières. Elles m’ont marqué par leur capacité à donner et par cette lumière intérieure qui les poussait à servir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai découvert que l’hôpital est un lieu saint, non pas parce qu’il est parfait ou paisible, mais parce que&nbsp;le Christ ressuscité y est présent dans les visages de celles et ceux que vous servez.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et il est présent aussi en vous : dans vos mains et dans votre présence auprès des patients. Alors merci de laisser passer quelque chose de l’amour de Dieu dans vos gestes quotidiens.<br>Merci de porter la dignité de chaque être humain, même quand tout semble perdu.<br>Merci de continuer, même quand la fatigue vous pèse, même quand les ressources manquent. Votre mission est précieuse, et elle a une valeur éternelle.Que le Seigneur ressuscité vous bénisse abondamment et que sa lumière vous guide&nbsp;!</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="applewebdata://EE11D623-6EBB-4C13-8AE3-2C89887BD7AE#_ftnref1"><sup>[1]</sup></a>&nbsp;Martin Hoegger,&nbsp;<em>La Parole qui transforme et unit. Parcours au rythme de la Lectio divina et la Parole de Vie.&nbsp;</em>Le Mont sur Lausanne, UNIchtus, 2026</p>
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		<title>La famille, joyau de Dieu dans le monde</title>
		<link>https://www.hoegger.org/article/la-famille-joyau-de-dieu/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Martin Hoegger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Oct 2025 11:38:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Prédications]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Qu’est-ce que la famille&#160;? Les sciences humaines et sociales en donnent les définitions les plus diverses. Selon l’Écriture, il nous suffit de dire qu’elle est le modèle de tous les autres projets de Dieu. Dieu fait exister l’humain en famille dès le commencement. En prenant notre chair, il a lui-même vécu dans une famille. Et [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><br></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’est-ce que la famille&nbsp;? Les sciences humaines et sociales en donnent les définitions les plus diverses. Selon l’Écriture, il nous suffit de dire qu’elle est le modèle de tous les autres projets de Dieu. Dieu fait exister l’humain en famille dès le commencement. En prenant notre chair, il a lui-même vécu dans une famille. Et lorsque Jésus inaugure sa mission à Cana, c’est au cœur d’une fête de noces, symbole d’une nouvelle famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En elle se reflètent la beauté de la création, l’ombre de la rupture originelle et la lumière de la rédemption en Jésus-Christ. Trois textes guideront les trois moments de cette prédication.</p>



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<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>La beauté de la famille</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il les créa à l’image de Dieu, homme et femme il les créa » (Genèse 1.26-29)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">En faisant surgir l’humain, Dieu a créé un homme et une femme, appelés à la rencontre. L’être-en-relation constitue le genre humain ; il fait partie de sa nature, comme inscrit dans son ADN, pourrait-on dire. Dieu forme également la famille, car il appelle l’homme et la femme à la fécondité et à la responsabilité envers la création.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« À l’image de Dieu » : l’homme et la femme sont appelés à refléter Dieu, dont l’être est amour. Le Nouveau Testament révélera le mystère de cet amour du Père pour le Fils, si grand qu’il se donne lui-même. Les relations dans la famille s’enracinent dans cet amour trinitaire. Le&nbsp;<em>Nous</em>&nbsp;divin est la source du&nbsp;<em>nous</em>&nbsp;familial, où chaque membre trouve son bonheur en se donnant à l’autre, à l’image du Fils s’offrant au Père.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La famille est un écrin qui abrite un trésor : le diamant des relations entre ses membres. Ces relations sont appelées à refléter ici-bas la volonté d’amour de la Trinité, « comme au ciel ». Cet amour relie tous les membres de la famille, proche ou élargie, et s’ouvre naturellement aux amis, aux voisins, aux lointains. C’est cet amour — et rien d’autre — qui constitue la famille. Dieu a taillé la famille comme un merveilleux diamant aux mille facettes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si l’éclat de ce diamant s’est terni, c’est parce que l’amour a faibli. Mais Dieu a créé la famille pour que ce diamant brille de toute sa splendeur, celle de Nazareth. Joyau de la société humaine et reflet de la vie de la Trinité, où l’amour unit les personnes, la Sainte Famille demeure le modèle de toute vraie réciprocité.</p>



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<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Les ombres de la famille</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Il y eut des ténèbres sur toute la terre, jusqu’à la neuvième heure » (Marc 15.33-41)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le contexte actuel, la beauté de la famille selon l’intention divine paraît presque inaccessible. Notre culture exalte l’individu et la satisfaction de ses besoins, plutôt que la personne en communion. On souligne davantage les différences et les antagonismes au sein de la famille que les valeurs relationnelles. Les familles se disloquent, surtout parmi les plus fragiles socialement. Des lois contraires au développement intégral et une politique familiale timorée conduisent à une baisse de natalité. Peu à peu, les consciences en viennent à croire que ce qui est légal est aussi moralement licite, avec pour conséquence un profond dérèglement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, la mondialisation accentue à la fois le modèle malsain de la consommation et la fragilisation des familles, notamment dans les pays les plus pauvres.<br>Alors, existe-t-il encore un écrin pour le diamant ? Les familles ne sont-elles pas devenues le gouffre de la douleur universelle ? Combien de souffrances, muettes ou criées ! Combien de pourquoi, de ruptures, d’abandons, de déchéances ! Existe-t-il un avenir pour la famille ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutes ces ombres, Jésus les a portées. Il a connu l’angoisse, la trahison, l’abandon des siens, jusqu’à éprouver sur la croix la déréliction la plus totale. Jésus avait perdu ses disciples, sa famille spirituelle. Sur la croix, il confie sa mère à Jean : il ne lui restait plus rien, sinon son union avec Dieu. Mais avant de mourir, il fait l’expérience de l’abandon. Il vit la division la plus profonde en perdant, pour un instant, la communion avec son Père. Il crie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toute division familiale ne trouve-t-elle pas un écho dans ce cri ? Il n’y a pas d’échec familial qui ne renvoie aux ténèbres subies par le Christ. Personne divine en communion, il s’est fait individu coupé de toute relation — par amour pour nous. Pour qu’aucune de nos douleurs ne lui soit étrangère. En le rencontrant dans les visages et les situations qui rappellent son abandon, nous découvrons la puissance de sa résurrection, qui transforme toute douleur en amour.</p>



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<p class="has-large-font-size wp-block-paragraph"><strong>Une lumière pour la famille</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>« Là où deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18.19-22)</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">La rencontre avec l’homme-Dieu peut devenir une source où la mort se change en résurrection, où les crises familiales deviennent un approfondissement de la relation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un exemple peut l’illustrer. Victorine, mère de jumeaux de dix ans, divorcée, vit avec un ami. Bientôt, elle se retrouve à nouveau enceinte… de jumeaux. Son compagnon l’abandonne. Son respect du Créateur la pousse pourtant à protéger la vie qui grandit en elle, malgré les pressions contraires. Des familles s’organisent alors pour l’entourer et l’aider dans cette période difficile. Cet amour concret la conduit à se tourner vers ce Dieu lui aussi trahi et abandonné, qui lui donne la force de pardonner.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un an après la naissance des jumeaux, elle me contacte pour préparer leur baptême. Je la rencontre une première fois, puis avec les parrains et marraines. Le père est invité ; il garde le silence. À la fin, il dit combien il a été touché par l’atmosphère de la soirée. Le baptême sera une fête de l’Esprit, celui qui ouvre de petites voies vers les cœurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au contact de Jésus, proche de chaque souffrance, bien des familles apprennent à ne pas désespérer. Parfois elles se réunissent, parfois elles demeurent séparées, mais les blessures se cicatrisent, les cœurs se réconcilient. Parfois la douleur persiste, mais elle est habitée par la présence du Christ qui sauve et allège le fardeau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En puisant à la source de l’eau vive, à l’amour du Christ, la famille peut redevenir cet écrin à diamants. C’est lui qui étanche la soif de communion authentique. Bien plus, il promet de venir habiter nos maisons. Le diamant, c’est sa présence de Ressuscité, offerte à ceux qui s’unissent en son nom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vivre de telle manière que Jésus puisse venir au milieu de nous, telle est la vocation de la famille — comme de toute communauté humaine. Aujourd’hui, la famille chrétienne doit se reconnaître comme une cellule vivante de l’Église, qui est avant tout communion dans l’Esprit : là où il y a amour et charité, le Christ est présent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quoi de plus beau sur la terre qu’une famille dont les membres sont unis au Christ et les uns aux autres ? Où trouver un diamant plus précieux que celui-ci ?<br>Jésus frappe à la porte de chacune de nos familles, grandes ou petites, fortes ou fragiles.<br>Voulons-nous entendre sa voix, le laisser entrer et s’asseoir à nos tables ?</p>



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<p class="wp-block-paragraph"><em>Photo: Adobe Stock</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.hoegger.org/article/la-famille-joyau-de-dieu/">La famille, joyau de Dieu dans le monde</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.hoegger.org">Martin Hoegger</a>.</p>
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